Chronique des chroniques< ?xml:namespace prefix = o />
Le poisson d’avril aurait plusieurs origines possibles. La plus connue serait que le premier jour de l’an était le premier avril, d’où la signification de son nom latin ; Avril vient du latin aprilis ; aperire : ouvrir…l’année. Et c’est la promulgation de L’Edit de Roussillon en 1564 par Charles IX – âgé alors de seulement 14 ans – qui ordonna en ces termes ce changement: “Voulons et ordonnons qu’en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnances, édicts, tant patentes que missives,et toute escripture privé,l’année commence doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier “.
En 1582, le pape Grégoire XIII réformera le calendrier julien, et étendra cette mesure à toute la chrétienté. Le jour de l’an était l’occasion de se faire des cadeaux et on continua à le faire pour l’ancienne date pour marquer ce décalage. Mais pourquoi poisson ? c’est du fait qu’au début du mois d’Avril, la lune sort du signe zodiacal des Poissons. Alors ces farces ne sont qu’une façon de fêter le premier jour d’une nouvelle année qui a déjà commencé. Nous somme devenus trop sérieux et un peu d’humour – quand il est inoffensif – nous fera beaucoup de bien.
On sait que le vraisemblable peut ne pas être vrai et c’est une des manières pour faire des poissons d’avril. Beaucoup se sont pris à l’hameçon du poisson d’avril publié dans la Chronique chronométrée, effectivement l’information à propos du passage du satellite « WorldView-2 » au-dessus de Tunis pour alimenter le site Earth Google est un canular. Il n’est pas possible aujourd’hui d’avoir cette information. Dommage on aurait pu faire de belles performances.
Je m’excuse pour les désagréments causée par cette fausse information.
Le Jardin public Habib Thameur à Tunis. Vue prise depuis Worlview le 29 janvier 2008 (cliquez pour agrandir)
Altitude 1520 m. 30°48’17,76″ N 10°10’39,71 E.
je suis un pecheur (* à vous de mettre l’accent qu’il faut).
Pour ma défense je reprendrais les propos de Mr. Jacques Pochart, fidèle lecteur de ce blog à qui j’ai soufflé le secret : « Bravo Monsieur Bouali, l’humour est une des valeurs sûres de notre époque…». Un site tunisien s’intéressant aux nouvelles technologies me contacte pour vérifier la véracité de l’information. Mon interlocuteur ne cacha pas sa surprise de trouver une fausse information faites d’éléments vrais. Tout comme celui de l’année dernière à propos de la fondation de la Maison tunisienne de la photo.
Cependant je commence à douter de la pertinence de mon comportement. Ma conscience – parfaitement incarnée dans une personne – me mets en garde : « tu es en train de perdre ta crédibilité en agissant ainsi…La divulgation de fausses nouvelles pourraient porter préjudice à ta stature. Si tu veux demeurer encore une référence dans la photographie réfléchit davantage et analyse tes actions de tous les points de vues ». Elle ajouta : « tu devrais finir ton livre, organiser une exposition…je ne te vois pas autrement qu’ainsi ». Alors soit ! et ainsi soit-il ; il n’y aura pas d’intox le premier avril 2010, mais est-ce que c’est crédible d’affirmer cela aujourd’hui ?
Le bonheur expliqué aux adultes
Juste après la guerre de Gaza et juste avant la publication de la Petite chronique intitulée « La Gestion des conflits expliquée à ma fille »sur ce blog, ma fille Jenaina ( 14 ans, tout comme Charles IX, le 24 mars dernier) rédige une rédaction dont le sujet était : « Imaginez que vous rencontrerez un homme aux pouvoirs surnaturels. Racontez ce qui s’est passé entre vous deux et ce que vous lui avait demandé ».
Voici ce quelle avait écrit.
Pendant une nuit orageuse, j’étais dans mon lit et je n’avais pas sommeil. Tout à coup j’ai entendu un bruit qui semblait bizarre. Alors je me suis levée et j’ai suivi le son de ce bruitage qui m’a conduite à la cuisine ; j’ai trouvé un homme drôle qui cherchait dans le réfrigérateur, alors j’ai crié :
-Qui êtes-vous ?
-Je suis un magicien et je suis venu vous proposer mon aide, dit cet homme bizarre.
-Pourquoi moi ?
-Demandez quatre vœux et ils seront exaucé.
Après une réflexion je lui ai demandé :
-Mon premier vœu, c’est d’arrêter la guerre dans le monde.
