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Exposer n’est pas (nécessairement) festoyer

Chronique des chroniques
Il parait que j’en fait trop ! On me l’a fait vaguement savoir. Puis on me l’a dit parce que je ne l’ai pas compris du premier coup. Quand je me mets à travailler j’oublie le passage des jours, si je veille tard j’enjambe des minuits de suite, suivis d’une très grasse matinée. Dans mes écrits les superlatifs se suivent et se rattrapent. Si j’aime, je couve puis j’étouffe, mais ici qui peut le plus ne peut pas forcément être capable du moins, parce que je ne sais pas haïr. Je parle sans ponctuation et celui qui m’écoute risque de se demander : “où veut-il en venir ?”. Outrance en tout, au point que de mes paroles on retient moins la substance que la forme. Alors que faire ? Revoir ma façon de vivre, d’écrire, de parler ? ou bien garder tout en place et dire tout haut :”Cette outrance c’est moi, ce que je suis, ce que je fais et je n’y peux rien ?” .

Le 25 avril remise du prix littéraire Le Comar d’Or. Safi, mon frère jumeau, présentait son livre (1). En deux mots et un chiffre cela parle de la navette spatiale, de Palestine et du chiffre 17 (j’ai tenu parole). Le lendemain ce blog enregistra le 17000e visiteur. Si
je vous dis que Safi et moi avons commencé nos entreprises– lui son roman et moi mon blog – sans nous concerter en juin 2006 il y a de quoi s’interroger sur la numérologie.
Dommage que le jury a raté une occasion de reconnaitre un premier grand anti-roman, il méritait un prix spécial, celui que l’on remet à une œuvre qui transgresse les conventions. Peut-être que Safi a trop désobéi, il aurait dû attendre 2023 !
Le toujours présent Jacques Pochart – qui m’écrit et réagit à chaque texte – trouve qu’il fallait oser…parler de Marilyn (2) et ce malgré tout ce qui a été dit à son sujet, d
’autre part il félicite lui aussi Jenaina pour sa rédaction (3) et espère que les jeunes de Palestine et d’Israël aient comme elle de la clairvoyance, qualité qui manque aux adultes.

La jetée. Photographie Hamideddine Bouali
Rade de Marseille depuis Le Carthage le 31 octobre 2008

Alerte
Je reçois quotidiennement des dizaines d’alertes Google. Je vous conseille de faire de même : demander à Google de vous envoyer toutes les fois que cela parait dans le web un mot que vous aurez choisi. “Photographie” peut très bien vous être signalé quand on annonce un concours, une exposition, un nouvel appareil ou la parution d’un livre. Mais il se peut que vous receviez un mail intitulé : “Cette étude est une photographie objective du chômage en France” !
Une alerte-Google est venue perturber ma journée. Sur le site Rue89, Louis Mesplé signe un texte intitulé «A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris ». L’auteur s’insurge contre l’exposition « Controverses » qui se tient en ce moment à Paris en ces termes : « Vous êtes aujourd’hui accrochée ( l’auteur parle de la photo de Masha Bruskina pendue par les nazis en 1941) au milieu d’un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d’une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d’un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l’horreur : une victime d’un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d’Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d’un vautour, les prisonniers d’Abou Ghraib, des fusillés, des décapités… ».
En fin d’article l’auteur évoque les derniers instants de la suppliciée et les compare à ce qu’il ressent à la sortie de l’exposition :
« Des témoins qui vous ont connue parlent d’une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j’emploierai pour définir cette exposition ».

