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Exposer n’est pas (nécessairement) festoyer

Chronique des chroniques
Il parait que j’en fait trop ! On me l’a fait vaguement savoir. Puis on me l’a dit parce que je ne l’ai pas compris du premier coup. Quand je me mets à travailler j’oublie le passage des jours, si je veille tard j’enjambe des minuits de suite, suivis d’une très grasse matinée. Dans mes écrits les superlatifs se suivent et se rattrapent. Si j’aime, je couve puis j’étouffe, mais ici qui peut le plus ne peut pas forcément être capable du moins, parce que je ne sais pas haïr. Je parle sans ponctuation et celui qui m’écoute risque de se demander : “où veut-il en venir ?”. Outrance en tout, au point que de mes paroles on retient moins la substance que la forme. Alors que faire ? Revoir ma façon de vivre, d’écrire, de parler ? ou bien garder tout en place et dire tout haut :”Cette outrance c’est moi, ce que je suis, ce que je fais et je n’y peux rien ?” .

Le 25 avril remise du prix littéraire Le Comar d’Or. Safi, mon frère jumeau, présentait son livre (1). En deux mots et un chiffre cela parle de la navette spatiale, de Palestine et du chiffre 17 (j’ai tenu parole). Le lendemain ce blog enregistra le 17000e visiteur. Si
je vous dis que Safi et moi avons commencé nos entreprises– lui son roman et moi mon blog – sans nous concerter en juin 2006 il y a de quoi s’interroger sur la numérologie.
Dommage que le jury a raté une occasion de reconnaitre un premier grand anti-roman, il méritait un prix spécial, celui que l’on remet à une œuvre qui transgresse les conventions. Peut-être que Safi a trop désobéi, il aurait dû attendre 2023 !
Le toujours présent Jacques Pochart – qui m’écrit et réagit à chaque texte – trouve qu’il fallait oser…parler de Marilyn (2) et ce malgré tout ce qui a été dit à son sujet, d
’autre part il félicite lui aussi Jenaina pour sa rédaction (3) et espère que les jeunes de Palestine et d’Israël aient comme elle de la clairvoyance, qualité qui manque aux adultes.

La jetée. Photographie Hamideddine Bouali
Rade de Marseille depuis Le Carthage le 31 octobre 2008

Alerte
Je reçois quotidiennement des dizaines d’alertes Google. Je vous conseille de faire de même : demander à Google de vous envoyer toutes les fois que cela parait dans le web un mot que vous aurez choisi. “Photographie” peut très bien vous être signalé quand on annonce un concours, une exposition, un nouvel appareil ou la parution d’un livre. Mais il se peut que vous receviez un mail intitulé : “Cette étude est une photographie objective du chômage en France” !
Une alerte-Google est venue perturber ma journée. Sur le site Rue89, Louis Mesplé signe un texte intitulé «A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris ». L’auteur s’insurge contre l’exposition « Controverses » qui se tient en ce moment à Paris en ces termes : « Vous êtes aujourd’hui accrochée ( l’auteur parle de la photo de Masha Bruskina pendue par les nazis en 1941) au milieu d’un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d’une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d’un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l’horreur : une victime d’un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d’Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d’un vautour, les prisonniers d’Abou Ghraib, des fusillés, des décapités… ».
En fin d’article l’auteur évoque les derniers instants de la suppliciée et les compare à ce qu’il ressent à la sortie de l’exposition :
« Des témoins qui vous ont connue parlent d’une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j’emploierai pour définir cette exposition ».

Controverses est une exposition sur la mort
J’ai maintes fois évoqué le cas des photographies scandaleuses et je m’interroge toujours autant sur les circonstances de leur réalisation que sur la manière de les exposer…parce qu’il faut finir par les montrer un jour ou l’autre. Depuis l’organisation de l’exposition Controverses l’année dernière à Lausanne et sa reprise maintenant à Paris on peut dire qu’elle a fait couler beaucoup d’encre (4) mais rarement comme l’a fait Mesplé.
Le problème n’est pas ici l’exposition de la photographie de Masha suppliciée mais le fait qu’elle le soit à proximité d’autres moins funestes et surtout dénué du caractère documentaire considéré par l’auteur comme étant prioritaire.
« Controverses » ressemble à toute salle d’attente. Les photographies exposées se parlent comme des inconnues n’ayant de points communs que cet instant particulier où leurs rendez-vous se sont chevauchés. Après, qui sait si elles se reverront un jour. Devons-nous leur demander de sympathiser ou de se ressembler ? La comparaison vous semble exagérée ? Une exposition-compilation est à l’image de toute manifestation collective. Lisez le synopsis des films concourants pour la Palme d’Or de Cannes, ou le résumé des romans en lice pour le Comar d’Or, et vous serez étonnés par la diversité des sujets traités.
A Cannes le vrai faux documentaire (Moore), l’amourette à l’eau de rose, le film français de service, la superproduction Hollywoodienne, le film bouleversant à ne pas manquer, le film à scandale et quelques spécimens du cinéma – toujours inattendus – d’Extrême Orient…beaux et surtout disparates plateau. Pourquoi ne crie-t-on pas au scandale ? Parce qu’à « Controverses » c’est la mort qui rode à chaque recoin. Pendus, engloutis, égorgés, torturés à mort, faux suicidé, crevés de faim, accidentés, beautés passée, anciennes gloire…La mort lui arrive souvent de se déguiser. Relisez Allan Edgar Poe.
Quel beau lieu pour exposer des images à lire, à feuilleter, à parcourir, à marquer, à mettre à l’index, à ranger, à jeter, à relire, à prêter, à dédicacer que les étagères de livres Car après avoir investi le Musée de Lausanne, cette exposition trouve idéalement sa place à la Bibliothèque Richelieu à Paris. L’ajout du sous-titre « Photographies à histoires » fut intelligent. Les forums de discussion on été pris d’assaut pour crier au scandale : Pourquoi exposer des photos macabres, des images dégoutantes, des vues insupportables, des œuvres scandaleuses ? Oui pourquoi ? Parce que l’on confond montrer et fêter. Tout comme lire un texte dans un livre, regarder une image dans une galerie d’exposition n’est pas toujours heureux.

Exposer n’est pas festoyer
Certes être invité, se voir servir un cocktail, se soumettre à des éclats de flash, saluer les uns, embrasser les autres ressemble à une kermesse. Si un vernissage a certes un coté festif, il n’en demeure pas moins que disposer des photographies dans un espace n’a rien de ludique. Qu’est ce qu’une exposition ? pourquoi montrer ? à qui ?
Un photographe expose pour clore un travail, il semble dire : « voilà ce que j’ai vu, comment j’ai vu ou pourquoi j’ai vu ». j’ai posé la question lors de la dernière exposition chez Mach (lisez Mahmoud Chelbi responsable de l’espace d’exposition l’Aire libre d’El Teatro), Mohamed Ali Belkhadhi répond par un long silence plus qu’éloquent, Omar Ghdammsi qui expose bientôt affirme : « pour s’exposer », Mahmoud Chalbi : « pour exploser »….ceci est du côté des exposants, mais que pensent ceux qui visitent, ceux qui achètent, ceux qui critiquent ? Vaste débat qui ne peut être complet sans la principale, la première, la plus importante : c’est quoi un artiste ?
Quelque jours plus tard on me fit l’honneur de me nommer membre du jury du Grand Prix de la Ville de Tunis des Arts Plastique. J’ai regardé des peintures, tournoyé autour de sculptures, vu mon reflet dans des céramiques et lu des photographies. En mon âme et conscience j’ai voté.
Encore une fois je ne comprends pas comment des photographies peuvent-elles porter l’étiquette « Art Plastique ». je sais qu’encore une fois on va me taxer de réactionnaire, je m’expliquerai la prochaine fois, sinon ce texte s’étirera davantage et on dira encore que j’en fais trop.
Le lendemain, le presque tout Tunis était là pour la cérémonie de remise des prix. Dans la grande foule des gens qui montaient et redescendaient l’escalier, les visiteurs qui passaient et repassaient de salles en salles et les groupes qui s’agglutinaient autour des amuse-gueules (cela s’appelle comme ça) quelqu’un à crié : « Il y a trop d’artistes !!! ». Allez savoir s’il confond l’affluence du public avec les membres de l’union des plasticiens tunisiens ou s’il parlait du nombre d’œuvres accrochées…j’aurais dû le lui demandé ? Non je connais la réponse, valable ici comme ailleurs.
Aujourd’hui comme jadis trop de gens se croient artiste, quelques uns vont jusqu’à se présenter ainsi. Je pense qu’artiste n’est ni une fonction ni une situation mais le sommet d’une échelle de valeurs. Artiste ; cela veut dire individu hypersensible excellant dans un domaine artistique et donnant des émotions à vivre. Si on peut affirmer qu’une œuvre est artistique, seule la postérité décide qui a mérité de porter le titre d’artiste .
Sans « Controverses » et le texte de Mesplé, je n’aurais pas connu Masha et appris les circonstances de sa mort. Mais d’autres part à l’instant où je suis attristé par le sort de cette combattante pour la liberté je me désole pour le nombre incalculable de victimes sans noms ni visages qu’on enterre à la nuit tombée. Nous sommes encore loin du jour où en dira qu’on en a assez de ces photographies !!! Il y aura toujours des écrits pour dénoncer et des expositions pour montrer – avec ce qu’il faut comme accompagnement pédagogique – ce que l’homme est capable de commettre de plus vil.
Arrêtez de faire la guerre et il n y aura plus de photos de guerre !!! L’équation est simple.

Hamideddine Bouali
26 avril 2009

(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html

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Ici repose Marilyn Monroe 97-62-92*

Osons !

Outrance – allant parfois à l’outrage – c’est peut-être le titre qui convient le mieux à notre chronique d’aujourd’hui. Marilyn fut outrageusement photographiée et démesurément exhibée et on alla jusqu’à publier son portrait post mortem, je vous conseille de ne pas le voir. On ne cessa depuis sa disparition de publier sa biographie autorisée ou romancée. De son vivant certains l’avait trouvée une simple vision qui s’estompera d’elle-même avec sa vie, d’autres y décelèrent une personnalité déroutante que personne n’a comprise ni essaya de comprendre. Presque tout avait été dit à son sujet et elle semble avoir usé tous les photographes qui ont cru la capturer.
Je ne pourrai pas photographier Marilyn mais je tenterai un portrait écrit…dommage…pour elle.

Marilyn par Henri Cartier Bresson 1962

Monroe fut une sublime tragédienne qui n’avait pas raté sa sortie. Imaginez-vous une Marilyn âgée de 83 ans, tout comme un James Dean grand père ou un Gérard Philippe doyen des acteurs ? Évidemment, c’est facile d’affirmer cela après que ces stars eurent brillé au fermement puis ont dramatiquement disparu. Leur mort subite avait tout de suite transformé en mythe absolu leur circonstancielle célébrité. C’était le prix à payer.

Marilyn par Bruce Davidson 1962 (photo 6)

Séances
Le jour du tournage de la scène de Sept ans de réflexion, où Marilyn se pavane sur une bouche d’aération, un chroniqueur avait remarqué que : « Si Manhattan était envahi par les Soviétiques personne ne s’en rendrait compte », tant il y avait foule sur le set de tournage. Son époux Joe Dimaggio cloitré, à quelques pâtés de maison dans sa chambre d’hôtel, était fou de rage.

Marilyn Monroe pendant la réalisation de l’image de l’affiche Sept ans de réflexion. Photo DR 1955

Marilyn par Phillipe Halsmann 1955 (photo 5)

Au retour elle se fait sérieusement réprimander et la décision fut prise qu’il valait mieux se séparer. Pourtant selon son Fan club, Marilyn aurait offert en guise de cadeau de noces à son époux une photo d’elle nue réalisée par Kelley Tom, il savait donc à quoi s’en tenir !!! Épouser une femme aussi fascinante n’était pas de tout repos !!! Le constat aurait était le même s’il s’agissait de l’épouse de Marlon Brando, de Brat Pitt ou de Paul Newman.

