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Nuestra Señora de Loreto

Semana Santa de Sevilla 2007. Viernes Santo.

Antigua e Ilustre Hermandad del Santísimo Sacramento y Pontificia y Real Archicofradía de Nazarenos de Nuestro Padre Jesús de las Tres Caídas, Nuestra Señora de Loreto y Señor San Isidoro

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Qui êtes-vous monsieur Lehnert ?

Yasmine Ouazzani journaliste au magazine Le Courrier de l’Atlas, paraissant à Paris, me contacte au début du mois de mars pour un jeu de question-réponse à-propos de la photographie Orientaliste en général et de Lehnert en particulier. Par manque de place cet entretien n’a pas paru dans le magazine en question (N° 25 daté avril 2009) et Yasmine s’en désole autant que moi puisqu’elle fut obligé de ne citer que quelques extrais (en bleu dans le texte).
Ci-après l’entretien complet…d’où l’utilité d’un blog.

Yasmine Ouazzani : En tant que photographe, quel regard portez-vous sur la photo orientaliste ?
Hamideddine Bouali : J’ai le sentiment que la photographie orientaliste a produit quelques spécimens remarquables, ni plus ni moins que les autres photographies ; la pictorialiste, la documentaire, la surréaliste, l’humaniste… Néanmoins nous sommes en présence non pas d’une école ou d’un style artistique – on n’en connait aucun manifeste écrit ni de chef de file déclaré- mais d’une vision d’un monde par rapport à un autre ou d’un autre. L’orientalisme – singulièrement par l’intermédiaire du vecteur de la photographie – en empiétant sur d’autres domaines – le politique, l’historique, le géographique, l’ethnologique, le touristique – suscite bien évidemment davantage d’interrogations
.

Carte postale N° 897 intitulée “Dans l’Oasis “d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)

Je trouve par ailleurs la citation de Victor Hugo – qui trouve en 1829 que l’Orient est devenu « Une préoccupation générale »- d’une rare acuité… Bien que la Campagne d’Egypte était depuis longtemps finie, la France, qui demeurait encore sous le charme de cette civilisation décrite, analysée et déchiffrée par ses scientifiques, se préparait à – précisément – occuper quelques pays d’Orient ou considéré en tant que tels. Tout cela me revient à l’esprit dès que je me trouve en présence d’une photographie orientaliste ou à caractère orientaliste ; formulation que j’estime plus appropriée.

Yasmine Ouazzani : Une galerie parisienne, Galerie au Bonheur du Jour, a récemment exposé des photos de Lehnert et Landrock, prises en Tunisie et en Algérie entre 1904 et 1910. On y voit entre autres des nus d’enfants. Que vous inspire l’exposition de telles photos en 2009 ?
Hamideddine Bouali : Le nu est une thématique particulière, alors que dire quand il s’agit d’enfants et de surcroit en photographie ? L’exposition « Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie» organisée à Lausanne l’année dernière et actuellement à Paris évoque plusieurs cas de photographies de nus d’enfants réalisées dans le passé ou aujourd’hui en Occident qui ont fait scandale. Alors le fait que je prenne des gants dès qu’il s’agit de telles images n’a rien à voir avec le fait que je sois né de ce coté-ci de la Méditerranée.
Cela dit, en tant qu’enseignant, je m’oppose à toute interdiction puisque je demeure convaincu que montrer ces photographies, ainsi que toutes autres photos qui pourraient faire polémique (photos de guerre, de propagande, outrageante, attentatoire…) est essentiel puisque didactique. Le travail pédagogique s’inscrit alors dans la recherche des circonstances, des raisons et surtout des utilisations de ces images. C’est un minutieux travail de lecture que d’autres photographies n’exigent pas. En conséquence de ce que je viens d’avancer, je suis convaincu que si toute photographie est à voir dans le cadre d’une exposition, certaines devraient être suivies d’une attention particulière par devoir de précaution vis à vis d’un public en ignorance de cause de l’Histoire et de celle de la photographie en particulier. Dans ce cas précis, il est question d’une différence d’appréciation de la notion de pudeur. L’histoire des mentalités nous apprend que la nudité a été différemment considérée ; sublimation du corps ou son humiliation.

Carte postale N° 742 portant le titre “Types d’Orient esclave” d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)


Yasmine Ouazzani : Doit-on montrer ces images qui somme toute reflètent un passé et une Histoire ? Où et comment les montrer alors ?
Hamideddine Bouali : Le fait que ces images ont été réalisées à une époque ou nous étions sous protectorat, que ces enfants ignoraient totalement ce que l’on fera de leur image me pousse tout naturellement à la plus grande prudence. En tant que curateur j’estime que la mission d’un commissaire d’exposition ou d’un galeriste s’exerce au beau milieu d’un carrefour périlleux. Au croisement de la liberté d’expression, reconnue plus ou moins universellement à tous (pourquoi limiter ce privilège aux artistes et aux journalistes ?) et de la bienséance appropriée à chaque lieu et en toute époque. « Jusqu’où aller trop loin ? » cette devise en forme d’interrogation serait le parfait credo des curateurs car n’oublions pas que si la culture est là pour nous rassurer, l’art est une continuelle transgression des normes.
Le fait que ces photographies furent réalisées il y a un siècle ne pourrait en aucun cas être considéré comme un sauf-conduit. Ceux qui pensent le contraire ont-ils estimé le temps nécessaire pour exposer certaines photographies de Mapplethorpe, de La Chapelle ou de Diane Arbus sans précaution particulière ?
Exposer ces photographies dans une Médina pendant le mois saint de Ramadan est irresponsable, car là on confond transgression et provocation. Je suppose toutefois que ces mêmes photographies pourraient occuper les cimaises d’une autre galerie sans provoquer de réactions particulières trois mois plus tôt et ailleurs que le centre historique et traditionnel d’une ville arabe. Je suis totalement d’accord avec Benjamin Stora quand il affirme que « L’image nous renseigne plus sur la société qui la regarde que sur elle-même ». Ainsi les photographies controversées de Lehnert qui demeurent, en tout cas pour moi, une énigme ont réussi à provoquer une importante littérature aussi bien élogieuse que calomnieuse.

Yasmine Ouazzani : Doit-on en interdire la diffusion au nom du droit à l’image d’autant plus qu’elles montrent des jeunes pré pubères dans le plus simple appareil ?
Hamideddine Bouali : Non, puisque personne de ces modèles ne s’est porté partie civile !!! D’ailleurs ce droit n’est pas spécifique à cette tranche d’âge, toute personne s’estimant lésée par la diffusion de son image pourrait porter plainte. En l’absence dans le Code civil français d’une mention relative à la transmissibilité du droit à la vie privée, les tribunaux reconnaissent que la dimension patrimoniale du droit à l’image et du droit à la vie privée est transmissible comme tout autre bien faisant partie du patrimoine. On lègue son image tout comme toute autre bien immobilier. Cela voudrait dire qu’un descendant de ces personnes prises pour modèles pourrait soit demander l’arrêt de la diffusion d’une photographie où figure un de ses aïeux s’il estime qu’il y a préjudice moral ou alors demander exactement le contraire : revendiquer une part des bénéfices générés (vente de tirages ou de cartes postales) ! Cela semble loufoque, mais c’est une lecture possible de cette loi.
Par ailleurs le Code tunisien de la protection de l’enfant (promulgué en novembre 1995) stipule que la protection de l’enfance est prioritaire sur toute autre loi. Ce code garantit à l’enfant (toute personne humaine âgée de moins de dix-huit ans et qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité par dispositions spéciales), le droit de bénéficier des différentes mesures préventives à caractère social, éducatif, sanitaire et des autres dispositions et procédures visant à le protéger de toute forme de violence, ou préjudice, ou atteinte physique ou psychique, ou sexuelle ou d’abandon, ou de négligence qui engendrent le mauvais traitement ou l’exploitation. Si ce Code ne peut s’appliquer aujourd’hui aux enfants figurant sur les images en raison de la non-rétroactivité des lois, il est par contre approprié aux jeunes visiteurs des expositions, au cas où celles-ci aient lieu en Tunisie.