-Vos désirs seront des ordres.
-Mon deuxièmes vœu, c’est de réduire la famine dans le monde et de donner de l’argent aux pauvres et aux sans abris.
-Votre vœu est exaucé. Quel est le troisième ?
-Mon troisième vœu, c’est d’arrêter la vente des armes.
-Et votre quatrième vœu ?
-Mon dernier vœu c’est de trouver un remède aux maladies incurables.
-Et vous ?
-Comment ça ?
-Vous n’avez rien demandé pour vous rendre heureuse, pas d’argent ni rien ?
-Mon bonheur et ma joie c’est de regarder les infos sans voir qu’il y 1400 morts en Palestine ni 500 mille chômeurs, ni 10 mille sans-abris qui dorment dans la rue. C’est ça le vrai bonheur. L’argent n’est pas quelque chose d’essentiel dans la vie…vous savez !!!
Pour sa copie elle reçut 16,5 avec la mention « très bien ».
Je n’ai pas de mots pour qualifier sa précocité, son bon sens et surtout son altruisme…Mais je suis mal placé pour lui faire le moindre éloge – comment allait-elle le prendre ? – me contentant de lui sourire et de lire à haute voix la mention écrite au stylo rouge.
C’est bien moi qui avait écrit dans la XXXIVème Chronique à propos de la correction de mes textes par mon père en présence de ma mère : « Je prenais toujours, la question (ma mère demandait à mon père ce que valait mes écrits) comme l’interrogation d’une jeune mère à-propos d’un bambin qui commence ses premiers pas et la réponse ; celle d’un pédiatre rassurant : « évidement qu’il marchera correctement, après ces titubations, ces tangages incontrôlés…un jour il marchera comme tout le monde », c’est difficile de recevoir des compliments d’un parent ».
Je me trouve aujourd’hui au juste milieu de deux générations, cerné entre un père largement écrivain et une fillette qui promet. Je ne me suis, donc, pas trompé sur ce que ces petits doigts feront à l’âge adulte (idem, j’ai toujours voulu utiliser cette formule).
Les Bouali seront encore là pour longtemps à noircir les pages des journaux, des livres, des blog et des copies de dissertations.
Rédaction
Jenaina et Hamideddine
Relecture et correction
Mahmoud
BOUALI
(*)Pécheur (avec un accent aigu)est celui qui est coupable d’avoir commis un péché, une faute ou une mauvaise plaisanterie (comme les Poissons d’avril), alors que pêcheur (avec accent circonflexe): c’est un marin qui vit du produit de la pêche (y compris le poisson).
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I wanna thank all my friends for the visits and the support..Thank you again
Next shot will not be a portrait..I promise , lol..
Explore Highest position: #83 On 20/01/09
« Il n y a pas de mains pour me caresser le visage »
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Réminiscence Il m’arrive de demander aux gens que je connais quel est le plus lointain souvenir qu’ils ont ? Certains répondent : « j’ai plus intéressant à faire que de me torturer les méninges », d’autres : « tu n’a rien à faire d’autre que de jouer à l’Ardisson, dans Tout le monde en parle ? ». Ceux qui jouent le jeu, se souviennent d’une chute dans un escalier, d’un jouet fabuleux reçu ou d’un merveilleux lieu visité…pour ma part, il s’agirait d’une situation. Cela se passait chez un glacier à la plage de « l’Aéroport » situé à mi-chemin entre La Goulette et Le Kram, dénommé ainsi puisqu’elle servit naguère à l’amerrissage et à l’accostage d’hydravions. Nous étions tous attablés attendant le serveur ; papa était à l’autre bout de la table, maman à sa gauche, puis mes quatre frères et ma sœur ordonnés d’une façon tout à fait fortuite…du plus grand jusqu’à moi. Ma petite taille me consentait des libertés et des privilèges. Mes pieds pendaient sans toucher le sable ce qui me permit de les balancer. Le flanc de la table venait tout juste au niveau de mes yeux et paraissait évidement bien épais. Je me rappelle encore de ce malicieux point de vue ; j’arrivais à voir aussi bien ce qui se passait en haut de cet horizon artificiel que de ce qui s’y déroulait en bas. Des bustes plus ou moins grands mais aussi des pieds sanglés de sandales ou de souliers d’été. Mon père, avec sa voix pleine de prestance et d’autorité, interpella le serveur qui nous rejoignit tout de suite. Étant