Marilyn par Inge Morath.1962 (photo 2)

En épousant un champion adulé puis un écrivain célèbre tout en étant (!) l’amie intime d’hommes politiques ; elle ne fit que concrétiser les rêves de la moitié de l’humanité. Chaque femme ne rêve-t-elle pas de vivre avec un homme riche, intelligent et puissant ?…dans l’impossibilité de trouver ces qualités réunies chez un seul homme (!), Marilyn comprit ce qu’il lui restait à faire. Avec un sublime corps, un sex-appeal sans pareil et un air de fashion-victim inimitable elle incarna les phantasmes de l’autre moitié de l’humanité. Cela ne pouvait pas continuer ; porter sur ses frêles épaules une aussi grande responsabilité. Deux ouvrages (**) qui lui on été récemment consacrés portant le même titre – l’un au singulier l’autre au pluriel – pourraient résumer la singularité de sa vie. Elle vécut entre deux séances ; la photographique et la psychanalytique. Elle se donnait à l’une comme à l’autre sans compter, le divan du psy s’utilisait aussi par le photographe pour la commodité de la pose.

Marilyn par (et avec) Eve Arnold.1962 (photo 1)

Marilyn Monroe, vie et mort d’une image
Est-ce un pléonasme d’affirmer que la plus grande star du cinéma américain que fut Marilyn Monroe a été l’actrice la plus portraiturée ? Je suis tenté d’entreprendre une étude sur la manière dont elle avait été vue. Elle pourrait être la seule personne à être photographiée à la fois par Henri Cartier-Bresson (***), Eliott Erwitt, Inge Morath, Philippe Halsman, Eve Arnold, Bruce Davidson, Richard Avedon, Cornell Capa, Sam Shaw, Bert Stern, Kashio Aoki, George Barris, Alfred Eisenstaedt, Milton Green, Allan Grant…Avec elle comme postulat, le portrait comme constance et les manières de la photographier comme inconnues…il y a là de quoi batir une théorie.

Marilyn par Burt Glinn 1962 (photo 4)

Si Eve Arnold a réussi à dénicher la femme en Marilyn,(photo 1), Inge Morath (qui rencontra Arthur Miller l’ex-mari de Marilyn sur le tournage des Misfits et l’épousa plus tard ) est allée à la rencontre de l’enfant qui s’y cache (photo 2), Cartier-Bresson dans une photo d’une rare virilité a résumé son irrésistible magnétisme (photo 3). Burt Glinn dans une photographie prise à la dérobée, sans l’artifice des accessoires ni l’éclairage travaillé de studio, montre une Marilyn époustouflante de charisme (photo 4). Halsman reprend à sa manière le thème de la robe au vent (photo 5)! Alors que Bruce Davidson en une seule photo a tout dit à propos de sa popularité (photo 6). Voilà donc une problématique toute prête pour les étudiants en Beaux-Arts en mal de sujets de thèse.

Marilyn par Henri Cartier Bresson 1962 (photo 3)

D’autres photographes, aussi bien amateurs que professionnels se sont bousculés pour avoir le plaisir de la photographier. Pendant sa courte existence elle fut l’incarnation d’une image. On peut voir sur le net des milliers de photographies de Marilyn Monroe mais je trouve que celle qui résume le mieux sa célébrité, et non sa personnalité réelle, fut réalisée paradoxalement par un graphiste de Life. De son vivant déjà, Marilyn a fait la couverture de plus de 1500 magazines de par le monde. Pour le soixantième anniversaire de ce magazine paru en octobre 1996, Rob Silvers reproduit le portrait de Marilyn en usant de quatre cents couvertures. Marilyn qui semblait nue, même quant elle était vêtue, fut de cette manière habillée par Rob Silvers. C’est l’image qu’on a voulu donner d’elle ; un revêtement, un emballage, un décor de western. Mais elle…elle demeure une énigme, faussant compagnie à toute tentative d’explication.

Marilyn par Rob Silvers pour les 60 ans du magazine Life. Octobre 1996


Les photographies faites de Marilyn Monroe ne sont pas à proprement parler des portraits. Ce sont des “Photographies de Marilyn” alors qu’elles prétendaient être des “Marilyn Photographiée”. Warhol, Halsman et tant d’autres, peut-être fascinés par l’extrême beauté plastique de leur modèle n’ont fait que passer à côté de leur sujet, Life ne faisant que pousser cette logique de l’incompréhension à son comble. Comme une photographie, Marilyn paraissait sans épaisseur alors qu’elle cachait une complexité inaccessible. Bien qu’intégralement exhibée elle ne manqua pas de mystère. Tout comme une image, elle suscite encore passions et tentatives d’explications.

Marilyn par Cornell Capa 1962

Les dernières séances
Jamais la notion de “Projet photographique” n’aura une signification aussi puissante que ce jour de juin 1962 à l’hôtel Bel-Air de Los Angeles. Un face à face entre le photographe Bert Stern et Marilyn Monroe. Rendez-vous pris dans l’intention manifeste de dresser
“Un Portrait définitif” de la star. Imaginez la scène, une chambre d’hôtel, tout ce qu’il y a de plus anonyme et de banal, la plus adulée des actrices de cinéma, avec quelques accessoires et un photographe. Lors de cette gargantuesque séance de prise de vue, 2568 clichés en noir et blanc, 372 en couleurs furent réalisés. Cela fait exactement 245 rouleaux de 12 poses. Les chargements et déchargements de l’appareil sont en soit une performance. Le reportage commandité par la revue Vogue était sous presse “, selon la formule consacrée, quand les agences de presse rapportèrent la nouvelle : Marilyn Monroe s’est suicidée. De cette ultime séance, testament en images d’une existence outrageusement vecue sous les projecteurs, il ne subsistera qu’un ouvrage intitulé tout simplement “Marilyn Monroe”; un album de quatre cents soixante quatre pages illustrées de deux cents soixante photographies et, fait rarissime, de cent quarante planches contact…et les souvenirs de Bert Stern. Bert Stern a voulu faire le remake de cette dernière séance 46 ans plus tard, pour le New York Magazine, en compagnie de l’actrice américaine Lindsay Lohan dont le parcours chaotique lui a semblé rappeler celui de Marilyn. Mais comme toujours les copies sont toujours peu ressemblantes avec l’original.
L’écrivain américain, Truman Capote, avait rapporté cette incroyable histoire à propos de Marilyn : « un jour qu’il l’avait vue assise pendant des heures devant son reflet. Il lui avait demandé ce qu’elle faisait, et elle avait répondu : «Je la regarde»».

Marilyn par un photographe anonyme, date inconnue. Photo DR

Effectivement, seule Marilyn Monroe pouvait voir de près Norma Jeane Mortenson (son vrai nom), néanmoins le personnage – fait de paillettes, de secrets et de paraitre – avait trop collé à sa peau, a vouloir l’arracher elle s’écorcha vive !!! Quoi qu’il en soit il y avait eu meurtre ce soir -là du 2 juin 1962 à Beverley Hills…Norma ôta la vie à Marilyn, ou l’inverse… victime du syndrome de Dorian Gray.

Hamideddine Bouali
29 mars 2009

(*) En 1955, Marilyn suggéra que son épitaphe fût : « Ici repose Marilyn Monroe, 97-62-92 », comme si elle était consciente que le mythe qu’elle fût n’avait pas besoin d’état civil mais de ce qui lui a valu sa notoriété et ce que l’on retiendra d’elle…ses mensurations !!!
(**)« Marylin. Dernières séances » de Michel Schneider (Gallimard – Folio 2008) et « La Dernière séance » de Bert Stern (Gallimard 2006).

(***) Les membres les plus prestigieux de l’agence Magnum se sont déplacés sur le set du film The Misfits : Neuf grands photographes – Eve Arnold, Cornell Capa, Henri Cartier Bresson, Bruce Davidson, Elliott Erwitt, Erich Hartmann, Ernst Haas, Inge Morath et Dennis Stock – furent ainsi les témoins privilégiés d’un film en train de se faire.
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L’heure est venue


Chronique des chroniques
L’année dernière à cette même époque certain m’ont collé le sobriquet de Mouchakes qui voudrait dire à peu de chose près pamphlétaire ou polémiste, aujourd’hui on m’affuble d’un autre. Celui de vouloir détenir «le beau rôle». Cette étiquette m’a été assigné à la suite de la publication de la Chronique de circonstance et plus précisément à ce cris en fin d’article : « je vous es prévenu » à propos de l’urgence de prendre soin des archives photographiques. Je n’ai jamais eu envie de m’attribuer le beau rôle, mais force est de constater que dans chaque domaine il faut des rôles principaux, des jeunes premiers, des figurants de passage, des contres-emplois, des guest-star et l’incontournable arlequin…chacun se trouvant malgré-lui (!) dans la peau d’un personnage de ce monde de la photographie.

Ballade photographique
Le samedi 21 mars j’ai parcouru pendant trois heures et demi – de 12h49’ à 16h23’ selon mes fichiers images – des places, des centres commerciaux et des avenues de Tunis. J’ai déclenché une centaine de fois, sans voir sur l’écran du Nikon D 200 ce que je venais de photographier. Arrivée chez-moi, j’ai pu tout de suite revoir ma journée en notant au passage tout ce que je devais retenir ; les bonnes prises, les vues sans intérêt et les fautes à ne plus commettre. J’ai pu ainsi concilier quelques avantages de la technologie numérique et la magique sensation de suspense propre à l’argentique. Un constat d’une grande importance m’a sauté aux yeux…je continu à voir et donc à photographier en monochrome. J’attends vos critiques (qui seront bien entendu reprises dans la prochaine chronique)…
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Histoires de femmes à Bab Souika, 21 mars 2009 à 12h55. Photo Hamideddine Bouali
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Coupoles à el Hafsia. 21 mars 2009-13h03. Photographie Hamideddine Bouali
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Chemins de vie à Bab Saadoun. 21 mars 2009-13h26′. Photographie Hamideddine Bouali
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Cathédrale de béton à Bab Saadoun. 21 mars 2009-13h35′. Photographie Hamideddine Bouali
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Parcours culturel à la Médina. 21 mars 2009-14h02′. Photographie Hamideddine Bouali
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Histoires de civilisations à la Mosquée Zitouna. 21 mars 2009-14h27′. Photographie Hamideddine Bouali
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Les habitués du souk de Tunis. 21 mars 2009-14h32′.Photographie Hamideddine Bouali
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Pause sur l’escalier mécanique de Tunis center, 21 mars 2009-14h57′.Photographie Hamideddine Bouali
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Evénement exceptionnel à ne pas rater
Dans moins d’une semaine, le mercredi prochain à exactement 10h 42’ heure GMT, (attention la Tunisie n’as plus d’heure légale conforme avec celle de l’Europe, donc c’est bien 09h 42 heure tunisienne), le satellite « WorldView-2 » sera au-dessus de Tunis pour réaliser une photographie qui servira dix jours plus tard à occuper l’ancienne de Earth Google devenue obsolète. J’ai pu trouver il y a cinq ans sur internet le calendrier des prises de vues du satellite et j’ai cru me faire photographier du fait même que j’ai pris position à l’instant précis où le satellite pointait son objectif vers moi. La résolution utilisée à l’époque trop faible ne permettait pas une identification précise et j’étais réduis à un minuscule point. Un pixel correspondait à 1,8 mètre et je n’étais pas de taille à y figurer !!!
J’ai vu sur Flickr, que beaucoup de photographes ont utilisé cette information pour réaliser des performances exceptionnelles. Un australien a invité tous les habitants du village où il habitait à s’étendre par terre et à ce tenir la main, une ribambelle faite de deux cents cinquante personnes fut ainsi réalisé. En Bolivie, un instituteur à la retraite a allumé des lampes en forme de cœur, image visible uniquement la nuit. Une canadienne dont la maison était à cheval sur deux prises de vues satellites différentes avait peint sa demeure en deux coloris ! La prochaine fois je vous livrerais la liste des cordonnées de toutes ces images. Alors vous savez ce qui vous reste à faire.
Le nouveau satellite possède une résolution bien supérieure ; allant jusqu’à 0,15 mètres. Avec une telle précision il est possible de se faire portraiturer. Évidement le mieux serait de s’étendre sur le dos et de se faire photographier ainsi. Imaginez ce que cela donnera une fois le fichier mis en ligne ? Votre meilleur portrait réalisé avec l’appareil le plus précis, le plus lointain et qui sera probablement celui le plus vu !!! Occasion à ne pas rater car la prochaine fois sera dans 3 ans…d’ici là qui sait ce qui arrivera.
Pour ma part je serais, ce jour là, au jardin Habib Thameur, car c’est un espace facile à localiser, puis c’est d’après les statistiques de Statgooglearth Co. la société qui gère Earth Google, le lieu à Tunis sur le quel on a le plus zoomé. Encore une fois l’écologie qui est à la mode.