Mars 2009

Commentaires
Le dossier intitulé dès la couverture : « Orientalisme, art, histoire ou scandale ? une exposition controversée » semble porter en lui-même le jugement final… pas besoin d’enquêtes ni de débats. Et si c’est justement les trois à la fois…Art ; surement puisque les œuvres de Lehnert ne sont pas dénuées d’un certain souffle artistique. Histoire, forcément car elles ne peuvent se lire qu’à la lumière de la colonisation des sujets photographiés et la biographie du photographe, Scandale ? inévitablement comme pour toute œuvre qui transgresse.
Le Courrier de l’Atlas, comme bon nombre d’historiens, veut absolument faire débuter l’histoire de la photographie dans les pays du Sud de la Méditerranée avec leur occupation par une Puissance européenne (colonisation ou protectorat). Il y a là un non sens, c’est uniquement une coïncidence qui a fait que l’expansion de la photographie (aussi bien là qu’ailleurs) s’est faite parallèlement avec l’hégémonie des pays européens en Afrique et en Asie. La contemporanéité des événements ne veut absolument pas signifier leur causalité. Rappelant que Lehnert était Autrichien et aucun historien sérieux ne pourra l’accuser d’avoir été colonialiste voire raciste !!!
Le dossier (d’instruction) du Courrier de l’Atlas est totalement défavorable à Lehnert. Aucune mention n’a été faite sur la grande qualité de sa photographie – les photos de nus n’étant qu’une mince partie – à part les appréciations de Nicole Canet, gérante de la Galerie Au Bonheur du jour.
D’autre part l’article cite une phrase (hors entretien) tirée d’un livre que j’aurais fait paraitre est pour le moment prématuré. J’ai effectivement rédigé un texte docu-fiction-historique où des descendants d’un modèle faisaient un procès à Lehnert pour droit à l’image. Au cours de ce procès le procureur (faisant son métier) trouve que Lehnert se venge – à sa manière – des orientaux en les mettant à nu. Vienne ne fut-elle pas par deux fois assiégé par les Ottomans ? La Méditerranée ainsi que tout le sud de l’Europe n’étaient-ils pas à la merci des musulmans ? Personnellement je me situe exactement entre les accusations outrancières du procureur et les éloges de l’avocat de la défense.
La dernière phrase de l’article final du dossier, signé Abdelkrim Branine, aurait mieux fait de rester sur l’écran de l’ordinateur du rédacteur en chef que de figurer en guise d’argument indiscutable et définitif sur les photographies controversées de Lehnert : « …des galeristes allemands auraient-ils la possibilités d’exposer à Berlin puis à Paris des photographies de jeunes Françaises dénudées prises pendant l’occupation ? Avoir la seule polémique née l’an dernier lors de l’exposition Les Parisiens sous l’occupation, rien n’est moins sûr… ».
Comment se permet-on de comparer des pays, des époques, des mentalités…et le photographe dans tout cela ?
Encore une fois on fait parler les photos, les historiens, les critiques, les spectateurs mais pas le photographe. Pauvre Lehnert ! Chaque fois qu’il est évoqué, la nuance s’éclipse !!!

Hamideddine Bouali
9 avril 2009

Pour vous faire une idée précise à propos de l’œuvre de Rudolf Lehnert ne manquez pas de visiter le site de mon ami Michel Megnin : http://michel.megnin.free.fr/

A propos de Lehnert vous pouvez consulter mes textes sur ce même blog :
« Lehnert, le retour ». 1 juin 2006
« Administration du visuel » . 31 octobre 2006
« Ce que je pense de l’exposition “L’image révélée” ». 31 octobre 2006
« Une théorie contestable, un fait oublié et une exposition ». 5 novembre 2006
« Amicalement Votre ! ». 2 novembre 2006
« Les miroirs feraient mieux de penser avant de réfléchir une image ». 7 décembre 2006
« La Photographie ne finira pas de parler d’elle ». 31 janvier 2007
« États de la photographie entre le malentendu visuel et la responsabilité du commissaire ».15 janvier 2007

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Toberas F-18

Si al piloto se le ocurre arrancar… se me cae el pelo… o se me quema… :-)

(12-Octubre-2007 Torrejon A.F.B.)

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Toberas F-18

Sentiments.JPG Date: Mar 8, 2009 10:26 AM
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Équipe 7

La gestion des conflits expliquée à ma fille

Premier échange (Jenaïna et Hamideddine Bouali)
Photographie Hamideddine Bouali-Mars 1995
Chronique des chroniques
Beaucoup de commentaires et d’interrogations à propos de la dernière chronique mais je n’en retiens qu’un seul : Anonyme a dit… « Bien vu Hamideddine il y a beaucoup d’humanité dans ce que tu écris, je suis d’accord avec toi sur la jouissance morbide du spectacle de la mort dans les télés, et les décomptes de morts qui se font chaque jour, même sur Facebook. Et la question que tu poses à la fin est très importante, alors je te demande : tu dis quoi à tes enfants sur la situation de la Palestine et plus particulièrement à Gaza en ce moment ? ça c’est intéressant parce que je suppose que beaucoup de parents se posent cette question ?? ».

J’ai déjà évoqué dans la dernière chronique le cas de l’affaire de Suez, à travers le livre de Marc Ferro : « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » paru en 2006. Je disais que les décideurs, eux-mêmes, n’avez pas une vue globale de la situation, alors que dire de ceux qui, à l’époque, suivaient ces événements à travers les articles des journaux, la rumeur populaire et la propagande de la partie adverse ? D’autre part, aujourd’hui, nous connaissons les raisons, le déroulement et le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale mais seulement du point de vue des vainqueurs. Après plus d’un demi siècle de recul on se pose la question de savoir si ce sanglant conflit s’est réellement passé ainsi ? Le brouillard du doute est moins dense à mesure que l’on s’en éloigne, et les événements ne deviennent compréhensibles dans leur globalité que lorsqu’ils quittent la Une des journaux pour rejoindre les chapitres des livres d’histoire.
Le sommaire des revues d’histoire font la part belle aux nouvelles lectures des faits, petites anecdotes ou évènements planétaires, dont notre terre fut le théâtre. Ces nouveaux décryptages seront à leur tour mis à contribution dans d’autres dossiers. L’ouverture de nouvelles archives ne donne-t-elle pas souvent lieu à des découvertes sensationnelles ? Ne suffit-il pas, par exemple, de reconsidérer la manière et la raison pour laquelle les Etats-Unis sont entrés en guerre en 1941 pour que toute l’histoire mondiale postérieure s’en trouve périmée et donc dans l’urgence d’être réétudier ? 
Alors bien malin celui qui puisse aujourd’hui, après seulement quelques semaines de la fin de la bataille de Gaza, expliquer son pourquoi et son comment, que dire alors de le faire comprendre à ses enfants
!!!

Comment expliquer la guerre à mes filles ?
Je ne me rappelle pas avoir un jour expliqué un quelconque conflit à mes deux jeunes filles (Fatma 12 et Jenaïna 14 ans). Je crois que le sujet est d’une complexité inextricable. Comment leur exposer avec des termes simples les enjeux économiques, les stratégies militaires, les subtilités de la diplomatie, l’influence des réseaux occultes, le pouvoir des médias, la malignité de la propagande… ? Par contre il est aisé de leur expliciter les rapports humains, la notion de propriété, le sens de la justice, l’objectivité, la neutralité…

La guerre des boutons 
En allant récupérer mes deux filles de la garderie scolaire, il y a de cela cinq ans, je fus confronter à un conflit significatif. En me voyant arriver, Jenaïna courut vers moi pour me débiter un discours incompréhensible puisque étranglé par la colère…