Controverses est une exposition sur la mort
J’ai maintes fois évoqué le cas des photographies scandaleuses et je m’interroge toujours autant sur les circonstances de leur réalisation que sur la manière de les exposer…parce qu’il faut finir par les montrer un jour ou l’autre. Depuis l’organisation de l’exposition Controverses l’année dernière à Lausanne et sa reprise maintenant à Paris on peut dire qu’elle a fait couler beaucoup d’encre (4) mais rarement comme l’a fait Mesplé.
Le problème n’est pas ici l’exposition de la photographie de Masha suppliciée mais le fait qu’elle le soit à proximité d’autres moins funestes et surtout dénué du caractère documentaire considéré par l’auteur comme étant prioritaire.
« Controverses » ressemble à toute salle d’attente. Les photographies exposées se parlent comme des inconnues n’ayant de points communs que cet instant particulier où leurs rendez-vous se sont chevauchés. Après, qui sait si elles se reverront un jour. Devons-nous leur demander de sympathiser ou de se ressembler ? La comparaison vous semble exagérée ? Une exposition-compilation est à l’image de toute manifestation collective. Lisez le synopsis des films concourants pour la Palme d’Or de Cannes, ou le résumé des romans en lice pour le Comar d’Or, et vous serez étonnés par la diversité des sujets traités.
A Cannes le vrai faux documentaire (Moore), l’amourette à l’eau de rose, le film français de service, la superproduction Hollywoodienne, le film bouleversant à ne pas manquer, le film à scandale et quelques spécimens du cinéma – toujours inattendus – d’Extrême Orient…beaux et surtout disparates plateau. Pourquoi ne crie-t-on pas au scandale ? Parce qu’à « Controverses » c’est la mort qui rode à chaque recoin. Pendus, engloutis, égorgés, torturés à mort, faux suicidé, crevés de faim, accidentés, beautés passée, anciennes gloire…La mort lui arrive souvent de se déguiser. Relisez Allan Edgar Poe.
Quel beau lieu pour exposer des images à lire, à feuilleter, à parcourir, à marquer, à mettre à l’index, à ranger, à jeter, à relire, à prêter, à dédicacer que les étagères de livres Car après avoir investi le Musée de Lausanne, cette exposition trouve idéalement sa place à la Bibliothèque Richelieu à Paris. L’ajout du sous-titre « Photographies à histoires » fut intelligent. Les forums de discussion on été pris d’assaut pour crier au scandale : Pourquoi exposer des photos macabres, des images dégoutantes, des vues insupportables, des œuvres scandaleuses ? Oui pourquoi ? Parce que l’on confond montrer et fêter. Tout comme lire un texte dans un livre, regarder une image dans une galerie d’exposition n’est pas toujours heureux.

Exposer n’est pas festoyer
Certes être invité, se voir servir un cocktail, se soumettre à des éclats de flash, saluer les uns, embrasser les autres ressemble à une kermesse. Si un vernissage a certes un coté festif, il n’en demeure pas moins que disposer des photographies dans un espace n’a rien de ludique. Qu’est ce qu’une exposition ? pourquoi montrer ? à qui ?
Un photographe expose pour clore un travail, il semble dire : « voilà ce que j’ai vu, comment j’ai vu ou pourquoi j’ai vu ». j’ai posé la question lors de la dernière exposition chez Mach (lisez Mahmoud Chelbi responsable de l’espace d’exposition l’Aire libre d’El Teatro), Mohamed Ali Belkhadhi répond par un long silence plus qu’éloquent, Omar Ghdammsi qui expose bientôt affirme : « pour s’exposer », Mahmoud Chalbi : « pour exploser »….ceci est du côté des exposants, mais que pensent ceux qui visitent, ceux qui achètent, ceux qui critiquent ? Vaste débat qui ne peut être complet sans la principale, la première, la plus importante : c’est quoi un artiste ?
Quelque jours plus tard on me fit l’honneur de me nommer membre du jury du Grand Prix de la Ville de Tunis des Arts Plastique. J’ai regardé des peintures, tournoyé autour de sculptures, vu mon reflet dans des céramiques et lu des photographies. En mon âme et conscience j’ai voté.
Encore une fois je ne comprends pas comment des photographies peuvent-elles porter l’étiquette « Art Plastique ». je sais qu’encore une fois on va me taxer de réactionnaire, je m’expliquerai la prochaine fois, sinon ce texte s’étirera davantage et on dira encore que j’en fais trop.
Le lendemain, le presque tout Tunis était là pour la cérémonie de remise des prix. Dans la grande foule des gens qui montaient et redescendaient l’escalier, les visiteurs qui passaient et repassaient de salles en salles et les groupes qui s’agglutinaient autour des amuse-gueules (cela s’appelle comme ça) quelqu’un à crié : « Il y a trop d’artistes !!! ». Allez savoir s’il confond l’affluence du public avec les membres de l’union des plasticiens tunisiens ou s’il parlait du nombre d’œuvres accrochées…j’aurais dû le lui demandé ? Non je connais la réponse, valable ici comme ailleurs.
Aujourd’hui comme jadis trop de gens se croient artiste, quelques uns vont jusqu’à se présenter ainsi. Je pense qu’artiste n’est ni une fonction ni une situation mais le sommet d’une échelle de valeurs. Artiste ; cela veut dire individu hypersensible excellant dans un domaine artistique et donnant des émotions à vivre. Si on peut affirmer qu’une œuvre est artistique, seule la postérité décide qui a mérité de porter le titre d’artiste .
Sans « Controverses » et le texte de Mesplé, je n’aurais pas connu Masha et appris les circonstances de sa mort. Mais d’autres part à l’instant où je suis attristé par le sort de cette combattante pour la liberté je me désole pour le nombre incalculable de victimes sans noms ni visages qu’on enterre à la nuit tombée. Nous sommes encore loin du jour où en dira qu’on en a assez de ces photographies !!! Il y aura toujours des écrits pour dénoncer et des expositions pour montrer – avec ce qu’il faut comme accompagnement pédagogique – ce que l’homme est capable de commettre de plus vil.
Arrêtez de faire la guerre et il n y aura plus de photos de guerre !!! L’équation est simple.