Hamideddine Bouali
25 mars 2009

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aymen hs posted a photo:

green feuilles leaves

taken within a Flower Parc located in Vincennes,Paris/France

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aymen hs posted a photo:

mosaic wall

a mosaic wall located in a Flower Parc located in Vincennes,Paris/France

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La nuit du chasseur

Chronique des chroniques
En participant à un forum à propos de la guerre de Gaza(1) – proposant la petite chronique intitulée « La gestion des conflits expliquée à ma fille » – j’ai été étonné de trouver deux jours plus tard que certains se sont ingéniés à expliquer eux aussi à leurs enfants la guerre. Cependant les éclaircissements donnés ne faisaient que perdurer l’incompréhension, puisqu’ils leurs transmettaient, à chaque fois, leur version des faits ; unilatérale et partisane. Pourtant la photographie qui illustrait la chronique était assez explicite !!! C’est selon les explications que les parents donnaient à leurs enfants qui prédisposeraient ces minuscules doigts à appuyer plus tard sur la gâchette d’une arme à feu ou à jouer du piano ! Il se peut qu’encore une fois je me bats contre des moulins à vent…

Je ne suis pas fait pour parler de politique ou d’actualité, essayons le cinéma !
Il existe des œuvres qui transforment ceux qui les touchent et nous ambitionnons tous d’en réaliser. Dans mon cas la lecture de L’étranger d’Albert Camus et Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, l’écoute de La Chevauchée de la Valkyrie de Richard Wagner, Les lumières de la ville de Charlie Chaplin, Apocalypse now de Coppola, West side story de Robert Wise, l’exposition de photographie “Ansel Adams: Photographs of the American West” (2)…ont grandement contribué à produire ce que je suis aujourd’hui.

Tous le monde m’en a parlé
Le pays de la photo et celui du cinéma ont une frontière commune. Le cinématographe est une conséquence des recherches de l’américain Muybridge et du français Marey dans la chronophotographie. La dynastie des Lumière – le père Antoine et les fils Louis et Auguste – a inventé le cinéma en 1889 et le premier procédé viable de la photographie en couleur – l’Autochrome – en 1909. Le premier Leica (diminutif de LEItz CAmera) fut bâti par Oscar Barnack en 1914 autour du film 35 mm utilisé alors au cinéma et auquel on adjoignit le 1 pour le différencier, le format 135 (24 X 36mm) était né.
Leur manière de voir aussi a quelque chose de commun. Wim Wenders cinéaste expose souvent des photographies. Paul Strand apprend le cinéma avec Cartier Bresson qui fut, entre autre, adjoint de Renoir sur le film La Règle du jeu et réalisateur du Retour sur la libération des camps de concentration. Raymond Depardon, Robert Franck, Gordon Parks…sont d’autres exemples emblématiques de ce voisinage du cinéma et de la photographie.
Les photographes sont souvent des cinéphiles avertis et leur filmographie préférée n’est pas sans influence sur leur pratique. En outre, les images mentales que tout photographe rêve de réaliser ne sont-elles pas puisées dans les films qu’il regarde ?
Depuis longtemps, on me parlait du film de Charles Laughton La Nuit du chasseur comme étant le chef d’œuvre absolu du cinéma. Inclassable, étrange, envoûtant, sans pareil, sont les qualificatifs les plus souvent entendus. Je me suis procuré le film et je l’ai laissé de coté. Dans ce genre de situation la précipitation risque de ne pas rendre service.
Hier, j’ai décidé de le visionner. Il sera difficile de vous livrer mes impressions à propos de ce film sans raconter son histoire. Allez ! On va jouer un jeu…je ferai l’animateur de Ciné-club. Ceux qui n’ont pas vu La Nuit du chasseur auparavant et qui le verront grâce à ce texte m’informeront par retour de courriel. Les autres, ceux qui l’ont vu, et qui trouveront ma lecture conforme à leurs appréciations, ou pas, auront l’amabilité de me le faire – aussi – savoir…une carrière de critique cinéma me tente énormément.

Un film très noir…et blanc
Qu’est ce qu’un film noir ? La meilleure définition pourrait être cette réplique tirée du film Assurance sur la mort : « Oui, je l’ai tué pour le fric et pour la femme. Je n’ai pas eu le fric et je n’ai pas eu le femme. C’est réussi, non ? ».
Réalisé en 1955 par Charles Laughton, La Nuit du chasseur, tient l’affiche en même temps que Sourires d’une nuit d’été d’Ingmar Bergman. Cette année-là fut la dernière de James Dean et celle où Marilyn Monroe devient un sex-symbol. En effet, l’affiche de Sept Ans de réflexion (j’en parlerai la prochaine fois) sur laquelle on voyait sa jupe se soulever au-dessus d’une bouche d’aération fut retirée par les ligues de vertu de New-York et provoqua – le soir même du tournage de la scène – son divorce avec Joe Di Maggio.
Cette année était ainsi mise sous le sceau du cinéma, d’autant plus que Marly de Delbert Mann remporta à la fois la Palme d’or de Cannes et quatre Oscar à Hollywood dont celui du meilleur film. Cette unanimité dans le septième art cache une fissure dans le monde, la guerre froide gèle la diplomatie et le mot dissuasion fit une entrée fracassante dans le langage courant.
A mi-parcours, on se rend compte que Victor Hugo s’est trompé en prédisant que le XXe siècle sera heureux ; deux guerres mondiales meurtrières, une crise économique sans précédent, des pandémies ravageuses accablèrent l’humanité. Mais heureusement le cinéma est là. Charlie Chaplin tourne en dérision les dictateurs. Stanley Kubrick s’insurge contre les guerres et réalise Les Sentiers de la gloire. Le vieil homme et la mer de John Sturges adapté d’une nouvelle d’Ernest Hemingway est un sublime hymne à la nature…humaine. Bref on se réfugie dans les salles obscures pour vivre dangereusement sans risquer sa vie, le film La Rose pourpre du Caire est l’hommage rendu par le cinéaste Woody Allen à cette industrie du rêve…

Robert Mitchum dans une célèbre scène de la nuit du chasseur de Charles Laughton (1955)

Puis vint La nuit

Dès les premières images de La Nuit du chasseur on est surpris par la peinture particulièrement dramatique des images. On aurait dit des photographies d’Ansel Adams. La palette graphique est d’une splendeur envoûtante. D’ailleurs, Stanley Cortez, le directeur de la photographe signa quelques années plus tôt le chef d’œuvre d’Orson Wells La Splendeur des Anderson. Même les prises de vues extérieures en plein jour sont obscures. Les ombres, personnages à part entière, sont aussi présentes, si ce n’est plus, que les individus et les objets dont elles émanent. Une image travaillée comme un tirage d’exposition et ce n’est que le moindre de ses mérites. Le chef opérateur a trouvé la manière de cadrer à la manière d’un 24 X 36, puisque souvent la composition tout en hauteur semble être le résultat d’un basculement d’un boitier d’appareil photo. En photographie beaucoup plus qu’au cinéma on conçoit l’image d’une telle manière que le spectateur suit un parcours visuel. Dans La Nuit du chasseur, à chaque plan le spectateur est entrainé à regarder l’intégralité de la surface de l’écran, parce que ça et là on lui a posé des objets, des animaux, des détails qui attirent son attention et le plonge dans un rébus à déchiffrer. Le film parait ainsi plus long qu’il n’est en réalité à cause justement de cet intense travail oculaire fourni.
Aucun plan n’est conçu en trop, tout est là pour contraindre le spectateur à n’y voir – en fin de compte – qu’une seule idée.
Les acteurs ne jouent pas dans ce film, ils semblent vraiment ignorer l’issue de l’histoire, tout comme nous autres spectateurs, acculés à attendre la fin. Cette sincérité dans le jeu des acteurs est renforcée par quelques fausses hésitations, des moments de flottements et un semblant d’incohérence.

Le fait que l’enfant se révèle plus mûr que l’adulte dans certaines scènes brise le rythme du film et pose la juste interrogation : celle de savoir qui des deux est le plus sage. Ceci pourrait avoir été provoqué par Robert Mitchum qui dirigea les jeunes acteurs dans leurs scènes – parce que Charles Laughton n’avait pas particulièrement d’affection pour les enfants – mais fut ouvertement méprisant avec Shelley Winters celle qui joua leur mère.

Comme tout film culte, celui-là nécessite une nouvelle séance car la densité des détails, le nombre impressionnant d’allusions et la tension dramatique de la trame font qu’un seul visionnage est insuffisant. Sortant des classifications que l’on a coutume de reconnaitre, ce film semble être fait pour les photographes. C’est une magistrale leçon de cadrage et de composition autour des thèmes classiques : paysages, nature morte, portraits, scènes du quotidien…Ainsi qu’une singulière utilisation des angles de prise de vues…Suivie d’une incroyable démonstration ; les ombres pouvant avoir une vie propre sans la présence de la clarté !!! Et pour finir un discours sur le temps…à la fin du film un tic tac semble résonner dans les oreilles, pourtant il n’y est pas dans la bande sonore ! C’est peut-être le cœur qui bat !
Charles Laughton, en réalisant La Nuit du chasseur, avoue être un hors-la-loi …des genres cinématographiques. Dommage qu’il n’ait pas récidivé.

Je reverrai La Nuit du chasseur dans quelques temps afin de savoir comment je le percevrais !!! Seules les œuvres de cette puissance ont cette faculté unique de vous accompagner à travers votre vie. Comme une caméra qui vous suit en travelling, parfois vous sentez le besoin de tourner la tête pour fixer l’objectif.


(1) Gaza !!! Vous vous rappelez ? c’était seulement il y a deux mois, pourtant cela semble si loin…Quel déchainement – à l’époque – de passions, de discours et de commentaires. Le 16 janvier 2009, je disais sur ce même blog : « Ce qui se passe maintenant à Gaza, ou ailleurs, ne sera connu dans le détail que dans deux décennies. Vous aurez entre-temps oublié Gaza 2009, sauf si vous êtes historiens, fin politiciens, parents de victimes ou anciens combattants, les autres seront devant leur télé à suivre dans le journal du soir les dernières nouvelles d’un autre conflit, un film ou un match de football !!! ». N’ai-je pas raison ?

(2) L’exposition “Ansel Adams: Photographs of the American West” organisée par “The Friends of Photography for the USICA” a été accueillie en 1983 en Inde, au Moyen Orient et en Afrique. L’exposition à Tunis eu lieu au Centre d’Art Vivant du Belvédère.
Hamideddine Bouali
13 mars 2009

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La gestion des conflits expliquée à ma fille

Premier échange (Jenaïna et Hamideddine Bouali)
Photographie Hamideddine Bouali-Mars 1995
Chronique des chroniques
Beaucoup de commentaires et d’interrogations à propos de la dernière chronique mais je n’en retiens qu’un seul : Anonyme a dit… « Bien vu Hamideddine il y a beaucoup d’humanité dans ce que tu écris, je suis d’accord avec toi sur la jouissance morbide du spectacle de la mort dans les télés, et les décomptes de morts qui se font chaque jour, même sur Facebook. Et la question que tu poses à la fin est très importante, alors je te demande : tu dis quoi à tes enfants sur la situation de la Palestine et plus particulièrement à Gaza en ce moment ? ça c’est intéressant parce que je suppose que beaucoup de parents se posent cette question ?? ».

J’ai déjà évoqué dans la dernière chronique le cas de l’affaire de Suez, à travers le livre de Marc Ferro : « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » paru en 2006. Je disais que les décideurs, eux-mêmes, n’avez pas une vue globale de la situation, alors que dire de ceux qui, à l’époque, suivaient ces événements à travers les articles des journaux, la rumeur populaire et la propagande de la partie adverse ? D’autre part, aujourd’hui, nous connaissons les raisons, le déroulement et le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale mais seulement du point de vue des vainqueurs. Après plus d’un demi siècle de recul on se pose la question de savoir si ce sanglant conflit s’est réellement passé ainsi ? Le brouillard du doute est moins dense à mesure que l’on s’en éloigne, et les événements ne deviennent compréhensibles dans leur globalité que lorsqu’ils quittent la Une des journaux pour rejoindre les chapitres des livres d’histoire.
Le sommaire des revues d’histoire font la part belle aux nouvelles lectures des faits, petites anecdotes ou évènements planétaires, dont notre terre fut le théâtre. Ces nouveaux décryptages seront à leur tour mis à contribution dans d’autres dossiers. L’ouverture de nouvelles archives ne donne-t-elle pas souvent lieu à des découvertes sensationnelles ? Ne suffit-il pas, par exemple, de reconsidérer la manière et la raison pour laquelle les Etats-Unis sont entrés en guerre en 1941 pour que toute l’histoire mondiale postérieure s’en trouve périmée et donc dans l’urgence d’être réétudier ? 
Alors bien malin celui qui puisse aujourd’hui, après seulement quelques semaines de la fin de la bataille de Gaza, expliquer son pourquoi et son comment, que dire alors de le faire comprendre à ses enfants
!!!

