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Qui êtes-vous monsieur Lehnert ?

Yasmine Ouazzani journaliste au magazine Le Courrier de l’Atlas, paraissant à Paris, me contacte au début du mois de mars pour un jeu de question-réponse à-propos de la photographie Orientaliste en général et de Lehnert en particulier. Par manque de place cet entretien n’a pas paru dans le magazine en question (N° 25 daté avril 2009) et Yasmine s’en désole autant que moi puisqu’elle fut obligé de ne citer que quelques extrais (en bleu dans le texte).
Ci-après l’entretien complet…d’où l’utilité d’un blog.

Yasmine Ouazzani : En tant que photographe, quel regard portez-vous sur la photo orientaliste ?
Hamideddine Bouali : J’ai le sentiment que la photographie orientaliste a produit quelques spécimens remarquables, ni plus ni moins que les autres photographies ; la pictorialiste, la documentaire, la surréaliste, l’humaniste… Néanmoins nous sommes en présence non pas d’une école ou d’un style artistique – on n’en connait aucun manifeste écrit ni de chef de file déclaré- mais d’une vision d’un monde par rapport à un autre ou d’un autre. L’orientalisme – singulièrement par l’intermédiaire du vecteur de la photographie – en empiétant sur d’autres domaines – le politique, l’historique, le géographique, l’ethnologique, le touristique – suscite bien évidemment davantage d’interrogations
.

Carte postale N° 897 intitulée “Dans l’Oasis “d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)

Je trouve par ailleurs la citation de Victor Hugo – qui trouve en 1829 que l’Orient est devenu « Une préoccupation générale »- d’une rare acuité… Bien que la Campagne d’Egypte était depuis longtemps finie, la France, qui demeurait encore sous le charme de cette civilisation décrite, analysée et déchiffrée par ses scientifiques, se préparait à – précisément – occuper quelques pays d’Orient ou considéré en tant que tels. Tout cela me revient à l’esprit dès que je me trouve en présence d’une photographie orientaliste ou à caractère orientaliste ; formulation que j’estime plus appropriée.

Yasmine Ouazzani : Une galerie parisienne, Galerie au Bonheur du Jour, a récemment exposé des photos de Lehnert et Landrock, prises en Tunisie et en Algérie entre 1904 et 1910. On y voit entre autres des nus d’enfants. Que vous inspire l’exposition de telles photos en 2009 ?
Hamideddine Bouali : Le nu est une thématique particulière, alors que dire quand il s’agit d’enfants et de surcroit en photographie ? L’exposition « Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie» organisée à Lausanne l’année dernière et actuellement à Paris évoque plusieurs cas de photographies de nus d’enfants réalisées dans le passé ou aujourd’hui en Occident qui ont fait scandale. Alors le fait que je prenne des gants dès qu’il s’agit de telles images n’a rien à voir avec le fait que je sois né de ce coté-ci de la Méditerranée.
Cela dit, en tant qu’enseignant, je m’oppose à toute interdiction puisque je demeure convaincu que montrer ces photographies, ainsi que toutes autres photos qui pourraient faire polémique (photos de guerre, de propagande, outrageante, attentatoire…) est essentiel puisque didactique. Le travail pédagogique s’inscrit alors dans la recherche des circonstances, des raisons et surtout des utilisations de ces images. C’est un minutieux travail de lecture que d’autres photographies n’exigent pas. En conséquence de ce que je viens d’avancer, je suis convaincu que si toute photographie est à voir dans le cadre d’une exposition, certaines devraient être suivies d’une attention particulière par devoir de précaution vis à vis d’un public en ignorance de cause de l’Histoire et de celle de la photographie en particulier. Dans ce cas précis, il est question d’une différence d’appréciation de la notion de pudeur. L’histoire des mentalités nous apprend que la nudité a été différemment considérée ; sublimation du corps ou son humiliation.