Moi :
« S’il te plait calme-toi et raconte moi ce qui s’est passé »
Jenaïna :
« Papa ! tu dois prendre mon partie »
Moi : « Non ! bien avant cela il faudrait que je sache de quoi il s’agit en me racontant exactement ce qui s’est passé ».
Jenaïna : « Ce garçon, en mettant volontairement son pied sur mon chemin, a failli me précipiter dans l’escalier ».
Moi : « Non ! tu dois me raconter tout, depuis le début ».
Jenaïna : « On a commencé à se chamailler depuis la récrée de 10 heures, puis tout à l’heure après le déjeuner il m’a dis un gros mot, je lui es dis qu’il n’a pas été bien élevé par ses parents. Avant que tu ne sois là de quelques minutes et alors que je passais devant lui, il a mis son pied volontairement pour que je trébuche et tombe dans l’escalier ».
Moi : « Très bien, tu as raconté les faits correctement ce qui est le début de la solution. Ce qui s’est passé est typique d’une dispute. Cela commence avec des faits sans aucune importance, d’ailleurs le point de départ est souvent oublié, mais cela grandit par action/réaction et il est normal que la seconde soit supérieure en violence à la première »
Jenaïna : « Mais moi j’ai seulement parlé, alors que lui, il a agit avec une violence physique »
Moi : « Tu oublies que tu es une fille et lui, un garçon. Depuis toujours les filles réagissent par des paroles et n’en viennent au mains que rarement, alors que les garçons sont plus portés par l’échange de coups de poing ».
Jenaïna : « Mais je suis perdante, puisque c’est lui qui a commis le dernier acte ».
Moi : « Celui qui ne réagit pas à une action violente n’est pas forcément le plus faible des deux, cela démontre au contraire qu’il possède la force de se maîtriser…et cela n’est pas à la portée de n’importe qui !!! ».
Jenaïna : « Mais papa les autres parents, ne se comportent pas ainsi, ils soutiennent d’une manière inconditionnelle leur progéniture et parfois je suis victime de leur subjectivité ».
Moi : « Effectivement je ne suis pas comme la majorité des parents et c’est à toi de choisir aussi si tu veux être comme tous les autres enfants; hypersensible à la moindre provocation et te voir emmener dans une escalade qui te fait oublier que cette dépense d’énergie ne valait pas la peine d’être perdue, ou bien d’être maîtresse de tes actes et de survoler les détails sans importance pour ne te concentrer que sur ce qui vaut la peine d’être vécu ».
Sur ces mots nous étions arrivés chez-nous…Depuis, Jenaïna a inévitablement été en situation de conflit, elle s’en sort seule et apparement sans trop de mal.

Ne trouvez-vous pas que ce mini conflit, qui à l’échelle des enfants est vital, est presque en tout point semblable aux guerres que mènent des pays ? Toutes proportions gardées, ne s’agit-il pas presque toujours d’un alibi, de part ou d’autre, pour que l’infernal mécanisme de l’escalade se mette en branle ? L’origine qui est sans commune mesure avec l’énergie dépensée par la suite, l’inégalité des armes conduit inéluctablement à un déséquilibre des pertes, la propagande dans la présentation des faits…tout y est.

Je ne veux pas jouer au moralisateur, mais depuis un certain temps je médite à propos du progrès de l’humanité. Toutes les facettes de la vie ont évolué ; la mode vestimentaire, les moyens de communications et de transports, la relation parents/enfants, les méthodes de l’enseignement, notre relation avec la nature, la pratique des loisirs…Cela a permis au genre humain, en deux siècles, de beaucoup mieux être. Mais pour gérer les conflits, nous n’avons pas progressé et dans certains cas nous avons même régressé. Aujourd’hui nous nous faisons la guerre avec autant de hargne, de violence et jusqu’au-boutisme que les peuples barbares des temps obscures. 

De l’expo du « World Press Photo » à celle « A l’épreuve du Monde »
Il fallait de l’audace pour illustrer les 20 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par des photographies. Cette exposition qui se tient actuellement dans les jardins de la médiathèque Charles de Gaulle de Tunis a été réalisé par le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes, La Mission de coordination pour les droits de l’Homme et les photographes de l’Agence VII, James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer. 
Une initiative à applaudir d’une seule main car cette didactique exposition aurait du être accrochée à l’extérieur d’autant plus que le support (en vinyle) à été conçu dans ce sens…dommage que seuls les abonnés de la médiathèque ont en profité. 
Au même moment se tenait pour la seconde année consécutive l’exposition des photographies lauréates du World Press
Photo à l’initiative de l’ambassade de Hollande en Tunisie et surtout de Mahmoud Chelbi, qu’on ne remerciera jamais assez de tenir un rôle de premier ordre dans le paysage photographique local. J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la cuvée 2007 (*) de ce challenge, je ne vais pas revenir sur le sujet. 

Les photographes passent, les sujets restent !!!
Visiter, le même jour, les deux expositions l’une à la suite de l’autre vous incite à penser que les articles de la Déclarations Universelles des Droits de l’Homme auront pu, tout aussi bien, être illustrés par quelques photographies du WWP 2007. La photo de presse, tout compte fait, est une preuve que l’on nous dresse en face des yeux : après 60 ans de sa ratification par 140 pays, la déclaration demeure lettre morte. Guerres meurtrières, tortures physiques et mentales, persécution des minorités et des individus hors-norme, dégradation inconsidérées de l’environnement, sadiques massacres d’espèces protégées…je ne suis pas pessimiste, mais je suis sûre que l’année prochaine d’autres photographies seront primées au WWP néanmoins elles porteront sur ces mêmes sujets !!! 

 Hamideddine Bouali
7 février 2009

(*) Lire les chroniques suivantes sur ce même blog
Et si j’étais membre du Jury du World Press Photo ?! Mercredi 30 janvier 2008
Dernière minute : Annonce du World Press Photo 2007. Vendredi 8 février 2008
Chronique II : …du temps qui passe. Mardi 12 février 2008
Chronique III : Ai-je eu raison d’avoir voulu en savoir davantage ? Vendredi 15 février 2008

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Im Memoriam

Sirva esta foto como homenaje a los tres pilotos del Ala 14 fallecidos hoy en acto de servicio. Mi mas sentido pesame a las familias, amigos y compañeros.

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Im Memoriam

« Il n y a pas de mains pour me caresser le visage »

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Réminiscence
Il m’arrive de demander aux gens que je connais quel est le plus lointain souvenir qu’ils ont ? Certains répondent : « j’ai plus intéressant à faire que de me torturer les méninges », d’autres : « tu n’a rien à faire d’autre que de jouer à l’Ardisson, dans Tout le monde en parle ? ». Ceux qui jouent le jeu, se souviennent d’une chute dans un escalier, d’un jouet fabuleux reçu ou d’un merveilleux lieu visité…pour ma part, il s’agirait d’une situation.
Cela se passait chez un glacier à la plage de « l’Aéroport » situé à mi-chemin entre La Goulette et Le Kram, dénommé ainsi puisqu’elle servit naguère à l’amerrissage et à l’accostage d’hydravions. Nous étions tous attablés attendant le serveur ; papa était à l’a
utre bout de la table, maman à sa gauche, puis mes quatre frères et ma sœur ordonnés d’une façon tout à fait fortuite…du plus grand jusqu’à moi.
Ma petite taille me consentait des libertés et des privilèges. Mes pieds pendaient sans toucher le sable ce qui me permit de les balancer. Le flanc de la table venait tout juste au niveau de mes yeux et paraissait évidement bien épais. Je me rappelle encore de ce malicieux point de vue ; j’arrivais à voir aussi bien ce qui se passait en haut de cet horizon artificiel que de ce qui s’y déroulait en bas. Des bustes plus ou moins grands mais aussi
des pieds sanglés de sandales ou de souliers d’été. Mon père, avec sa voix pleine de prestance et d’autorité, interpella le serveur qui nous rejoignit tout de suite. Étant installé chez un glacier il était évidement question de commander des glaces, il ne restait qu’à savoir quel parfum choisir par chacun des membres de la famille. Tour de table : Chocolat, pistache, chocolat…gazouza (boisson gazeuse en arabe dialectal) !!! Contre toute attente, Faouzi, un de mes frères n’a pas trouvé mieux, pour faire sûrement l’intéressant, que de vouloir consommer autre chose que ce qui était naturel de demander. Mon père décontenancé par cette exception, qui lui imposera d’aller au café situé une centaine de mètres plus loin, s’opposa à cette demande : « non cela sera de la glace comme tout le monde ! ». Mon frère – têtu comme tous les rebelles – insista au point que ce qui était prévu comme étant un succulent moment de dégustation en famille devint une scène d’entêtement caractérisée de part et d’autre. Nous nous échangeâmes des regards complices, avec au fond des yeux la sempiternelle interrogation : « cet épisode va-t-il mettre fin a cette sortie estivale tant attendue et devoir retourner à la maison ? ». Pour cette sortie il a fallut parcourir la distance séparant notre maison au Bardo à la banlieue nord.