Comment expliquer la guerre à mes filles ?
Je ne me rappelle pas avoir un jour expliqué un quelconque conflit à mes deux jeunes filles (Fatma 12 et Jenaïna 14 ans). Je crois que le sujet est d’une complexité inextricable. Comment leur exposer avec des termes simples les enjeux économiques, les stratégies militaires, les subtilités de la diplomatie, l’influence des réseaux occultes, le pouvoir des médias, la malignité de la propagande… ? Par contre il est aisé de leur expliciter les rapports humains, la notion de propriété, le sens de la justice, l’objectivité, la neutralité…

La guerre des boutons 
En allant récupérer mes deux filles de la garderie scolaire, il y a de cela cinq ans, je fus confronter à un conflit significatif. En me voyant arriver, Jenaïna courut vers moi pour me débiter un discours incompréhensible puisque étranglé par la colère…

Moi :
« S’il te plait calme-toi et raconte moi ce qui s’est passé »
Jenaïna :
« Papa ! tu dois prendre mon partie »
Moi : « Non ! bien avant cela il faudrait que je sache de quoi il s’agit en me racontant exactement ce qui s’est passé ».
Jenaïna : « Ce garçon, en mettant volontairement son pied sur mon chemin, a failli me précipiter dans l’escalier ».
Moi : « Non ! tu dois me raconter tout, depuis le début ».
Jenaïna : « On a commencé à se chamailler depuis la récrée de 10 heures, puis tout à l’heure après le déjeuner il m’a dis un gros mot, je lui es dis qu’il n’a pas été bien élevé par ses parents. Avant que tu ne sois là de quelques minutes et alors que je passais devant lui, il a mis son pied volontairement pour que je trébuche et tombe dans l’escalier ».
Moi : « Très bien, tu as raconté les faits correctement ce qui est le début de la solution. Ce qui s’est passé est typique d’une dispute. Cela commence avec des faits sans aucune importance, d’ailleurs le point de départ est souvent oublié, mais cela grandit par action/réaction et il est normal que la seconde soit supérieure en violence à la première »
Jenaïna : « Mais moi j’ai seulement parlé, alors que lui, il a agit avec une violence physique »
Moi : « Tu oublies que tu es une fille et lui, un garçon. Depuis toujours les filles réagissent par des paroles et n’en viennent au mains que rarement, alors que les garçons sont plus portés par l’échange de coups de poing ».
Jenaïna : « Mais je suis perdante, puisque c’est lui qui a commis le dernier acte ».
Moi : « Celui qui ne réagit pas à une action violente n’est pas forcément le plus faible des deux, cela démontre au contraire qu’il possède la force de se maîtriser…et cela n’est pas à la portée de n’importe qui !!! ».
Jenaïna : « Mais papa les autres parents, ne se comportent pas ainsi, ils soutiennent d’une manière inconditionnelle leur progéniture et parfois je suis victime de leur subjectivité ».
Moi : « Effectivement je ne suis pas comme la majorité des parents et c’est à toi de choisir aussi si tu veux être comme tous les autres enfants; hypersensible à la moindre provocation et te voir emmener dans une escalade qui te fait oublier que cette dépense d’énergie ne valait pas la peine d’être perdue, ou bien d’être maîtresse de tes actes et de survoler les détails sans importance pour ne te concentrer que sur ce qui vaut la peine d’être vécu ».
Sur ces mots nous étions arrivés chez-nous…Depuis, Jenaïna a inévitablement été en situation de conflit, elle s’en sort seule et apparement sans trop de mal.

Ne trouvez-vous pas que ce mini conflit, qui à l’échelle des enfants est vital, est presque en tout point semblable aux guerres que mènent des pays ? Toutes proportions gardées, ne s’agit-il pas presque toujours d’un alibi, de part ou d’autre, pour que l’infernal mécanisme de l’escalade se mette en branle ? L’origine qui est sans commune mesure avec l’énergie dépensée par la suite, l’inégalité des armes conduit inéluctablement à un déséquilibre des pertes, la propagande dans la présentation des faits…tout y est.

Je ne veux pas jouer au moralisateur, mais depuis un certain temps je médite à propos du progrès de l’humanité. Toutes les facettes de la vie ont évolué ; la mode vestimentaire, les moyens de communications et de transports, la relation parents/enfants, les méthodes de l’enseignement, notre relation avec la nature, la pratique des loisirs…Cela a permis au genre humain, en deux siècles, de beaucoup mieux être. Mais pour gérer les conflits, nous n’avons pas progressé et dans certains cas nous avons même régressé. Aujourd’hui nous nous faisons la guerre avec autant de hargne, de violence et jusqu’au-boutisme que les peuples barbares des temps obscures. 

De l’expo du « World Press Photo » à celle « A l’épreuve du Monde »
Il fallait de l’audace pour illustrer les 20 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par des photographies. Cette exposition qui se tient actuellement dans les jardins de la médiathèque Charles de Gaulle de Tunis a été réalisé par le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes, La Mission de coordination pour les droits de l’Homme et les photographes de l’Agence VII, James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer. 
Une initiative à applaudir d’une seule main car cette didactique exposition aurait du être accrochée à l’extérieur d’autant plus que le support (en vinyle) à été conçu dans ce sens…dommage que seuls les abonnés de la médiathèque ont en profité. 
Au même moment se tenait pour la seconde année consécutive l’exposition des photographies lauréates du World Press
Photo à l’initiative de l’ambassade de Hollande en Tunisie et surtout de Mahmoud Chelbi, qu’on ne remerciera jamais assez de tenir un rôle de premier ordre dans le paysage photographique local. J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la cuvée 2007 (*) de ce challenge, je ne vais pas revenir sur le sujet. 

Les photographes passent, les sujets restent !!!
Visiter, le même jour, les deux expositions l’une à la suite de l’autre vous incite à penser que les articles de la Déclarations Universelles des Droits de l’Homme auront pu, tout aussi bien, être illustrés par quelques photographies du WWP 2007. La photo de presse, tout compte fait, est une preuve que l’on nous dresse en face des yeux : après 60 ans de sa ratification par 140 pays, la déclaration demeure lettre morte. Guerres meurtrières, tortures physiques et mentales, persécution des minorités et des individus hors-norme, dégradation inconsidérées de l’environnement, sadiques massacres d’espèces protégées…je ne suis pas pessimiste, mais je suis sûre que l’année prochaine d’autres photographies seront primées au WWP néanmoins elles porteront sur ces mêmes sujets !!! 

 Hamideddine Bouali
7 février 2009

(*) Lire les chroniques suivantes sur ce même blog
Et si j’étais membre du Jury du World Press Photo ?! Mercredi 30 janvier 2008
Dernière minute : Annonce du World Press Photo 2007. Vendredi 8 février 2008
Chronique II : …du temps qui passe. Mardi 12 février 2008
Chronique III : Ai-je eu raison d’avoir voulu en savoir davantage ? Vendredi 15 février 2008

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D’ici quelques jours (une semaine) sera mise en ligne une nouvelle version du site. D’une part je me suis décidé à upgrader mon blog en V2 beta 7 dans sa version la plus récente, d’autre part j’ai décidé de changer le look du site, non parce qu’il souffrirait d’une carence esthétique à mes yeux mais tout simplement parce que j’aime le changement.

Quelques liens risquent de souffrir du changement comme les flux rss, mais si tel était le cas je ne manquerais pas de vous avertir à l’avance :)

@Bientôt !

Yann

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« Vous au moins vous ne risquez pas d’être un légume 
puisque même un artichaut a du cœur ! »

Photo Edward Weston- artichoke halved 1930-Center for photography, Arizona Board of Regents

C’est dans le film «Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain» que l’héroïne du film adresse au méchant de service cette cinglante phrase. Avoir du cœur, voilà ce qui est de plus en plus rare de nos jours, au point que ceux qui l’ont sont taxés de mauviette !!! Où va le monde ? 

Le temps des images
Belles récoltes en vue pour le prochain World Press Photo, la guerre c’est des images de vigoureux soldats en battle-dress, de courageux combattants à l’affût, d’enfants ensanglantés, de maisons détruites, de visages en pleurs… Sauf qu’il y a bien longtemps que Robert Capa a affirmé après la seconde Guerre mondiale que : “La guerre est une actrice vieillissante de plus en plus dangereuse, de moins en moins photogénique”.
Dans l’article intitulé « Au moins une Palestine sera libre », une phrase avait heurté la sensibilité de certains lecteurs : « Je hais la politique parce que la politique s’en fout des personnes, des individus et des identités… Je n’ai jamais aperçu un peuple et vous ? ». Voilà qu’un confrère vient appuyer mes opinions.
La semaine dernière, je reçois un mail à propos de l’inauguration de l’exposition “6 milliards d’autres” qui a lieu du 10 janvier au 12 février courant au Grand Palais à Paris. En vous connectant au site www.6milliardsdautres.org, Yann Arthus Bertrand, connu pour ses livres de photographies prises depuis le ciel, raconte comment l’idée lui est venue de poser le même questionnaire à 5000 personnes des quatre coins du globe (c’est peut-être la raison qui fait que cela ne tourne pas rond !!!).

Probablement la plus belle photographie de la terre réalisée, depuis la Lune, il y a exactement 40 ans. Décembre 1968. Apollo VIII (Jim Lovell, William Anders et Franck Borman)

Yann Arthus Bertrand explique l’origine de son idée : « Tout est parti d’une panne d’hélicoptère, un jour, au Mali. En attendant le pilote, j’ai discuté avec un villageois une journée entière. Il m’a parlé de son quotidien, de ses espoirs, de ses craintes : sa seule ambition était de nourrir ses enfants. Interrompu dans mon travail pour un magazine, je plongeais dans les soucis les plus élémentaires. Et il me regardait droit dans les yeux, sans plainte, sans demande, sans ressentiment. J’étais parti photographier des paysages, j’ai été captivé par ce visage, par sa parole. Par la suite en survolant la planète pour réaliser « La Terre vue du Ciel », je me demandais souvent ce que je pourrais apprendre des hommes et des femmes que j’apercevais en dessous de moi. Je rêvais de pouvoir entendre leur parole, sentir ce qui nous lie. Car vue d’en haut, la terre apparaît comme une étendue immense à partager. Mais dès que je me posais au sol, les problèmes commençaient. Je me retrouvais confronté à la rigidité des administrations de chaque pays, et surtout à la réalité des frontières instaurées par les hommes, symbole de cette difficulté de vivre ensemble ».

capture d’écran du site www.6milliardsdautres.org


« L’œil était dans la tombe, et regardait Caïn »

Difficile aujourd’hui de ne pas parler, encore, de Gaza, après avoir lu l’introduction humaniste d’Yann Arthus Bertrand. Vue d’en haut, de loin ou assis confortablement devant sa télé, le monde est réduit à sa plus simple expression. Aucun moyen de transmission ne peut se substituer à la vraie connaissance des gens. Les relations épistolaires, le tchat, MSN, hi5, Facebook, les téléphones portables, les e-mails, les sms n’ont jamais le pouvoir de transmettre l’émotion ressentie quand on regarde une personne droit dans les yeux, d’écouter son timbre de voix à bout portant, de sentir son odeur et de la toucher au sens figuré et, si affinités, au sens propre. Même les armes, à l’image de la communication entre les gens, s’utilisent de loin, cultivant la lâcheté. Les obus sont aveugles, les roquettes sont folles, les missiles « fire and forget », que l’on tire de loin en rebroussant chemin avant qu’elles n’atteignent leur cible, les armes BVR (Beyond the Visual Range), que l’on lance au-delà de la portée de vue… C’est ignoble. 

