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La gestion des conflits expliquée à ma fille

Premier échange (Jenaïna et Hamideddine Bouali)
Photographie Hamideddine Bouali-Mars 1995
Chronique des chroniques
Beaucoup de commentaires et d’interrogations à propos de la dernière chronique mais je n’en retiens qu’un seul : Anonyme a dit… « Bien vu Hamideddine il y a beaucoup d’humanité dans ce que tu écris, je suis d’accord avec toi sur la jouissance morbide du spectacle de la mort dans les télés, et les décomptes de morts qui se font chaque jour, même sur Facebook. Et la question que tu poses à la fin est très importante, alors je te demande : tu dis quoi à tes enfants sur la situation de la Palestine et plus particulièrement à Gaza en ce moment ? ça c’est intéressant parce que je suppose que beaucoup de parents se posent cette question ?? ».

J’ai déjà évoqué dans la dernière chronique le cas de l’affaire de Suez, à travers le livre de Marc Ferro : « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » paru en 2006. Je disais que les décideurs, eux-mêmes, n’avez pas une vue globale de la situation, alors que dire de ceux qui, à l’époque, suivaient ces événements à travers les articles des journaux, la rumeur populaire et la propagande de la partie adverse ? D’autre part, aujourd’hui, nous connaissons les raisons, le déroulement et le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale mais seulement du point de vue des vainqueurs. Après plus d’un demi siècle de recul on se pose la question de savoir si ce sanglant conflit s’est réellement passé ainsi ? Le brouillard du doute est moins dense à mesure que l’on s’en éloigne, et les événements ne deviennent compréhensibles dans leur globalité que lorsqu’ils quittent la Une des journaux pour rejoindre les chapitres des livres d’histoire.
Le sommaire des revues d’histoire font la part belle aux nouvelles lectures des faits, petites anecdotes ou évènements planétaires, dont notre terre fut le théâtre. Ces nouveaux décryptages seront à leur tour mis à contribution dans d’autres dossiers. L’ouverture de nouvelles archives ne donne-t-elle pas souvent lieu à des découvertes sensationnelles ? Ne suffit-il pas, par exemple, de reconsidérer la manière et la raison pour laquelle les Etats-Unis sont entrés en guerre en 1941 pour que toute l’histoire mondiale postérieure s’en trouve périmée et donc dans l’urgence d’être réétudier ? 
Alors bien malin celui qui puisse aujourd’hui, après seulement quelques semaines de la fin de la bataille de Gaza, expliquer son pourquoi et son comment, que dire alors de le faire comprendre à ses enfants
!!!

Comment expliquer la guerre à mes filles ?
Je ne me rappelle pas avoir un jour expliqué un quelconque conflit à mes deux jeunes filles (Fatma 12 et Jenaïna 14 ans). Je crois que le sujet est d’une complexité inextricable. Comment leur exposer avec des termes simples les enjeux économiques, les stratégies militaires, les subtilités de la diplomatie, l’influence des réseaux occultes, le pouvoir des médias, la malignité de la propagande… ? Par contre il est aisé de leur expliciter les rapports humains, la notion de propriété, le sens de la justice, l’objectivité, la neutralité…

La guerre des boutons 
En allant récupérer mes deux filles de la garderie scolaire, il y a de cela cinq ans, je fus confronter à un conflit significatif. En me voyant arriver, Jenaïna courut vers moi pour me débiter un discours incompréhensible puisque étranglé par la colère…

Moi :
« S’il te plait calme-toi et raconte moi ce qui s’est passé »
Jenaïna :
« Papa ! tu dois prendre mon partie »
Moi : « Non ! bien avant cela il faudrait que je sache de quoi il s’agit en me racontant exactement ce qui s’est passé ».
Jenaïna : « Ce garçon, en mettant volontairement son pied sur mon chemin, a failli me précipiter dans l’escalier ».
Moi : « Non ! tu dois me raconter tout, depuis le début ».
Jenaïna : « On a commencé à se chamailler depuis la récrée de 10 heures, puis tout à l’heure après le déjeuner il m’a dis un gros mot, je lui es dis qu’il n’a pas été bien élevé par ses parents. Avant que tu ne sois là de quelques minutes et alors que je passais devant lui, il a mis son pied volontairement pour que je trébuche et tombe dans l’escalier ».
Moi : « Très bien, tu as raconté les faits correctement ce qui est le début de la solution. Ce qui s’est passé est typique d’une dispute. Cela commence avec des faits sans aucune importance, d’ailleurs le point de départ est souvent oublié, mais cela grandit par action/réaction et il est normal que la seconde soit supérieure en violence à la première »
Jenaïna : « Mais moi j’ai seulement parlé, alors que lui, il a agit avec une violence physique »
Moi : « Tu oublies que tu es une fille et lui, un garçon. Depuis toujours les filles réagissent par des paroles et n’en viennent au mains que rarement, alors que les garçons sont plus portés par l’échange de coups de poing ».
Jenaïna : « Mais je suis perdante, puisque c’est lui qui a commis le dernier acte ».
Moi : « Celui qui ne réagit pas à une action violente n’est pas forcément le plus faible des deux, cela démontre au contraire qu’il possède la force de se maîtriser…et cela n’est pas à la portée de n’importe qui !!! ».
Jenaïna : « Mais papa les autres parents, ne se comportent pas ainsi, ils soutiennent d’une manière inconditionnelle leur progéniture et parfois je suis victime de leur subjectivité ».
Moi : « Effectivement je ne suis pas comme la majorité des parents et c’est à toi de choisir aussi si tu veux être comme tous les autres enfants; hypersensible à la moindre provocation et te voir emmener dans une escalade qui te fait oublier que cette dépense d’énergie ne valait pas la peine d’être perdue, ou bien d’être maîtresse de tes actes et de survoler les détails sans importance pour ne te concentrer que sur ce qui vaut la peine d’être vécu ».
Sur ces mots nous étions arrivés chez-nous…Depuis, Jenaïna a inévitablement été en situation de conflit, elle s’en sort seule et apparement sans trop de mal.

Ne trouvez-vous pas que ce mini conflit, qui à l’échelle des enfants est vital, est presque en tout point semblable aux guerres que mènent des pays ? Toutes proportions gardées, ne s’agit-il pas presque toujours d’un alibi, de part ou d’autre, pour que l’infernal mécanisme de l’escalade se mette en branle ? L’origine qui est sans commune mesure avec l’énergie dépensée par la suite, l’inégalité des armes conduit inéluctablement à un déséquilibre des pertes, la propagande dans la présentation des faits…tout y est.

Je ne veux pas jouer au moralisateur, mais depuis un certain temps je médite à propos du progrès de l’humanité. Toutes les facettes de la vie ont évolué ; la mode vestimentaire, les moyens de communications et de transports, la relation parents/enfants, les méthodes de l’enseignement, notre relation avec la nature, la pratique des loisirs…Cela a permis au genre humain, en deux siècles, de beaucoup mieux être. Mais pour gérer les conflits, nous n’avons pas progressé et dans certains cas nous avons même régressé. Aujourd’hui nous nous faisons la guerre avec autant de hargne, de violence et jusqu’au-boutisme que les peuples barbares des temps obscures. 

De l’expo du « World Press Photo » à celle « A l’épreuve du Monde »
Il fallait de l’audace pour illustrer les 20 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par des photographies. Cette exposition qui se tient actuellement dans les jardins de la médiathèque Charles de Gaulle de Tunis a été réalisé par le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes, La Mission de coordination pour les droits de l’Homme et les photographes de l’Agence VII, James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer. 
Une initiative à applaudir d’une seule main car cette didactique exposition aurait du être accrochée à l’extérieur d’autant plus que le support (en vinyle) à été conçu dans ce sens…dommage que seuls les abonnés de la médiathèque ont en profité. 
Au même moment se tenait pour la seconde année consécutive l’exposition des photographies lauréates du World Press
Photo à l’initiative de l’ambassade de Hollande en Tunisie et surtout de Mahmoud Chelbi, qu’on ne remerciera jamais assez de tenir un rôle de premier ordre dans le paysage photographique local. J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la cuvée 2007 (*) de ce challenge, je ne vais pas revenir sur le sujet. 

Les photographes passent, les sujets restent !!!
Visiter, le même jour, les deux expositions l’une à la suite de l’autre vous incite à penser que les articles de la Déclarations Universelles des Droits de l’Homme auront pu, tout aussi bien, être illustrés par quelques photographies du WWP 2007. La photo de presse, tout compte fait, est une preuve que l’on nous dresse en face des yeux : après 60 ans de sa ratification par 140 pays, la déclaration demeure lettre morte. Guerres meurtrières, tortures physiques et mentales, persécution des minorités et des individus hors-norme, dégradation inconsidérées de l’environnement, sadiques massacres d’espèces protégées…je ne suis pas pessimiste, mais je suis sûre que l’année prochaine d’autres photographies seront primées au WWP néanmoins elles porteront sur ces mêmes sujets !!! 