installé chez un glacier il était évidement question de commander des glaces, il ne restait qu’à savoir quel parfum choisir par chacun des membres de la famille. Tour de table : Chocolat, pistache, chocolat…gazouza (boisson gazeuse en arabe dialectal) !!! Contre toute attente, Faouzi, un de mes frères n’a pas trouvé mieux, pour faire sûrement l’intéressant, que de vouloir consommer autre chose que ce qui était naturel de demander. Mon père décontenancé par cette exception, qui lui imposera d’aller au café situé une centaine de mètres plus loin, s’opposa à cette demande :« non cela sera de la glace comme tout le monde ! ». Mon frère – têtu comme tous les rebelles – insista au point que ce qui était prévu comme étant un succulent moment de dégustation en famille devint une scène d’entêtement caractérisée de part et d’autre. Nous nous échangeâmes des regards complices, avec au fond des yeux la sempiternelle interrogation : « cet épisode va-t-il mettre fin a cette sortie estivale tant attendue et devoir retourner à la maison ? ». Pour cette sortie il a fallut parcourir la distance séparant notre maison au Bardo à la banlieue nord. Évidemment, je demeurais en attente de répondre à mon tour mais voilà Faouzi arrêta net le protocole. Papa hausa le ton, bien que nous ayons tous senti qu’il ne fallait même pas bouger pour ne pas crisper davantage une ambiance déjà tendue, et la messe fut dite. Au bout du compte mon père s’adressa au serveur pour lui réciter les parfums choisis en en assignant un d’office au fils égaré. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé entre la commande et le retour du serveur, peut-être rien qui ne vaille la peine d’être retenu. La dernière image qui m’est restée est celle d’un cornet de glace ainsi que son contenu jeté par terre. Je suis presque sûr que je fus le seul témoin de cette vision d’horreur : Faouzi tenant son cornet de glace sous la table puis ouvrant sa main pour le laisser volontairement choir par terre. Pour moi, un vrai sacrilège fut commis. Les autres léchaient avec délice leur cornet, puisque en plus du plaisir du palais, il y avait la sensation qu’ils ont failli en être privés. Selon mon père cet épisode date de l’été 1964…j’avais donc trois ans et demi. À la même époque Mario Giacomelli, un photographe italien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance mondiale, séjourne dans un séminaire à Senigallia.
Mario Giacomelli (1925-2000) Après avoir été dans sa jeunesse typographe, Giacomelli est devenu photographe comme si cela était dans la nature des choses. Les caractères, l’encre, le papier, la trame, cela préfigurait logiquement sa (ou la) photographie en noir et blanc. Les œuvres de Giacomelli se singularisent par une dualité aussi bien dans le visuel que dans le sensuel (dérivé du mot sens). Regardez cette photographie tirée de la série « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » où le noir et blanc est mis à profit d’une manière sublime. Le photographe s’est contenté de prendre position et d’attendre que des curés passent devant son objectif.
Photo tirée de la série “Il n y a pas de mains pour me caresser le visage”.
PHOTO Mario Giacomelli
Et voilà le travail…semble-t-il nous dire. N’avez-vous pas l’impression (sans jeu de mot !) que ces séminaristes sont des lettres fraichement trempées dans l’encre et vus à l’aide d’un compte-fils ? Ce séminariste à droite de l’image n’est ce pas un I en train de courir dans le sens contraire de la lecture et son bonnet le point juché en son sommet ? Comme si Giacomelli, désespérant de voir ses petits caractères d’alliage de plomb, d’étain ou d’antimoine (sic), qu’il a longtemps manipulés, prendre vie dans la cornière qui lui servait de composteur, s’en alla chercher d’autres au séminaire de Senigallia, sa ville natale qu’il n’a jamais voulu quitter ou troquer contre un autre sujet. Vus à bout portant, les signes d’imprimerie possèdent chacun son propre caractère ! Regardez ce B, et ce B, strict ou fantaisiste, droit ou italique… La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?La lecture d’un texte ne semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?
