Je suis dans la situation confortable de ne pas devoir choisir entre Ghar el Melh et Tunis.
Passer de Ghar el Melh à Tunis n’est pas difficile, je suis habitué depuis longtemps aux changements de caps. Du Club Photo du Bardo, là où avec des jeunes nous avons organisé à partir de 1985 et pendant 6 ans un festival de photographie et fondé la même année une revue : Contact photo…Je me suis trouvé commissaire de l’exposition itinérante « La Tunisie de Jacques Pérez » puis commissaire général du Mois de la photo de Tunis dans ses deux éditions. En 2003, Salah Jabeur m’invite à intégrer le Comité d’organisation des Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar el Melh, avec mes modestes moyens j’ai tout de suite mis la main à la pâte. Pour moi Ghar el Melh fut une enrichissante expérience, là j’ai connu de grands moments de bonheur, des photographes de notoriétés internationales mais aussi des situations extrêmement difficiles, tous cela me donna une incomparable plus-value aussi bien dans ma pratique photographique que dans ma connaissance des rouages d’une organisation.
Lors des trois dernières éditions, j’ai beaucoup appris de Natalia Jaskula. Elle a donné à cette manifestation une rigueur valorisante. Sa clairvoyante commissariat artistique, fut pour moi, une leçon inoubliable sur la manière de gérer une manifestation de cette ampleur.
Le Club Photo de Tunis n’aurait peut-être pas pu voir le jour sans mes années Ghar el Melh. Cependant, Il faut avoir assez de lucidité pour partir et changer d’horizon avant de constater, trop tard, que c’était une édition de trop.
Pour Ghar el Melh, je ne serais dans la prochaine édition qu’un postulant à une exposition personnelle. Je reviendrais avec grand plaisir comme visiteur au Fort Lazaret, indépendamment du verdict du comité de sélection des dossiers-expositions, car qui mieux que moi pourrait comprendre leur décision ?
J’aime Tunis, et je ne l’échangerais pour rien au monde
En 1982 quand j’ai commencé à apprendre la photographie sous la direction d’un animateur japonais, Mr Hirochika Setsumasa, dont je garde d’impérissables souvenirs, je n’ai jamais cessé de photographier Tunis. Je me rappelle encore de notre première sortie du Club Photo de la Maison de Jeunes du Bardo, Tunis un dimanche matin…avec comme appareil photo ; l’inamovible Zenit de fabrication russe. Tunis restera mon sujet favori. Aujourd’hui avec mon inséparable Lumix je continue de remplir un bien modeste album, tôt ou tard il faudrait le publier, sous ce titre.
Le Club Photo de Tunis
L’aventure commença au lendemain de « La Rentrée symbolique de l’année photographique » organisée pour la seconde année consécutive à Beit el Bennani, où j’ai rencontré un grand nombre de passionnés de photographie qui m’ont fait part de leur difficulté à rencontrer d’autres photographes, à montrer leur travaux et rêvent d’exposer. J’ai lancé un appel sur Facebook pour voir si la fondation d’un club photo était viable. En 24 heures plus de 80 personnes ont adhéré à l’idée. J’ai commencé le lendemain même les démarches…il fallait trouver un local, j’ai voulu m’éloigner de la Médina, le centre historique de Tunis. Je voulais un « lieu » qui n’a pas de connotations traditionnelles. Et c’est la Maison de Culture Maghrébine Ibn Khaldoun qui allait nous accueillir.
Exposé de Melle Rim Lariani à propos des composantes d’un appareil photo lors de la 2e séance du Club Photo de Tunis,
En six séances nous avons accompli un travail de vulgarisation constitué d’exposés multimédias où presque toutes les facettes de la photographie ont été passées en revue, que ce soit l’histoire, la technique, la déontologie… Les membres sont représentatifs de la population tunisienne avec une parité presque parfaite homme/femme, le tiers est constitué de lycéens et d’étudiants, le second tiers est composé de fonctionnaires et de professions libérales, le reste sont des photographes et des sans emplois.
Exposé historique
« Ce que les photographes doivent à Ibn Al Haytham »
« La passion de peindre, le désir de photographier ; Van Eyck »
« Ballade à Tunis avec Rudolf Lehnert »
Exposé thématique
« Le Temps des photographies »
« La petite histoire des grandes photos : Portrait de Che par Korda »
« La petite histoire des grandes photos : Portrait de Aldrin par Armstrong »
« Histoire et actualités du portrait »
« Pouvoir de la photo : information ou manipulation ? »
Exposé technique
« Photoshop prise en main 1»
« Photoshop prise en main 2»
« Le photographe en situation »
« Les composantes d’un appareil photo »
« Le réglage du temps de pose et de l’ouverture »
Carte Blanche à…………
Sabrine Belkhouja
Mehdi Zribi
Kamel Ben Ounès, critique photo
Workshop : « Le Portrait »
Sortie : « Sidi Bou Saïd »
Liste des membres-correspondants (étranger)
Jacques Pochart, Bruxelles. Belgique
Slim Harbi, Berlin. Allemagne
Gaël Coto, Paris. France
Susana Paiva (Portefolio Project), Lisbonne. Portugal.
Bahi Rahhal, Casablanca. Maroc
Xavier DeLuca, Barcelone, Espagne
Club ami
Club Double Déclic (Belgique)
Liste des membres-correspondants (Tunisie)
Mohamed et Asma Alaimi, Redeyef
Afef Khalfaoui, Kairouan
Adib Samoud, Kélibia
Sabrine Belkhouja, Bizerte
Mohamed Njah, Sfax
Un sermon d’Hippocrate tacitement juré
Je ne vais pas nommer la personne à laquelle je fais allusion dans ce qui suit, sinon je serais dans l’obligation morale de le citer dans la liste des mots clefs.
Dans le domaine de la photo, il y a ceux qui travaillent avec acharnement à s’améliorer, maintenant un rythme soutenu de prise de vues, ils lisent des livres spécialisés, ils ne ratent aucune exposition, ils consultent ceux qui sont là bien avant eux, d’années en années ils arrivent à acquérir assez de compétences techniques et une appréciable maitrise de l’esthétique photographique. Lorsqu’ils exposent leurs œuvres, la culture qu’ils ont acquise au fil des années les rend humbles et modestes. Cette sobriété est perceptible dans leur parole, dans le choix des prix de vente et surtout dans le respect des autres, que ce soit celui qui offre son espace ou ceux qui viennent visiter l’exposition. Le respect n’est pas ces mots bien ajustés que l’on profère à répétition mais un état d’esprit sain et sincère. Une certaine considération est de mise vis-à-vis des autres photographes, car on est sensé faire partie d’une corporation où l’éthique n’est pas un vain mot, mais l’écho de chaque déclenchement, le reflexe inné avant de signer une photographie. Le succès ne venant jamais par hasard, il est la résultante de cette somme considérable de qualités.
Certains préfèrent suivre des sentiers incertains ou même emprunter des raccourcis sans aucun balisage…voulant se frayer un chemin plus court afin d’arriver plus vite, oubliant que le temps est un allié pour ceux qui le respectent et un bourreau pour ceux qui veulent l’enjamber. Qui mieux que le photographe, dont la molette des durées pose est constamment sous l’index, est à même de pactiser avec le temps ? Ceux qui ignorent cela ne méritent pas le titre de photographe…La sanction étant sans appel, ils se font décapiter par l’obturateur.
C’est donc Beaucoup de bruit pour rien pour un cas isolé, sans envergure et pour rester dans le répertoire de ce grand connaisseur de la nature humaine que fut William Shakespeare, c’était La Comédie des erreurs.
25 février 2010


















