 Hamideddine Bouali
7 février 2009

(*) Lire les chroniques suivantes sur ce même blog
Et si j’étais membre du Jury du World Press Photo ?! Mercredi 30 janvier 2008
Dernière minute : Annonce du World Press Photo 2007. Vendredi 8 février 2008
Chronique II : …du temps qui passe. Mardi 12 février 2008
Chronique III : Ai-je eu raison d’avoir voulu en savoir davantage ? Vendredi 15 février 2008

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« En route vers les jardins du paradis »

J’écris cette chronique le 1er janvier 2009 et l’horloge de mon PC indique 3h’45 du matin. La fête est finie, la trêve aussi, la vie reprend ses droits avec ses larmes et ses rires. On oublie souvent qu’il n y a pas de bonheur sans tristesse…sinon comment le savoir qu’on est heureux !!! (Cette citation est de moi). Mais il est fort possible qu’il est une quiétude sans animosité et celui qui a dit : “Si vis pacem, para bellum”, (si tu veux la paix, prépare la guerre) est sûrement soudoyé par des marchands d’armes !!! 
Certains m’ont voulu d’avoir écrit la dernière chronique. Mais que croyaient-ils ? Que je ne voulais pas protester. L’unique manière efficace de le faire est, à mon avis, de travailler davantage, sauf bien évidemment pour les ouvriers des usines d’armement qui, eux, devraient non pas faire grève mais chercher un autre boulot. 
Oui je proteste…La preuve ! Je suis à ma troisième chronique en l’espace d’une semaine alors que la moyenne était d’une publication par quinzaine. Faites-en de même et vous verrez que votre rage, votre douleur et votre envie de crier seront canalisées et surtout utiles. J’ai écrit d’un seul trait ma chronique à propos de Gaza, dans un accès de colère en ne faisant pas attention au style…en me lisant tout de suite après j’ai éclaté en sanglots.
Ce jour-là, le record des connectés par jour fut atteint (83).Plusieurs d’entres-vous m’ont appelé pour me dire comment et combien ils ont été touchés à leur tour par ce texte et par la remise en liberté, même si cela n’est que symbolique de la Palestine, par le biais de ma photographie que j’ai déposée dans le domaine public. Il aurait fallu attendre 25 ans après ma mort pour qu’elle le soit. Beaucoup l’ont téléchargée pour la mettre en fond d’écran de leur ordinateur d’autres l’ont compressée pour l’envoyer par sms à leurs amis…merci de contribuer à l’émancipation de cette photographie. Un ami, fou d’oiseaux dont le pseudo est Chardono-Tunis, et qui tient un forum, indique dans son forum où la photo en question – intitulée Palestine ! – pourrait être vue et téléchargée. Je lui rends la pareille. Si vous voulez tout connaitre à propos du chardonneret – qui pourrait être ce petit oiseau qui sort de l’objectif seulement en présence d’enfants remuants – allez sur le site : http://chant-chardonneret.activebb.net.

Jacques Pochart, fidèle lecteur de Belgique, réagit à la chronique intitulée : « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » par ces mots : « Vous êtes un vrai magicien…….je suis abonné au web depuis des années, la photo me passionne…et ce n’est qu’aujourd’hui et grâce au magicien Bouali que je suis allé visiter la toile pour y faire plus ample connaissance avec Giacomelli, merci mille fois pour cette invitation muette. Quelle découverte, quel homme, quelle simplicité, quelle poésie, quel amour du prochain et de l’humanité…Merci aussi pour votre chronique familiale qui chaque fois nous oblige à plonger dans nos propres souvenirs et à faire le tour de notre propre famille et des relations et des souvenirs…». 
Je continu à vous faire partager les photographies qui ont influencé ma pratique…mon seul mérite est de ne pas les avoir oublié.

Eugene Smith (1918-1978)
Photographe de guerre ayant porté la profession à un niveau de conscience et d’éthique sans précédent, Eugene Smith pratiquait la photographie beaucoup plus qu’une mission, un véritable sacerdoce. Son père qui s’est suicidé après avoir fait faillite fut scandaleusement évoqué dans la presse, Eugene se fit la promesse qu’il fera du métier de photographe une profession propre. Sévèrement blessé à Okinawa le 22 mai 1945 par un tir de mortier qui lui déchira la joue et la bouche, il gardera des séquelles à la main gauche. Encore convalescent, Eugene Smith s’empare de son appareil photo et s’en va dans le jardin de l’hôpital – là où il se fait soigner – pour réaliser cette simple et magnifique image. Sa démobilisation fut salutaire. Il abandonna la photographie de guerre pour se consacrer à la photographie humanitaire. Une photographie militante, mise au profit des laissés pour comptes, des victimes et des missionnaires, avec comme forme l’essai photographique; un genre qu’il a inventé. La vie d’un médecin de compagne, le quotidien d’une sage femme, la mission du Dr Schweitzer en Afrique sont avec Minimita (que nous évoqueront bientôt) ses plus célèbres témoignages. 
«A Walk to Paradise Garden» (En route vers les jardins du paradis). PHOTO Eugene Smith 1946
Il est difficile de ne pas sentir l’effet tunnel de lumière auquel font allusion tous ceux qui ont failli passer de vie à trépas en revenant avant le point de non-retour en regardant « A Walk to Paradise Garden » (En route vers les jardins du paradis). Il parait que l’on se sent attiré par une lumière aveuglante et une sensation de plénitude – jamais ressentie auparavant- vous envahit. Ce couloir, dernier chemin de vie et d’où on commencerait à entrevoir l’au-delà n’est qu’une hallucination due au profond état d’inconscience atteint. Il me semble qu’au moment où la vie finit, on ne se sentirait pas dans un corridor mais dans un toboggan…et il n’est plus, bien évidemment, question de revenir en arrière, la volonté étant défaillante. 

Cette photo pourrait être aussi considérée comme une allégorie du début de la vie. N’avons-nous pas là une incarnation d’Adam et Ève se baladant dans le jardin d’éden ? Ou découvrant pour la première fois la féerie de l’ici-bas ? Quand on sait que ces deux enfants sont les siens, on comprend mieux l’état d’âme du photographe. N’est ce pas à travers notre progéniture que l’on réussit à vaincre notre phobie de la mort ? C’est la seule explication possible, bien que déraisonnable, qu’en temps de guerre ou lors des grands fléaux l’on enregistre le taux de natalité le plus élevé.  
Il est fort probable qu’Eugene Smith a mis totalement en scène cette photographie, cela n’empêche qu’il nous offre une illustration définitive de la vie ; son incomparable beauté et son inestimable valeur. La trouée, semblable à un arc du triomphe, d’où passent les deux enfants, leur taille relative – le garçon un peu plus grand que la fillette- ainsi que leur démarche déterminée donnent une impression de majesté mais aussi de stabilité. 
Avec deux enfants, un jardin et un immense et profond amour de la vie, Eugene Smith a tout résumé. 

Cette photo connote que chaque instant pourrait être le dernier vécu…mais aussi que ce monde où nous vivons est fabuleux, malgré tout. Il y a encore tant de gens à connaître, de choses à voir et de moments à vivre comme si nous étions des nouveau-nés. A Walk to Paradise Garden » n’est-ce pas où nous étions avant d’être là et là où nous espérons (pour ceux qui croient) y aller quand tout sera fini ? 
Voyager I, la sonde envoyée il y a une trentaine d’année à la rencontre d’éventuelles civilisations extraterrestres, emporta le meilleur de l’humanité ; des symphonies, des textes littéraires, des photos de paysages terrestres, des portraits, des sons gravés sur un cd-rom, 110 images et 1h30 d’enregistrements analogiques. “A Walk to Paradise Garden” aurait pu très bien illustrer la pochette : car cette photographie est à la fois une admirable invitation à visiter la terre mais aussi une preuve du génie de ses habitants.

Ce texte est dédié aux enfants de Gaza qui nous ont quitté trop vite…privés de connaitre – davantage – cette terre qui ne manque pas d’attraits.


Hamideddine Bouali
6 janvier 2009
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Questions de temps

Temps d’écouter
J’ai reçu un e-mail m’invitant à une visite guidée de l’exposition « Distance et proximité» organisée par le Goethe Institut de Tunis(1). Mais, je me suis trouvé dans une situation surréaliste puisque j’ai dû écouter une phrase dans la langue de Schiller puis sa traduction dans celle de Rabelais pour pouvoir la comprendre en arabe (je le suppose ! En fait, a-t-on tranché cette question existentialiste de savoir dans quelle langue saisissons-nous les choses… !). Entendre une phrase du genre: « Thomas Ruff photographie les détails des intérieurs de maisons et en a fait un style… » ou encore : « Cette photographie qui parait ne mettre en scène qu’une salle vide est en fait celle qui a connu un grand événement historique : la division de l’Allemagne lors de l’Accord de Postdam ». Et pour finir, entendre : « Gurski est un des photographes les plus connus et les plus côtés [sans aucune autre justification]…il photographie les gens dans des espaces immenses car encore enfant et habitant la campagne il avait peur d’être rejeté » sont des commentaires qui ne valaient pas le déplacement. Je ne dirais pas « fin de citation » puisque il pourrait y avoir dans ces immenses salles du Palais Keireddine des échos maléfiques qui auront dénaturé les paroles de cette jeunes allemande venue spécialement de Germanie pour nous expliquer, soit ce qui était devant nos yeux soit de justifier maladroitement ce qui n’avait pas lieu de l’être. C’est ce que l’on inflige souvent à l’art contemporain : un discours essayant de lui faire dire ce qu’il n’a jamais prétendu revendiquer
… L’art contemporain se contente d’affirmer qu’il est là…Tout simplement.

Temps de faire
Dans ma dernière chronique(2), j’évoquais le grand photographe Avedon à travers une description du portrait qu’il avait réalisé du sénateur Obama, aujourd’hui, je viens vous parler d’une autre image signée aussi Avedon.