Hamideddine Bouali
26 avril 2009

(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html

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Le surmoi de la Photo !!!

Autoportrait pendant la traversée Tunis-Marseille. le 29 Octobre 2008. Powershot de Canon


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Pourquoi un blog ?
Certains d’entres nous, en tous cas les plus chanceux, disposent d’une conscience incarnée dans une personne à qui ils vouent une totale confiance et un profond respect. Cette âme-sœur vous chuchote à l’oreille – avec un réel désintéressement – des vérités aveuglantes, des conseils en or massif et quelques fois des interrogations faussement candides.
Il y a quelques jours lors d’un déjeuner dans un restaurant – qui porte bien son nom – en compagnie de mon alter égo il s’en suivit cet échange :

-Pourquoi tu écris dans ton blog ?

-Je ne sais pas…Je ne me suis jamais posé la question !

-Tu trouves que cela intéresse les gens de te savoir – par exemple – parti en voyage ? ou de leur livrer des épisodes de ta vie privée ?

-Le compteur du blog enregistre à chaque texte publié des centaines d’internautes connectés !!!

Et alors !

-Je pense que celui qui possède un moyen d’expression (photo, peinture, théâtre, cinéma, littérature…) ne peut faire la différence entre sa vie publique et sa vie privée. Un enseignant, un plombier ou un pilote de ligne ne le sont que lors de l’exercice de leur fonction, mais un cinéaste, un poète ou un dramaturge le sont toujours. D’ailleurs a-t-on vu un comédien ou un écrivain à la retraire ? L’œuvre de Picasso (excusez du peu) ne fut-elle pas subdivisée en périodes de couleurs ? Mais aussi selon la compagne qu’il fréquentait !

-Oui je te le concède, mais toi, ton moyen d’expression original ce n’est pas la littérature, c’est la photo et l’écriture cela t’avait servi pour communiquer ta critique, en tous cas ce que tu penses, à propos de la photographie. De là tu t’es trouvé en train d’évoquer des souvenirs d’enfance !!!

-Quand je recommencerai à faire de la photo il se peut que j’écrirai moins…

Puis nous avons repris la dégustation de ce que nous avions commandé.