Combien de soldats ont évoqué leur hésitation avant d’appuyer sur la gâchette parce que celui qui est pris pour cible l’a regardé dans les yeux ? Les mémoires des guerriers des conflits d’antan sont remplis d’hésitations, de questionnements et de doutes. Face à face la donne est différente. Que c’est facile de dire du mal de quelqu’un dans son dos, mais cela est bien difficile de le faire en face !!! 
Celui qui réussit à tirer sur un individu en sachant qu’il le verra fermer ses yeux pour toujours n’en sortira pas vivant. Cette image le suivra toute sa vie comme Caïn vivant avec le regard d’Abel. Oui car nous sommes tous frères, même si ces paroles paraitront pour certains ringardes et caduques, je ne cesserai jamais de les répéter. 
Dans un poème de « La Légende des Siècles » intitulé « La Conscience », Victor Hugo consacre une centaine de vers sur le remords de Caïn, poursuivi par un œil omniprésent. Caïn ira jusqu’à s’enterrer vivant. Il sera l’exemple de tout homme incapable de fuir sa conscience : « L’œil était dans la tombe, et regardait Caïn ». On croit, à tort, qu’en évitant le regard de sa victime on échappe à celle de sa conscience, mais ainsi on ne fait qu’ajouter à la cruauté de l’acte la couardise de la conduite.
 

Guerre des passions
On ne peut pas vivre sans amours, sans ardeurs, sans penchants pour quelqu’un, pour une cause mais la passion, on le sait, vous empêche d’avoir la faculté de discernement.
Tant que ce sont les passions et non le bon sens qui guident les opinions, tant que ceux qui soutiennent un des deux camps, le font de loin assis confortablement dans leur quotidien, tant que les victimes ne sont pas également traitées, ce conflit perdurera. Les discours polarisés, les arguments valables unilatéralement, les intransigeances criminelles, les entêtements aux conséquences funestes conduisent les populations civiles – au cas où on retrouverait leurs cadavres – droit vers les cimetières.

Guerre des mémoires
J’ai lu dernièrement « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » de Marc Ferro paru en 2006 chez Complexe Ed. Je vais peut-être dire une bêtise, mais tant pis. Aucun acteur de cette affaire n’avait une vue globale de ce qui avait précédé les événements qui ont abouti à son déclenchement. Le comportement de certains dirigeants révélait leur ignorance de faits pourtant concomitants et directement en cause. Ce qui se passe maintenant à Gaza, ou ailleurs, ne sera connu dans le détail que dans deux decennies. Vous aurez entre-temps oublié Gaza 2009, sauf si vous êtes historiens, fin politiciens, parents de victimes ou anciens combattants, les autres seront devant leur télé à suivre dans le journal du soir les dernières nouvelles d’un autre conflit, un film ou un match de football !!! 
Dans « Les Grands dossiers des Sciences-Humaines » N°13 daté déc-2008/jan 2009 » Marc Ferro écrit que lors du tournage du film documentaire Verdun (1966), les réalisateurs Daniel Costelle et Henri de Turenne : « Ont fait se rencontrer à Verdun des anciens combattants français et allemands. Que c’est-il passé ? Ils s’étreignirent en pleurant ! Cette scène confortait mon intuition selon laquelle ces anciens soldats en voulaient au fond plus à ceux qui les avaient envoyés à la guerre qu’à leurs ennemies ».
Tout cela est à méditer.

Guerre des images
Les enfants qui meurent par un tir de mortier, qui disparaissent sous les bombes, qui crèvent de faim, qui décèdent de SIDA…me fondent le cœur. Une mère qui cherche ses enfants dans une morgue, un père qui tient son bébé sans vie, une petite fille qui gémit de douleurs…Qui peut voir ces images intolérables à longueur de journée ? Les chaines devraient arrêter de diffuser ces images au grand public. Le premier jour c’est choquant, le lendemain c’est attristant, le troisième jour les spectateurs se sont habitués et c’est exactement ce qui ne devrait pas arriver. La banalisation est le pire ennemi de l’humanité. 
Les criminels savent, qu’après une période de vives émotions, leurs délits quittent la Une des journaux pour régresser en priorité…la diplomatie – machine d’une inertie déconcertante – fait écran, les forfaits se poursuivent, entre temps, les civils continuent de mourir.
Je suis photographe donc bien placé pour connaitre le poids des photos mais aussi leur pouvoir traumatisant. Lors de la guerre du Vietnam, les groupes d’opposition ont projeté au Sénat américain les photos du massacre de My lai, ignoré à l’époque du grand public. Des décisions furent prises. Oui aux images comme preuves intangibles des crimes et des méfaits commis mais pas d’une manière brute et brutale. A-t-on pensé un seul instant aux enfants et aux âmes sensibles en publiant en pleines pages des photographies d’une telle cruauté, en diffusant en boucle des séquences si atroces ? 
J’avais huit ans quand la guerre du Viêtnam fut devenue le volet principal des informations. Je me rappelle avoir fait plusieurs cauchemars dont un qui m’a plusieurs jours épouvanté au point que je ne voulais plus aller en classe. Je me souviens avoir raconté à mes parents qu’un bateau allait venir accoster devant l’école – bien que située à une trentaine de kilomètres de la côte ! – pour nous emmener à la guerre !!! Mes parents ont su me rassurer. J’ai repris le chemin de l’école en devenant viscéralement un anti-guerre. Qui aujourd’hui prends la peine d’expliquer à ses enfants, sans passions ni parti-pris, ce qui se passe en Palestine ?

Nous avons perdu les morts, ne perdons pas les vivants !

Hamideddine Bouali

16 janvier 2009


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Au moins une Palestine sera libre

Je ne comprends rien à la politique, cela est très compliqué pour moi. Les images que j’ai vues ce dimanche m’ont troublées outre mesure, non pas parce qu’elles étaient d’une grande violence, mais parce que cela se répète…rien n’a changé.
Depuis que j’ai commencé à comprendre, il me semble que je suis en train de revoir les mêmes images, les mêmes tristesses, les mêmes réactions…Puis les mêmes oublis.
Je hais la politique parce que la politique s’en fout des personnes, des individus et des identités… Je n’ai jamais aperçu un peuple et vous ? Mais j’ai vu un enfant le visage ensanglanté, sans vie, emmené trop tard aux urgences.

Cette victime – d’un crapuleux calcul, d’un macabre marchandage, d’une escalade de la terreur accomplit derrière des bureaux calfeutrés ou dans des salles d’état major par des hommes sans scrupules – m’a bouleversé.

Encore une fois j’ignore les tenants de ce qui se passe maintenant à Gaza, je ne veux d’ailleurs pas le savoir ! À quoi bon ? Mais les aboutissants sont là.
Qui ose, en plus d’avoir été tueurs d’enfants, d’en justifier l’acte ?
Aucun militant de n’importe quelle cause n’a assez de force pour venir consoler une mère qui vient de perdre son enfant.

L’assassinat d’un enfant c’est toujours un triple meurtre ; on aura sur la conscience (si en en a une), en plus, celle des parents qui ne réussiront jamais à en faire le deuil.
La guerre ! Le mot même me fait peur. C’est le mot le plus détestable que je connaisse…cela sonne comme le rugissement d’un carnassier ; onomatopée « grrr » qui donne froid dans le dos.
Je ne prends aucun parti, j’ignore les raisons, je ne veux pas entendre parler d’auto-défense et de ripostes, de frappe chirurgicale et de tir de représailles…tout cela ce sont des mots, des stratégies et des stratagèmes…que valent-ils devant la perte de la vie ?

Aucune manifestation n’a fait renoncer des assassins à commettre leurs ignobles actes, pas un poème ni une chanson n’ont pu remettre en question les desseins infâmes des criminels. A quoi cela servirait de brûler un drapeau, de crier sa haine, de défiler si ce n’est pour calmer sa propre conscience ?…Les monstres en sont insensibles puisqu’aveugles, sourds et déterminés.
Croire le contraire c’est les considérer comme des êtres humains !!!
Ah oui ! Nous sommes bien à notre aise ici, moi devant mon pc, et vous dans votre chez-vous, alors que dehors le calme règne, mais qu’endurent tout ceux qui dorment d’un seul œil, ceux pour qui le quotidien est plus hasardeux qu’un jet de dé ? Ceux qui peuvent devenir orphelin, veuf, handicapé, ou gisant six pieds sous terre…en dehors des statistiques normales. En Palestine la notion d’espérance de vie est doublement enviée !!!

Palestine, Photo Hamideddine Bouali, Tunis 1988. Depuis le 27 décembre 2008 elle est tombée dans le domaine public, donc libre de droit.

Cette photo que j’ai réalisé en 1988 je l’a mets dans le domaine public, elle sera donc libre de droit. Elle sera à tous, sans royalties, ni droit d’auteur, ni autorisation préalable, elle vous appartient faites en ce que vous voulez ; commentaires, trucages, manipulations, jetez-la à la poubelle, signez-là de votre nom…au moins elle, elle sera libre. Libre de circuler entre les ordinateurs, libre de passer de réseaux en réseaux, libre de figurer chez chacun. Téléchargez et diffusez le plus possible.
Oui même cet acte n’a aucune influence sur la situation, j’en suis bien conscient.
Cette photo me brûle les doigts, je n’en veux plus, comme un oiseau en cage que l’on libère non pas pour son bien mais par amour de la liberté.


Hamideddine Bouali
29 décembre 2008
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« Il n y a pas de mains pour me caresser le visage »

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Réminiscence
Il m’arrive de demander aux gens que je connais quel est le plus lointain souvenir qu’ils ont ? Certains répondent : « j’ai plus intéressant à faire que de me torturer les méninges », d’autres : « tu n’a rien à faire d’autre que de jouer à l’Ardisson, dans Tout le monde en parle ? ». Ceux qui jouent le jeu, se souviennent d’une chute dans un escalier, d’un jouet fabuleux reçu ou d’un merveilleux lieu visité…pour ma part, il s’agirait d’une situation.
Cela se passait chez un glacier à la plage de « l’Aéroport » situé à mi-chemin entre La Goulette et Le Kram, dénommé ainsi puisqu’elle servit naguère à l’amerrissage et à l’accostage d’hydravions. Nous étions tous attablés attendant le serveur ; papa était à l’a
utre bout de la table, maman à sa gauche, puis mes quatre frères et ma sœur ordonnés d’une façon tout à fait fortuite…du plus grand jusqu’à moi.
Ma petite taille me consentait des libertés et des privilèges. Mes pieds pendaient sans toucher le sable ce qui me permit de les balancer. Le flanc de la table venait tout juste au niveau de mes yeux et paraissait évidement bien épais. Je me rappelle encore de ce malicieux point de vue ; j’arrivais à voir aussi bien ce qui se passait en haut de cet horizon artificiel que de ce qui s’y déroulait en bas. Des bustes plus ou moins grands mais aussi
des pieds sanglés de sandales ou de souliers d’été. Mon père, avec sa voix pleine de prestance et d’autorité, interpella le serveur qui nous rejoignit tout de suite. Étant installé chez un glacier il était évidement question de commander des glaces, il ne restait qu’à savoir quel parfum choisir par chacun des membres de la famille. Tour de table : Chocolat, pistache, chocolat…gazouza (boisson gazeuse en arabe dialectal) !!! Contre toute attente, Faouzi, un de mes frères n’a pas trouvé mieux, pour faire sûrement l’intéressant, que de vouloir consommer autre chose que ce qui était naturel de demander. Mon père décontenancé par cette exception, qui lui imposera d’aller au café situé une centaine de mètres plus loin, s’opposa à cette demande : « non cela sera de la glace comme tout le monde ! ». Mon frère – têtu comme tous les rebelles – insista au point que ce qui était prévu comme étant un succulent moment de dégustation en famille devint une scène d’entêtement caractérisée de part et d’autre. Nous nous échangeâmes des regards complices, avec au fond des yeux la sempiternelle interrogation : « cet épisode va-t-il mettre fin a cette sortie estivale tant attendue et devoir retourner à la maison ? ». Pour cette sortie il a fallut parcourir la distance séparant notre maison au Bardo à la banlieue nord.

Évidemment, je demeurais en attente de répondre à mon tour mais voilà Faouzi arrêta net le protocole. Papa hausa le ton, bien que nous ayons tous senti qu’il ne fallait même pas bouger pour ne pas crisper davantage une ambiance déjà tendue, et la messe fut dite. Au bout du compte mon père s’adressa au serveur pour lui réciter les parfums choisis en en assignant un d’office au fils égaré. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé entre la commande et le retour du serveur, peut-être rien qui ne vaille la peine d’être retenu.