Dovima et les éléphants. Richard Avedon. 1955

Cette photographie révèle une grande maîtrise, aussi bien de la technique que du langage photographique. D’abord, rares sont les personnes qui remarquent que ce cliché est en noir et blanc tant la force qui en émane bouscule notre quiétude bien avant que nos cônes et nos bâtonnets de notre rétine ne s’en rendent compte ! Le contraste poussé à outrance dans le choix des éléments de composition est si intense que la palette chromatique est devenue comme par magie une question secondaire. Le modèle est d’une grâce féerique. Profil hautain et snob, cou interminable, décolleté audacieux, corps enveloppé dans un fourreau sombre, Dovima, mannequin de chez Dior, semble charmer (étymologiquement cela s’entend ensorceler) que ce soit ceux qui regardent son dos ou ceux qui contemplent sa face.
Certains ont vu dans cette image une évocation du conte de Jeanne-Marie Leprince : La belle et la bête…ils se sont trompés. Ou alors nous les avons mal compris…qui est la bête et qui est la belle ? Ces éléphants sont-ils furieux ou pris de panique ? N’avez-vous pas l’impression que nous autres spectateurs sommes en fait de part et d’autre de Dovima…nous aussi, sommes enchainés, démunis, incapables de faire quoi que ce soit devant cette créature mi-ange mi-démon. Les allusions mythologiques ou érotiques que suscite cette photographie sont innombrables…
Avedon, contrairem
ent au portrait d’Obama qu’il nous livrait tel quel, se faisant passer pour un Photomaton de hall de gare, se place ici dans le fauteuil du metteur en scène ; disposant les composantes de son image à sa guise pour nous en faire voir de toute les couleurs…

Temps de crise
Claude Perez revient occuper les cimaises de l’Aire Libre d’el Teatro(3). Je l’ai déjà dit et je le répète, ses récentes photographies n’ont rien à voir avec ses œuvres antérieures. Une raie de lumière se réfléchissant dans la mer, un personnage passe, à pas lent, en course ou nous offrant son profil et hop une photo…c’est dans la boite coco. Le photographe « s’amuse », après, à les multiplier à l’endroit à l’envers…à satiété. Permettez-moi cette analogie, de loin cela fait une série de motifs donnant un certain effet papier peint.
Personnellement je n’ai ressenti aucune émotion devant ces photographies-puzzle que l’on accole tète bèche, ou en frère siamois !!! Tout cela est une question de goût, mais quand on lit la liste des œuvres exposées on est surpris (moi en tout cas) de lire que vous pouvez devenir possesseur de cette œuvre pour 3500 dinars. Là, nous sortons du domaine des opinions et des préférences pour entrer de plein pied dans celui de l’économie. Nous n’allons pas faire la somme du prix du tirage, du cadre, de l’amortissement de l’appareil photo, des frais de déplacements, du pourcentage à concéder à la galerie en cas de vente…Non cela serait déplacé ! Puisque en fin de compte nous pourrons trouver, par simple soustraction, la valeur du travail artistique.
Mais, jetons un coup d’œil à la cote de quelques photographies vendues aujourd’hui en France. Avec 3500 dinars, un peu plus de 2000 €, vous pouvez vous offrir (pour les fêtes de fin d’année) ou vous permettre d’accrocher dans votre séjour un Portrait d’un enfant déguisé en arlequin réalisé par Lucien Clergue (tirage argentique signé par le photographe de format 22 X 28,5) à 280 €, pour 300 € vous serez l’heureux acquéreur d’un superbe Nu académique de Jean François Jonvelle ( tirage de format 30 X 40 cm avec cachet à sec officiel du photographe) ajoutons dans le caddy une œuvre de Mario Giacomelli intitulée La Buona Terra (tirage au platine signé, de format 15 X 10 cm) à 130 €, allez ! Ajoutons de la fantaisie ! Un magnifique tirage couleur, d’époque, en superbe état de format 20 X 25 cm d’Apollo 10 en orbite autour de la Lune au prix de 130 € (un tirage similaire fut adjugé précédemment à 1000 €). Le restant de la monnaie servira à s’acquitter des frais de port !


Temps d’envoyer vos photos au World Press
Il y a un mois, je découvre une info bizarre sur le site de l’Arab Press Network. « La majorité des images les plus fortes aujourd’hui viennent du conflit qui déchire la région arabe, mais ce sont souvent des photographes non arabes qui prennent ces clichés. « World Press Photo est conscient de l’importance d’encourager et de soutenir les photojournalistes dans leur propre région », assure Michiel Munneke, directeur de la fondation organisatrice du World Press, qui explique que la fondation est actuellement engagée dans des programmes de formation pour les photographes en Égypte et au Maroc, et a pour projet de mettre en place des sessions de formation au Moyen-Orient.…Les inscriptions au concours World Press Photo sont ouvertes et, cette année, les photojournalistes arabes sont fortement encouragés à participer et à exposer leurs talents…Pour l’édition 2008 du concours World Press Photo, nous avons vu une augmentation de 28 % du nombre de participants du monde arabe, mais nous restons néanmoins convaincus qu’un plus grand nombre de photographes de la région ont la capacité d’entrer dans la compétition », déclare Munneke.
Que cache cette insistante invitation ? Est-ce une des conséquences de la polémique née de la consécration de la photo de Spencer Platt réalisée à Beyrouth en Août 2006 ? J’ai déjà évoqué dans une de mes chroniques que si le prix était mérité, le fait d’inviter à la cérémonie de remise des prix du World Press Photo ceux qui figuraient dans la photo était étrange pour ne pas dire compromettant (4). Aujourd’hui, cette invitation vient confirmer mes suspicions. Le jury allait-il avoir comme consigne de favoriser les participants d’origine arabe ? Y’a-t-il volonté d’inverser les rôles…en lieu et place d’un photographe venu d’Occident pour couvrir un événement, le plus souvent sanglant, en pays arabe, le jury va-t-il consacrer un photographe libanais ou irakien (ou autre) auteur d’un reportage sur les élections américaines ou le crash de Wall Street ? Après le temps de l’orientalisme voilà venu le temps de l’occidentalisme. Si vous êtes photographe de presse envoyez sans plus tarder vos œuvres au World Press Photo, peut-être seriez-vous l’heureuse victime de cette discrimination positive. Edward Saïd n’avait pas prévu cela.
D’ici la date de la parution du palmarès 2008 en février prochain, Mach (Mahmoud Chelbi) me confirme que l’expo du WPP, édition 2007, sera parmi nous en janvier prochain…à suivre.

Temps des bague(ettes) magiques
La rédaction du journal Le Figaro a supprimé de la photo de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, une bague de grande valeur. Baptisée « Liens » de chez Chaumet, le bijou est en or gris pavé de diamants, avec deux liens pavés de diamants, ce joyau a été évalué à 15600 €. Information glanée du site Rue89. Débora Altman, responsable de la Une du Figaro a indiqué: “La “Une” parlait du malaise entre Rachida Dati et les magistrats. On a trouvé que la bague se voyait trop et on l’a enlevé pour ne pas que les gens se focalisent sur ça et que ça créé une polémique sur le côté bling-bling. Ça a été fait dans l’urgence, il était 20h29 et on devait boucler à 20h30″. Les forums de discussion ont été juste après la parution de l’information pris d’assaut.

La Une du Figaro du 19 novembre et la photo originale réalisée par François Bouchon le 17 juin 2008

Effectivement, montre en main, cela m’a pris moins d’une demi-minute, avec le logiciel CorelPhoto Paint (TM), pour débarrasser l’annulaire en question de son lourd fardeau. Mais, toute une vie ne suffirait pas pour prendre la lourde décision de retoucher une photographie de presse, censée fournir une information correcte autant que l’article qui l’accompagne. Un acte d’une grande gravité. Je n’ai peut-être pas assez cherché celui, (ou celle !!!) possédant un sens de l’observation et une mémoire photographique aussi précise, ayant découvert la supercherie. Il (ou elle) mérite un satisfecit.
A croire qu’ils sont fous ces Gaulois, pour parodier la bande dessinée Astérix. Un ministre qui ne peut pas s’offrir, ou se fait offrir une bague de grande valeur, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, un responsable de rédaction qui joue à la baguette magique (outil de retouche de Photoshop), un inconnu qui découvre le tour de passe-passe, des internautes qui cherchent dans les catalogues des joailliers le nom du bijou et sa valeur, d’autres qui le comparent aux boucles d’oreilles de Ségolène Royal, alors que quotidiennement – à l’heure du passage des éboueurs – on ramasse des SDF morts de froid…Mais où va la France par Toutatis !!!

Temps de lire
Un grand nombre de personnes se plaignent de la longueur de mes chroniques. S’il est vrai que contrairement aux autres blogs celui-ci se singularise par des textes d’une certaine étendue, il faudrait préciser que la fréquence de publication n’est pas la même. Certains bloggeurs publient un post par jour, d’autres le font sans périodicité particulière alors que du-photographique conserve un rythme d’un texte par dizaine de jours…Amplement le temps de lire et de réagir s’il y a lieu de le faire. La lecture du portrait d’Obama (2) ayant été, dans l’ensemble, agréablement accueillis, je réserverais dans mes prochaines chroniques un chapitre pour lire une photo qui m’a marqué et donc influencé ma pratique photographique.

Hamideddine Bouali
10 décembre 2008

(1) (Ana)Chronique XXXVI ; « Le surmoi de la Photo !!! » du lundi 10 novembre 2008
(2) Chronique XXXVII ; « Ecce Homo » du vendredi 21 novembre 2008
(3) Chronique XXI ; « Une brève histoire du temps » du mercredi 21 mai 2008
(4) Critique V « Image presque parfaite d’un monde qui ne l’est pas ! » du vendredi 21 décembre 2007

N.B. : Vous trouvez que ce blog a du mérite ? Votez pour lui dans la catégorie Meilleure Blog en Français du challenge en cliquant sur ce lien : Tunisia Blog Awards 2008…merci d’avance.


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Le surmoi de la Photo !!!

Autoportrait pendant la traversée Tunis-Marseille. le 29 Octobre 2008. Powershot de Canon


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Pourquoi un blog ?
Certains d’entres nous, en tous cas les plus chanceux, disposent d’une conscience incarnée dans une personne à qui ils vouent une totale confiance et un profond respect. Cette âme-sœur vous chuchote à l’oreille – avec un réel désintéressement – des vérités aveuglantes, des conseils en or massif et quelques fois des interrogations faussement candides.
Il y a quelques jours lors d’un déjeuner dans un restaurant – qui porte bien son nom – en compagnie de mon alter égo il s’en suivit cet échange :

-Pourquoi tu écris dans ton blog ?