Carte postale N° 742 portant le titre “Types d’Orient esclave” d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)


Yasmine Ouazzani : Doit-on montrer ces images qui somme toute reflètent un passé et une Histoire ? Où et comment les montrer alors ?
Hamideddine Bouali : Le fait que ces images ont été réalisées à une époque ou nous étions sous protectorat, que ces enfants ignoraient totalement ce que l’on fera de leur image me pousse tout naturellement à la plus grande prudence. En tant que curateur j’estime que la mission d’un commissaire d’exposition ou d’un galeriste s’exerce au beau milieu d’un carrefour périlleux. Au croisement de la liberté d’expression, reconnue plus ou moins universellement à tous (pourquoi limiter ce privilège aux artistes et aux journalistes ?) et de la bienséance appropriée à chaque lieu et en toute époque. « Jusqu’où aller trop loin ? » cette devise en forme d’interrogation serait le parfait credo des curateurs car n’oublions pas que si la culture est là pour nous rassurer, l’art est une continuelle transgression des normes.
Le fait que ces photographies furent réalisées il y a un siècle ne pourrait en aucun cas être considéré comme un sauf-conduit. Ceux qui pensent le contraire ont-ils estimé le temps nécessaire pour exposer certaines photographies de Mapplethorpe, de La Chapelle ou de Diane Arbus sans précaution particulière ?
Exposer ces photographies dans une Médina pendant le mois saint de Ramadan est irresponsable, car là on confond transgression et provocation. Je suppose toutefois que ces mêmes photographies pourraient occuper les cimaises d’une autre galerie sans provoquer de réactions particulières trois mois plus tôt et ailleurs que le centre historique et traditionnel d’une ville arabe. Je suis totalement d’accord avec Benjamin Stora quand il affirme que « L’image nous renseigne plus sur la société qui la regarde que sur elle-même ». Ainsi les photographies controversées de Lehnert qui demeurent, en tout cas pour moi, une énigme ont réussi à provoquer une importante littérature aussi bien élogieuse que calomnieuse.

Yasmine Ouazzani : Doit-on en interdire la diffusion au nom du droit à l’image d’autant plus qu’elles montrent des jeunes pré pubères dans le plus simple appareil ?
Hamideddine Bouali : Non, puisque personne de ces modèles ne s’est porté partie civile !!! D’ailleurs ce droit n’est pas spécifique à cette tranche d’âge, toute personne s’estimant lésée par la diffusion de son image pourrait porter plainte. En l’absence dans le Code civil français d’une mention relative à la transmissibilité du droit à la vie privée, les tribunaux reconnaissent que la dimension patrimoniale du droit à l’image et du droit à la vie privée est transmissible comme tout autre bien faisant partie du patrimoine. On lègue son image tout comme toute autre bien immobilier. Cela voudrait dire qu’un descendant de ces personnes prises pour modèles pourrait soit demander l’arrêt de la diffusion d’une photographie où figure un de ses aïeux s’il estime qu’il y a préjudice moral ou alors demander exactement le contraire : revendiquer une part des bénéfices générés (vente de tirages ou de cartes postales) ! Cela semble loufoque, mais c’est une lecture possible de cette loi.
Par ailleurs le Code tunisien de la protection de l’enfant (promulgué en novembre 1995) stipule que la protection de l’enfance est prioritaire sur toute autre loi. Ce code garantit à l’enfant (toute personne humaine âgée de moins de dix-huit ans et qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité par dispositions spéciales), le droit de bénéficier des différentes mesures préventives à caractère social, éducatif, sanitaire et des autres dispositions et procédures visant à le protéger de toute forme de violence, ou préjudice, ou atteinte physique ou psychique, ou sexuelle ou d’abandon, ou de négligence qui engendrent le mauvais traitement ou l’exploitation. Si ce Code ne peut s’appliquer aujourd’hui aux enfants figurant sur les images en raison de la non-rétroactivité des lois, il est par contre approprié aux jeunes visiteurs des expositions, au cas où celles-ci aient lieu en Tunisie.