Distance et Proximité…avec le Mois de la Photo
La 15e édition du Mois de la Photo de Paris se déroule actuellement jusqu’au 30 novembre 2008 et propose – parmi 90 expositions et une centaine en off – les œuvres de l’Ecole de Düsseldorf. L’Institut Goethe qui fête ses cinquante années d’activité en Tunisie nous en propose un volet.
Cet après-midi du samedi 8 novembre, j’étais seul dans l’immense et majestueux rez-de-chaussée du Palais Kheireddine qui fut à deux reprises le cœur des deux éditions du Mois de la Photo de Tunis. Jusqu’au 6 décembre 2008 on peut voir une exposition photo – du couple Becher et de quelques uns de leurs élèves – qui fera date. Notez bien que la locution « faire date » n’est pas un superlatif ! Oui ! Toujours mes manière tordues de signifier les choses…je n’y peux rien, c’est à prendre ou à l’essai (en français dans le texte…à lire et pas à écouter).

Le mardi 22 juillet 2008 dans la vingt-sixième Chronique intitulée « Chère photographie » je disais : « A la question de savoir quelle est la plus haute cote atteinte par une photographie dans une vente aux enchères, la majorité donnera sa langue au chat. Si le montant de la transaction n’est pas très important à connaitre, il en est autrement de son auteur et surtout de son contenu.
Vous vous rendez compte dépenser 3 346,456 de $ (presque 6 milliards de millimes) ! Pour une œuvre qui n’a nécessité que l’action d’un petit doigt sur un minuscule bouton ! ». Après mes classiques élucubration je concluais mon article par : « Le nom d’Andreas Gursky vous dit-il quelque chose ? Sincèrement avant de commencer à chercher les éléments pour rédiger cet article, j’ignorai totalement ce monsieur, heureux élu et signataire de la plus chère photographie…jusqu’à maintenant. Sa photographie fut réalisée dans un super marché !».

Si vous êtes curieux de voir d’autres œuvres de Gursky – mais pas la photo intitulée « 99 cent » qui detient le record – allez visiter l’exposition du Palais Kheireddine. Vous allez vous rendre compte que ce n’est ni les Nymphéas ni Ronde de nuit ! Non ce n’est pas le sempiternelle complexe des photographes par rapport aux peintres qui se manifeste ici (l’en deçà de Freud), mais tout simplement une réaction tout à fait compréhensible à propos de la surcote, ou surestimation, de quelques photographies par rapport à l’humiliante dévalorisation de tant d’autres ! Le marché de la photographie demeure frileux et incohérent.

Perfection technique Vs. sens artistique
Les photos de Gurski sont à n’en point douter intéressantes, d’immense tirages où ni la granulation, ni les pixels ou de traces de trainée d’encre d’une imprimante matricielle ne vient stopper la vue. Vous êtes dans la réalité toute crue. A dire que la directrice des lieux avait permis le sacrilège de perforer les murs pour qu’il nous soit donné à voir un extérieur ; hall de gare, quai de port ou anonyme espace de restauration quelque part en Allemagne. Même si Gurski maitrise à la perfection la technique photographique celle-ci reste tributaire d’un discours sans qu’il soit nécessaire d’être porteur d’un message. Oui effectivement, je reste sur ce point assez rigide car quelle différence pourrait-il y avoir entre une image de Gurski et une autre réalisée par un novice, dans le même lieu, depuis le même angle, même si elle manque de définition ? La photographie ne peut se réduire à une performance technique dénuée d’« humanité ».

Dans le texte traduit du très beau catalogue de l’exposition on peut lire à propos des photos de Gurski : « La perspective rappelle celle qu’utilisaient les peintres hollandais du 17e siècle. Mais l’horizon est obstrué : le regard est ample, puis brusquement arrêté, comme sur la photo (intitulée) « Gêne », où bateaux et containers bouchent l’horizon. Le regard se fixe alors sur les innombrables voitures des voyageurs ». J’ai envie de dire : « et alors » !!! Combien de photographies possèdent le même schéma que « Gêne » ? Des milliers mais malheureusement elles ne sont pas signées Gruski.