-Je ne sais pas…Je ne me suis jamais posé la question !

-Tu trouves que cela intéresse les gens de te savoir – par exemple – parti en voyage ? ou de leur livrer des épisodes de ta vie privée ?

-Le compteur du blog enregistre à chaque texte publié des centaines d’internautes connectés !!!

Et alors !

-Je pense que celui qui possède un moyen d’expression (photo, peinture, théâtre, cinéma, littérature…) ne peut faire la différence entre sa vie publique et sa vie privée. Un enseignant, un plombier ou un pilote de ligne ne le sont que lors de l’exercice de leur fonction, mais un cinéaste, un poète ou un dramaturge le sont toujours. D’ailleurs a-t-on vu un comédien ou un écrivain à la retraire ? L’œuvre de Picasso (excusez du peu) ne fut-elle pas subdivisée en périodes de couleurs ? Mais aussi selon la compagne qu’il fréquentait !

-Oui je te le concède, mais toi, ton moyen d’expression original ce n’est pas la littérature, c’est la photo et l’écriture cela t’avait servi pour communiquer ta critique, en tous cas ce que tu penses, à propos de la photographie. De là tu t’es trouvé en train d’évoquer des souvenirs d’enfance !!!

-Quand je recommencerai à faire de la photo il se peut que j’écrirai moins…

Puis nous avons repris la dégustation de ce que nous avions commandé.

Distance et Proximité…avec le Mois de la Photo
La 15e édition du Mois de la Photo de Paris se déroule actuellement jusqu’au 30 novembre 2008 et propose – parmi 90 expositions et une centaine en off – les œuvres de l’Ecole de Düsseldorf. L’Institut Goethe qui fête ses cinquante années d’activité en Tunisie nous en propose un volet.
Cet après-midi du samedi 8 novembre, j’étais seul dans l’immense et majestueux rez-de-chaussée du Palais Kheireddine qui fut à deux reprises le cœur des deux éditions du Mois de la Photo de Tunis. Jusqu’au 6 décembre 2008 on peut voir une exposition photo – du couple Becher et de quelques uns de leurs élèves – qui fera date. Notez bien que la locution « faire date » n’est pas un superlatif ! Oui ! Toujours mes manière tordues de signifier les choses…je n’y peux rien, c’est à prendre ou à l’essai (en français dans le texte…à lire et pas à écouter).

Le mardi 22 juillet 2008 dans la vingt-sixième Chronique intitulée « Chère photographie » je disais : « A la question de savoir quelle est la plus haute cote atteinte par une photographie dans une vente aux enchères, la majorité donnera sa langue au chat. Si le montant de la transaction n’est pas très important à connaitre, il en est autrement de son auteur et surtout de son contenu.
Vous vous rendez compte dépenser 3 346,456 de $ (presque 6 milliards de millimes) ! Pour une œuvre qui n’a nécessité que l’action d’un petit doigt sur un minuscule bouton ! ». Après mes classiques élucubration je concluais mon article par : « Le nom d’Andreas Gursky vous dit-il quelque chose ? Sincèrement avant de commencer à chercher les éléments pour rédiger cet article, j’ignorai totalement ce monsieur, heureux élu et signataire de la plus chère photographie…jusqu’à maintenant. Sa photographie fut réalisée dans un super marché !».

Si vous êtes curieux de voir d’autres œuvres de Gursky – mais pas la photo intitulée « 99 cent » qui detient le record – allez visiter l’exposition du Palais Kheireddine. Vous allez vous rendre compte que ce n’est ni les Nymphéas ni Ronde de nuit ! Non ce n’est pas le sempiternelle complexe des photographes par rapport aux peintres qui se manifeste ici (l’en deçà de Freud), mais tout simplement une réaction tout à fait compréhensible à propos de la surcote, ou surestimation, de quelques photographies par rapport à l’humiliante dévalorisation de tant d’autres ! Le marché de la photographie demeure frileux et incohérent.

Perfection technique Vs. sens artistique
Les photos de Gurski sont à n’en point douter intéressantes, d’immense tirages où ni la granulation, ni les pixels ou de traces de trainée d’encre d’une imprimante matricielle ne vient stopper la vue. Vous êtes dans la réalité toute crue. A dire que la directrice des lieux avait permis le sacrilège de perforer les murs pour qu’il nous soit donné à voir un extérieur ; hall de gare, quai de port ou anonyme espace de restauration quelque part en Allemagne. Même si Gurski maitrise à la perfection la technique photographique celle-ci reste tributaire d’un discours sans qu’il soit nécessaire d’être porteur d’un message. Oui effectivement, je reste sur ce point assez rigide car quelle différence pourrait-il y avoir entre une image de Gurski et une autre réalisée par un novice, dans le même lieu, depuis le même angle, même si elle manque de définition ? La photographie ne peut se réduire à une performance technique dénuée d’« humanité ».

Dans le texte traduit du très beau catalogue de l’exposition on peut lire à propos des photos de Gurski : « La perspective rappelle celle qu’utilisaient les peintres hollandais du 17e siècle. Mais l’horizon est obstrué : le regard est ample, puis brusquement arrêté, comme sur la photo (intitulée) « Gêne », où bateaux et containers bouchent l’horizon. Le regard se fixe alors sur les innombrables voitures des voyageurs ». J’ai envie de dire : « et alors » !!! Combien de photographies possèdent le même schéma que « Gêne » ? Des milliers mais malheureusement elles ne sont pas signées Gruski.

Une archéologie du temps
Gurski fut le disciple du couple Becher, Bernd et Hilla, dont on peut voir les œuvres à la même manifestation. Leurs photos sont d’une toute autre nature. Elles sont dans toutes les anthologies et les dictionnaires et pas un historien ne pense rédiger l’histoire de la photo contemporaine sans les aborder. Ils furent maintes fois copiés, suivis, plagiés…leurs prises de vues frontales, avec une précision chirurgicale, dans un noir et blanc d’une grande pureté, avaient fait école. Que de photographes ont capté des stations-services aux États-Unis, des épiceries en Tunisie, des jardins ou des fontaines à Paris furent sous leurs influences directes pour ne pas dire sous leur emprise. Il y va même de portraitistes qui ont calqué leur manière de procéder ainsi que des paysagistes réputés. Les Becher, précédés de peu par August Sander et son “Antlitz der Zeit” (Face au temps), ont inventé la photographie systématique.

Dans un monde voué à deux fléaux imparables : la mondialisation qui gomme les différences et la disparition de paysages longtemps inchangés (urbanistiques, naturels ou industriels), la topologie permet d’abord de rendre compte d’une façon documentaire, loin du sentimentalisme, puis de conserver l’image de l’état du monde à un moment donné. La photographie demeure pour ces deux rôles le seul outil à notre disposition.
Précieux fossiles à conserver jalousement, c’est donc pour des raisons purement anthologiques que cette exposition fera date dans le calendrier des expositions visibles en Tunisie. Aimer ces photographies ou ne pas les apprécier est vraiment secondaire.

Bienvenue au club
Comme je l’ai noté plus haut, les cinq photographes qui exposent au palais Kheireddine sont tous disciples du couple Bernd et Hilla Becher. N’y voyez aucune allusion si je vous annonce que L’Académie d’Art de Carthage située à quelques pas du parc du Belvédère inaugure une nouvelle formule de club photo. Aujourd’hui il n’est plus opportun de procéder comme ce fut le cas dans les années 80. Le temps de l’animateur et des adhérents de la vieille école est révolu.
La nouvelle formule se veut un échange d’idées, de connaissances et d’expériences au sein d’un groupe dont l’objectif est l’acquisition d’un savoir photographique multidisciplinaire. On traitera de la technique, de l’histoire, de la théorie et la critique. Ensemble on ira visiter des expositions, on réalisera des reportages, on se conseillera pour participer à des concours, on se soutiendra pour monter une exposition, on échangera des documents techniques…le club est ouvert à toutes les propositions que le groupe jugera ensemble susceptibles de donner, ou non, un bonus à cette activité.

Le club sera conseillé par Rania, Imed, Karim et moi-même. C’est un club self service !!! Au lieu de devoir imposer un rythme de progression à l’ensemble des adhérents, il sera question ici d’une formation sur mesure. Le surmoi de chacun sera sauf !!!


L’inscription vous donne droit à :

L’utilisation d’un poste Mac avec écran large
L’utilisation d’un studio de prise de vue équipé

Et le conseil de connaisseurs en :

Logiciels graphiques (Photoshop, Corel Photopaint…)
Photographie numérique (prise en main et utilisation des appareils photo)
Lecture et analyse de photographie et commissariat d’exposition
Prise de vue en intérieur et en extérieur.

Adresse : 16 rue Tejfine par l’Avenue des États-Unis d’Amérique
Pour plus d’infos contactez Karim : 20516423 ou Hamideddine : 99 590 578
A partir du samedi 15 novembre 2008
Horaires : samedi de 10h à 18h
Frais d’inscription : 5 Dt
Frais mensuel : 30 Dt

Hamideddine Bouali
10 novembre 2008

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BUUHHH - Halloween is coming
FotoBlog alojado en: FTBLG.com

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Art that shocks is not necessarily meant to shock, but I would say that the fundamental aim is to reveal the hidden, the silenced, the unseen, and the forgotten. Such an art speaks what should not spoken and exhibits what should be not shown, a daring choice of the artist who seeks to distress the ordinary, the common, and the mainstream with the different and the alternative.

According to Michel Foucault, the official discourses occlude forms of knowledge that are different and distinct from them. Hence, the normal person is not the specimen; the good citizen is different from the delinquent; the normal straight cannot be a pervert; a girl cannot be a boy. Official discourses are but constructs, and when we tackle the question of gender, we may say that the demarcation between sexes is but a social and cultural construct, a wobbly duality.