La dernière image qui m’est restée est celle d’un cornet de glace ainsi que son contenu jeté par terre. Je suis presque sûr que je fus le seul témoin de cette vision d’horreur : Faouzi tenant son cornet de glace sous la table puis ouvrant sa main pour le laisser volontairement choir par terre. Pour moi, un vrai sacrilège fut commis. Les autres léchaient avec délice leur cornet, puisque en plus du plaisir du palais, il y avait la sensation qu’ils ont failli en être privés.
Selon mon père cet épisode date de l’été 1964…j’avais donc trois ans et demi. À la même époque Mario Giacomelli, un photographe italien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance mondiale, séjourne dans un séminaire à Senigallia.

Mario Giacomelli (1925-2000)
Après avoir été dans sa jeunesse typographe, Giacomelli est devenu photographe comme si cela était dans la nature des choses. Les caractères, l’encre, le papier, la trame, cela préfigurait logiquement sa (ou la) photographie en noir et blanc. Les œuvres de Giacomelli se singularisent par une dualité aussi bien dans le visuel que dans le sensuel (dérivé du mot sens). Regardez cette photographie tirée de la série « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » où le noir et blanc est mis à profit d’une manière sublime.
Le photographe s’est contenté de prendre position et d’attendre que des curés passent devant son objectif.

Photo tirée de la série “Il n y a pas de mains pour me caresser le visage”.

PHOTO Mario Giacomelli

Et voilà le travail…semble-t-il nous dire.
N’avez-vous pas l’impression (sans jeu de mot !) que ces séminaristes sont des lettres fraichement trempées dans l’encre et vus à l’aide d’un compte-fils ? Ce séminariste à droite de l’image n’est ce pas un I en train de courir dans le sens contraire de la lecture et son bonnet le point juché en son sommet ? Comme si Giacomelli, désespérant de voir ses petits caractères d’alliage de plomb, d’étain ou d’antimoine (sic), qu’il a longtemps manipulés, prendre vie dans la cornière qui lui servait de composteur, s’en alla chercher d’autres au séminaire de Senigallia, sa ville natale qu’il n’a jamais voulu quitter ou troquer contre un autre sujet. Vus à bout portant, les signes d’imprimerie possèdent chacun son propre caractère ! Regardez ce B, et ce B, strict ou fantaisiste, droit ou italique… La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?
La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ? La lecture d’un texte ne semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?

Que voit-on dans cette image ? D’abord un flou de bougé magistralement dosé. Un peu moins de temps de pose et l’effet recherché n y est plus car tout serait figé, davantage et le flou générerait une image incompréhensible. Là, c’est juste ce qu’il fallait. Notre vision s’arrête sur cette frange grise séparant les masses sombres des surfaces claires. Ce fin liséré, trace de mouvements, empreinte d’une délicate vibration, à la fois bavure d’encre et macule de lumière est une superbe concentration de signification. Giacomelli a magiquement défini le rôle d’un photographe : la maitrise technique au service d’une idée, d’une sensation ou d’un état d’âme. Pour ce Raymond Queneau de la photographie, quel mot ces séminaristes ont voulu composer ? ICI, DIEU, VIE, AÏE ?
La légèreté de ces séminaristes jouant à la manière d’écoliers au sortir de la salle de classe contraste avec l’idée que nous nous faisons d’eux : ils sont sensés être graves, méditant à longueur de journée dans un solennel et pesant silence. Mais Giacomelli ne veut pas se contenter de raconter le monde, il voudrait le changer. Mettant au service de son âme de poète ses yeux de photographe. Il donnera une image particulière de la vieillesse, de l’amour et de la vie tout court. Ce désir de vouloir perturber le cours des choses le fera renvoyer de ce séminaire pour avoir donné des cigarettes à ces étudiants en théologie. « Le temps est sans cesse en mouvement dans mon appareil, dans les champs, dans la rue. Le temps m’effraie. C’est le sujet de mes photos » déclara-t-il à Frank Horvat un autre photographe dans une des rares interviews qu’il a accordée. C’est en lisant aujourd’hui cette entrevue réalisée en février 1987 que j’ai compris pourquoi
l’œuvre de Giacomelli trouvait grâce à mes yeux.
Excusez mon narcissisme car encore une fois je me trouve obligé de me citer.

Sacré temps
Dans « Critique à bon escient » publié le 14 novembre 2007 dans ce même blog, je disais : « …il y a une constante qui perdure – depuis l’avènement de la photographie et jusqu’à nos jours – dont la longévité pourrait être interprétée comme synonyme d’un caractère fort de la photographie : c’est le temps. Le temps qui passe, qui est figé, gelé ou dont on décèle les traces de passage, en est un attribut indiscutable. Barthes a évidement raison de voir dans chaque photo l’écho ou le reflet de la mort. Chaque tic-tac, tout comme chaque déclenchement, n’est il pas un compte à rebours de ce qui reste à vivre. Il est donc couramment admis, à juste titre d’ailleurs, qu’une photographie devrait porter l’idée du temps. Temps de la photographie; sa date de réalisation, mais aussi sa durée ; c’est-à-dire la quantité de secondes qu’il a fallu pour que la lumière impressionne la surface sensible, le temps qui nous en sépare et puis pourquoi pas, l’âge du photographe ! Donnée essentielle, non !

Qu’est ce que le temps ? Voilà une question qui prendra du temps pour trouver les réponses qui conviennent. La photographie nous offre un outil sur mesure pour y parvenir. L’état ultime que nous cherchons en tenant un appareil photo c’est de produire une photographie qui sublime l’idée du temps, évidemment sous n’importe quelle forme – puisque c’est le rôle de l’artiste d’en chercher les variantes – et à n’importe quel prix. Le photographique en est une volonté d’y parvenir. Si nous nous referons à ce que disait le philosophe Alain : « La méditation sur le temps est la véritable épreuve du philosophe » pouvons-nous avancer l’idée que les photographes – uniquement ceux pour qui le sujet de leur photo est le temps – sont les philosophes des temps modernes. Revoyons les instantanés de Henri Cartier Bresson, les situations de Doisneau, les durées de Ansel Adams, les séquences de Duane Michals…ce sont des photographies majeures parce qu’elles sont une image du temps, celui que vous pouvez percevoir mais pas voir. Tout comme la mort que l’on a toujours vainement voulu portraiturer… pour n’obtenir que l’image d’un cadavre qui n’en est qu’une de ses conséquences. Le sujet que vous voyez n’est qu’une aiguille de l’horloge ou son tic-tac; une matérialisation conventionnelle de l’imperceptible et imperturbable marche du temps, comptabilisant les secondes avant la venue de la grande faucheuse.
Une réflexion sur le temps est fatalement une méditation sur la mort. Mais heureusement on n’en n’est pas là, puisque moi je suis en train d’écrire ces lignes et vous de bien vouloir les lire ».

Imminence
Quel lien peut-il y avoir entre mon premier souvenir d’enfance et la série de photographies de Giacomelli à part qu’elles furent contemporaine ?
Je ne réussi à revoir ce premier souvenir qu’au ralenti, et à l’instant où j’ai vu le cornet par terre, conséquence inéluctable du geste de Faouzi, la machine à enregistrer s’est arrêté. Un équilibre, déjà précaire, fut rompu laissant la place à un gouffre d’incertitude. Je ne saurais dire ce qui s’est passé après.
N’est ce pas aussi le cas de ces séminaristes figés pour toujours alors qu’ils étaient dans une phase d’élan ?
Dans un cas comme dans l’autre, le présent est entrain de ronger le futur selon la formule d’Henri Bergson. Le mental d’un enfant ou les yeux d’un photographe, comme des taxidermistes expéditifs, ont empaillé le temps alors qu’il était encore en vie !!!
Le quotidien d’un auspice de personnes âgées (autre fameux sujet de Giacomelli), les derniers jours d’une année, le moment de réemballer les œuvres (non vendues) d’une exposition, la fin d’une partie (titre de la dernière expo de l’année à El Teatro), l’après-midi d’un dimanche, l’heure d’aller se coucher, l’ultime page d’un roman (d’ailleurs presque toujours à demi remplie), un être cher sur le point de vous quitter, la rédaction de la dernière phrase d’une chronique sont des moments d’une rare intensité. L’imminence c’est cela. Personne ne pourra prédire sa manière de les vivre. Entre l’hystérie probablement salutaire et la paralysie masquant un abyssal désarroi il n y a malheureusement pas de juste milieu.
Encore une fois ce sacré temps, que rien n’arrête ni les mots ni les photos, pourtant j’ai envie de crier une fausse évidence : « de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie».
Peut-être qu’avec une autre police de caractère cela fera beaucoup moins pesant et grave à lire :
« de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie ».

Hamideddine Bouali
28 décembre 2008

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Mine de rien ca fait un bail que j’ai pas écrit un article consistant sur ce bon vieux blog
Mais la j’ai envie de hurler et de gueuler, d’ailleurs mon inspiration a pati de la “chose” qui lui a redonné naissance cette fois ci.

Je viens de tomber à tout hasard sur >>un article< < qui traitait des raisons à cause desquelles les jeunes voulaient continuer leur master, voire même leur thèse, et cet article a notemment évoqué les raisons qui poussaient certains à entamer leur troisième cycle à l’étranger et ils attribuent ca à, je cite, ” “Un bon nombre de nos enseignants sont diplômés de l’étranger, pourquoi pas nous?”. C’est dire que le phénomène du suivisme joue un rôle en la matière, sans oublier ce fameux complexe de l’étranger qui persiste dans la mentalité de plusieurs de nos concitoyens.”

Et bein, vraiment chapeau, c’est comme si c’était là “LA” raison.

Demandez en plutot la cause à bon nombre de thésards qui ont abandonné leurs thèses en cours de route, par omission de leurs superviseurs, ou de brillants étudiants qui ont du abandonner dès leur master à cause des profs qui les “harcèlent verbalement” de gagner leur vie en parallèle de leurs études ainsi que le fait qu’ils refusent de les encadrer parceque jsutement il ne se consacreraient pas entièrement à leurs “mémoire”, chose qui prendrait même pas quatre mois de travail,mais qui prend parfois plus qu’une année de travail parceque les profs “sont occupés”, “ou ont trop de choses à faire u leur position”.

Ah oui? Trop occupés? Comment ca, et dire que vous vous acharnez sur vos thésards et leur dites de ne pas prendre de contrats en attendant qu’ils avancent dans leur thèse (oui, un jeune de 25 ans devrait demander encore son argent de poche chaque début de semaine de ses parents, chose qui suggère que ses parents ont les minimum de moyens pour ce faire, alors que en moyenne ils se préparent à partir en retraite, tranquilles d’avoir ). De plus, vous vous chrnez sur les étudiants des autres pour qu’ils vous préparent les tp, assurent les TD et pour quoi pas préparer les cours, dont vous ne donnez aucune indication du contenu pédagogique, ou même de ce que devraient apprendre les étudiants de ces matières, afin d’assurer une formation omgène pour tous les étudiants de la meme spécialité dans différentes institutions. Ah oui, et certains profs qui se pavanent, et qui insistentn sur leurs étudiants de faire des articles, ainsi se grantir leurs nom sur un ou deux papiers, surlesquels il n’auraient rien apporté que du blabla de mise en forme. (9allou occupé)

Autre point que je voulais plus ou moins dénoncer==> “Le bon point qui fait plaisir, c’est que du côté des professionnels et de nos entreprises, que vous soyez “mastérisés” localement ou d’un pays étranger, vous serez accueillis de la même manière. Et c’est le plus important.”. D’accord c’est bien beau ça, “but the point is” (désolée, mais je trouve cete expression la plus adaptée pour exprimer mon idée ici :D ) que le fait d’avoir son master de recherche les entreprises s’en moquent ici, tu ne peux rien apporter à une entreprise si tu ne justifie pas d’expérience professionnelle, ca j’en respecte la motivation, mais on s’en saurait arrété à avoir sa maitrise ou son diplome d’ingénieur et fait kelkes stages pour justement acquérir cette expérience.
Mais si on se consacre à la recherche uniquement, ca ne rapporte pas beaucoup et des conditions doivent être respectées pour voir cette bourse de recherche, disons symbolique. L’une de ces conditions, est le fait de justifier d’un avancement dans sa thèse, chose qui n’est pas toujours évidente et j’en ai cité une des raisons qui freinent cet avancement. D’autre part si on se consacre à l’enseignement au niveau du supérieur, certes ca rapporte un peu, mais au dépend de quoi, de se plier en deux, en essayant d’assurer un bon enseignement aux étudiants receveurs d’une part, assurer la tache de vos supérieurs “pédagogiques” et bien sur essayer d’avancer dans votre thèse à temps, chose sans laquelle vous risquez de vous retrouver sans emploi car vous ne passez pas le concours d’assistanat vu que ca freine du cote de la thèse, et par la suite vous retrouver avec une dépression nerveuse et à la reherche d’un emploi à 30 ans, chose que vous auriez pu faire ca fait 6 ans auparavant, et que si vous l’aviez fait vous aurez un salaire adéquat et encore toutes vos neurones.