Que voit-on dans cette image ? D’abord un flou de bougé magistralement dosé. Un peu moins de temps de pose et l’effet recherché n y est plus car tout serait figé, davantage et le flou générerait une image incompréhensible. Là, c’est juste ce qu’il fallait. Notre vision s’arrête sur cette frange grise séparant les masses sombres des surfaces claires. Ce fin liséré, trace de mouvements, empreinte d’une délicate vibration, à la fois bavure d’encre et macule de lumière est une superbe concentration de signification. Giacomelli a magiquement défini le rôle d’un photographe : la maitrise technique au service d’une idée, d’une sensation ou d’un état d’âme. Pour ce Raymond Queneau de la photographie, quel mot ces séminaristes ont voulu composer ? ICI, DIEU, VIE, AÏE ? La légèreté de ces séminaristes jouant à la manière d’écoliers au sortir de la salle de classe contraste avec l’idée que nous nous faisons d’eux : ils sont sensés être graves, méditant à longueur de journée dans un solennel et pesant silence. Mais Giacomelli ne veut pas se contenter de raconter le monde, il voudrait le changer. Mettant au service de son âme de poète ses yeux de photographe. Il donnera une image particulière de la vieillesse, de l’amour et de la vie tout court. Ce désir de vouloir perturber le cours des choses le fera renvoyer de ce séminaire pour avoir donné des cigarettes à ces étudiants en théologie. « Le temps est sans cesse en mouvement dans mon appareil, dans les champs, dans la rue. Le temps m’effraie. C’est le sujet de mes photos » déclara-t-il à Frank Horvat un autre photographe dans une des rares interviews qu’il a accordée. C’est en lisant aujourd’hui cette entrevue réalisée en février 1987 que j’ai compris pourquoi l’œuvre de Giacomelli trouvait grâce à mes yeux. Excusez mon narcissisme car encore une fois je me trouve obligé de me citer.
Sacré temps Dans « Critique à bon escient » publié le 14 novembre 2007 dans ce même blog, je disais : « …il y a une constante qui perdure – depuis l’avènement de la photographie et jusqu’à nos jours – dont la longévité pourrait être interprétée comme synonyme d’un caractère fort de la photographie : c’est le temps. Le temps qui passe, qui est figé, gelé ou dont on décèle les traces de passage, en est un attribut indiscutable. Barthes a évidement raison de voir dans chaque photo l’écho ou le reflet de la mort. Chaque tic-tac, tout comme chaque déclenchement, n’est il pas un compte à rebours de ce qui reste à vivre. Il est donc couramment admis, à juste titre d’ailleurs, qu’une photographie devrait porter l’idée du temps. Temps de la photographie; sa date de réalisation, mais aussi sa durée ; c’est-à-dire la quantité de secondes qu’il a fallu pour que la lumière impressionne la surface sensible, le temps qui nous en sépare et puis pourquoi pas, l’âge du photographe ! Donnée essentielle, non !
Qu’est ce que le temps ? Voilà une question qui prendra du temps pour trouver les réponses qui conviennent. La photographie nous offre un outil sur mesure pour y parvenir. L’état ultime que nous cherchons en tenant un appareil photo c’est de produire une photographie qui sublime l’idée du temps, évidemment sous n’importe quelle forme – puisque c’est le rôle de l’artiste d’en chercher les variantes – et à n’importe quel prix. Le photographique en est une volonté d’y parvenir. Si nous nous referons à ce que disait le philosophe Alain : « La méditation sur le temps est la véritable épreuve du philosophe » pouvons-nous avancer l’idée que les photographes – uniquement ceux pour qui le sujet de leur photo est le temps – sont les philosophes des temps modernes. Revoyons les instantanés de Henri Cartier Bresson, les situations de Doisneau, les durées de Ansel Adams, les séquences de Duane Michals…ce sont des photographies majeures parce qu’elles sont une image du temps, celui que vous pouvez percevoir mais pas voir. Tout comme la mort que l’on a toujours vainement voulu portraiturer… pour n’obtenir que l’image d’un cadavre qui n’en est qu’une de ses conséquences. Le sujet que vous voyez n’est qu’une aiguille de l’horloge ou son tic-tac; une matérialisation conventionnelle de l’imperceptible et imperturbable marche du temps, comptabilisant les secondes avant la venue de la grande faucheuse. Une réflexion sur le temps est fatalement une méditation sur la mort. Mais heureusement on n’en n’est pas là, puisque moi je suis en train d’écrire ces lignes et vous de bien vouloir les lire ».