An exhibition of daring photographs in the Gallery “Cine Son” in La Marsa is wrapping up this weekend after running about two weeks and bestowing an opportunity upon the lovers and enthusiasts of art and photography to discover an alternative perspective and representation of gender. Tarak Khalladi, a young Tunisian cineaste and photographer, an emerging talent, is one of the partakers in this exhibition. Speaking to Alarabonline, Khalladi said, “I think it is high time to offer the young Tunisian talents a chance to enter the arena of artistic design. Tunisian art has a lot to say and to offer, notably new and original techniques and perspectives”.

Presenting his work, Kalladi added, “I attempted to blur the boundary between the masculine and the feminine so as to shatter the demarcation line between genders. In photos, I tried to highlight masculinity that survives within extreme and intense femininity”. In black and white, the photos speak out a message, a modern or let us brand it a “postmodern message” that blurs boundaries and blows apart duality. Deconstructing, to use the expression coined by Jacques Derrida, the already-established official gender construct, Khalladi shot to some extent erotic, but expressive scenes: a woman girded with a bodice, an ode to seductive femininity; another woman dressed like a little girl clutching a doll, a quiz, a quagmire that pushes the viewers to ask quite a few questions, paradoxes brought into harmony through the camera of the artist photographer.

With Khalladi, art has no taboo as it digs into the secrecies and ambiguities of the body, the body that has it own aesthetics though always silenced. A new approach to photography, the young artist has adopted through mixing different techniques and making use of the skills he gained from cinematography. In an attempt to satisfy an audience that has been bored with minimalism and superficiality, the artist has conducted his research and enquiry taking the body as a starting point to convey a new perception.

It is worth noting, in this context, that Khalladi has worked with a number of Tunisian and foreign artists, notably painter Aicha Ben Mostapha throughout the exhibition that was held in El-Teatro in Tunis, Abdelaziz Mohsni, Sami Mrad, Claude Perez, Lamine Sassi, Chahla Soumer, Ahmed Zelfani and others.

Via [Alarab Online]

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Pendulum (1)


Senior

Jacques Pérez, fidèle lecteur me signale l’utilisation inopportune, dans ma dernière chronique, du terme senior. Ce terme n’est pas, bien évidement, utilisé dans le sens de « vieux » mais dans celui de personnalité ayant une grande expérience dans son domaine. En photographie, la pratique soutenue, l’autocritique, l’échange d’idées avec les autres accélèrent le processus de maturation. C’est donc tout à fait normal que cette « sagesse » survienne avec les cheveux blancs. On a assez de recul pour comprendre la vie et donc on est à même de mieux la restituer dans ses œuvres. D’où d’ailleurs le grand nombre d’artistes d’un certain âge ou d’un âge certain (comme l’avait dit Charles Aznavour) qui renient leurs œuvres dites de «jeunesse». N’est ce pas un argument de plus pour justifier l’utilisation du terme senior ?

Jeunesse savait
J’ai eu l’honneur d’être membre du jury du concours organisé par Canon-Tunisie et d’avoir été surpris par le nombre de participants. En une semaine seulement, plus d’une trentaine de jeunes, pas encore des séniors, se sont précipités pour déposer leur photo et attendre avec une anxiété, compréhensible, le jour de la proclamation des résultats. L’équipe de Canon Tunisie, a bien fait les choses, les tirages envoyés ont été encadrés et accrochés dans la galerie Bel’Art, attenante à l’espace commercial. Un cocktail a permis de réunir tous ce beau monde, qui a insufflé de la spontanéité et de la bonne humeur parmi des représentants de la maison Canon en costume et cravate. Espérons que cette première ne sera pas la dernière et que ce challenge Canon de jeune sera reconduit l’année prochaine. Certain de ces photographes seront probablement des seniors bien avant d’avoir atteint la limite d’âge imposée par les organisateurs. Mais on se demande pourquoi les prix annoncés n’ont pas été remis aux lauréats ? En lieu et place des appareils photos numériques promis, ils se sont vus offrir des caméscopes !

Lauréats Canon-Tunis 2008
1e Adel Ben Yacoub (Club Tahar Haddad)
2e Kais Ben Farhat (étudiant à l’Académie d’Art de Carthage)
3e Ahmed Jelassi
Prix d’encouragement : Nesrine Belaïd

La règle du jeu
Un mail bizarre est venu bousculer une ribambelle d’autres, envoyé par des futurs exposants des Rencontres de Ghar El Melh. Comme je l’ai toujours affirmé, cette manifestations est unique en son genre, et tous ceux qui déposent leur dossier savent que Jabeur, Catzaras, Benzid, Belhassen et moi-même sommes à la fois membres du comité d’organisation et exposants potentiels. Personne ne pourra donc nous accuser d’être juge et parti, puisque la règle du jeu est connu d’avance. Le crier après coups c’est faire preuve au mieux d’amnésie au pire de mauvaise foi. Le nombre de plus en plus important de dossiers de candidature démontre que notre réputation ne souffre d’aucune tache.
Le membre d’un comité de sélection, ou d’un jury de concours, est d’abord un être humain, sensible davantage à des tendances, à des styles, à des thèmes plutôt qu’à d’autres. Peut-on le taxer de partialité s’il croit à des concepts précis de la photographie, s’il espère par ces choix offrir au public, pour qui la manifestation s’adresse, une certaine vision du monde, celle qu’il croit la meilleure. Croire le contraire c’est affirmer que tout est art, n’importe quelle œuvre peut mériter l’étiquette de Photographie et qu’il suffit d’accrocher quelques tableaux sur un mur pour mériter le label « Exposition photo ». Lors de la sélection Canon, les noms des auteurs des photos étaient bien visibles et il fallait un grand effort de justice pour donner sa voie à une bonne photo d’un inconnu qu’à celle réalisée par une connaissance. C’est un réflexe humain que de vouloir faire plaisir à quelqu’un mais c’est faire acte de justice que de se montrer loyal. Un jour ou l’autre je me retrouverai, moi ou une de mes œuvres, dans cette même situation à la merci d’un jury et je souhaiterai que justice soi faite.

CritiquePhoto. Version 01a
S’il était possible d’être parfaitement neutre, de connaître tout l’art photographique, de se déshumaniser…alors il y a bien longtemps que l’on aurait délégué cette lourde mission à un scanner, un ordinateur et un logiciel. Imaginez le processus ; on scanne une œuvre, le logiciel « CritiquePhoto. Version 01a » passera celle-ci par un premier test, dit de plagiat. Le logiciel emmagasinant une quantité impressionnante d’œuvres ultérieures, et connecté en permanence à internet, cherchera les points communs entre l’œuvre scannée et les milliards d’autres. Si l’œuvre réussie ce premier teste, elle devra passer par des grilles, de différentes constitutions, afin de juger sa composition et son cadrage, puis un histogramme analysera son contraste et le dosage de sa luminosité. Enfin si l’œuvre a pu parvenir à vaincre tous ces obstacles, un dernier examen dit « de subjectivité » estimera si cette photographie est digne de mériter le nom d’ «œuvre photographique originale». Ce critère, que chaque critique photographe dresse selon ses propres inclinaisons ne sera jamais défini. Cet examen humain, fait que des œuvres rejetées sont par la suite encensées, Atget en est le meilleur exemple passant de l’anonymat à l’adulation. D’autre part qui se rappelle encore de la photographie d’August Sander, d’Eric Salomon, de Maurice Tabard, d’Edwards Curtis ou de Jean Loup Sieff jadis très connus, aujourd’hui ignoré ? Dans quel monde vivons-nous ?
J’ai visité à la galerie Tahar Haddad, ex-écuries de Dar Lasram reconfigurés en espace culturel, et au palais Khereiddine, aujourd’hui majestueux lieu d’exposition, deux manifestations antinomiques. L’une revendique l’universalité de l’homme et l’autre la spécificité de la communauté des arabes d’Amérique Latine. Là idéal d’universalité alors qu’à quelques pas on touche à la ghettoïsation. Dans ces deux expositions des interférences sont venues altérer la bonne vision.
À la Galerie Tahar Haddad, des tissus jetés ça et là, les préparatifs d’un défilé de mode lors du vernissage et un je ne sais quoi d’inhabituel ne m’a pas laissé contempler sereinement les photographies. Encore une fois beaucoup de photos qui se ressemblent et malgré leur dispersion dans ce magnifique espace, la sensation du déjà vu vous laisse perplexe. Des portraits habillés, les mêmes personnages mais à chaque fois un nouvel accoutrement…on dirait les pages d’un magazine de mode sans plus. Appeler cela Universalité c’est affirmer que la djellaba fait l’arabe !
Au Palais Khereiddine, des rosaces imposantes, plus coréennes qu’arabes, ornent, gratuitement, les murs. Ceci est à l’image du catalogue dont la couverture déconcerte par son graphisme fait de modules plastiques. Inviter une quinzaine de photographes, de styles et de compétences différentes, autour d’un sujet, produit une exposition où se côtoie ; images documentaires, photographies artistiques, documents historiques et feuillets d’un album de famille…inclassable fouillis. Aux spectateurs de trouver dans ces somptueuses salles ce qu’ils cherchent. A moins que ce soi le titre – “Exposition photographique” et non “Exposition de photographie” – qui cache les intentions des curateurs. Voir ces deux expositions l’une à la suite de l’autre vous donne l’impression que la photographie ne se suffit pas à elle-même. Il lui faut pour s’accomplir l’apport de la musique, d’une décoration ou d’une certaine ambiance. La photographie, la vraie, est une plénitude du regard, le moindre détail superflu afflige le spectateur d’un inconvenant strabisme.