Évidemment, je demeurais en attente de répondre à mon tour mais voilà Faouzi arrêta net le protocole. Papa hausa le ton, bien que nous ayons tous senti qu’il ne fallait même pas bouger pour ne pas crisper davantage une ambiance déjà tendue, et la messe fut dite. Au bout du compte mon père s’adressa au serveur pour lui réciter les parfums choisis en en assignant un d’office au fils égaré. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé entre la commande et le retour du serveur, peut-être rien qui ne vaille la peine d’être retenu.

La dernière image qui m’est restée est celle d’un cornet de glace ainsi que son contenu jeté par terre. Je suis presque sûr que je fus le seul témoin de cette vision d’horreur : Faouzi tenant son cornet de glace sous la table puis ouvrant sa main pour le laisser volontairement choir par terre. Pour moi, un vrai sacrilège fut commis. Les autres léchaient avec délice leur cornet, puisque en plus du plaisir du palais, il y avait la sensation qu’ils ont failli en être privés.
Selon mon père cet épisode date de l’été 1964…j’avais donc trois ans et demi. À la même époque Mario Giacomelli, un photographe italien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance mondiale, séjourne dans un séminaire à Senigallia.

Mario Giacomelli (1925-2000)
Après avoir été dans sa jeunesse typographe, Giacomelli est devenu photographe comme si cela était dans la nature des choses. Les caractères, l’encre, le papier, la trame, cela préfigurait logiquement sa (ou la) photographie en noir et blanc. Les œuvres de Giacomelli se singularisent par une dualité aussi bien dans le visuel que dans le sensuel (dérivé du mot sens). Regardez cette photographie tirée de la série « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » où le noir et blanc est mis à profit d’une manière sublime.
Le photographe s’est contenté de prendre position et d’attendre que des curés passent devant son objectif.

Photo tirée de la série “Il n y a pas de mains pour me caresser le visage”.

PHOTO Mario Giacomelli

Et voilà le travail…semble-t-il nous dire.
N’avez-vous pas l’impression (sans jeu de mot !) que ces séminaristes sont des lettres fraichement trempées dans l’encre et vus à l’aide d’un compte-fils ? Ce séminariste à droite de l’image n’est ce pas un I en train de courir dans le sens contraire de la lecture et son bonnet le point juché en son sommet ? Comme si Giacomelli, désespérant de voir ses petits caractères d’alliage de plomb, d’étain ou d’antimoine (sic), qu’il a longtemps manipulés, prendre vie dans la cornière qui lui servait de composteur, s’en alla chercher d’autres au séminaire de Senigallia, sa ville natale qu’il n’a jamais voulu quitter ou troquer contre un autre sujet. Vus à bout portant, les signes d’imprimerie possèdent chacun son propre caractère ! Regardez ce B, et ce B, strict ou fantaisiste, droit ou italique… La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?
La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ? La lecture d’un texte ne semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?

Que voit-on dans cette image ? D’abord un flou de bougé magistralement dosé. Un peu moins de temps de pose et l’effet recherché n y est plus car tout serait figé, davantage et le flou générerait une image incompréhensible. Là, c’est juste ce qu’il fallait. Notre vision s’arrête sur cette frange grise séparant les masses sombres des surfaces claires. Ce fin liséré, trace de mouvements, empreinte d’une délicate vibration, à la fois bavure d’encre et macule de lumière est une superbe concentration de signification. Giacomelli a magiquement défini le rôle d’un photographe : la maitrise technique au service d’une idée, d’une sensation ou d’un état d’âme. Pour ce Raymond Queneau de la photographie, quel mot ces séminaristes ont voulu composer ? ICI, DIEU, VIE, AÏE ?
La légèreté de ces séminaristes jouant à la manière d’écoliers au sortir de la salle de classe contraste avec l’idée que nous nous faisons d’eux : ils sont sensés être graves, méditant à longueur de journée dans un solennel et pesant silence. Mais Giacomelli ne veut pas se contenter de raconter le monde, il voudrait le changer. Mettant au service de son âme de poète ses yeux de photographe. Il donnera une image particulière de la vieillesse, de l’amour et de la vie tout court. Ce désir de vouloir perturber le cours des choses le fera renvoyer de ce séminaire pour avoir donné des cigarettes à ces étudiants en théologie. « Le temps est sans cesse en mouvement dans mon appareil, dans les champs, dans la rue. Le temps m’effraie. C’est le sujet de mes photos » déclara-t-il à Frank Horvat un autre photographe dans une des rares interviews qu’il a accordée. C’est en lisant aujourd’hui cette entrevue réalisée en février 1987 que j’ai compris pourquoi
l’œuvre de Giacomelli trouvait grâce à mes yeux.
Excusez mon narcissisme car encore une fois je me trouve obligé de me citer.

Sacré temps
Dans « Critique à bon escient » publié le 14 novembre 2007 dans ce même blog, je disais : « …il y a une constante qui perdure – depuis l’avènement de la photographie et jusqu’à nos jours – dont la longévité pourrait être interprétée comme synonyme d’un caractère fort de la photographie : c’est le temps. Le temps qui passe, qui est figé, gelé ou dont on décèle les traces de passage, en est un attribut indiscutable. Barthes a évidement raison de voir dans chaque photo l’écho ou le reflet de la mort. Chaque tic-tac, tout comme chaque déclenchement, n’est il pas un compte à rebours de ce qui reste à vivre. Il est donc couramment admis, à juste titre d’ailleurs, qu’une photographie devrait porter l’idée du temps. Temps de la photographie; sa date de réalisation, mais aussi sa durée ; c’est-à-dire la quantité de secondes qu’il a fallu pour que la lumière impressionne la surface sensible, le temps qui nous en sépare et puis pourquoi pas, l’âge du photographe ! Donnée essentielle, non !

Qu’est ce que le temps ? Voilà une question qui prendra du temps pour trouver les réponses qui conviennent. La photographie nous offre un outil sur mesure pour y parvenir. L’état ultime que nous cherchons en tenant un appareil photo c’est de produire une photographie qui sublime l’idée du temps, évidemment sous n’importe quelle forme – puisque c’est le rôle de l’artiste d’en chercher les variantes – et à n’importe quel prix. Le photographique en est une volonté d’y parvenir. Si nous nous referons à ce que disait le philosophe Alain : « La méditation sur le temps est la véritable épreuve du philosophe » pouvons-nous avancer l’idée que les photographes – uniquement ceux pour qui le sujet de leur photo est le temps – sont les philosophes des temps modernes. Revoyons les instantanés de Henri Cartier Bresson, les situations de Doisneau, les durées de Ansel Adams, les séquences de Duane Michals…ce sont des photographies majeures parce qu’elles sont une image du temps, celui que vous pouvez percevoir mais pas voir. Tout comme la mort que l’on a toujours vainement voulu portraiturer… pour n’obtenir que l’image d’un cadavre qui n’en est qu’une de ses conséquences. Le sujet que vous voyez n’est qu’une aiguille de l’horloge ou son tic-tac; une matérialisation conventionnelle de l’imperceptible et imperturbable marche du temps, comptabilisant les secondes avant la venue de la grande faucheuse.
Une réflexion sur le temps est fatalement une méditation sur la mort. Mais heureusement on n’en n’est pas là, puisque moi je suis en train d’écrire ces lignes et vous de bien vouloir les lire ».