Imminence Quel lien peut-il y avoir entre mon premier souvenir d’enfance et la série de photographies de Giacomelli à part qu’elles furent contemporaine ? Je ne réussi à revoir ce premier souvenir qu’au ralenti, et à l’instant où j’ai vu le cornet par terre, conséquence inéluctable du geste de Faouzi, la machine à enregistrer s’est arrêté. Un équilibre, déjà précaire, fut rompu laissant la place à un gouffre d’incertitude. Je ne saurais dire ce qui s’est passé après. N’est ce pas aussi le cas de ces séminaristes figés pour toujours alors qu’ils étaient dans une phase d’élan ? Dans un cas comme dans l’autre, le présent est entrain de ronger le futur selon la formule d’Henri Bergson. Le mental d’un enfant ou les yeux d’un photographe, comme des taxidermistes expéditifs, ont empaillé le temps alors qu’il était encore en vie !!! Le quotidien d’un auspice de personnes âgées (autre fameux sujet de Giacomelli), les derniers jours d’une année, le moment de réemballer les œuvres (non vendues) d’une exposition, la fin d’une partie (titre de la dernière expo de l’année à El Teatro), l’après-midi d’un dimanche, l’heure d’aller se coucher, l’ultime page d’un roman (d’ailleurs presque toujours à demi remplie), un être cher sur le point de vous quitter, la rédaction de la dernière phrase d’une chronique sont des moments d’une rare intensité. L’imminence c’est cela. Personne ne pourra prédire sa manière de les vivre. Entre l’hystérie probablement salutaire et la paralysie masquant un abyssal désarroi il n y a malheureusement pas de juste milieu. Encore une fois ce sacré temps, que rien n’arrête ni les mots ni les photos, pourtant j’ai envie de crier une fausse évidence : « de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie». Peut-être qu’avec une autre police de caractère cela fera beaucoup moins pesant et grave à lire :« de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie ».
Art that shocks is not necessarily meant to shock, but I would say that the fundamental aim is to reveal the hidden, the silenced, the unseen, and the forgotten. Such an art speaks what should not spoken and exhibits what should be not shown, a daring choice of the artist who seeks to distress the ordinary, the common, and the mainstream with the different and the alternative.
According to Michel Foucault, the official discourses occlude forms of knowledge that are different and distinct from them. Hence, the normal person is not the specimen; the good citizen is different from the delinquent; the normal straight cannot be a pervert; a girl cannot be a boy. Official discourses are but constructs, and when we tackle the question of gender, we may say that the demarcation between sexes is but a social and cultural construct, a wobbly duality.
An exhibition of daring photographs in the Gallery “Cine Son” in La Marsa is wrapping up this weekend after running about two weeks and bestowing an opportunity upon the lovers and enthusiasts of art and photography to discover an alternative perspective and representation of gender. Tarak Khalladi, a young Tunisian cineaste and photographer, an emerging talent, is one of the partakers in this exhibition. Speaking to Alarabonline, Khalladi said, “I think it is high time to offer the young Tunisian talents a chance to enter the arena of artistic design. Tunisian art has a lot to say and to offer, notably new and original techniques and perspectives”.
Presenting his work, Kalladi added, “I attempted to blur the boundary between the masculine and the feminine so as to shatter the demarcation line between genders. In photos, I tried to highlight masculinity that survives within extreme and intense femininity”. In black and white, the photos speak out a message, a modern or let us brand it a “postmodern message” that blurs boundaries and blows apart duality. Deconstructing, to use the expression coined by Jacques Derrida, the already-established official gender construct, Khalladi shot to some extent erotic, but expressive scenes: a woman girded with a bodice, an ode to seductive femininity; another woman dressed like a little girl clutching a doll, a quiz, a quagmire that pushes the viewers to ask quite a few questions, paradoxes brought into harmony through the camera of the artist photographer.
With Khalladi, art has no taboo as it digs into the secrecies and ambiguities of the body, the body that has it own aesthetics though always silenced. A new approach to photography, the young artist has adopted through mixing different techniques and making use of the skills he gained from cinematography. In an attempt to satisfy an audience that has been bored with minimalism and superficiality, the artist has conducted his research and enquiry taking the body as a starting point to convey a new perception.
It is worth noting, in this context, that Khalladi has worked with a number of Tunisian and foreign artists, notably painter Aicha Ben Mostapha throughout the exhibition that was held in El-Teatro in Tunis, Abdelaziz Mohsni, Sami Mrad, Claude Perez, Lamine Sassi, Chahla Soumer, Ahmed Zelfani and others.
Cerca angoli di cielo
fantastiche visioni,
per dare nuova luce ai tuoi occhi
lasciando entrare tutte le emozioni
senza far finta che l’amore non ti tocchi.
Prendi tutti i suoni
dal frastuono di ogni giorno
cerca tra la gente le parole
segui la tua vita
non lasciarla andare
ora è il momento
Perchè non c’è
nessuna differenza
se vinci o se perdi,
quello che conta
che ha più importanza
essere quello che sei.