Mars 2009

Commentaires
Le dossier intitulé dès la couverture : « Orientalisme, art, histoire ou scandale ? une exposition controversée » semble porter en lui-même le jugement final… pas besoin d’enquêtes ni de débats. Et si c’est justement les trois à la fois…Art ; surement puisque les œuvres de Lehnert ne sont pas dénuées d’un certain souffle artistique. Histoire, forcément car elles ne peuvent se lire qu’à la lumière de la colonisation des sujets photographiés et la biographie du photographe, Scandale ? inévitablement comme pour toute œuvre qui transgresse.
Le Courrier de l’Atlas, comme bon nombre d’historiens, veut absolument faire débuter l’histoire de la photographie dans les pays du Sud de la Méditerranée avec leur occupation par une Puissance européenne (colonisation ou protectorat). Il y a là un non sens, c’est uniquement une coïncidence qui a fait que l’expansion de la photographie (aussi bien là qu’ailleurs) s’est faite parallèlement avec l’hégémonie des pays européens en Afrique et en Asie. La contemporanéité des événements ne veut absolument pas signifier leur causalité. Rappelant que Lehnert était Autrichien et aucun historien sérieux ne pourra l’accuser d’avoir été colonialiste voire raciste !!!
Le dossier (d’instruction) du Courrier de l’Atlas est totalement défavorable à Lehnert. Aucune mention n’a été faite sur la grande qualité de sa photographie – les photos de nus n’étant qu’une mince partie – à part les appréciations de Nicole Canet, gérante de la Galerie Au Bonheur du jour.
D’autre part l’article cite une phrase (hors entretien) tirée d’un livre que j’aurais fait paraitre est pour le moment prématuré. J’ai effectivement rédigé un texte docu-fiction-historique où des descendants d’un modèle faisaient un procès à Lehnert pour droit à l’image. Au cours de ce procès le procureur (faisant son métier) trouve que Lehnert se venge – à sa manière – des orientaux en les mettant à nu. Vienne ne fut-elle pas par deux fois assiégé par les Ottomans ? La Méditerranée ainsi que tout le sud de l’Europe n’étaient-ils pas à la merci des musulmans ? Personnellement je me situe exactement entre les accusations outrancières du procureur et les éloges de l’avocat de la défense.
La dernière phrase de l’article final du dossier, signé Abdelkrim Branine, aurait mieux fait de rester sur l’écran de l’ordinateur du rédacteur en chef que de figurer en guise d’argument indiscutable et définitif sur les photographies controversées de Lehnert : « …des galeristes allemands auraient-ils la possibilités d’exposer à Berlin puis à Paris des photographies de jeunes Françaises dénudées prises pendant l’occupation ? Avoir la seule polémique née l’an dernier lors de l’exposition Les Parisiens sous l’occupation, rien n’est moins sûr… ».
Comment se permet-on de comparer des pays, des époques, des mentalités…et le photographe dans tout cela ?
Encore une fois on fait parler les photos, les historiens, les critiques, les spectateurs mais pas le photographe. Pauvre Lehnert ! Chaque fois qu’il est évoqué, la nuance s’éclipse !!!

Hamideddine Bouali
9 avril 2009

Pour vous faire une idée précise à propos de l’œuvre de Rudolf Lehnert ne manquez pas de visiter le site de mon ami Michel Megnin : http://michel.megnin.free.fr/

A propos de Lehnert vous pouvez consulter mes textes sur ce même blog :
« Lehnert, le retour ». 1 juin 2006
« Administration du visuel » . 31 octobre 2006
« Ce que je pense de l’exposition “L’image révélée” ». 31 octobre 2006
« Une théorie contestable, un fait oublié et une exposition ». 5 novembre 2006
« Amicalement Votre ! ». 2 novembre 2006
« Les miroirs feraient mieux de penser avant de réfléchir une image ». 7 décembre 2006
« La Photographie ne finira pas de parler d’elle ». 31 janvier 2007
« États de la photographie entre le malentendu visuel et la responsabilité du commissaire ».15 janvier 2007

Et comme il faut battre le fer tant qu’il est chaud, la galerie Every Day Life a été également mise à jour avec 9 photos.

