Category: Fatma Bouali

Il est 4h29 du 19 juin 2010
et une envie subite d’écrire m’a pris


Regarder le temps qui passe…
Ces derniers temps je suis obsédé par le temps ! Pas par le temps qu’il fait mais par le temps que je fais. Qui mieux que le photographe, à part l’horloger ou le croquemort, est à même de sentir le temps, de le voir passer et parfois d’avoir l’intime conviction qu’il est là, à portée de mains ?
Se décider d’aller faire des photos c’est faire un pacte de bon voisinage avec le temps, tendre la main pour le tirer par la manche…et se laisser emporter par la griserie d’une virée à califourchon sur l’aiguille des secondes. 
“Autoportrait dans le rétroviseur d’un camion citerne” lors d’un voyage en stop de Tunis à Djerba
en compagnie de Sameh Arfaoui, le 2 juillet 2010 11h 32. Photographie Hamideddine Bouali
Je suis arrivé à des conclusions qui pourraient paraitre anodines ou sans intérêt pour certains mais qui me semblent d’une grande importance. D’ailleurs le temps que j’ai passé à réfléchir à-propos du temps devrait m’être remboursé ou du moins remplacé un de ces jours ! Un petit sursis le jour où j’en manquerais ! L’exclamation : « ah si j’avais eu un peu plus de temps… » étant la seule forme de nostalgie optimiste que je connaisse.
Tout est question de temps. Tiens ! Le confort auquel nous avons accès ou dont nous rêvions, n’est qu’une exploitation plus rationnelle du temps. Un petit exemple, l’intérêt d’une télécommande est d’éviter au spectateur de parcourir, et d’y perdre du temps, la distance le séparant de son téléviseur. Toutes les télécommandes sont un gain de temps. Le téléphone portable nous évite de dépenser des minutes précieuse d’aller et d’attendre devant une cabine téléphonique afin d’appeler quelqu’un. Et dans l’autre sens aussi, l’interlocuteur qui cherche à nous joindre devrait composer des dizaines de numéros avant de réussir (dans le meilleur des cas) à vous contacter. Nous n’arrêtons pas de demander à nos enfants de faire leurs cours, d’apprendre leurs leçons pour la simple raison que plus tard ils pourront, avec un emploi intéressant, obtenir ce qu’ils veulent en dépensant moins d’énergie et de temps et de gagner des moments de répits qu’ils exploiteront pour leur passe-temps. Dans cette logique, aujourd’hui n’est ce pas un indice économique que de comparer combien il faut d’heures de travail pour se payer trente jours de loyers ? Ou combien il nous faut d’heures de bureau pour s’offrir des jours de vacances. Cela reviens à bâtir un vase communicant, ici l’énergie dépensée et là ce que l’on gagne en repos !

“Les deux amis”, Djerba le 8 juillet 2010 18h55′. Photographie Hamideddine Bouali

…et lui demander un instant. 
Je ne dors presque plus, quelle perte de temps ! Aller au lit en pensant que quelques fuseaux horaires plus loin on travaille, on s’amuse, on nait et on meurt ! Alors cela m’ôte toute envie de fermer les yeux. Au Moyen âge j’aurais surement accepté ; le soleil se couche, le monde entier va dormir. Une thérapie ou un médicament à trouver serait, pour moi, un vaccin anti sommeil. Nous gagnerons l’équivalent d’un tiers de notre existence en plus, ce qui voudrait dire vivre plus longtemps !
Notre perception du temps est vraiment curieuse…N’avez-vous pas l’impression que tout les « hier » se ressemblent ? Au point que parfois même après des années on dit : « c’est comme si c’était hier », car hier n’est pas la veille d’aujourd’hui, hier c’est une datation intemporelle du passé. Hier c’est un jour habillé de l’uniforme gris de la nostalgie, une épitaphe du temps passé, on est sûr que l’on a vécu ce passé là et rien d’autre. Tout le charme du « Possible » n’y est plus. Les « demain », très différents des lendemains qui sont presque toujours envoyés aux calendes grecques, sont toujours optimistes, car c’est une projection, un élan…tout sera possible ! Laissons pour demain !