Imminence
Quel lien peut-il y avoir entre mon premier souvenir d’enfance et la série de photographies de Giacomelli à part qu’elles furent contemporaine ?
Je ne réussi à revoir ce premier souvenir qu’au ralenti, et à l’instant où j’ai vu le cornet par terre, conséquence inéluctable du geste de Faouzi, la machine à enregistrer s’est arrêté. Un équilibre, déjà précaire, fut rompu laissant la place à un gouffre d’incertitude. Je ne saurais dire ce qui s’est passé après.
N’est ce pas aussi le cas de ces séminaristes figés pour toujours alors qu’ils étaient dans une phase d’élan ?
Dans un cas comme dans l’autre, le présent est entrain de ronger le futur selon la formule d’Henri Bergson. Le mental d’un enfant ou les yeux d’un photographe, comme des taxidermistes expéditifs, ont empaillé le temps alors qu’il était encore en vie !!!
Le quotidien d’un auspice de personnes âgées (autre fameux sujet de Giacomelli), les derniers jours d’une année, le moment de réemballer les œuvres (non vendues) d’une exposition, la fin d’une partie (titre de la dernière expo de l’année à El Teatro), l’après-midi d’un dimanche, l’heure d’aller se coucher, l’ultime page d’un roman (d’ailleurs presque toujours à demi remplie), un être cher sur le point de vous quitter, la rédaction de la dernière phrase d’une chronique sont des moments d’une rare intensité. L’imminence c’est cela. Personne ne pourra prédire sa manière de les vivre. Entre l’hystérie probablement salutaire et la paralysie masquant un abyssal désarroi il n y a malheureusement pas de juste milieu.
Encore une fois ce sacré temps, que rien n’arrête ni les mots ni les photos, pourtant j’ai envie de crier une fausse évidence : « de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie».
Peut-être qu’avec une autre police de caractère cela fera beaucoup moins pesant et grave à lire :
« de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie ».

Hamideddine Bouali
28 décembre 2008

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Questions de temps

Temps d’écouter
J’ai reçu un e-mail m’invitant à une visite guidée de l’exposition « Distance et proximité» organisée par le Goethe Institut de Tunis(1). Mais, je me suis trouvé dans une situation surréaliste puisque j’ai dû écouter une phrase dans la langue de Schiller puis sa traduction dans celle de Rabelais pour pouvoir la comprendre en arabe (je le suppose ! En fait, a-t-on tranché cette question existentialiste de savoir dans quelle langue saisissons-nous les choses… !). Entendre une phrase du genre: « Thomas Ruff photographie les détails des intérieurs de maisons et en a fait un style… » ou encore : « Cette photographie qui parait ne mettre en scène qu’une salle vide est en fait celle qui a connu un grand événement historique : la division de l’Allemagne lors de l’Accord de Postdam ». Et pour finir, entendre : « Gurski est un des photographes les plus connus et les plus côtés [sans aucune autre justification]…il photographie les gens dans des espaces immenses car encore enfant et habitant la campagne il avait peur d’être rejeté » sont des commentaires qui ne valaient pas le déplacement. Je ne dirais pas « fin de citation » puisque il pourrait y avoir dans ces immenses salles du Palais Keireddine des échos maléfiques qui auront dénaturé les paroles de cette jeunes allemande venue spécialement de Germanie pour nous expliquer, soit ce qui était devant nos yeux soit de justifier maladroitement ce qui n’avait pas lieu de l’être. C’est ce que l’on inflige souvent à l’art contemporain : un discours essayant de lui faire dire ce qu’il n’a jamais prétendu revendiquer
… L’art contemporain se contente d’affirmer qu’il est là…Tout simplement.

Temps de faire
Dans ma dernière chronique(2), j’évoquais le grand photographe Avedon à travers une description du portrait qu’il avait réalisé du sénateur Obama, aujourd’hui, je viens vous parler d’une autre image signée aussi Avedon.

Dovima et les éléphants. Richard Avedon. 1955

Cette photographie révèle une grande maîtrise, aussi bien de la technique que du langage photographique. D’abord, rares sont les personnes qui remarquent que ce cliché est en noir et blanc tant la force qui en émane bouscule notre quiétude bien avant que nos cônes et nos bâtonnets de notre rétine ne s’en rendent compte ! Le contraste poussé à outrance dans le choix des éléments de composition est si intense que la palette chromatique est devenue comme par magie une question secondaire. Le modèle est d’une grâce féerique. Profil hautain et snob, cou interminable, décolleté audacieux, corps enveloppé dans un fourreau sombre, Dovima, mannequin de chez Dior, semble charmer (étymologiquement cela s’entend ensorceler) que ce soit ceux qui regardent son dos ou ceux qui contemplent sa face.
Certains ont vu dans cette image une évocation du conte de Jeanne-Marie Leprince : La belle et la bête…ils se sont trompés. Ou alors nous les avons mal compris…qui est la bête et qui est la belle ? Ces éléphants sont-ils furieux ou pris de panique ? N’avez-vous pas l’impression que nous autres spectateurs sommes en fait de part et d’autre de Dovima…nous aussi, sommes enchainés, démunis, incapables de faire quoi que ce soit devant cette créature mi-ange mi-démon. Les allusions mythologiques ou érotiques que suscite cette photographie sont innombrables…
Avedon, contrairem
ent au portrait d’Obama qu’il nous livrait tel quel, se faisant passer pour un Photomaton de hall de gare, se place ici dans le fauteuil du metteur en scène ; disposant les composantes de son image à sa guise pour nous en faire voir de toute les couleurs…

Temps de crise
Claude Perez revient occuper les cimaises de l’Aire Libre d’el Teatro(3). Je l’ai déjà dit et je le répète, ses récentes photographies n’ont rien à voir avec ses œuvres antérieures. Une raie de lumière se réfléchissant dans la mer, un personnage passe, à pas lent, en course ou nous offrant son profil et hop une photo…c’est dans la boite coco. Le photographe « s’amuse », après, à les multiplier à l’endroit à l’envers…à satiété. Permettez-moi cette analogie, de loin cela fait une série de motifs donnant un certain effet papier peint.
Personnellement je n’ai ressenti aucune émotion devant ces photographies-puzzle que l’on accole tète bèche, ou en frère siamois !!! Tout cela est une question de goût, mais quand on lit la liste des œuvres exposées on est surpris (moi en tout cas) de lire que vous pouvez devenir possesseur de cette œuvre pour 3500 dinars. Là, nous sortons du domaine des opinions et des préférences pour entrer de plein pied dans celui de l’économie. Nous n’allons pas faire la somme du prix du tirage, du cadre, de l’amortissement de l’appareil photo, des frais de déplacements, du pourcentage à concéder à la galerie en cas de vente…Non cela serait déplacé ! Puisque en fin de compte nous pourrons trouver, par simple soustraction, la valeur du travail artistique.
Mais, jetons un coup d’œil à la cote de quelques photographies vendues aujourd’hui en France. Avec 3500 dinars, un peu plus de 2000 €, vous pouvez vous offrir (pour les fêtes de fin d’année) ou vous permettre d’accrocher dans votre séjour un Portrait d’un enfant déguisé en arlequin réalisé par Lucien Clergue (tirage argentique signé par le photographe de format 22 X 28,5) à 280 €, pour 300 € vous serez l’heureux acquéreur d’un superbe Nu académique de Jean François Jonvelle ( tirage de format 30 X 40 cm avec cachet à sec officiel du photographe) ajoutons dans le caddy une œuvre de Mario Giacomelli intitulée La Buona Terra (tirage au platine signé, de format 15 X 10 cm) à 130 €, allez ! Ajoutons de la fantaisie ! Un magnifique tirage couleur, d’époque, en superbe état de format 20 X 25 cm d’Apollo 10 en orbite autour de la Lune au prix de 130 € (un tirage similaire fut adjugé précédemment à 1000 €). Le restant de la monnaie servira à s’acquitter des frais de port !