Questions de temps

Temps d’écouter
J’ai reçu un e-mail m’invitant à une visite guidée de l’exposition « Distance et proximité» organisée par le Goethe Institut de Tunis(1). Mais, je me suis trouvé dans une situation surréaliste puisque j’ai dû écouter une phrase dans la langue de Schiller puis sa traduction dans celle de Rabelais pour pouvoir la comprendre en arabe (je le suppose ! En fait, a-t-on tranché cette question existentialiste de savoir dans quelle langue saisissons-nous les choses… !). Entendre une phrase du genre: « Thomas Ruff photographie les détails des intérieurs de maisons et en a fait un style… » ou encore : « Cette photographie qui parait ne mettre en scène qu’une salle vide est en fait celle qui a connu un grand événement historique : la division de l’Allemagne lors de l’Accord de Postdam ». Et pour finir, entendre : « Gurski est un des photographes les plus connus et les plus côtés [sans aucune autre justification]…il photographie les gens dans des espaces immenses car encore enfant et habitant la campagne il avait peur d’être rejeté » sont des commentaires qui ne valaient pas le déplacement. Je ne dirais pas « fin de citation » puisque il pourrait y avoir dans ces immenses salles du Palais Keireddine des échos maléfiques qui auront dénaturé les paroles de cette jeunes allemande venue spécialement de Germanie pour nous expliquer, soit ce qui était devant nos yeux soit de justifier maladroitement ce qui n’avait pas lieu de l’être. C’est ce que l’on inflige souvent à l’art contemporain : un discours essayant de lui faire dire ce qu’il n’a jamais prétendu revendiquer
… L’art contemporain se contente d’affirmer qu’il est là…Tout simplement.

Temps de faire
Dans ma dernière chronique(2), j’évoquais le grand photographe Avedon à travers une description du portrait qu’il avait réalisé du sénateur Obama, aujourd’hui, je viens vous parler d’une autre image signée aussi Avedon.

Dovima et les éléphants. Richard Avedon. 1955

Cette photographie révèle une grande maîtrise, aussi bien de la technique que du langage photographique. D’abord, rares sont les personnes qui remarquent que ce cliché est en noir et blanc tant la force qui en émane bouscule notre quiétude bien avant que nos cônes et nos bâtonnets de notre rétine ne s’en rendent compte ! Le contraste poussé à outrance dans le choix des éléments de composition est si intense que la palette chromatique est devenue comme par magie une question secondaire. Le modèle est d’une grâce féerique. Profil hautain et snob, cou interminable, décolleté audacieux, corps enveloppé dans un fourreau sombre, Dovima, mannequin de chez Dior, semble charmer (étymologiquement cela s’entend ensorceler) que ce soit ceux qui regardent son dos ou ceux qui contemplent sa face.
Certains ont vu dans cette image une évocation du conte de Jeanne-Marie Leprince : La belle et la bête…ils se sont trompés. Ou alors nous les avons mal compris…qui est la bête et qui est la belle ? Ces éléphants sont-ils furieux ou pris de panique ? N’avez-vous pas l’impression que nous autres spectateurs sommes en fait de part et d’autre de Dovima…nous aussi, sommes enchainés, démunis, incapables de faire quoi que ce soit devant cette créature mi-ange mi-démon. Les allusions mythologiques ou érotiques que suscite cette photographie sont innombrables…
Avedon, contrairem
ent au portrait d’Obama qu’il nous livrait tel quel, se faisant passer pour un Photomaton de hall de gare, se place ici dans le fauteuil du metteur en scène ; disposant les composantes de son image à sa guise pour nous en faire voir de toute les couleurs…