Une archéologie du temps
Gurski fut le disciple du couple Becher, Bernd et Hilla, dont on peut voir les œuvres à la même manifestation. Leurs photos sont d’une toute autre nature. Elles sont dans toutes les anthologies et les dictionnaires et pas un historien ne pense rédiger l’histoire de la photo contemporaine sans les aborder. Ils furent maintes fois copiés, suivis, plagiés…leurs prises de vues frontales, avec une précision chirurgicale, dans un noir et blanc d’une grande pureté, avaient fait école. Que de photographes ont capté des stations-services aux États-Unis, des épiceries en Tunisie, des jardins ou des fontaines à Paris furent sous leurs influences directes pour ne pas dire sous leur emprise. Il y va même de portraitistes qui ont calqué leur manière de procéder ainsi que des paysagistes réputés. Les Becher, précédés de peu par August Sander et son “Antlitz der Zeit” (Face au temps), ont inventé la photographie systématique.

Dans un monde voué à deux fléaux imparables : la mondialisation qui gomme les différences et la disparition de paysages longtemps inchangés (urbanistiques, naturels ou industriels), la topologie permet d’abord de rendre compte d’une façon documentaire, loin du sentimentalisme, puis de conserver l’image de l’état du monde à un moment donné. La photographie demeure pour ces deux rôles le seul outil à notre disposition.
Précieux fossiles à conserver jalousement, c’est donc pour des raisons purement anthologiques que cette exposition fera date dans le calendrier des expositions visibles en Tunisie. Aimer ces photographies ou ne pas les apprécier est vraiment secondaire.

Bienvenue au club
Comme je l’ai noté plus haut, les cinq photographes qui exposent au palais Kheireddine sont tous disciples du couple Bernd et Hilla Becher. N’y voyez aucune allusion si je vous annonce que L’Académie d’Art de Carthage située à quelques pas du parc du Belvédère inaugure une nouvelle formule de club photo. Aujourd’hui il n’est plus opportun de procéder comme ce fut le cas dans les années 80. Le temps de l’animateur et des adhérents de la vieille école est révolu.
La nouvelle formule se veut un échange d’idées, de connaissances et d’expériences au sein d’un groupe dont l’objectif est l’acquisition d’un savoir photographique multidisciplinaire. On traitera de la technique, de l’histoire, de la théorie et la critique. Ensemble on ira visiter des expositions, on réalisera des reportages, on se conseillera pour participer à des concours, on se soutiendra pour monter une exposition, on échangera des documents techniques…le club est ouvert à toutes les propositions que le groupe jugera ensemble susceptibles de donner, ou non, un bonus à cette activité.

Le club sera conseillé par Rania, Imed, Karim et moi-même. C’est un club self service !!! Au lieu de devoir imposer un rythme de progression à l’ensemble des adhérents, il sera question ici d’une formation sur mesure. Le surmoi de chacun sera sauf !!!


L’inscription vous donne droit à :

L’utilisation d’un poste Mac avec écran large
L’utilisation d’un studio de prise de vue équipé

Et le conseil de connaisseurs en :

Logiciels graphiques (Photoshop, Corel Photopaint…)
Photographie numérique (prise en main et utilisation des appareils photo)
Lecture et analyse de photographie et commissariat d’exposition
Prise de vue en intérieur et en extérieur.

Adresse : 16 rue Tejfine par l’Avenue des États-Unis d’Amérique
Pour plus d’infos contactez Karim : 20516423 ou Hamideddine : 99 590 578
A partir du samedi 15 novembre 2008
Horaires : samedi de 10h à 18h
Frais d’inscription : 5 Dt
Frais mensuel : 30 Dt

Hamideddine Bouali
10 novembre 2008

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Transports divers

Le Carthage au port autonome de Marseille en partance pour Tunis.Photo Hamideddine Bouali.
Le 30 octobre 2008 à 13h45. Montage de 3 photos avec un petit Powershot de Canon