Temps d’envoyer vos photos au World Press
Il y a un mois, je découvre une info bizarre sur le site de l’Arab Press Network. « La majorité des images les plus fortes aujourd’hui viennent du conflit qui déchire la région arabe, mais ce sont souvent des photographes non arabes qui prennent ces clichés. « World Press Photo est conscient de l’importance d’encourager et de soutenir les photojournalistes dans leur propre région », assure Michiel Munneke, directeur de la fondation organisatrice du World Press, qui explique que la fondation est actuellement engagée dans des programmes de formation pour les photographes en Égypte et au Maroc, et a pour projet de mettre en place des sessions de formation au Moyen-Orient.…Les inscriptions au concours World Press Photo sont ouvertes et, cette année, les photojournalistes arabes sont fortement encouragés à participer et à exposer leurs talents…Pour l’édition 2008 du concours World Press Photo, nous avons vu une augmentation de 28 % du nombre de participants du monde arabe, mais nous restons néanmoins convaincus qu’un plus grand nombre de photographes de la région ont la capacité d’entrer dans la compétition », déclare Munneke.
Que cache cette insistante invitation ? Est-ce une des conséquences de la polémique née de la consécration de la photo de Spencer Platt réalisée à Beyrouth en Août 2006 ? J’ai déjà évoqué dans une de mes chroniques que si le prix était mérité, le fait d’inviter à la cérémonie de remise des prix du World Press Photo ceux qui figuraient dans la photo était étrange pour ne pas dire compromettant (4). Aujourd’hui, cette invitation vient confirmer mes suspicions. Le jury allait-il avoir comme consigne de favoriser les participants d’origine arabe ? Y’a-t-il volonté d’inverser les rôles…en lieu et place d’un photographe venu d’Occident pour couvrir un événement, le plus souvent sanglant, en pays arabe, le jury va-t-il consacrer un photographe libanais ou irakien (ou autre) auteur d’un reportage sur les élections américaines ou le crash de Wall Street ? Après le temps de l’orientalisme voilà venu le temps de l’occidentalisme. Si vous êtes photographe de presse envoyez sans plus tarder vos œuvres au World Press Photo, peut-être seriez-vous l’heureuse victime de cette discrimination positive. Edward Saïd n’avait pas prévu cela.
D’ici la date de la parution du palmarès 2008 en février prochain, Mach (Mahmoud Chelbi) me confirme que l’expo du WPP, édition 2007, sera parmi nous en janvier prochain…à suivre.

Temps des bague(ettes) magiques
La rédaction du journal Le Figaro a supprimé de la photo de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, une bague de grande valeur. Baptisée « Liens » de chez Chaumet, le bijou est en or gris pavé de diamants, avec deux liens pavés de diamants, ce joyau a été évalué à 15600 €. Information glanée du site Rue89. Débora Altman, responsable de la Une du Figaro a indiqué: “La “Une” parlait du malaise entre Rachida Dati et les magistrats. On a trouvé que la bague se voyait trop et on l’a enlevé pour ne pas que les gens se focalisent sur ça et que ça créé une polémique sur le côté bling-bling. Ça a été fait dans l’urgence, il était 20h29 et on devait boucler à 20h30″. Les forums de discussion ont été juste après la parution de l’information pris d’assaut.

La Une du Figaro du 19 novembre et la photo originale réalisée par François Bouchon le 17 juin 2008

Effectivement, montre en main, cela m’a pris moins d’une demi-minute, avec le logiciel CorelPhoto Paint (TM), pour débarrasser l’annulaire en question de son lourd fardeau. Mais, toute une vie ne suffirait pas pour prendre la lourde décision de retoucher une photographie de presse, censée fournir une information correcte autant que l’article qui l’accompagne. Un acte d’une grande gravité. Je n’ai peut-être pas assez cherché celui, (ou celle !!!) possédant un sens de l’observation et une mémoire photographique aussi précise, ayant découvert la supercherie. Il (ou elle) mérite un satisfecit.
A croire qu’ils sont fous ces Gaulois, pour parodier la bande dessinée Astérix. Un ministre qui ne peut pas s’offrir, ou se fait offrir une bague de grande valeur, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, un responsable de rédaction qui joue à la baguette magique (outil de retouche de Photoshop), un inconnu qui découvre le tour de passe-passe, des internautes qui cherchent dans les catalogues des joailliers le nom du bijou et sa valeur, d’autres qui le comparent aux boucles d’oreilles de Ségolène Royal, alors que quotidiennement – à l’heure du passage des éboueurs – on ramasse des SDF morts de froid…Mais où va la France par Toutatis !!!

Temps de lire
Un grand nombre de personnes se plaignent de la longueur de mes chroniques. S’il est vrai que contrairement aux autres blogs celui-ci se singularise par des textes d’une certaine étendue, il faudrait préciser que la fréquence de publication n’est pas la même. Certains bloggeurs publient un post par jour, d’autres le font sans périodicité particulière alors que du-photographique conserve un rythme d’un texte par dizaine de jours…Amplement le temps de lire et de réagir s’il y a lieu de le faire. La lecture du portrait d’Obama (2) ayant été, dans l’ensemble, agréablement accueillis, je réserverais dans mes prochaines chroniques un chapitre pour lire une photo qui m’a marqué et donc influencé ma pratique photographique.

Hamideddine Bouali
10 décembre 2008

(1) (Ana)Chronique XXXVI ; « Le surmoi de la Photo !!! » du lundi 10 novembre 2008
(2) Chronique XXXVII ; « Ecce Homo » du vendredi 21 novembre 2008
(3) Chronique XXI ; « Une brève histoire du temps » du mercredi 21 mai 2008
(4) Critique V « Image presque parfaite d’un monde qui ne l’est pas ! » du vendredi 21 décembre 2007

N.B. : Vous trouvez que ce blog a du mérite ? Votez pour lui dans la catégorie Meilleure Blog en Français du challenge en cliquant sur ce lien : Tunisia Blog Awards 2008…merci d’avance.


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Le photographe de moins de cinquante ans existe-il ?


Cents commentaires !!!
Celui qui se connecte à ce blog pourrait comprendre que les lecteurs se contentent de lire les chroniques sans broncher ! Il n’en est rien. Le système d’envoi de commentaires de Blogger ; le prestataire de service qui héberge ce blog, étant inefficace, certains lecteurs m’envoient leur commentaire directement à ma boite E-mail, d’autres me téléphonent ou attendent l’occasion de me rencontrer pour m’en parler. Une vingtaine de réactions en tout. La (fausse) chronique précédente fut le moins que l’en puisse dire appréciée.

Recherche appareil photo désespérément
Depuis une dizaine d’années j’ai abandonné le suivi de l’évolution des appareils photos. Je n’avais qu’une vague idée, je ne connaissais plus rien aux petites options mais demeurais au courant des grandes innovations. Aujourd’hui je me suis remis à jour. L’occasion – celle de chercher l’appareil qui convient – ne crée-elle pas le larron ?
Sur le créneau des réflexes numériques la concurrence fait rage entre les grandes marques : Nikon, Canon, Pentax, Sony et quelques autres se démènent comme des fous pour offrir au public des appareils perfectionnés. Mais justement que cherche le client Lambda ? Les services marketing de ces grosses firmes disposent de plusieurs archétypes – profil ou portrait robot – tel la célèbre Ménagère de moins de cinquante ans ? C’est elle qui commande l’état du marché, elle regarde la pub, gère le budget de la famille et décide des achats à faire, il était naturel de faire d’elle le public ciblé en priorité.
Dans le monde de la photo, il n’y a pas un seul client possible. Les laboratoires d’études créant un boitier pour une frange donnée d’utilisateurs : l’amateur occasionnel, l’amateur averti, le professionnel et l’expert. Il est logique de penser que ces types d’utilisateurs réservent un budget proportionnel à leur savoir-faire ou du moins à leur potentialité. Il n’est pas aussi erroné de penser que certains clients achètent des appareils dont les possibilités sont au-delà de ce qu’ils peuvent en tirer.
Après avoir jeté un coup d’œil sur l’état actuel du matériel, je me suis interrogé sur le futur des appareils photos. A quelles autres avancées allons-nous être témoins ? Anticipons !!!

Le Mammouth est plus gros appareil photographique jamais construit jusqu’à aujourd’hui.
Il mesurait quatre mètres de long avec un poids de 700 kg.
Il fallait jusqu’à quinze hommes pour le manœuvrer.
Sa plaque de verre atteignait 650 kg, pour 3 m² de surface.
Construit à Chicago pour une société ferroviaire, il reçut le “Grand Prix Mondial” en 1900
lors de l’Exposition universelle de Paris.