Temps de crise
Claude Perez revient occuper les cimaises de l’Aire Libre d’el Teatro(3). Je l’ai déjà dit et je le répète, ses récentes photographies n’ont rien à voir avec ses œuvres antérieures. Une raie de lumière se réfléchissant dans la mer, un personnage passe, à pas lent, en course ou nous offrant son profil et hop une photo…c’est dans la boite coco. Le photographe « s’amuse », après, à les multiplier à l’endroit à l’envers…à satiété. Permettez-moi cette analogie, de loin cela fait une série de motifs donnant un certain effet papier peint.
Personnellement je n’ai ressenti aucune émotion devant ces photographies-puzzle que l’on accole tète bèche, ou en frère siamois !!! Tout cela est une question de goût, mais quand on lit la liste des œuvres exposées on est surpris (moi en tout cas) de lire que vous pouvez devenir possesseur de cette œuvre pour 3500 dinars. Là, nous sortons du domaine des opinions et des préférences pour entrer de plein pied dans celui de l’économie. Nous n’allons pas faire la somme du prix du tirage, du cadre, de l’amortissement de l’appareil photo, des frais de déplacements, du pourcentage à concéder à la galerie en cas de vente…Non cela serait déplacé ! Puisque en fin de compte nous pourrons trouver, par simple soustraction, la valeur du travail artistique.
Mais, jetons un coup d’œil à la cote de quelques photographies vendues aujourd’hui en France. Avec 3500 dinars, un peu plus de 2000 €, vous pouvez vous offrir (pour les fêtes de fin d’année) ou vous permettre d’accrocher dans votre séjour un Portrait d’un enfant déguisé en arlequin réalisé par Lucien Clergue (tirage argentique signé par le photographe de format 22 X 28,5) à 280 €, pour 300 € vous serez l’heureux acquéreur d’un superbe Nu académique de Jean François Jonvelle ( tirage de format 30 X 40 cm avec cachet à sec officiel du photographe) ajoutons dans le caddy une œuvre de Mario Giacomelli intitulée La Buona Terra (tirage au platine signé, de format 15 X 10 cm) à 130 €, allez ! Ajoutons de la fantaisie ! Un magnifique tirage couleur, d’époque, en superbe état de format 20 X 25 cm d’Apollo 10 en orbite autour de la Lune au prix de 130 € (un tirage similaire fut adjugé précédemment à 1000 €). Le restant de la monnaie servira à s’acquitter des frais de port !


Temps d’envoyer vos photos au World Press
Il y a un mois, je découvre une info bizarre sur le site de l’Arab Press Network. « La majorité des images les plus fortes aujourd’hui viennent du conflit qui déchire la région arabe, mais ce sont souvent des photographes non arabes qui prennent ces clichés. « World Press Photo est conscient de l’importance d’encourager et de soutenir les photojournalistes dans leur propre région », assure Michiel Munneke, directeur de la fondation organisatrice du World Press, qui explique que la fondation est actuellement engagée dans des programmes de formation pour les photographes en Égypte et au Maroc, et a pour projet de mettre en place des sessions de formation au Moyen-Orient.…Les inscriptions au concours World Press Photo sont ouvertes et, cette année, les photojournalistes arabes sont fortement encouragés à participer et à exposer leurs talents…Pour l’édition 2008 du concours World Press Photo, nous avons vu une augmentation de 28 % du nombre de participants du monde arabe, mais nous restons néanmoins convaincus qu’un plus grand nombre de photographes de la région ont la capacité d’entrer dans la compétition », déclare Munneke.
Que cache cette insistante invitation ? Est-ce une des conséquences de la polémique née de la consécration de la photo de Spencer Platt réalisée à Beyrouth en Août 2006 ? J’ai déjà évoqué dans une de mes chroniques que si le prix était mérité, le fait d’inviter à la cérémonie de remise des prix du World Press Photo ceux qui figuraient dans la photo était étrange pour ne pas dire compromettant (4). Aujourd’hui, cette invitation vient confirmer mes suspicions. Le jury allait-il avoir comme consigne de favoriser les participants d’origine arabe ? Y’a-t-il volonté d’inverser les rôles…en lieu et place d’un photographe venu d’Occident pour couvrir un événement, le plus souvent sanglant, en pays arabe, le jury va-t-il consacrer un photographe libanais ou irakien (ou autre) auteur d’un reportage sur les élections américaines ou le crash de Wall Street ? Après le temps de l’orientalisme voilà venu le temps de l’occidentalisme. Si vous êtes photographe de presse envoyez sans plus tarder vos œuvres au World Press Photo, peut-être seriez-vous l’heureuse victime de cette discrimination positive. Edward Saïd n’avait pas prévu cela.
D’ici la date de la parution du palmarès 2008 en février prochain, Mach (Mahmoud Chelbi) me confirme que l’expo du WPP, édition 2007, sera parmi nous en janvier prochain…à suivre.