Pourquoi les photographies de coucher de soleils sont toujours relativement mieux appréciés que d’autres ? Nous y voyons la fin du jour, la fin de la vie et la fin des temps, alors que nous sommes heureusement encore là. Nous demeurons convaincus que nous avons d’une certaine manière vaincu le temps ! Nous croyons que le soleil et le temps sont en ménage alors qu’il n’en est rien…la seconde est « la durée de 9.192.631.770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de Césium 133 ». Définition qui enlève tout le charme du temps, réduit à un grouillement régulier de minuscules particules…c’est comme regarder une femme en pensant à son squelette !
Aucun texte ne m’a pris autant de temps pour le mettre au monde. On est le 11 juillet et je n’ai pas encore terminé ce que j’avais commencé ! Entre-temps je suis allé à Djerba pour diriger un workshop, et volontairement j’ai continué de vivre plus longtemps que d’habitude car j’ai systématiquement fait les trente six heures ! Une nuit blanche sur deux. Assis au bord de la mer à attendre le jour, ce soleil qui règle notre horloge biologique. La majorité des individus changent, sans le savoir, en voyant arriver l’obscurité…prenant cela pour un couloir menant tout droit vers la nuit : antichambre des aboutissements. La nuit on se repose, on va danser, on se réunit pour discuter de sujets sérieux, et même si on joue c’est presque toujours pour de l’argent. La nuit c’est sérieux…et c’est pour cela que j’ai décidé, selon mes dispositions physiques d’aller rencontrer l’arrivée du jour. C’est le 4 juillet dernier que pour la première fois je vois pointer le premier rayon de soleil. Evidement j’ai beaucoup de fois veillé tard et attendu le lever de soleil, mais jamais je ne l’ai fait avec autant d’impatience, et contemplé le point lumineux naissant avec cette acuité. Impossible à ce moment de déclencher, un instant après j’ai repris mon statut de photographe. 