Identification digitale
Le déclencheur d’un appareil photo pourrait être un identificateur d’empreintes digitales de l’opérateur, celui-ci en prenant une photo aura automatiquement sa signature digitale sur le fichier numérique. Avec un même appareil plusieurs opérateurs auront chacun sa signature, idéale pour des appareils à plusieurs utilisateurs (famille, agence, club, école de photo…). Safi, mon frère jumeau (celui qui a publié son premier roman, voir fausse chronique XXIX, cela lui fera une autre pub !!! ) pense qu’il sera plus judicieux de réaliser cette signature numérique par l’intermédiaire du viseur qui reconnaitra la forme unique de l’iris de l’opérateur. Effectivement le dessin de l’iris est plus singulier que les empreintes digitales…Cependant on prend aujourd’hui plus souvent des photos en visant et cadrant avec l’écran à cristaux liquide qu’à travers le viseur, au point que certain construction l’ont éliminé de leur produit. Certains ont raison de se plaindre de son absence car il permet une visée précise et confortable dans toutes les conditions. L’écran devient inutilisable dès que la lumière ambiante est plus intense que celle qu’il émet.


Transfert
La transmission des fichiers par satellite depuis le boitier vers n’importe quelle adresse IP sans passer par une carte mémoire sera d’une grande utilité au photographe qui gagnera en mobilité et indépendance. Le grand avantage serait évidemment le faite de ne pas devoir être à la merci de la taille de la carte mémoire. On connait la limite des moyens de stockage. Il y a une douzaine d’années j’avais un ordinateur qui disposait d’un disque dur d’une capacité de 40 Mo ! Avec un Windows (le 3.1), un office (version 5) et un jeu de simulation aérienne Flight Simulator (le 5).
Aujourd’hui ces mêmes logicielles font plus de 30 Go !!! Alors les cartes de 8 Go dites – aujourd’hui – à grande capacité ne le seront plus dans quelques mois, car les capteurs continueront à évoluer et les fichiers obtenus à grossir. La loi de Moore va d’ailleurs vite devenir caduque. La solution serait donc d’envoyer ces gargantuesques fichiers directement vers des banques de stockage plus étendues.

Échelle de sensibilité
Il s’agit ici non pas de la sensibilité du film ou du capteur mais de l’opérateur lui-même : cela pourrait s’appeler aussi échelle d’émotion ; terme qui englobe peur, joie, dégoût, horreur, bonheur… cette échelle graduée aussi bien en positif qu’en négatif servira à conserver une trace de l’état d’esprit du photographe au moment de la prise de vue. Vous vous êtes surement interrogé sur la manière d’obtenir cette mesure !!! Vous ne trouvez pas que j’ai trouvé l’idée (il parait que c’est le plus difficile à faire) c’est aux techniciens de Nikon ou de Canon de prendre la suite ? Je ne prendrai qu’un dollar par appareil construit de royalties sur les ventes !!!

Capteur Multigrade
Avec ce dispositif les capteurs n’auront pas une sensibilité constante, mais variable. Pour un paysage par exemple : les capteurs situés en haut seront moins sensibles puisque situés en face d’une plage lumineuse : le ciel. Alors que ceux situés en bas devront être davantage plus sensibles puisque devant une plage sombre. Cette innovation permettra une restitution plus fine des détails dans les ombres profondes en même temps qu’une fidélité pour les zones claires. En somme une Zone system numérique…si Ansel Adams était là il aurait sûrement approuvé (en m’envoyant un mail de félicitation !!!).

َAprès le GPS le gyroscope
Aujourd’hui plusieurs boîtiers sont équipés de la géolocalisation. Avec cette option, l’opérateur aura automatiquement avec chaque photo,
données EXIF, les coordonnées géométriques, le lieu sera nommé au cas où le GPS serait muni d’une carte géographique précise. Il sera aussi intéressant d’ajouter la hauteur, l’inclinaison, la direction, la date et l’heure de la prise de vue. Ces données seront codées dans un métafichier insécable et indestructible puisque la moindre intervention le détruira inéluctablement. Ce fichier garantira à l’operateur – en plus de la signature digitale – son incontestable paternité.

Données EXIF
Propriétaire de l’image : Hamideddine Bouali
Lieux : 36°’47’ 46 82” N 10° 10 40 39′’ E : correspondant à La Place Barcelone-Tunis
Hauteur : 2, 564 m
Direction de l’axe de l’objectif /nord : 156°
Inclinaison de l’axe de l’objectif/horizon: +5° (objectif dirigé légèrement vers le haut : contre-plongée)
Date : 22 décembre 2008
Heure (GMT): 14h32’56’’
Capteur : 10 Mo
Fichier : 3876 Mo
Image : Raw et JPG (ratio 2/12)
Objectif : (zoom 55-200) focalisé à 76 mm
Ouverture : (5,6 – 32) ouvert à f/7,4
Temps de pose : (2 à 1/8000) réglé à 1/689 s
Appareil : Canon – EOS 450D (Ref :4357729900827663-2006)
Objectif : Tamron (zoom 55-200) (Réf :1244553627721-2007)
Émotivité (échelle allant de -5 à +5) : +4


Concours Lépine ou l’AISA Awards ?
Certains lecteurs vont surement trouver ces idées farfelues voir loufoques (regardez dans le dico ce n’est pas la même chose). c’est le tribut des visionnaires !!!
En 1890 Hurter et Driffield établissent une règle de détermination des temps de pose, elle ressemble à celle accompagnant les films argentique. Soleil brillant ciel bleu f/16 à 1/125 s…Malgré cette aide à la prise de vue, le Colonel Noverre, un amateur de photographie harcela la revue l’Amateur de Photographie de lettres exigeant l’abolition de tout calculs…L’artiste photographe n’avait que faire de la technique.
Trouvant cela une attaque délibéré contre ses recherches sur la sensitométrie, Hurter répliquant le 25 mars 1892 : « Si le colonel Noverre espère se servir d’un instrument à aiguilles pour lire infailliblement, comme sur une montre, le temps de pose exact ; s’il désire un mécanisme automatique enlevant et remettant automatique son bouchon d’objectif au bon moment, il faudrait qu’il attende longtemps »….longtemps ce la voulait dire pour ce cas moins d’une quarantaine d’années, car en 1931 les photographes pouvaient utiliser l’Electrophot, le premier posemètre. Ce longtemps fut un peu plus long pour avoir un « bouchon automatique ». En 1963 le Polaroid Automatique 100 disposa d’une cellule électrique qui fermait l’obturateur proportionnellement à la quantité de lumière réfléchie par le sujet.
Si on prend en considération le faite que la période séparant les découvertes de laboratoire de leur mise à la disposition au grand public ne cesse de s’amenuiser, on pourrait parier que si ces idées sont dignes d’intérêt le terme longtemps se calculera non pas en décades mais en mois.

Le photographe de moins de cinquante cela pourrait être moi !
L’essentiel dans un appareil photo demeure pour moi une facilité d’utilisation. Donnée toute relative d’ailleurs, chacun possède une certaine latitude d’apprentissage qui lui est spécifique. Certains conducteurs n’ont jamais évolué dans la maitrise de leur voiture, alors que d’autres à mesure qu’ils conduisent affines leur pilotage, négocient mieux les virages et estiment l’oreille le régime de leur moteur. Un appareil photo c’est un peu cela. Tous ceux qui sont en train de lire ces lignes et qui ont longtemps utilisé le même matériel savent de quoi je parle. Longtemps – plus d’une quinzaine d’années – je n’ai travaillé qu’avec un Nikon FG muni d’un 80-200 mm et d’un Olympus OM 1 équipé d’un 50 mm. Dans les artères de Tunis, à Aix-en-Provence, devant la Grande Arche de la Défense, dans la Médina de Fès ou chez-moi, je n’ai jamais eu à réfléchir sur leur réglage ; cela se faisait naturellement, j’allais dire : les yeux fermés !!!
Je n’ai jamais été un maniaque des objectifs hyper précis qui coutent la prunelle des yeux, alors que souvent on ignore que le film obtenu – ou le fichier produit – ne sera pas traité ultérieurement avec une égale qualité. Alors à quoi bon acquérir un objectif dont le pouvoir de séparation est très grand – donc très cher – pour en fin de compte voir son fichier traité par une tireuse industrielle qui ne restituera pas le nombre de ligne ? Je demeure convaincu que la première qualité d’un appareil photo c’est la fiabilité. Combien de déclencheurs bloqués, de carte mémoires grillées, de mise au point défectueuses ont fait rater la photo qu’il ne fallait justement pas manquer ?
La seconde qualité d’un matériel photo est son adéquation aux possibilités de l’opérateur. La démarche logique est celle de choisir l’appareil qui convient à la photographie que l’on pratique. Photographe de ville, mon sujet fut toujours l’homme dans la cité. D’autre part mes photographies – en noir et blanc – vont être destinées à être moyennement agrandies. En conséquence de quoi l’appareil qui me convient serait un petit reflexe numérique d’une dizaine de Mo, muni d’un zoom moyen, ayant une gestion optimale – dès l’enregistrement – d’images en niveaux de gris. Le plus difficile est maintenant de trouver parmi la dizaine de marques en concurrence celui qui remporte mon coup de cœur.