A bon entendeur…

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Ecce Homo

Barack Obama par Richard Avedon 2004. Copyright : NewYorker.com

Big boss
Barack Obama est désormais le président élu du pays le plus puissant du monde, ce qui veut dire, en d’autres termes, le président du Monde comme l’ont dit un grand nombre de moyens d’information. Obama a le même âge que moi (et de mon frère jumeau) et cela me pousse à la réflexion ! Et si j’étais à sa place ? Vous vous rendez compte ; avoir le code de mise à feu de l’arme nucléaire, et la liberté de s’en service, être en mesure de protéger efficacement l’environnement, posséder la décision d’envoyer – dans une dizaine d’années – un homme vers Mars (et évidemment le ramener vivant), la liberté d’arrêter la guerre en Afghanistan et en Irak, posséder les moyens de trouver une solution équitable pour résoudre le conflit en Proche-Orient…tant de puissance dans les mains d’un seul homme !
Heureusement ce n’est pas moi, car aujourd’hui je tiens jalousement à ma quiétude. Et demain, quand viendra le temps du bilan, on reprochera ce qui n’a pas été réussi et ce, nonobstant le pouvoir détenu !
Derrière mon PC ou mon appareil photo, je possède aussi une certaine puissance, chroniqueur (ou bloggeur), celui de décider d’arrêter de rédiger ce texte, de le continuer en changeant à chaque phrase de sujets ou de mentir.
Photographe ! Qui peut m’empêcher de prendre un appareil photo et de jouer aux paparazzi, d’accoler une légende erronée à une photo où vous figurez en bonne place en détournant complètement son sens ou de surcoter mes photos lors de ma prochaine exposition ?
Mais partout et en tout temps, les garde-fous ainsi que les contre-pouvoirs ont existé. D’une manière ou d’une autre, les décideurs n’ont jamais joui d’une totale liberté d’action. Obama ne peut faire sans les autres institutions, en place dans toutes démocraties, sans parler des forces occultes et des réseaux d’influence.
Quant à moi, si je dévie du sujet auquel ce blog est dédié, ou si, par malheur mes textes deviennent extravagants, je risque de ne plus être lu. Paparazzi, je tomberais sous le coup de la loi pour le moindre délit de droit à l’image. Une photographie surestimée attirerait le ridicule d’autant plus que c’est son auteur qui en est le responsable.
Voyez-vous où cela me mène-t-il quand je n’ai pas d’exposition à critiquer sous la main ou de viseur d’un appareil photo à portée d’yeux ! Revenons à notre sujet Obama…et son portrait.

A l’article de la vie
Voici, des extraits d’un article signé Jean-Jacques Naudet, paru le 4 novembre 2008 en page 24 de mon journal préféré Le Monde :

QUAND AVEDON CADRAIT OBAMA
A Washington, une formidable exposition des portraits pris par le photographe américain, mort en 2004.

Photographie
Washington

Envoyé spécial

Un portrait de Barack Obama : c’est l’ultime image du dernier reportage du photographe Richard Avedon, paru dans le New Yorker quelques semaines après sa mort, en 2004. C’est la dernière photographie de la formidable exposition intitulée « Avedon, Portraits of Power », organisée à la Corcoran Gallery de Washington, jusqu’au 25 janvier 2009.

L’article est conclu par…


En 2004 enfin, c’est Democracy, un audit photographique de l’Amérique à la veille de l’élection présidentielle. La dernière photo est celle d’un jeune sénateur Noir de l’Illinois, Barack Obama. Richard Avedon est victime d’une hémorragie cérébrale pendant la réalisation du reportage. Il meurt à l’âge de 81 ans. Helmut Newton et Henri Cartier-Bresson sont morts quelques mois auparavant. L’essai est publié, bien incomplet, le 1e novembre 2004.

Avez-vous noté que Le Monde se permet le luxe de dépêcher un envoyé spécial pour couvrir une exposition de photographie de l’autre côté de l’Atlantique ? Signalons au passage qu’une grande rétrospective Avedon fut organisée au début de l’automne à Paris et que toutes les photos exposées à Washington sont consultables sur le net ainsi que dans des ouvrages spécialisés.
Dans les deux phrases inaugurales de l’article, le signataire accumule les mots dont la connotation est sans équivoque : «Ultime image», «quelques semaines après sa mort », «c’est la dernière photographie». Le papier est conclu sur une note semblable ; «dernière photo», « victime d’une hémorragie cérébrale», « il meurt », «Helmut Newton et cartier Bresson sont morts» et «l’essai est publié incomplet».
L’idée de Jean-Jacques Naudet de souligner d’une manière significative l’héritage artistique d’un grand portraitiste est beaucoup plus que flagrante. Le fond de l’article est un condensé du parcours du photographe, passant d’un magazine à un autre en voyant défiler devant son objectif des tops modèles ou des personnalités politiques. Aucune mention de l’exposition visitée ni de l’affluence du public ou de la réaction de la critique américaine. L’article est illustrée par le portrait de Barack Obama, l’auteur n’en souffle pas un mot…ci après le mien.

Le sens des gens

Qu’est ce qu’un portrait, photographique cela s’entend ? Une réactualisation de la présence d’une personne ? Une illustration de sa vie, tout comme un patronyme ? Un «Ecce Homo» ? Une dénonciation ? Une mise à nu ? Un écorché vif ? Une radiographie ?
Un portrait c’est tout cela à la fois. Mais certains portraits renferment une ambition quand tous les autres ne sont qu’un simple passif. Celui de Barack Obama est un de ceux là, sans que son auteur Richard Avedon en fut un visionnaire ou un prophète.
Quand un jeune sénateur, sémillant juriste, ambitieux politicien, au physique de sportif et à la figure de jeune premier de cinéma, se présentant dans votre studio de prise de vue avec une démarche dansante, la voix d’un avocat sûr de sa plaidoirie et le regard d’un adolescent – un pied dans le rêve et l’autre dans la réalité – vous tombez sous le charme. Le personnage – remake de James Steward dans «Monsieur Smith au Sénat» ou clone de JFK – attire particulièrement l’attention, cela n’a pas dû échapper à l’œil du photographe. Avedon, soixante ans de photographie, qui a roulé sa bosse dans un grand nombre de magazines connait la leçon ; côtoyer à longueur de temps de pose, des acteurs, des hommes politiques, des mannequins cela vous donne «le sens des gens ».

Je m’en lave les mains !

Avec une symétrie presque parfaite, aux proportions homogènes et au teint de peau mitoyen entre ses cheveux à la coupe stricte et à sa chemise décontractée, le visage d’Obama signé Avedon est un curriculum vitae accompagné d’une lettre de motivation en bonne et dûe forme d’un homme politique. L’ambition qui gicle des yeux d’Obama, traversant l’objectif pour venir vous hypnotiser, est si intense qu’elle semble avoir appuyé sur le déclencheur. Le choix d’un éclairage flamboyant, la lumière parait se déverser du rebord du cadre, vient souligner le caractère brillant du personnage. Dans un portrait, la pose est un élément primordial de composition, Obama apparait tendre le cou vers l’objectif, voulant franchir la surface du tirage. Tout cela légitime le terme médium – «ce qui se tient entre» – auquel on a recours pour designer la fonction d’intermédiaire qu’occupe la photographie.

Tout comme Ponce Pilate se dégageant de la responsabilité de condamner le Christ, Avedon en refusant d’altérer l’image d’Obama s’en lave aussi les mains en nous le livrant tel quel …a nous d’en être juges.

Le Portrait et moi

J’ai toujours eu une aversion pour pratiquer le portrait. Photographier des scènes de vie en ville, saisir un danseur pendant un entrechat ou signer mon autoportrait ne m’a jamais attiré d’ennuis, en tout cas jusqu’à la rédaction de ces lignes. Aucun danseur, place publique ou situation photographiée ne m’a apostrophé pour protester de sa non-ressemblance avec l’image que j’en ai faite. Mais me mettre devant une personne pour essayer de la cerner dans un rectangle qui sera supposé la réincarner est hors de mes compétences.
Ce que l’on ignore souvent c’est que nous portons tous l’image (pas seulement optique) de nous-mêmes. Cette image est complexe, mélange de traits et d’attraits, vrais ou supposés l’être. Si un portrait fait de nous s’écarte un peu trop de cette image mentale que nous avons, nous le rejetons. Cependant je suppose qu’aucune photographie ne peut être strictement conforme à celle virtuelle que nous avons de nous-mêmes. Le meilleur portrait est celui qui s’en approche le mieux.

Post scriptum

Très souvent la correction stylistique d’un texte n’est qu’une variation, une nuance ou un subtil changement qui ne dénature en rien le fond du texte, c’est ce qui arrive couramment avec les textes rendus par mon père ou par Safi – mon frère jumeau – après lecture et correction.
Mais pour ce texte, Safi propose sa propre conclusion…je vous la livre tel quelle me fut envoyée !!!

Ici manque une chute du genre :

Barack H. Obama ne peut refuser le sien même s’il est à la limite de la photo anthropométrique. En fait, Avedon atteint les ultimes rivages de l’art visuel. Posture en très net retrait pour un photographe, mais qui exprime un choix de neutralité. Aucune sophistication artificielle du sujet. Aucun artifice. Richard Avedon semble lancer à ses compatriotes : «Américains ! Voici votre homme je vous le livre tel qu’il est. Faites-en un roi ou un supplicié. Moi, je m’en vais».
Lourde responsabilité.

Hamideddine Bouali
et Safi pour la conclusion
20 novembre 2008


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Le surmoi de la Photo !!!

Autoportrait pendant la traversée Tunis-Marseille. le 29 Octobre 2008. Powershot de Canon


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Pourquoi un blog ?
Certains d’entres nous, en tous cas les plus chanceux, disposent d’une conscience incarnée dans une personne à qui ils vouent une totale confiance et un profond respect. Cette âme-sœur vous chuchote à l’oreille – avec un réel désintéressement – des vérités aveuglantes, des conseils en or massif et quelques fois des interrogations faussement candides.
Il y a quelques jours lors d’un déjeuner dans un restaurant – qui porte bien son nom – en compagnie de mon alter égo il s’en suivit cet échange :

-Pourquoi tu écris dans ton blog ?

-Je ne sais pas…Je ne me suis jamais posé la question !

-Tu trouves que cela intéresse les gens de te savoir – par exemple – parti en voyage ? ou de leur livrer des épisodes de ta vie privée ?

-Le compteur du blog enregistre à chaque texte publié des centaines d’internautes connectés !!!

Et alors !

-Je pense que celui qui possède un moyen d’expression (photo, peinture, théâtre, cinéma, littérature…) ne peut faire la différence entre sa vie publique et sa vie privée. Un enseignant, un plombier ou un pilote de ligne ne le sont que lors de l’exercice de leur fonction, mais un cinéaste, un poète ou un dramaturge le sont toujours. D’ailleurs a-t-on vu un comédien ou un écrivain à la retraire ? L’œuvre de Picasso (excusez du peu) ne fut-elle pas subdivisée en périodes de couleurs ? Mais aussi selon la compagne qu’il fréquentait !

-Oui je te le concède, mais toi, ton moyen d’expression original ce n’est pas la littérature, c’est la photo et l’écriture cela t’avait servi pour communiquer ta critique, en tous cas ce que tu penses, à propos de la photographie. De là tu t’es trouvé en train d’évoquer des souvenirs d’enfance !!!

-Quand je recommencerai à faire de la photo il se peut que j’écrirai moins…

Puis nous avons repris la dégustation de ce que nous avions commandé.

Distance et Proximité…avec le Mois de la Photo
La 15e édition du Mois de la Photo de Paris se déroule actuellement jusqu’au 30 novembre 2008 et propose – parmi 90 expositions et une centaine en off – les œuvres de l’Ecole de Düsseldorf. L’Institut Goethe qui fête ses cinquante années d’activité en Tunisie nous en propose un volet.
Cet après-midi du samedi 8 novembre, j’étais seul dans l’immense et majestueux rez-de-chaussée du Palais Kheireddine qui fut à deux reprises le cœur des deux éditions du Mois de la Photo de Tunis. Jusqu’au 6 décembre 2008 on peut voir une exposition photo – du couple Becher et de quelques uns de leurs élèves – qui fera date. Notez bien que la locution « faire date » n’est pas un superlatif ! Oui ! Toujours mes manière tordues de signifier les choses…je n’y peux rien, c’est à prendre ou à l’essai (en français dans le texte…à lire et pas à écouter).