Pique-nique printanier
Si vous avez manqué la saison photographique en cours, Mach nous invite à un pot pourris des expositions qui ont eu lieu tout le long de l’année avec quelques inédits. Aujourd’hui au Printemps des Arts de la Marsa, tout comme en début de juillet à la seconde édition de l’Exposition Internationale de Photographie organisée par le photographe Zouhair Ben Amor à Yasmine Hammamet (publicité gratuite) (2), on se retrouve devant le même phénomène. Inviter les uns et pas d’autres, alors que l’on expose soi-même ses œuvres, n’est-ce pas – pour les mauvaises langues – un flagrant délit de partialité ? La séance de rattrapage à La Marsa est à l’image de cette année particulière ; de rares expositions inoubliables, quelques unes qui se laisse apprécier et certaines que l’on se serait passé de rencontrer de nouveau. La récolte est abondante avec des primeurs juteuses, des fruits qui ont bien mûries mais que d’ivraies. Bientôt il faudrait bien se rencontrer, faire le point, dresser le constat et tirer les conclusions nécessaire sur la situation de la photographie en Tunisie.

Hamideddine Bouali
4 juin 2008


(1) Pendulum : film Policier de 1968 réalisé par George Schaeffer, avec George Peppard, Richard Kiley et Jean Seberg. Accusé à tord d’avoir tué son épouse infidèle, un officier de police doit livrer une course contre la montre pour prouver son innocence. Déboires et péripéties pour un homme qui jusqu’alors critiquait certaines lois permettant à un suspect de rester en liberté. La moralité de l’histoire est évidente, on ne comprends l’esprit des lois que lorsqu’on se place aussi bien du coté des juges que des justiciables.
(2) La deuxième édition de l’exposition internationale de photographie de Yasmine Hammamet aura lieu au complexe touristique la Médina du premier au 16 juillet 2008.

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26 – June 29, 2008
Scheduling

Les Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar El Melh have become the great appointment of photography in Tunisia. Photographers from all sides: confirmed, new, children and the general public expect the last week of June to look, listen, do speak… all the senses will be arrested. Exhibits, workshops, panel discussions, slide shows a menu is also gratifying that teaching.
Exposures
Since its invention, photography continues to metamorphose, to the point where it seems that every photographer, creating its subject, invents its own medium. Each edition of the Rencontres is an anthology of looks from here and elsewhere previously. Venues from abroad or Tunisia, exhibitions are always a certain way of seeing the world. In Bamako as in Arles, Paris or Barcelona, the organisers: commissioner or curator, s’ingénient to build a theme events. In the exhibition galleries Fort Ghar El Melh – former penal colony – where for a long time any event basic freedom was banned today no restrictions are imposed. Meetings Ghar El Melh are a tribute, always renewed, the photographers who sublimate life.

Carte Blanche collectors The exhibitions last year Mustapha Bouchoucha and Victor Sebag had a great success. This year Beit Bennani and Iadh Behi return to submit their shots heart. “Anonymous” is a selection of photographs without mention delved into the fund Beit Bennani, but whose documentary value is undeniable. Soler was the photographer for a long time that any s’arrachait Tunis, he was the photographer official ceremonies, the reporter whose photos illustrated journals from the early twentieth century and a portrait of talent. Iadh Behi offers a choice of savoir faire of this photographer.

Round Tables I: “The pictures today”
(Led by Amar Dhaya, University)

It is possible to consider photography as an area that is sufficient in itself, a stirring panorama as broad as the imagination allows the photographer while being containing photographic. It is also possible to meet a different picture, known as plastic, worked or “photoshopée”, which spans areas, erases labels and demystifies history.
The first provided a wealth of world-famous photographers, a significant amount of works that take the icon. The second, because newer, less is known to the public. Visible only in the galleries, it is for the moment, confidential.
These two photographs meet sometimes violently, through their tenants, with arguments by critics texts and rarely through the works or theories.
All of this leads inevitably to, once again, seeking a definition of photography and a statute for the photographer.

Round Tables II: “The photograph in these relations with the media”
(Led by Mohamed Elhedef, journalist and photographer)

What information should be mostly in their paper version without photographs? A non-illustrated article seems sometimes suspect because the photographers, amateur or professional, are ubiquitous. But this beautiful marriage between the press and the picture is sometimes acrimonious. The scenes of households are becoming common to the point where it is periodically to the brink of collapse.
Photographs published out of context of achievement, false stories, even photographers who manipulate their works have become commonplace.
Like always trains arriving on time and nobody speaks and who become the subject of a scandal without precedent when one of them shows a slight delay, photography fills often marvel at its role . The debate, introduced by a review of photographs that have surprised, shocked or outraged, analyze the path that follows an image of the photographer drive. Course mined, chaotic and often dangerous.

The Night meetings
The evenings of meetings will be set aside for photography, how can it be otherwise, thirst that we organize and you look. In the vast courtyard of the first fort, projections will be organized to add to the vision, the sound of music accompanying commentary or a photographer. Jean Claude – alias Father Fourat – Imed and Donia show every night bêtisier Encounters. This year, a slide show will allow the public to assess programmes carried out by photographers who hope to win “The challenge for Ghar El Melh” trophy that will crown the creativity and boldness.

Photography workshop for children and adults
The workshops, as their name suggests, are more than one site preparations. The result does not count more than the work leading thereto. “The Wall images”, “Life, face and portrait”, “Their photos… our legends”, “Family Album,” are some of the workshops where children give free rein to their imagination, fantasy and innocence. The photographers will be invited to take part and children by the hand to the wonderful world of photography.

Journal of Meetings
Le Corsaire écumera the shores of Ghar El Melh for the third consecutive year. Auditors reported the course of the event, interviews with photographers, citations to remember, excerpts book to read, memorize vocabulary, helping heart of poets, are the topics.

Photo Academy
The Academy of Art in Carthage is a new private school to teach photography in Tunisia. With equipment at the cutting edge of technology, experienced teachers will be glad to show you how to use your digital camera, make a portrait studio and exploit the possibilities of Photoshop. A team of students from this institution will cover the highlights of the day and will screen his interviews and reports each evening.

Back in a work, photography by A. Kahia
What other event could pay tribute to Abdelhamid Kahia? Les Rencontres hope enroll in the Tunisian landscape photography as a reference to consult. A slide show, made after his great book “Tunisia” published in 1964, will explore photography Abdelhamid Kahia, one of the few masters of photography Tunisia.

After midnight
“After midnight” is a meeting, informal and relaxed on the beach of Sidi Ali El Mekki, where interrogations, which have always accompanied the photographer, will be raised. What is a good photograph? The photographer must seek to be happy or to please the public? And the art market! Should we follow or ignore? These are some of the questions which no reply has been unanimously. Here and nowhere else, the digressions are allowed if desired, photography leads to everything and what better place to escape the starry sky of Tunisia and the beach of Sidi Ali El Mekki? The echoes of discussions last year, which ended at sunrise, still resonate today. Some went to bed others have had enough strength to go eat doughnuts and start a new day. The meeting is also this: a performance of physical endurance.

The animations

June 26

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Hamideddine
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
“Back in a work, photography by A. Kahia” Hamideddine
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 27

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Lilia
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 28

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions” with Marianne
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa ”
“Reporters at GEM” with Lilia
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
Panel I: “The pictures today”
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The day of the bêtisier” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 29

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Nathalia
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
“Family Albums” with Lilia
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
Panel II: “The photograph in these relations with the media”
22h to 00h: Nocturnes.
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh and awards ceremony.
“Back in a work, photography by A. Kahia” Hamideddine
Special Info (students of the Academy of Art in Carthage)
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight,” Farewell.

Via [Du photographique] freshly translated fron French with Google.

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For two weeks starting May 23th, Al Marsa (A Tunis suburb)would be totally busy with arts: a lot of exhibitions of painting, sculpture and photography especially open for amateurs showing up their skills, a challenge is in the middle of the event, in fact last year’s photography winner was Zied a close friend and an extremely talented photography who survived a film photography experience with a devil’s eye. The deadline for sending the works is over and I may be doing something next year, I’m wiling to get there myself and take a look around.

A pre-selection is already available including a lot people I know:

Téja Guiza
Image de Tunisie II
Emna Chaabouni Profil
Harmel-Mezhoud Fethia
Mosquée
Trabelsi Faten
Evasion 2
Ben Soltane Mohamed
Location gratuite d’espace
Souissi Douraîd
Sans titre I
Sans titre II
Paatto Megdiche Jacqueline Fatima
Ben Saîd Amira Le Printemps
Les barques
Fakhfakh Yassine Damier
Equilibre Selon…
Chelbi Mondher Fernand
Ben Naouar Lobna Mosquée
Coupole
Ellouze Yassine Filles
Bahri Imen Les couleurs de la vie
Ma Richesse
Shili Leîla Nature Morte
Sans Titre
Khrouf Kchaou Aîda Concept
Azaîez Khedija Café Expresse 1
Guiga Nebiha Soleil des moissons
Composition en violet
Ben Othman Med. El Hedi Impressions D’Afrique
Medini Mohamed Femme à la contrebasse
Mehiri Mounir L’arbre comme je le vois I
L’arbre comme je le vois II
Bennani Ines Sans Titre I
Sans Titre I
Soumer Henda Bécassine
Ben Jemaa Moncef Regard
Mosbah Chiraz Sans domicile fixe
Lueur Errante
Mahjoub Alia
La Lumière
Bouafif Jamila Nature Morte (Oignon)
Dziri Anis L’artiste
L’impasse
Sami Hedia Interruption
Richesse
Yoann Cimier
L’ouverture
Péninsule
Hosni Noura Théière
Feuille géante
Slim Zahra Désir Elle
Consommation télévisée
Bouzdira Hazar Vision
Ben Ayed Maya Entre les lignes I
Entre les lignes II
Gmach Nasri Takrouna
Chouchène Afifa
Un mot dans le vent
Mot libre
Labat Henri Black Mona
Sidommou Imed Sabbat
Chemin Obscure
Skik Rabaa Quarantaine
Incarcération
Saadi Tharouet Cadence
Ferchichi Miriam Danse contact
Lignes radioactives

Take a lokk at [Mars Arts(French)]

And thanks to Jeune Tunisiene to let me know.