Sa photographie est intéressante pour le parti-pris du point de vue ; surélevée, elle embrasse non seulement ce qui est visible mais aussi ce qui existe sans faire d’ombre ! Subtile nuance que Claude Iverné a magistralement appliquée dans ses photographies. Effectivement, qui a l’idée de diriger son objectif vers ce qui s’impose par sa présence et non par sa masse ? Ambitionnant l’intégralité, ces œuvres sont une mappephoto : tout devrait y être. Alors ma curiosité et mon ego m’ont poussé à cet échange de portraits…!!!
J’étais Crésus ; discutant de cinéma avec des amis, goûtant un succulent café et des dizaines de cigarettes sous une ombrelle bienfaitrice. Nécessaire farniente après les frénétiques journées précédentes. Les Rencontres ont été cette année particulièrement éprouvantes à lancer. Je ne me rappelle plus quelle formule il avait utilisé pour me demander de le suivre. A quelques pas du paradis où j’étais je me suis trouvé démuni de tous mes privilèges …presque le Darfour.
Lors de l’entretien que j’ai eu avec Claude Iverné, assis à même le sol au pied de la porte cochère du Fort lazaret, j’ai remarqué son calme olympien à la limite du détachement et sa détermination qui pourrait être prise pour de l’entêtement. D’abord photographe de mode : métier qui glorifie le luxe, la vacuité et s’arrêtant au paraître, Claude Iverné lâche tout. Je pari qu’il l’a décidé en pleine séance de pose – après avoir réglé les spots lights et avant de mettre son œil dans le viseur – pour se consacrer à un sujet aux antipodes de ce qu’il faisait auparavant ; l’absolu, le perpétuel et l’essentiel. Un lieu : le désert, une situation : la précarité…et la photographie comme boussole.
Claude Iverné possède un timbre de voix semblant faire partie de celui produit par son vénérable Rolleyflex lors de son réarmement. Le voir avec ce mythique six-six, qu’il tient comme une lampe de poche, me rappelle les chefs de gare en service dans des contrés éloignées de toute civilisation. Ils signalent leur présence mais balisent aussi celle des autres.
Iverné ne formule pas, il ordonne ; un verbe et un complément…”Regarde à droite ! Abaisse la tête ! Laisse pendre ta cigarette un peu ! Lève la tête ! Incline ton épaule ! Tourne légèrement à droite !” Aucun répit, une rafale ininterrompue de cliquetis sans sommation. J’avais littéralement le souffle coupé d’autant plus qu’il m’avait fait prendre une posture inhabituelle pour moi. Accoudé sur le dossier d’une chaise avec les genoux sur le siège : j’étais à la messe en face d’un curé en train d’exécuter un solennel et strict rituel. Les doigts croisés, le regard baissé, je me suis senti dans un confessionnal avouant un huitième péché capital : celui de vivre en ignorant la détresse de mes semblables…d’où cette pénitence ?
Au fait je ne comprenais pas ce que le photographe voulait faire de moi. Evidemment pour quelqu’un qui a fait beaucoup de photos, il est très simple d’imaginer que depuis le point de vue du photographe, debout sur une chaise, en prenant en considération la focale de l’objectif utilisée, quelle image il allait obtenir. Mais ne confondons pas la manière de faire ; une vue plongeante avec comme arrière-plan le sable, mon buste déséquilibré vers l’avant, un profil sombre qui se découpe par rapport au fond plus lumineux, avec la manière de voir. Et n’oublions pas que Claude Iverné se veut un passe muraille, traversant les apparences pour tenter d’atteindre l’insaisissable souffle des êtres.
J’ai rédigé ce texte sans avoir vu l’image qu’il a promis de m’envoyer par courrier électronique.
Claude Iverné ne veut pas s’arrêter à l’aspect visible des choses ou des êtres, malgré l’ancrage de la photographie dans le sens propre, il a la volonté manifeste de voir à travers. Ses images se veulent des radiographies réalisées à l’intention de gens qui maîtrisent un autre braille : des ultra photos ! Alors celui qui est devant l’objectif peut ne pas comprendre ce qui a été capté et emmagasiné.