“Cadran solaire”, Djerba 4 juillet 2010 5h10, Photographie Hamideddine Bouali
Sublimes tic tac
Une fascination tétanisante vous empêche de regarder l’heure, ou même de le demander à ceux qui sont à côté. Car l’heure est devant vous, du moins celle naturelle. Un gigantesque cadran lumineux,  dont les aiguilles s’élancent jusqu’à vos pied puis deviennent des bras gantés de fourreaux dorées qui viennent vous enlacer chaleureusement. Je suis devenu accro aux levers de soleil, beaucoup moins aux couchers. Evidement le fait d’être seul ajoute à l’effet optique une aura mystique, le coucher est d’un autre ordre.
Voir le soleil se coucher, en étant accompagné par des dizaines d’autres curieux et autant de photographes, est forcément une situation moins intime. Descendre de son piédestal, et venir percuter le sol n’est pas un spectacle grandiose, tout juste magnifique, alors que l’aurore est d’un sublime sans pareil. La raison ? Quelques minutes après avoir vu un coucher du soleil, vous l’oubliez, et vous passez à autre chose, mais assister à un lever de soleil cela vous rend magnétique…inconsciemment vous passerez votre journée à regarder les événements de haut !
Quatre nuits blanches avec à la clef des centaines de photos d’un soleil toujours différent, aucun lever de soleil ne ressemble a un lever de soleil. La photographie ne peut montrer que ce qui est de l’ordre du visible…les traits, les couleurs, les masses, les plans…il est vain de lui demander autre chose car elle en est incapable. Il se peut que ce soit là où on mesure le mieux son incapacité à rendre compte de ce que l’on voit.
Lors de ces imperceptibles moments où la clarté du jour prend la place du flottement de l’aurore telle une paresseuse marée, tout individu règle ses comptes avec lui-même. Alors l’outrance devient de mise, on rit à haute voix, au casino on joue le tout pour le tout, on n’hésite plus à se déclarer, à se tenir par la main et on s’embrasse si cela n’a pas été fait auparavant …Au point où en est !
Moi, dans ces débuts de jours, je prenais des photos, j’estime qu’ainsi je tiens le jour par la main, je le vois se réveiller, s’étirer, je parie sur un effet particulier de prise de vue, j’embrasse le panorama sans avoir eu besoin de déclarer mon amour pour le temps : un photographe n’en est-il pas un prétendant naturel !
“Retour au port avant le lever du soleil”, Kélibia 15 juillet 2010 4h54′, Photographie Hamideddine Bouali
J’ai commencé ce texte à Tunis, je l’ai repris un jour à l’aube à Djerba juste après avoir pris des photos assis à même le sable, puis dans le bus me ramenant à Tunis, là je suis en compagnie de ma fille Fatma dans un autre bus me menant à Kélibia…il se peut qu’au fond de moi je ne veux pas y mettre un point final, car pour ce texte ce signe de ponctuation qui requiert le moins d’encre et si peu d’octets a une signification vitale. Cela voudrait dire que je n’ai plus aucun mot à dire, en tout cas pour ce sujet et maintenant, alors qu’à chaque instant depuis déjà quelques années je me trouve en situation avec le temps. Le temps de décider, de choisir, de finaliser, de voir, d’écrire. C’est forcément le bel âge venu, celui non pas des grandes choix mais des sages décisions, celles que personne ne remarque, qui n’engagent que vous ! 
Oh temps ! ne suspends surtout pas ton vol ! Tout le charme du temps c’est qu’il est encore plus fort que la mort ! il est imperturbable, insaisissable, invisible tout comme la grande faucheuse mais en plus il a la magistrale fierté de nous ignorer ! Si la mort a déjà sur son agenda le lieu et la date des rendez-vous qu’elle a fixé avec chacun d’entre nous, le temps, lui, n’a pas d’aide-mémoire et n’accorde d’entrevue avec personne, il est le plus grand des solitaires.
Je suis dans le bus me ramenant à Tunis après un petit séjour à Kélibia dont le point culminant étant une nuit blanche à guetter le retour des pécheurs aux aurores. 
“Autoportrait aux aurores” Djerba le 6 juillet 2010 5h 46′. Photographie Hamideddine Bouali
Quant on regarde sa montre, on ne regarde pas le temps, mais des délais, des comptes à rebours, des temps qui restent. Tout comme lorsqu’on mesure une distance. La graduation indiquant 5 centimètres ne signifie absolument rien sans la distance la séparant du trait indiquant l’origine « 0 ». Alors dire il est 5 heures c’est bien évidement vouloir dire qu’il y a eu cinq heures depuis minuit ! Au début, aux première heures de la journée cela nous parait évident…mais à 21h nous avons tendance à l’oublier.
La première chose que l’on devrait enlever a un mort c’est sa montre bracelet, cette menotte devient caduque…le défunt est désormais libre de tout engagement terrestre. 

Il est 18h51 du 16 juillet 2010, je suis chez moi à Tunis…et le temps me fascine encore plus que ce 19 juin où je n’ai pas trouvé le sommeil…

Hamideddine Bouali
16 juillet 2010
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La gestion des conflits expliquée à ma fille

Premier échange (Jenaïna et Hamideddine Bouali)
Photographie Hamideddine Bouali-Mars 1995
Chronique des chroniques
Beaucoup de commentaires et d’interrogations à propos de la dernière chronique mais je n’en retiens qu’un seul : Anonyme a dit… « Bien vu Hamideddine il y a beaucoup d’humanité dans ce que tu écris, je suis d’accord avec toi sur la jouissance morbide du spectacle de la mort dans les télés, et les décomptes de morts qui se font chaque jour, même sur Facebook. Et la question que tu poses à la fin est très importante, alors je te demande : tu dis quoi à tes enfants sur la situation de la Palestine et plus particulièrement à Gaza en ce moment ? ça c’est intéressant parce que je suppose que beaucoup de parents se posent cette question ?? ».