Temps des bague(ettes) magiques
La rédaction du journal Le Figaro a supprimé de la photo de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, une bague de grande valeur. Baptisée « Liens » de chez Chaumet, le bijou est en or gris pavé de diamants, avec deux liens pavés de diamants, ce joyau a été évalué à 15600 €. Information glanée du site Rue89. Débora Altman, responsable de la Une du Figaro a indiqué: “La “Une” parlait du malaise entre Rachida Dati et les magistrats. On a trouvé que la bague se voyait trop et on l’a enlevé pour ne pas que les gens se focalisent sur ça et que ça créé une polémique sur le côté bling-bling. Ça a été fait dans l’urgence, il était 20h29 et on devait boucler à 20h30″. Les forums de discussion ont été juste après la parution de l’information pris d’assaut.

La Une du Figaro du 19 novembre et la photo originale réalisée par François Bouchon le 17 juin 2008

Effectivement, montre en main, cela m’a pris moins d’une demi-minute, avec le logiciel CorelPhoto Paint (TM), pour débarrasser l’annulaire en question de son lourd fardeau. Mais, toute une vie ne suffirait pas pour prendre la lourde décision de retoucher une photographie de presse, censée fournir une information correcte autant que l’article qui l’accompagne. Un acte d’une grande gravité. Je n’ai peut-être pas assez cherché celui, (ou celle !!!) possédant un sens de l’observation et une mémoire photographique aussi précise, ayant découvert la supercherie. Il (ou elle) mérite un satisfecit.
A croire qu’ils sont fous ces Gaulois, pour parodier la bande dessinée Astérix. Un ministre qui ne peut pas s’offrir, ou se fait offrir une bague de grande valeur, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, un responsable de rédaction qui joue à la baguette magique (outil de retouche de Photoshop), un inconnu qui découvre le tour de passe-passe, des internautes qui cherchent dans les catalogues des joailliers le nom du bijou et sa valeur, d’autres qui le comparent aux boucles d’oreilles de Ségolène Royal, alors que quotidiennement – à l’heure du passage des éboueurs – on ramasse des SDF morts de froid…Mais où va la France par Toutatis !!!

Temps de lire
Un grand nombre de personnes se plaignent de la longueur de mes chroniques. S’il est vrai que contrairement aux autres blogs celui-ci se singularise par des textes d’une certaine étendue, il faudrait préciser que la fréquence de publication n’est pas la même. Certains bloggeurs publient un post par jour, d’autres le font sans périodicité particulière alors que du-photographique conserve un rythme d’un texte par dizaine de jours…Amplement le temps de lire et de réagir s’il y a lieu de le faire. La lecture du portrait d’Obama (2) ayant été, dans l’ensemble, agréablement accueillis, je réserverais dans mes prochaines chroniques un chapitre pour lire une photo qui m’a marqué et donc influencé ma pratique photographique.