Son Darfour fut ainsi réalisé, loin des clichés qui a force d’être imprimé sont devenus de pâles filigranes, illisibles donc incompréhensibles. D’ailleurs il n’est jamais allé au Darfour pour ramener des reportages mais des bribes de nuages, des soupirs d’enfants et des graines de patiences…Son réflexe de vouloir regarder d’en haut, voir de loin, revenir plus tard – pour le Darfour comme pour mon portrait il s’est pris plus d’une fois dans des endroits différents – est un souci d’exhaustivité. Mordu des citations je ne peux rater l’occasion d’évoquer celles formulée par le cinéaste Ingmar Bargman à-propos de la vieillesse qui est comparable à l’ascension d’une montagne, plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie !Claude Iverné retourne au Darfour comme ceux qui partent sur le chemin de Compostelle : le silence et la méditation sont les meilleurs compagnons. Iverné connaît la valeur des mots, alors il ne parle qu’après avoir longuement réfléchie en prenant soin de choisir les plus justes. Le lendemain il m’a invité à aller la-haut sur le promontoire du Fort Lazaret (ce lieu est un aimant pour les photographes) mais cette fois il fut plus avenant, me demandant même de sourire ! Qu’est ce qui s’est passé entre les deux séances de prise de vues ? Voilà le mystère que je n’ai pas pu percer. J’avais l’impression d’avoir eu affaire à deux photographes différents. Me suis-je trompé sur mon protocole (*) ; Claude Iverné a-t-il deux facettes différentes, est-il plus à l’aise quant il est seul face à son sujet comme cette seconde séance de prise de vue, contrairement à la première où nous étions entouré par une vingtaine de personnes.
Au Darfour c’était comment ?
Photo Claude Iverné, qu’il a intitulée “La Piste de Hamideddine“. Ghar el Melh 30 Juin 2008
Son souci de mettre en boite ses préoccupations le mène vers des sujets plus naturellement cinématographiques ou littéraires. Je pari que Claude Iverné est fasciné par l’œuvre d’Ingmar Bergman et son obsession de la disparition…comment photographier la frontière qui sépare la vie de la mort, qu’est-ce qu’agoniser ?
«C’est l’ombre de la mort qui donne du relief à la vie.» dixit encore une fois Ingmar Bergman.
Hamideddine Bouali et Claude Iverné
14 août 2008
(*)Voir texte « protocole pour portraiturer un photographe » sur ce même blog
«Abdelhak Ouertani :< ?xml:namespace prefix = o />
Premier diplômé tunisien de photographie en 1894»
Dans une vie, il nous arrive de rencontrer des gens, dont on ne sait plus depuis combien de temps on les a rencontrés. Pour moi, Mohamed Bennani fait partis de ceux-là. Je ne me rappelle plus quand est ce que j’ai enjambé pour la première fois le pas de sa charmante maison. Dans ce patio ensoleillé où il lui arrive souvent de s’élancer – comme un gosse à qui on demande de ramener son adorable peluche – pour chercher un vieux livre de la chambre d’à côté. Son café turc servi brûlant, ou le thé – à volonté- à peine sucré ponctue des discussions toujours passionnées à propos de tous ce que qui concerne les livres, la photographie, la culture et l’histoire. L’Histoire que Mohamed Bennani respecte et se met en colère dès que l’on en parle sans références. Aujourd’hui Mohamed Bennani cultive un look assez particulier, j’hésite sur la ressemblance : de face il pourrait jouer le rôle d’Alfred Einstein, de profil il a du Robespierre dans le port de tête…en tout cas il ne vous laissera pas indifférent. Les étudiants le sollicitent pour son inestimable soutien moral et intellectuel, les autres pour sa bonhomie et son large savoir des livres et son intimité avec la Médina de Tunis. Les expositions « Anonymes » de la présente édition ainsi que celle consacrée à l’oeuvre de Mustapha Bouchoucha l’année précédente sont le fruit d’une collaboration enrichissante pour nous deux. J’ai profité de ces fréquentes visites pour l’interroger.
Hamideddine Bouali : « quelle est l’obsession du collectionneur ? ».
Mohamed Bennani : « je suis plutôt obnubilé par les vieux livres, mais en ce qui concerne les photos je suis en train d’apprendre leur langage, leur technique…C’est pour cela que je tiens à participer à cette manifestation, une occasion inespérée de rencontrer l’élite de la photographie tunisienne et des photographes étrangers non moins intéressants.
H.B. : « Collectionner est ce que c’est faire l’histoire d’une certaine manière? ».