J’ai déjà évoqué dans la dernière chronique le cas de l’affaire de Suez, à travers le livre de Marc Ferro : « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » paru en 2006. Je disais que les décideurs, eux-mêmes, n’avez pas une vue globale de la situation, alors que dire de ceux qui, à l’époque, suivaient ces événements à travers les articles des journaux, la rumeur populaire et la propagande de la partie adverse ? D’autre part, aujourd’hui, nous connaissons les raisons, le déroulement et le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale mais seulement du point de vue des vainqueurs. Après plus d’un demi siècle de recul on se pose la question de savoir si ce sanglant conflit s’est réellement passé ainsi ? Le brouillard du doute est moins dense à mesure que l’on s’en éloigne, et les événements ne deviennent compréhensibles dans leur globalité que lorsqu’ils quittent la Une des journaux pour rejoindre les chapitres des livres d’histoire.
Le sommaire des revues d’histoire font la part belle aux nouvelles lectures des faits, petites anecdotes ou évènements planétaires, dont notre terre fut le théâtre. Ces nouveaux décryptages seront à leur tour mis à contribution dans d’autres dossiers. L’ouverture de nouvelles archives ne donne-t-elle pas souvent lieu à des découvertes sensationnelles ? Ne suffit-il pas, par exemple, de reconsidérer la manière et la raison pour laquelle les Etats-Unis sont entrés en guerre en 1941 pour que toute l’histoire mondiale postérieure s’en trouve périmée et donc dans l’urgence d’être réétudier ? 
Alors bien malin celui qui puisse aujourd’hui, après seulement quelques semaines de la fin de la bataille de Gaza, expliquer son pourquoi et son comment, que dire alors de le faire comprendre à ses enfants
!!!

Comment expliquer la guerre à mes filles ?
Je ne me rappelle pas avoir un jour expliqué un quelconque conflit à mes deux jeunes filles (Fatma 12 et Jenaïna 14 ans). Je crois que le sujet est d’une complexité inextricable. Comment leur exposer avec des termes simples les enjeux économiques, les stratégies militaires, les subtilités de la diplomatie, l’influence des réseaux occultes, le pouvoir des médias, la malignité de la propagande… ? Par contre il est aisé de leur expliciter les rapports humains, la notion de propriété, le sens de la justice, l’objectivité, la neutralité…

La guerre des boutons 
En allant récupérer mes deux filles de la garderie scolaire, il y a de cela cinq ans, je fus confronter à un conflit significatif. En me voyant arriver, Jenaïna courut vers moi pour me débiter un discours incompréhensible puisque étranglé par la colère…

Moi :
« S’il te plait calme-toi et raconte moi ce qui s’est passé »
Jenaïna :
« Papa ! tu dois prendre mon partie »
Moi : « Non ! bien avant cela il faudrait que je sache de quoi il s’agit en me racontant exactement ce qui s’est passé ».
Jenaïna : « Ce garçon, en mettant volontairement son pied sur mon chemin, a failli me précipiter dans l’escalier ».
Moi : « Non ! tu dois me raconter tout, depuis le début ».
Jenaïna : « On a commencé à se chamailler depuis la récrée de 10 heures, puis tout à l’heure après le déjeuner il m’a dis un gros mot, je lui es dis qu’il n’a pas été bien élevé par ses parents. Avant que tu ne sois là de quelques minutes et alors que je passais devant lui, il a mis son pied volontairement pour que je trébuche et tombe dans l’escalier ».
Moi : « Très bien, tu as raconté les faits correctement ce qui est le début de la solution. Ce qui s’est passé est typique d’une dispute. Cela commence avec des faits sans aucune importance, d’ailleurs le point de départ est souvent oublié, mais cela grandit par action/réaction et il est normal que la seconde soit supérieure en violence à la première »
Jenaïna : « Mais moi j’ai seulement parlé, alors que lui, il a agit avec une violence physique »
Moi : « Tu oublies que tu es une fille et lui, un garçon. Depuis toujours les filles réagissent par des paroles et n’en viennent au mains que rarement, alors que les garçons sont plus portés par l’échange de coups de poing ».
Jenaïna : « Mais je suis perdante, puisque c’est lui qui a commis le dernier acte ».
Moi : « Celui qui ne réagit pas à une action violente n’est pas forcément le plus faible des deux, cela démontre au contraire qu’il possède la force de se maîtriser…et cela n’est pas à la portée de n’importe qui !!! ».
Jenaïna : « Mais papa les autres parents, ne se comportent pas ainsi, ils soutiennent d’une manière inconditionnelle leur progéniture et parfois je suis victime de leur subjectivité ».
Moi : « Effectivement je ne suis pas comme la majorité des parents et c’est à toi de choisir aussi si tu veux être comme tous les autres enfants; hypersensible à la moindre provocation et te voir emmener dans une escalade qui te fait oublier que cette dépense d’énergie ne valait pas la peine d’être perdue, ou bien d’être maîtresse de tes actes et de survoler les détails sans importance pour ne te concentrer que sur ce qui vaut la peine d’être vécu ».
Sur ces mots nous étions arrivés chez-nous…Depuis, Jenaïna a inévitablement été en situation de conflit, elle s’en sort seule et apparement sans trop de mal.