Je me suis trouvé embarqué sans m’en rendre compte dans une croisière en Méditerranée : un aller-retour Tunis-Marseille – trois jours en tout et pour tout – pour des raisons professionnelles. Je suis en fait mandaté pour faciliter le transfert des concurrents qui participeront à la 9e édition du Grand Prix de Tunis (1e et 2 novembre). Manifestation organisée par la Municipalité de Tunis.
Un beau sujet pour les photographes des sports mécaniques. Il est rare d’avoir dans le collimateur de son appareil photo : une vénérable Bugatti 37, une indomptable Ferrari Testa Rossa ou fait exceptionnel pour la présente édition : une Alfa Roméo P3 celle-là même pilotée à Tunis en 1938 par le légendaire Nuvolari (surnommé le Mantovano volante). Pour les spotter, signalons aussi la présence d’une Alfetta 159 qui a remporté haut la main le premier championnat F1 en 1959.
Un plateau royal pour le 80e anniversaire du Grand Prix de Tunis et les 150 ans de la Municipalité de la capitale. Il sera donc naturellement question dans cette chronique de transports.

Petit inventaire à la Prévert
J’estime avoir emprunté un panel de moyens de transports assez disparate : avions de transport civil pour de fréquents voyages en Europe, avion privé de quatre places pour un petit saut de puce de l’aéroport de Tunis Carthage au centre de vol à voile de Djebel Ressas, là de nombreux vols sur avion- école et une seule fois en planeur, deux baptêmes de l’air sur hélicoptère et puis de nombreux trajets en téléphérique à Alger, un long voyage en train de Tunis à Casablanca, quelques traversées en bac pour aller de Sfax aux Iles Kerkennah ou pour arriver à Djerba. N’oublions pas le parcours quotidien en bus, en métro ou en taxi et d’inoubliables trajets en trains de banlieue. Quelques mètres à dos de chameau ou à dos d’âne, une mémorable cavalcade à cheval et des sorties en mer dans des voiliers d’initiation à la navigation dans un club de vacances à Hammamet. Ah j’allais oublier deux moyens de transports hors normes !!! Le Concorde et la jeep lunaire…effectivement j’ai visité l’avion supersonique français en statique à Orly alors que pour le véhicule lunaire, une copie fut offerte à l’Association Jeunes Science de Tunisie par la N.A.S.A. dans les années soixante-dix, elle y est toujours à son siège à Cité Jardin, Tunis.
Faites le compte de votre part ! Vous allez trouver sûrement cela pittoresque.
Mais, c’est la première fois que j’effectue un voyage en paquebot. Le Carthage est plutôt un Car-ferry, une petite ville flottante, neuf ponts, plus de deux mille passagers, six cents voitures embarquées…malgré les signalétiques de nombreux voyageurs, se trompent d’étages, de couloirs et de chambres.
Je rédige cette chronique en étant confortablement installé au salon du pont supérieur.
A part un léger tremblement, Le Carthage offre un réel confort malgré une mer légèrement turbulente. Ceux qui veulent s’endormir, la berceuse est donc offerte par la compagnie.

Les Bouali ont le pied marin
Les voyages en mer évoquent évidement toute la production littéraire et cinématographique que tout le monde connaît. Comment ne pas penser à l’Odyssée d’Homère ? D’ailleurs, il faudrait l’évoquer encore une fois car un ferry avec ce qu’il transporte dans ses cales est une belle réactualisation du célèbre mythe du Cheval de Troie !!! Comment ne pas avoir à l’esprit la tragédie du Titanic et son inoubliable film réalisé par James Cameron ? Aux Naufragés du Poséidon (projeté l’année dernière dans une salle de cinéma de Tunis)? À La Croisière du Navigateur avec l’imperturbable Buster Keaton ? A la dernière scène de La Ruée vers l’or ? Aux milles millions de milles sabords du colérique Capitaine Haddock ou aux extravagances de Némo ? A Moby Dick de Melville ? Si mon jumeau était à ma place il ajouterait le long chapitre de son roman Terre promise texane, consacré à Santa Maria le vaisseau amiral de Christophe Colomb.
Il parait qu’un lointain parent entretenait un commerce florissant – par voix maritime – avec les Indes au point qu’il porta le surnom d’el Hendi (l’indou) ? Alors que de lointains aïeux avaient amassé une petite fortune en exportant du sel et en important des produits manufacturés avec justement Marseille.
Alors sans avoir lu et vu les livres et les films cités plus haut, je fais un peu partie des gens de la mer puisque j’ai hérité du coté de la famille de mon père – à part une plume (ou clavier) facile (à ce que l’on dit), le pied marin. En attendant de découvrir d’autres qualités cachées.