Hamideddine Bouali
10 décembre 2008

(1) (Ana)Chronique XXXVI ; « Le surmoi de la Photo !!! » du lundi 10 novembre 2008
(2) Chronique XXXVII ; « Ecce Homo » du vendredi 21 novembre 2008
(3) Chronique XXI ; « Une brève histoire du temps » du mercredi 21 mai 2008
(4) Critique V « Image presque parfaite d’un monde qui ne l’est pas ! » du vendredi 21 décembre 2007

N.B. : Vous trouvez que ce blog a du mérite ? Votez pour lui dans la catégorie Meilleure Blog en Français du challenge en cliquant sur ce lien : Tunisia Blog Awards 2008…merci d’avance.


Petite chronique du week-end

Une affiche qui donne le ton
Trois mails, de trois photographes, sont venus confirmer qu’une même œuvre peut susciter des avis antinomique. De Tunis, Jacques Pérez, trouve l’œuvre de Adel Megdich : « Pleine de poésie et de rêves, elle est élégante avec ce qu’il faut d’onirisme pour suggérer l’idée d’évasion que toute image recèle. Et puis voilà que « LA» (je respecte la typographie du mail) photographie se décline au féminin n’était pas trop tôt. Félicitation à Adel Megdich et à l’équipe qui a fait le choix de cette belle œuvre ». De Nabeul, Marwan Trabelsi, a été : « négativement surpris…. ». Il ajoute : « on dirait une affiche d’exposition de peinture », et se demande si ; «c’est une rencontre photographique où sont passées vos photos ??? ». Il fini par nous supplier de ne pas « publier cette médiocrité pendant qu’il est temps !!! ». Marwan, accompagne son mail d’une bonne dizaine d’affiches qu’il trouve, lui, intéressantes. De Varsovie, Natalia Jaskula, photographe, pense que : « l’affiche est, comme chaque année, ravissante !!! Mais vraiment magnifique ! Sérieux ».

Si les avis sont partagés à propos du choix de l’affiche au point que l’on pourrait se demander si c’est bien de la même affiche que l’on parle, on devrait s’attendre au même phénomène à propos des expositions que l’on a sélectionner parmi celles reçues.

Un Capa dans l’ombre de l’autre
Une dépêche de l’Agence France Presse annonce le décès du photographe américain Cornell Capa, frère du célèbre fondateur de l’agence photo Magnum Robert Capa, à l’âge de 90 ans. Cornell Capa, photographe à Magnum depuis 1954, avait fondé en 1974 le Centre International de la Photographie (International Center of Photography), une fondation qui abrite l’œuvre de son frère, auteur notamment de la célèbre photo du milicien tué pendant la guerre d’Espagne. L’ICP, lieu de rencontre des photographes, a organisé des centaines d’expositions, ateliers ou conférences.

Portrait de Robert Capa par son frère Cornell

Né en Hongrie, il avait rejoint en 1936 son frère à Paris, avant de venir vivre aux États-Unis l’année suivante. Employé au labo du magazine Life, il publiait sa première photo en 1938 dans le magazine britannique Picture Post. Naturalisé américain en 1944, il intégrait alors l’équipe photo de Life. Après la mort de son frère en 1954, Cornell Capa avait rejoint Magnum, qu’il présidera. Le photographe a réalisé de nombreux reportages au cours de sa carrière, en Amérique latine et en URSS notamment. Il a également couvert plusieurs campagnes électorales aux États-Unis dont celle de John F. Kennedy, à qui il a consacré un ouvrage.



Hamideddine Bouali

25 mai 2008


soufi2 posted a photo:

BANQUE DE L'HABITAT

BH new communication with 4 steps!
les slogans de la nouvelles campagnes de communication de la BH avec ses "4 niveaux"
الحملة التسويقية لبك الاسكان
تونس

BANQUE DE L’HABITAT

Orkhan posted a photo:

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