Ne trouvez-vous pas que ce mini conflit, qui à l’échelle des enfants est vital, est presque en tout point semblable aux guerres que mènent des pays ? Toutes proportions gardées, ne s’agit-il pas presque toujours d’un alibi, de part ou d’autre, pour que l’infernal mécanisme de l’escalade se mette en branle ? L’origine qui est sans commune mesure avec l’énergie dépensée par la suite, l’inégalité des armes conduit inéluctablement à un déséquilibre des pertes, la propagande dans la présentation des faits…tout y est.

Je ne veux pas jouer au moralisateur, mais depuis un certain temps je médite à propos du progrès de l’humanité. Toutes les facettes de la vie ont évolué ; la mode vestimentaire, les moyens de communications et de transports, la relation parents/enfants, les méthodes de l’enseignement, notre relation avec la nature, la pratique des loisirs…Cela a permis au genre humain, en deux siècles, de beaucoup mieux être. Mais pour gérer les conflits, nous n’avons pas progressé et dans certains cas nous avons même régressé. Aujourd’hui nous nous faisons la guerre avec autant de hargne, de violence et jusqu’au-boutisme que les peuples barbares des temps obscures. 

De l’expo du « World Press Photo » à celle « A l’épreuve du Monde »
Il fallait de l’audace pour illustrer les 20 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par des photographies. Cette exposition qui se tient actuellement dans les jardins de la médiathèque Charles de Gaulle de Tunis a été réalisé par le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes, La Mission de coordination pour les droits de l’Homme et les photographes de l’Agence VII, James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer. 
Une initiative à applaudir d’une seule main car cette didactique exposition aurait du être accrochée à l’extérieur d’autant plus que le support (en vinyle) à été conçu dans ce sens…dommage que seuls les abonnés de la médiathèque ont en profité. 
Au même moment se tenait pour la seconde année consécutive l’exposition des photographies lauréates du World Press
Photo à l’initiative de l’ambassade de Hollande en Tunisie et surtout de Mahmoud Chelbi, qu’on ne remerciera jamais assez de tenir un rôle de premier ordre dans le paysage photographique local. J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la cuvée 2007 (*) de ce challenge, je ne vais pas revenir sur le sujet. 

Les photographes passent, les sujets restent !!!
Visiter, le même jour, les deux expositions l’une à la suite de l’autre vous incite à penser que les articles de la Déclarations Universelles des Droits de l’Homme auront pu, tout aussi bien, être illustrés par quelques photographies du WWP 2007. La photo de presse, tout compte fait, est une preuve que l’on nous dresse en face des yeux : après 60 ans de sa ratification par 140 pays, la déclaration demeure lettre morte. Guerres meurtrières, tortures physiques et mentales, persécution des minorités et des individus hors-norme, dégradation inconsidérées de l’environnement, sadiques massacres d’espèces protégées…je ne suis pas pessimiste, mais je suis sûre que l’année prochaine d’autres photographies seront primées au WWP néanmoins elles porteront sur ces mêmes sujets !!! 

 Hamideddine Bouali
7 février 2009

(*) Lire les chroniques suivantes sur ce même blog
Et si j’étais membre du Jury du World Press Photo ?! Mercredi 30 janvier 2008
Dernière minute : Annonce du World Press Photo 2007. Vendredi 8 février 2008
Chronique II : …du temps qui passe. Mardi 12 février 2008
Chronique III : Ai-je eu raison d’avoir voulu en savoir davantage ? Vendredi 15 février 2008

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