M.B. : «Oui, effectivement, faire des recherches à propos des photographies, c’est bien les regarder : discerner les détails, localiser le lieu, situer la date, chercher l’auteur, trouver le procédé…c’est très instructif et assez passionnant. Souvent ce travail de longue haleine réserve de joyeuses surprises. Je suis sur les traces du premier tunisien diplômé en photographie. En 1894 (oui vous avez bien lu !) Abdelhak Ouertani part à Lyon – là où les frères Lumière ont établi leur usine – et en revient photographe. Il s’aventure dans le sud tunisien, direction le Soudan, avec le Marquis de Morès. Il succombe avec tous les membres de l’expédition à un dramatique guet-apens. Dix ans plus tard, des voyageurs qui vont sur les lieux du massacre, mettent la main sur des débris de plaques de verres photographiques au lieu dit El Ouatia ».
H.B. : « Ce Abdelhak Ouertani, dont vous m’avez souvent parlé, serait rien de moins que le premier photographe tunisien et arabe patenté, ce qui est une grande découverte pour tout ceux qui tentent de rédiger une histoire de la photographie tunisienne. De quels autres trésors disposez-vous ?».
M.B. : « J’ai le fonds entier de Gilbert van Raepenbusch (un photographe professionnel qui fut en activité en Tunisie dans les années cinquante et soixante), d’une importante partie du reporter photographe tunisien Kalaï et de l’intégralité des négatifs de Mohamed Ben Ammar Ben Youssef. L’édition précédente des Rencontres rendit hommage à Mustapha Bouchoucha dont je suis le dépositaire de la quasi-totalité de la photothèque. Et puis je dispose de quelques clichés du XIXe siècle de Garrigues et Soler.
H.B. : « Que pensez-vous des Rencontres après avoir assisté à trois éditions dont une fois comme exposant ? »
M.B. : « Les Rencontres ont su créer une ambiance sympathique, elles sont utiles pour connaitre les gens du métier, les tables rondes sont instructives, les soirées à Sidi Ali el Mekki succulentes…je souhaite une longue vie aux Rencontres et au et au travail des animateurs qui est unique en Tunisie ; diaporama, journal… sous oublier la qualité du catalogue édité chaque année et ce journal qui est d’un grand intérêt ».
For two weeks starting May 23th, Al Marsa (A Tunis suburb)would be totally busy with arts: a lot of exhibitions of painting, sculpture and photography especially open for amateurs showing up their skills, a challenge is in the middle of the event, in fact last year’s photography winner was Zied a close friend and an extremely talented photography who survived a film photography experience with a devil’s eye. The deadline for sending the works is over and I may be doing something next year, I’m wiling to get there myself and take a look around.
A pre-selection is already available including a lot people I know:
Téja Guiza Image de Tunisie II Emna Chaabouni Profil Harmel-Mezhoud Fethia Mosquée Trabelsi Faten Evasion 2 Ben Soltane Mohamed Location gratuite d’espace Souissi Douraîd Sans titre I Sans titre II Paatto Megdiche Jacqueline Fatima Ben Saîd Amira Le Printemps Les barques Fakhfakh Yassine Damier Equilibre Selon… Chelbi Mondher Fernand Ben Naouar Lobna Mosquée Coupole Ellouze Yassine Filles Bahri Imen Les couleurs de la vie Ma Richesse Shili Leîla Nature Morte Sans Titre Khrouf Kchaou Aîda Concept Azaîez Khedija Café Expresse 1 Guiga Nebiha Soleil des moissons Composition en violet Ben Othman Med. El Hedi Impressions D’Afrique Medini Mohamed Femme à la contrebasse Mehiri Mounir L’arbre comme je le vois I L’arbre comme je le vois II Bennani Ines Sans Titre I Sans Titre I Soumer Henda Bécassine Ben Jemaa Moncef Regard Mosbah Chiraz Sans domicile fixe Lueur Errante Mahjoub Alia La Lumière Bouafif Jamila Nature Morte (Oignon) Dziri Anis L’artiste L’impasse Sami Hedia Interruption Richesse Yoann Cimier L’ouverture Péninsule Hosni Noura Théière Feuille géante Slim Zahra Désir Elle Consommation télévisée Bouzdira Hazar Vision Ben Ayed Maya Entre les lignes I Entre les lignes II Gmach Nasri Takrouna Chouchène Afifa Un mot dans le vent Mot libre Labat Henri Black Mona Sidommou Imed Sabbat Chemin Obscure Skik Rabaa Quarantaine Incarcération Saadi Tharouet Cadence Ferchichi Miriam Danse contact Lignes radioactives