D’autres transports
Emprunter un aéronef n’est en rien valorisant, mais le transport dans le sens figuré du terme cela pourrait vous mener très loin !!! Là, pas besoin de titres de transport, réservations, ou visas et l’excédent de poids n’est même pas taxé. Sans bouger, vous vous retrouvez emporté par vos sentiments, ballotté par vos sensations, et s’il survient un certain mal il est souvent beaucoup plus désagréable que le celui ressentie en mer ou en l’air. Que de corps partis dans des longs voyages en laissant leurs âmes ancrées profondément dans un port d’attache bien sécurisants !
C’est la civilisation judéo-chrétienne qui a voulu attacher au corps, avec ses inévitables faiblesses, l’âme et ses soubresauts. Vers l’Orient (tiens, encore une fois les Indes) tous ceci n’a aucun sens, car pour ces peuples sentir, aimer, souffrir, méditer n’a presque pas de lien avec se nourrir, travailler ou même mourir. J’arrête ici cette chronique. Suis-je victime non pas du mal de mer mais de celui des hauteurs – à l’instar des alpinistes – il est vrai qui je suis juché au
Pont neuf (les cinéphiles se rappelleront le film du très rare Léo Carax) euphorie et panique peuvent se manifester à tout moment ou pire s’alterner.

Une heure et demie à Marseille
Au moment où j’écris ces lignes Le Carthage est à quelques miles du Golfe de Tunis. La traversée allée fut mouvementée, une mer démontée et un vent assez fort. J’ai consulté mon encyclopédie embarquée à propos de l’échelle de Beaufort. J’estime que cela atteignit l’indice 7 sur une échelle plafonnée à 12. Des vagues hautes ont malmené le bateau, malgré sa masse le roulis et le tangage ont obligé plus d’un à se confiner dans sa cabine. A part le faite qu’il fallait tenir la balustrade pour ne pas glisser, ce qui était plus amusant que désagréable, le mouvement du bateau n’avait aucune influence sur moi.
Le personnel naviguant fut au petit soin, serviable et la plus-part du temps souriant. Ils ont contribué à rendre la croisière – malgré l’exécrable météo – convenable. Le comandant du bateau a même mis gracieusement à la disposition de certains voyageurs des cabines afin de se reposer. Il est vrai que la salle des fauteuils n’était pas indiquée pour ceux qui étaient sensibles au mal de mer. Situé juste à la proue du bateau, elle subissait des amplitudes plus importantes qu’à l’arrière.
Arrivée en rade de Marseille à midi et demi et en prévision d’un ré-embarquement vers Tunis à 14h, il ne me resta qu’une heure pour faire quelques emplettes dans la ville phocéenne, surtout des coups de cœurs désirés depuis un certain temps et ce petit voyage m’avait permit d’en réaliser quelques uns !!!

Le 31 au soir, j’étais déjà à Tunis, je retrouve mon cher blog avec la symbolique barre des 10000 connectés dépassée. Merci d’être aussi nombreux à lire mes textes.

Tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37 pilotée magistralement par Dominique Baldi.
Photo (depuis le siège passager) Hamideddine Bouali. le 2 Novembre 2008. 16h50. Nikon D 200.

Quant je faisais le compte des moyens de transports empruntés au début de cette chronique je ne savais pas que quelques jours plus tard j’allais faire le tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37. Souvenir inoubliable dans une mythique automobile ; la Leica des voitures de sports. Chassez le naturel il revient au galop ! Promis ! La prochaine chronique sera entièrement photographique.

Hamideddine Bouali
5 novembre 2008

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Kartago/Carthage

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Carthage is right on the sea, and the water color is gorgeous

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Carthage : thermes d'Antonin

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Carthage : thermes d'Antonin

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Carthage : mosaic

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