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6e Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar El Melh
26 – 29 Juin 2008

Programme

Les Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar El Melh sont devenues le grand rendez-vous de la photographie en Tunisie. Photographes de tous bords : confirmés, nouveaux, enfants et le grand public attendent la dernière semaine du mois de juin pour regarder, écouter, faire, s’exprimer…tout les sens seront interpellés. Expositions, ateliers, tables rondes, diaporamas constituent un menu aussi réjouissant que didactique.
Les expositions
Depuis son invention, la photographie ne cesse de se métamorphoser, au point qu’il semble que chaque photographe, en créant son sujet, invente son propre médium. Chaque édition des Rencontres est un florilège de regards venus d’ici, d’ailleurs et de naguère. Venues de l’étranger ou de Tunisie, les expositions sont toujours une certaine manière de voir le monde. A Bamako comme à Arles, à Paris ou à Barcelone, les organisateurs : commissaire ou curateur, s’ingénient à constituer des manifestations à thème. Dans les galeries d’exposition du Fort de Ghar El Melh – ancien bagne – où pendant longtemps toute manifestation élémentaire de la liberté était bannie, aujourd’hui aucune restriction n’est imposée. Les Rencontres de Ghar El Melh sont un hommage, toujours renouvelé, aux photographes qui subliment la vie.

Carte blanche aux collectionneurs
Les expositions consacrées l’année dernière à Mustapha Bouchoucha et à Victor Sebag ont eu un franc succès. Cette année Beit Bennani et Iadh Behi reviennent pour nous proposer leurs coups de cœur. “Anonymes” est un choix de photographies sans mention puisé dans le fonds de Beit Bennani, mais dont la valeur documentaire est indéniable. Soler fut pendant longtemps le photographe que tout Tunis s’arrachait, il était le photographe des cérémonies officielles, le reporter dont les photos illustraient les revues du début du XXe siècle et un portraitiste de talent. Iadh Behi nous propose un choix du savoir faire de ce photographe.

Tables ronde I : “Les photographies d’aujourd’hui
(Dirigée par Amar Dhaya, Universitaire)

Il est possible de considérer la photographie comme un domaine qui se suffit à lui-même, brassant un panorama aussi large que le permet l’imagination du photographe tout en se contenant du photographique. Il est aussi possible de rencontrer une photographie différente, dite plasticienne, travaillée ou « photoshopée », qui enjambe les domaines, efface les étiquettes et démythifie l’histoire.
La première a fourni une pléiade de photographes de notoriété mondiale, une quantité importante d’œuvres qui tiennent de l’icône. La seconde, parce que plus récente, est moins connue du public. Visible uniquement dans les galeries, elle est, pour le moment, confidentielle.
Ces deux photographies se rencontrent parfois violemment, par l’intermédiaire de leurs tenants, par des arguments, par des textes critiques et rarement par l’entremise d’œuvres ou de théories.
Tout ceci mène inéluctablement vers, une fois encore, la recherche d’une définition de la photographie et un statut pour le photographe.

Tables ronde II : “La photographie dans ces relations avec les médias”
(Dirigée par Mohamed Elhedef, journaliste et photographe)

Que seront les informations surtout dans leur version papier sans les photographies ? Un article non-illustré parait parfois suspect car les photographes, amateurs ou professionnels, sont omniprésents. Mais ce beau mariage entre la presse et la photo, est parfois houleux. Les scènes de ménages sont de plus en fréquentes au point que l’on est périodiquement au bord de la rupture.
Des photos publiées hors de leur contexte de réalisation, des légendes mensongères, des photographes qui vont jusqu’à manipuler leur œuvres sont devenus monnaie courante.
Tout comme les trains qui arrivent toujours à l’heure et dont personne ne parle et qui deviennent le sujet d’un scandale sans précédent dès que l’un d’eux accuse un léger retard, la photographie remplit, souvent, son rôle à merveille. Ce débat, introduit par une revue de photographies qui ont étonné, choqué ou scandalisé, analysera le chemin que suit une image du photographe au lecteur. Parcours miné, chaotique et souvent dangereux.

Les Nocturnes
Les soirées des Rencontres seront réservées à la photographie, comment peut-il en être autrement, assoiffés que nous sommes d’organiser et vous de regarder. Dans l’immense cour du premier fort, des projections seront organisées afin d’ajouter à la vision, le son d’une musique d’accompagnement ou le commentaire d’un photographe. Jean Claude – alias Père Fourat -, Imed et Donia montreront chaque soir le bêtisier des Rencontres. Cette année, un concours de diaporama permettra au public d’apprécier des programmes réalisés par des photographes qui espèrent décrocher “Le challenge de Ghar El Melh”, trophée qui couronnera la créativité et l’audace.

Atelier de photographie pour enfants et adultes
Les ateliers, comme leur nom l’indique, sont plus un chantier qu’un préparatif. Le résultat ne compte pas plus que le travail y menant. “Le Mur aux images”, “Vie, visage et portrait”, ” Leurs photos…nos légendes”, « album de famille », sont quelque uns des ateliers où les enfants donneront libre cours à leur imagination, fantaisie et innocence. Les photographes invités seront de la partie et emmèneront les enfants par la main vers le monde merveilleux de la photo.

Journal des Rencontres
Le Corsaire écumera les rivages de Ghar El Melh pour la troisième année consécutive. Comptes rendu du déroulement de la manifestation, interviews de photographes, citations à retenir, extraits d’ouvrage à lire, lexique à mémoriser, coup de cœur de poètes, en constituent les rubriques.

Photo académie
L’Académie d’Art de Carthage est un nouvel établissement privé d’enseignement de la photographie en Tunisie. Avec un matériel à la pointe de la technologie, des enseignants expérimentés se feront un plaisir de vous montrer comment utiliser votre appareil photo numérique, réaliser un portrait en studio et exploiter les possibilités de Photoshop. Une équipe constituée d’élèves de cette institution couvrira les moments forts de la journée et projettera ses interviews et ses reportages chaque soir.

Retour sur une œuvre, la photographie de A. Kahia
Quelle autre manifestation pourrait rendre hommage à Abdelhamid Kahia ? Les Rencontres espèrent s’inscrire dans le paysage photographique tunisien en tant que référence à consulter. Un diaporama, réalisé d’après son fabuleux ouvrage “Tunisie” paru en 1964, permettra d’explorer la photographie de Abdelhamid Kahia, un des rares maîtres de la photographie tunisienne.

Après minuit
« Après minuit » est une rencontre, informelle et décontractée sur la plage de Sidi Ali El Mekki, où les interrogations, qui ont toujours accompagné le photographe, seront posées. Qu’est ce qu’une bonne photographie ? Le photographe doit-il chercher à se faire plaisir ou à plaire au public ? Et le marché de l’art ! Faut-il le suivre ou l’ignorer ? Ce sont là quelque unes des interrogations dont aucune réponse n’a fait l’unanimité. Ici et nulle part ailleurs, les digressions sont permises voire souhaitées, la photographie mène à tout et quel meilleur lieu d’évasion que le ciel étoilé de la Tunisie et la plage de Sidi Ali El Mekki ? Les échos des discussions de l’année dernière, qui finissaient au lever du soleil, résonnent encore aujourd’hui. Certains sont allés se coucher d’autres ont eu assez de force pour aller déguster des beignets et commencer une nouvelle journée. Les rencontres, c’est aussi cela : une performance d’endurance physique.

Les animations

26 juin

09h à 12h : Ateliers de photographie pour enfants
“Visite guidée des expositions”
avec Hamideddine
“Le mur aux images” avec Rania
“Vos photos…nos légendes” avec Hajer
“Vie, visage, portraits”
avec Rabaa
16h à 18h : Atelier pour adolescents et adultes
“Photo académie”, avec l’Académie d’Art de Carthage
22h à 00h: Nocturnes.
Les infos (élèves de l’Académie d’Art de Carthage)
“Retour sur une œuvre, la photographie de A. Kahia” de Hamideddine
Diaporamas concourant pour le Challenge de Ghar El Melh
« Le bêtisier de la journée» par : Jean Claude alias Père Fourat, Imed et Donia

Plage de Sidi El Mekki

00h à 02h : « Après minuit », rencontre informelle avec les photographes.

27 juin

09h à 12h : Ateliers de photographie pour enfants
“Visite guidée des expositions”
avec Lilia
“Le mur aux images”avec Rania
“Vos photos…nos légendes”avec Hajer
“Vie, visage, portraits”
avec Rabaa
16h à 18h : Atelier pour adolescents et adultes
“Photo académie”, avec l’Académie d’Art de Carthage
22h à 00h: Nocturnes.
Les infos (élèves de l’Académie d’Art de Carthage)
Diaporamas concourant pour le Challenge de Ghar El Melh
« Le bêtisier de la journée» par : Jean Claude alias Père Fourat, Imed et Donia

Plage de Sidi El Mekki

00h à 02h : « Après minuit », rencontre informelle avec les photographes.

28 juin

09h à 12h : Ateliers de photographie pour enfants
“Visite guidée des expositions”
avec Marianne
“Le mur aux images” avec Rania
“Vos photos…nos légendes” avec Hajer
“Vie, visage, portraits”
avec Rabaa”
« Reporters à GEM” avec Lilia
16h à 18h : Atelier pour adolescents et adultes
“Photo académie”, avec l’Académie d’Art de Carthage
Table ronde I : “Les photographies d’aujourd’hui

22h à 00h: Nocturnes.