Hamideddine Bouali
16 septembre 2008



(*) Le Concours Lépine est la plus grande exposition d’inventions, où le sérieux cotoi le farfelu, l’AISA Awards et le prix européen du matériel photographique (boitier, objectif, accessoire, film…)
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Amine Messadi posted a photo:

Locandina Panafricana

Foto scattata a Bobo Diolasso,in Burkina faso,per le Mille Afriche Del Cinema a Roma 2007.

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Photoblog des Tounisiens autour du monde stands for the French of Tunisians around the world photoblog is community workout started by Safone back in august 2007 in a move to gather the most of the photos taken by Tunisians around the world most of them locally and a the rest around the world, the photolog is gathering more than 30 bloggers and a hundreds of photos going from simple travel shots to professional artworks. The community is getting bigger and bigger and they do have the own Facebook group. Honestly I like the idea of having one place gatheri9ng all those photos but I did get disappointed by the quality and the disorder of the content, I would like to advice the guys to work on a little bit to brush up the design, put the credits of the photographers, give a little description of the photos and have rotating themes. Anyway I’m just glad to see such a work and give an applause to the contributors and hope the them good luck and more success.

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In the middle of nowhere, a famous and known couple of WC stand sin the heat of the Chot Jerid lagoon by [Alain Badoual]

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riot-baby posted a photo:

20070728-IMG_2093

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20070728-IMG_2093

TASWIRA WE HKEYA

Poème dédié à cet enfant (du centre de la chère Tunisie), qui touche sur la photo à son premier jouet à l’age de 5 ans…au moment où ses congénaires en jettent par la fenetre…
un regard inoubliable…un sourire si modeste…

une lecon de la vie pour tous les enfants gatés (souvent pour rien)…

LE CONTE DES COULEURS…

2006 ANS SE SONT DÉJÀ ENVOLÉS!!! SANS COMPTER L’HISTOIRE QUI LEUR A PRÉCÉDÉS….
TOUT CE TEMPS QUI S’EST VITE ÉCOULÉ…OU DUS-JE PAR HASARD ME TROMPER???

UN TEMPS FERME QUI N’ATTEND D’AVANCER…ET DES ANNÉES TIMIDES REFUSENT DE S’ARRÊTER…
UN FUTUR IMPATIENT QUI SE FAIT TRÔNER…ET UN PRÉSENT LÂCHE FUIT DANS LE PASSÉ…

TOUTES LES FAMINES QU’ON PEUT RÉCITER…UN CONTE TRAGIQUE QUI FAIT TANT PLEURER…
UNE AFRIQUE NOIRE QUI MEURT DE SES PLAIES…UNE AGONIE LENTE ET UN CRI DÉSESPÉRÉ…

DES ENFANTS MAIGRES ET DES BÉBÉS AFFAMÉS…PRIVILÉGIÉS D’HONNEUR D’UNE MAUDITE PAUVRETÉ…..
DES BLANCS OBÈSES QUI NE SAVENT QUOI MÂCHER…ET QUI PEINENT TOUJOURS POUR CESSER DE MANGER…

UNE ASIE SOUFFRANTE, MALADE ET BLESSÉE…BREBIS GALEUSE VIDÉE DE SON LAIT…
DES HONNEURS DE FAMILLE QUI SE FONT ACHETER…POUR UN DOLLAR AU PLUS OU UN PETIT BILLET…

UN MONDE OU L’AGNEAU BÊLE CHEZ SON BOUCHER…ET SOURIT EN VOYANT LA MORT APPROCHER…
UNE PLANÈTE OÙ LES BLANCS VIVENT POUR ORDONNER…ET LES NOIRS EXISTENT POUR SE FAIRE PARDONNER…

DES ÉLUS NAISSENT POUR LE PLAISIR DE JUGER…ET LES BRUNS N’ARTICULENT QUE POUR SE JUSTIFIER…
UN FILM WESTERN QUI N’ARRÊTE DE PASSER…SUR TOUTES LES CHAÎNES MAIS TOUJOURS EN ANGLAIS…

LES RÔLES SONT FIXES ET TOUJOURS INCHANGÉS…JUSTE DES FIGURANTS QU’ON ADORE PIVOTER…
LA MÊME IMAGE QUE LE SHERIFF FAIT COLLER…LA TÊTE TOURNE MAIS JAMAIS LES TRAITS…

UN VIEIL AMI QUI DEVIENT RECHERCHÉ…ET UNE FORTUNE OFFERTE POUR LE CAPTURER…
CHACUN CHERCHE À L’IDENTIFIER…LA PEUR AU VENTRE D’ÊTRE UN JOUR NOMINÉ…

BYE À LA FIN N’EST PLUS D’ACTUALITÉ…ON VOUS LANCE UNE BOMBE POUR VOUS SALUER…
2006…EST DÉJÀ ENTERRÉ…MAIS HÉLAS, C’EST BIEN TROP VRAI…

UN CONTE QU’ON POURRA TOUJOURS RENOUVELER…JUSTE QUELQUES LIGNES EN PLUS À GRIFFONNER…
UN CHIFFRE OU DEUX AURONT À CHANGER…ET DES ZÉROS AU CENTRE QUI DEVRONT S’ÉCLIPSER…

DES ORPHELINS VICTIMES QU’IL FAUDRA PROTÉGER…ET D’AUTRES À VENIR QU’ON DEVRA ADOPTER…
DES GUERRES BARBARES QU’ON FERA ÉCLATER…D’AUTRES PLUS SALES IMPOSSIBLES À AVORTER…

UN VICE ÉTERNEL QU’IL FAUDRA EFFACER…ET UNE NATURE HUMAINE QU’IL FAUDRA RETRACER…
DES VALEURS SAINES QU’ON DEVRA CÉLÉBRER…ET DES MOMENTS DE JOIE QU’ON DEVRA ARRACHER…

UN SEUL FOYER QU’IL FAUDRA FONDER…ET UN TOIT DE BONHEUR QU’IL FAUDRA PRÉSERVER…
UN MONDE PLUS ROND QU’IL FAUDRA DESSINER…ET UNE TERRE SEREINE QU’IL FAUDRA PROTÉGER…

UN AMOUR MOINS FAUX QU’ON DEVRA FABRIQUER…ET DES CHAMPS DE HAINE QU’ON DEVRA RASER…
2007…UNE VRAIE TORTURE QUAND ON VEUT COMPTER…MAIS UN PETIT CALCUL SI ON A ENVIE D’AIMER…

Amine MANAI

On ne meurt jamais si on compte exister un jour

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ksar ezzahra à tataouine

Tataouine (تطاوين), anciennement appelée Foum Tataouine, est une ville du sud-est de la Tunisie située à 531 kilomètres de Tunis.
Plaque tournante du tourisme dans le sud du pays, cette ville animée constitue une étape importante dans la visite du grand Sud tunisien (désert, ksour et autres villages fortifiés). Malgré un tourisme saharien dynamique, la ville conserve son identité et son architecture traditionnelle.

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