Les infos (élèves de l’Académie d’Art de Carthage)
Diaporamas concourant pour le Challenge de Ghar El Melh
« Le bêtisier de la journée» par : Jean Claude alias Père Fourat, Imed et Donia

Plage de Sidi El Mekki

00h à 02h : « Après minuit », rencontre informelle avec les photographes.

29 juin

09h à 12h : Ateliers de photographie pour enfants
“Visite guidée des expositions”
avec Nathalia
“Le mur aux images” avec Rania
“Vos photos…nos légendes” avec Hajer
“Vie, visage, portraits”
avec Rabaa
“Albums de famille” avec Lilia
16h à 18h : Atelier pour adolescents et adultes
“Photo académie”, avec l’Académie d’Art de Carthage
Table ronde II : “La photographie dans ces relations avec les médias”

22h à 00h: Nocturnes.

« Le bêtisier de la journée» par : Jean Claude alias Père Fourat, Imed et Donia
Diaporamas concourant pour le Challenge de Ghar El Melh et remise des prix.
“Retour sur une œuvre, la photographie de A. Kahia” de Hamideddine
Spécial Info (élèves de l’Académie d’Art de Carthage)

Plage de Sidi El Mekki

00h à 02h : « Après minuit », soirée d’adieu.

Programme susceptible de subir des changements

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Une brève histoire du temps (*)

L’année photographique 2008 est sans doute un grand cru. Toute la photographie y est passée ; celle que j’aime et celle que je ne comprends pas. Evidemment dans ce genre de situation on a souvent entendu quelqu’un dire, comme s’il avait trouvé le saint Graal ; « Tous les goûts sont dans la nature ». Oui, certes, mais rappelez-vous que nous sommes dans une galerie d’exposition…et pas dans une forêt vierge ni en plein désert. On ne peut pas, sous couvert de cette citation, tout accrocher, tout montrer. Après avoir cherché la quantité il est temps de trouver la qualité. Dernièrement, j’ai longuement discuté avec Jacques Pérez, fin connaisseur de l’art photographique, à propos de la situation de la photographie en Tunisie. Pour lui, la qualité pourrait se perdre dans la quantité et je trouve qu’il a en partie raison.

Le label : « Exposition Photo »
Qui est responsable de l’aspect du paysage photographique tunisien ? D’abord les photographes, sans eux point de photographies. Puis les curateurs, ceux qui sont tenus de filtrer, de choisir, de sélectionner, d’encourager, de demander à certains postulants de travailler davantage ou d’abandonner. N’importe qui ne peut pas devenir photographe. “Le hasard n’y est pour rien si le photographe devient photographe, pas plus si le dompteur de lion devient dompteur de lion.” disait Dorothea Lange. Les galeristes et les commissaires d’exposition décident de ce qui est digne d’intérêt, novateur, avant-gardiste, maquant, de ce qui ne l’est pas. Ce qui ne l’est pas, pourquoi l’exposer ?
Puis vient le rôle du critique. J’ai déjà évoqué sa responsabilité. Un critique, à mon avis, se doit d’être le plus objectif possible, de choisir avec une attention particulière les mots qu’il utilise. « Une bonne photo », « une belle exposition », « un chef d’œuvre », « un grand photographe », « un maître »…sont des qualificatifs à utiliser avec parcimonie. J’ai toujours en tête les droits que l’on récite à un prévenu lors de son arrestation : « Tout ce que vous dites peut être tenu contre Vous ». les mots du critique sont repris, insérés dans des revues de presse et pris en considération par le photographe lui-même. Cela pourrait conditionner sa pratique, le mettre sur la bonne voie ou lui faire donner la grosse tête !

Vous avez dit trop court ?
Après « Un garçon et une fille » de Aïcha Ben Mustapha et Tarak Khalladi, Mach nous convie à une exposition d’une toute autre nature. Voir ces deux expositions, l’une à la suite de l’autre vous donne une idée de ce dont la photographie est capable de faire, de produire et de susciter. Revenons à la première. Pour une fois on me remarque que je n’ai pas assez parlé, je vais alors m’en donner à cœur joie.
Je disais dans ma dernière chronique ; « Le thème et la logique de l’exposition sont inédits. Je trouve que la réflexion à propos des genres, de la féminité, de la virilité…bref ce qui se trame dans notre tête par rapport à ce qui bouillonne dans notre corps n’a été que survolé ». J’ajoute que si nous prenons la série d’images de la femme au corsage…l’idée que la femme dans le jeu périlleux de la séduction et de l’érotisme – tantôt forteresse inexpugnable et tantôt victime (!) consentante – est exacte. Dans cette exposition, toute en mise en scène, le visiteur en sort avec un petit malaise. Certaines photographies sont difficiles à voir ; elle vous répugne. Dois-je parler en mon nom ? Oui elles m’ont choquées, que cherche-t-on a dire ou à nous faire sentir en exposant un personnage nu, maculé et outragé ? Il se peut que je n’aie rien compris ! Cela contraste avec ce que le titre connote, et dénote, ainsi qu’avec l’aspect de l’invitation qui inspire la sympathie. On s’attend à voir des images de la spécificité de chacun des genres, on se retrouve devant une triste confusion. Je considère que tout cela est assimilable à de la théâtralité et s’éloigne un peu du photographique. Qu’est ce que le photographique ?
Le photographique
ne peut être décrit préalablement, il se constate, se sent et se voit. Tout comme la lecture d’une recette de cuisine qui ne vous donne, évidement pas, le goût du plat préparé, le photographique se juge sur pièce. Cette exposition nous a servi des plats piquants, certains sont amers et quelques-uns aux goûts aigres et insipides.

Place aux seniors
A l’Aire Libre d’El Teatro, deux expositions aux prix d’une. Manfred Ehrich et Claude Perez se sont donné rendez-vous pour nous faire partager leur passion d’images. Une grande exposition par le nombre d’œuvres exposées, plus d’une centaine de photographies !!! C’est un peu trop pour nos yeux.
Manfred Ehrich, photographe connu en Allemagne pour son habilité technique, nous propose sa vision de la vie à travers des montages photographiques. Oniriques et mûrement construits, ses photographies ambitionnent de nous plonger dans un monde de chimères, le sien. Ces visions, conçues dans son esprit et cristallisées au laboratoire sous l’agrandisseur, nous transportent loin du bruit de la ville et de son actualité en nous renvoyant aux contes de notre enfance. Fées enchanteresses et sorcières maléfiques agissent sur les belles princesses et les courageux chevaliers. A chacun de mettre ces illustrations dans l’ordre qui lui convient. L’habilité technique mise au profit de l’imagination produit une œuvre esthétique…mais reproductible. Pas de duplicata pour les chefs-d’œuvre.
Je trouve que Claude Perez est un grand portraitiste. J’évoquerai uniquement cette partie de l’exposition, qui me paraît de loin la plus intéressante, car les autres thèmes traités sont moins intenses. Les personnalités qu’il a côtoyées sont des grands acteurs de l’histoire récente, et leur aura dépasse les limites du cadre dans lequel il les a conservées. Se voir prêter quelques minutes de la vie d’un homme d’état, d’un acteur de renom ou d’un architecte reconnu est un privilège que le photographe se doit de restituer à sa manière. Le portrait c’est la vie…et c’est pour cette raison que je trouve qu’il est le thème le plus difficile à aborder.

Une affaire de temps
Oui tout est affaire de temps. Le temps de faire sous l’agrandisseur, le temps d’étudier une personne que l’on va portraiturer, le temps de sentir un moment puis de le photographier ou de le photographier en le vivant… Tous ces sublimes moments sont révélateurs du plaisir ressentis. Avec le numérique, des étapes, celle du laboratoire puis la lecture des planches contact furent enjambées avec nonchalance puis éliminées avec dédain. Elles ne furent pas remplacées par une nécessaire lecture et autocritique de ce que l’on photographie. Quoiqu’en dise le temps de faire est, d’abord pour le photographe puis pour le spectateur, une durée à savourer et non une corvée, un instant de jouissance à vivre et non à déléguer à la dernière version d’un logiciel qui n’a jamais été conçu pour cette raison.

Quand je regarde une photographie, si je ne suis pas éclaboussé par la transpiration du photographe, sué dans l’exercice de sa passion, alors elle ne vaut pas la peine d’être contemplée.

Hamideddine bouali
21 mai 2OO8

(*) « Une brève histoire du temps » ouvrage de Stephen Hawkins, un des plus grands savants de notre temps, pourtant handicapé physiquement et ne communiquant avec le monde qu’à travers un ordinateur.

Demain, sur ce blog…
Affiche et programme des 6e rencontres Internationales de la Photographie de Ghar El Melh

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As announced below, the Photo exposition gathering Manfred Ehrich & Claude Perez took start yesterday in El Teatro in the fever of the year of photo and I got you one word: Go there! have a look a splenedid set of works, amazing discoveryt of a ripped off art and magic:

- Manfred Ehrich works are a set of black and white composed in a dark room giving birth to harmonious shapes.

- Claude Perez is about photojournalism or documentary photo: a set of very old and rare takes all over the country with Jewish signature from Djerba, the best three photos he got were black and white portrait of the former president Bourguiba as my friend commented: “The godfather” that’s how they looked like.

The hall is fulled with more than 200 photos (350 TND each) and the photographers themselves are there, such rare opportunity is worth some walk downtown, don’t miss this exhibit.





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Challenge

 

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Challenge

Some Beizig Sami had the great idea of launching a photo contest on the theme Facebook Tunisia, in black and white.

The winning photo will be collected to be the most votes, evidenced by the following comment “Vote Tunisia.”

55 participants and particpations are already closed.
Not bad for interest on the part of “facebookeurs.” The theme is not original but is the approach is!

For once you invited me on Facebook event really interesting I could not pass up the opportunity to talk about it.

Via [Pink Lemon]

I don’t really like Facebook that much but I really like the idea of challenges about photography.

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eikzilla has added a photo to the pool:

little oasis near ksar hallouf

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