Le mardi 22 juillet 2008 dans la vingt-sixième Chronique intitulée « Chère photographie » je disais : « A la question de savoir quelle est la plus haute cote atteinte par une photographie dans une vente aux enchères, la majorité donnera sa langue au chat. Si le montant de la transaction n’est pas très important à connaitre, il en est autrement de son auteur et surtout de son contenu.
Vous vous rendez compte dépenser 3 346,456 de $ (presque 6 milliards de millimes) ! Pour une œuvre qui n’a nécessité que l’action d’un petit doigt sur un minuscule bouton ! ». Après mes classiques élucubration je concluais mon article par : « Le nom d’Andreas Gursky vous dit-il quelque chose ? Sincèrement avant de commencer à chercher les éléments pour rédiger cet article, j’ignorai totalement ce monsieur, heureux élu et signataire de la plus chère photographie…jusqu’à maintenant. Sa photographie fut réalisée dans un super marché !».

Si vous êtes curieux de voir d’autres œuvres de Gursky – mais pas la photo intitulée « 99 cent » qui detient le record – allez visiter l’exposition du Palais Kheireddine. Vous allez vous rendre compte que ce n’est ni les Nymphéas ni Ronde de nuit ! Non ce n’est pas le sempiternelle complexe des photographes par rapport aux peintres qui se manifeste ici (l’en deçà de Freud), mais tout simplement une réaction tout à fait compréhensible à propos de la surcote, ou surestimation, de quelques photographies par rapport à l’humiliante dévalorisation de tant d’autres ! Le marché de la photographie demeure frileux et incohérent.

Perfection technique Vs. sens artistique
Les photos de Gurski sont à n’en point douter intéressantes, d’immense tirages où ni la granulation, ni les pixels ou de traces de trainée d’encre d’une imprimante matricielle ne vient stopper la vue. Vous êtes dans la réalité toute crue. A dire que la directrice des lieux avait permis le sacrilège de perforer les murs pour qu’il nous soit donné à voir un extérieur ; hall de gare, quai de port ou anonyme espace de restauration quelque part en Allemagne. Même si Gurski maitrise à la perfection la technique photographique celle-ci reste tributaire d’un discours sans qu’il soit nécessaire d’être porteur d’un message. Oui effectivement, je reste sur ce point assez rigide car quelle différence pourrait-il y avoir entre une image de Gurski et une autre réalisée par un novice, dans le même lieu, depuis le même angle, même si elle manque de définition ? La photographie ne peut se réduire à une performance technique dénuée d’« humanité ».

Dans le texte traduit du très beau catalogue de l’exposition on peut lire à propos des photos de Gurski : « La perspective rappelle celle qu’utilisaient les peintres hollandais du 17e siècle. Mais l’horizon est obstrué : le regard est ample, puis brusquement arrêté, comme sur la photo (intitulée) « Gêne », où bateaux et containers bouchent l’horizon. Le regard se fixe alors sur les innombrables voitures des voyageurs ». J’ai envie de dire : « et alors » !!! Combien de photographies possèdent le même schéma que « Gêne » ? Des milliers mais malheureusement elles ne sont pas signées Gruski.

Une archéologie du temps
Gurski fut le disciple du couple Becher, Bernd et Hilla, dont on peut voir les œuvres à la même manifestation. Leurs photos sont d’une toute autre nature. Elles sont dans toutes les anthologies et les dictionnaires et pas un historien ne pense rédiger l’histoire de la photo contemporaine sans les aborder. Ils furent maintes fois copiés, suivis, plagiés…leurs prises de vues frontales, avec une précision chirurgicale, dans un noir et blanc d’une grande pureté, avaient fait école. Que de photographes ont capté des stations-services aux États-Unis, des épiceries en Tunisie, des jardins ou des fontaines à Paris furent sous leurs influences directes pour ne pas dire sous leur emprise. Il y va même de portraitistes qui ont calqué leur manière de procéder ainsi que des paysagistes réputés. Les Becher, précédés de peu par August Sander et son “Antlitz der Zeit” (Face au temps), ont inventé la photographie systématique.

Dans un monde voué à deux fléaux imparables : la mondialisation qui gomme les différences et la disparition de paysages longtemps inchangés (urbanistiques, naturels ou industriels), la topologie permet d’abord de rendre compte d’une façon documentaire, loin du sentimentalisme, puis de conserver l’image de l’état du monde à un moment donné. La photographie demeure pour ces deux rôles le seul outil à notre disposition.
Précieux fossiles à conserver jalousement, c’est donc pour des raisons purement anthologiques que cette exposition fera date dans le calendrier des expositions visibles en Tunisie. Aimer ces photographies ou ne pas les apprécier est vraiment secondaire.

Bienvenue au club
Comme je l’ai noté plus haut, les cinq photographes qui exposent au palais Kheireddine sont tous disciples du couple Bernd et Hilla Becher. N’y voyez aucune allusion si je vous annonce que L’Académie d’Art de Carthage située à quelques pas du parc du Belvédère inaugure une nouvelle formule de club photo. Aujourd’hui il n’est plus opportun de procéder comme ce fut le cas dans les années 80. Le temps de l’animateur et des adhérents de la vieille école est révolu.
La nouvelle formule se veut un échange d’idées, de connaissances et d’expériences au sein d’un groupe dont l’objectif est l’acquisition d’un savoir photographique multidisciplinaire. On traitera de la technique, de l’histoire, de la théorie et la critique. Ensemble on ira visiter des expositions, on réalisera des reportages, on se conseillera pour participer à des concours, on se soutiendra pour monter une exposition, on échangera des documents techniques…le club est ouvert à toutes les propositions que le groupe jugera ensemble susceptibles de donner, ou non, un bonus à cette activité.

Le club sera conseillé par Rania, Imed, Karim et moi-même. C’est un club self service !!! Au lieu de devoir imposer un rythme de progression à l’ensemble des adhérents, il sera question ici d’une formation sur mesure. Le surmoi de chacun sera sauf !!!


L’inscription vous donne droit à :

L’utilisation d’un poste Mac avec écran large
L’utilisation d’un studio de prise de vue équipé

Et le conseil de connaisseurs en :

Logiciels graphiques (Photoshop, Corel Photopaint…)
Photographie numérique (prise en main et utilisation des appareils photo)
Lecture et analyse de photographie et commissariat d’exposition
Prise de vue en intérieur et en extérieur.

Adresse : 16 rue Tejfine par l’Avenue des États-Unis d’Amérique
Pour plus d’infos contactez Karim : 20516423 ou Hamideddine : 99 590 578
A partir du samedi 15 novembre 2008
Horaires : samedi de 10h à 18h
Frais d’inscription : 5 Dt
Frais mensuel : 30 Dt

Hamideddine Bouali
10 novembre 2008

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Quand même clôre un quart de siècle c’est quelque chose, mais de la manière dont j’en ai passé la dernière année c’est quelque chose: départ assez difficile: deux ou trois grandes déceptions (mais yen avait une vrai vrai grande, mais avec du recul, bfff c’est rien, mais vraiment rien, c’est pas parceque c’est que c’est quelque chose que j’en aprle encore, mais jusste que je regrette toutes les larmes que j’ai versé dessus et la migraine que j’ai chopé pendant deux smaines durant, heureusement qu’il y a les amis de longue date qui vous sotiennent et vous font oublier tous vos maux :) ), sinon après ca a commencé (dieu merci) à aller mieux: de nouveau rivages, de nouvelles rencontres, c’était assrez enrichissant, et ca a ouvert de nouvelles portes dont je ne doutait!

Ensuite retrouvailles avec le passé ca c’était vraiment un petit moment magique (pourvu que ca dure), le succès, terminer en beauté c’est quelque chose et enfin recu LA RéPONSE qui allait décider de la nouvelle direction à prendre et le nouveau chemin qui se trace pour le novueau quart d siècle que j’entame, du bon pied j’espère, mais à défaut de tomber dans une suprstition stupide et inutile, disons que je suis regénérée et que c’es un nouveau départ qui s’offre à moi,…départ un peu risqué, mais qui vit sans risque et sans se casser la gueule, hein?

Joyeux anniversaire Salma :) Je t’offre cette chanson, laquelle tu tenais tant qu’on te la dédie pour ton anniversaire, mais que personne n’a su que tu la voulais pour otn 25 ème anniversaire, après tout qui doute de ce qui tourne vraiment dans ta tête, ah sacrée tête, tu la déteste parfois, mais tu admires la magie qu’elle te fait découvrir et les nouveaux chemins ou!ù elle te mène!

4 non blodes – What’s up!

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Transports divers

Le Carthage au port autonome de Marseille en partance pour Tunis.Photo Hamideddine Bouali.
Le 30 octobre 2008 à 13h45. Montage de 3 photos avec un petit Powershot de Canon

Je me suis trouvé embarqué sans m’en rendre compte dans une croisière en Méditerranée : un aller-retour Tunis-Marseille – trois jours en tout et pour tout – pour des raisons professionnelles. Je suis en fait mandaté pour faciliter le transfert des concurrents qui participeront à la 9e édition du Grand Prix de Tunis (1e et 2 novembre). Manifestation organisée par la Municipalité de Tunis.
Un beau sujet pour les photographes des sports mécaniques. Il est rare d’avoir dans le collimateur de son appareil photo : une vénérable Bugatti 37, une indomptable Ferrari Testa Rossa ou fait exceptionnel pour la présente édition : une Alfa Roméo P3 celle-là même pilotée à Tunis en 1938 par le légendaire Nuvolari (surnommé le Mantovano volante). Pour les spotter, signalons aussi la présence d’une Alfetta 159 qui a remporté haut la main le premier championnat F1 en 1959.
Un plateau royal pour le 80e anniversaire du Grand Prix de Tunis et les 150 ans de la Municipalité de la capitale. Il sera donc naturellement question dans cette chronique de transports.

Petit inventaire à la Prévert
J’estime avoir emprunté un panel de moyens de transports assez disparate : avions de transport civil pour de fréquents voyages en Europe, avion privé de quatre places pour un petit saut de puce de l’aéroport de Tunis Carthage au centre de vol à voile de Djebel Ressas, là de nombreux vols sur avion- école et une seule fois en planeur, deux baptêmes de l’air sur hélicoptère et puis de nombreux trajets en téléphérique à Alger, un long voyage en train de Tunis à Casablanca, quelques traversées en bac pour aller de Sfax aux Iles Kerkennah ou pour arriver à Djerba. N’oublions pas le parcours quotidien en bus, en métro ou en taxi et d’inoubliables trajets en trains de banlieue. Quelques mètres à dos de chameau ou à dos d’âne, une mémorable cavalcade à cheval et des sorties en mer dans des voiliers d’initiation à la navigation dans un club de vacances à Hammamet. Ah j’allais oublier deux moyens de transports hors normes !!! Le Concorde et la jeep lunaire…effectivement j’ai visité l’avion supersonique français en statique à Orly alors que pour le véhicule lunaire, une copie fut offerte à l’Association Jeunes Science de Tunisie par la N.A.S.A. dans les années soixante-dix, elle y est toujours à son siège à Cité Jardin, Tunis.
Faites le compte de votre part ! Vous allez trouver sûrement cela pittoresque.
Mais, c’est la première fois que j’effectue un voyage en paquebot. Le Carthage est plutôt un Car-ferry, une petite ville flottante, neuf ponts, plus de deux mille passagers, six cents voitures embarquées…malgré les signalétiques de nombreux voyageurs, se trompent d’étages, de couloirs et de chambres.
Je rédige cette chronique en étant confortablement installé au salon du pont supérieur.
A part un léger tremblement, Le Carthage offre un réel confort malgré une mer légèrement turbulente. Ceux qui veulent s’endormir, la berceuse est donc offerte par la compagnie.

Les Bouali ont le pied marin
Les voyages en mer évoquent évidement toute la production littéraire et cinématographique que tout le monde connaît. Comment ne pas penser à l’Odyssée d’Homère ? D’ailleurs, il faudrait l’évoquer encore une fois car un ferry avec ce qu’il transporte dans ses cales est une belle réactualisation du célèbre mythe du Cheval de Troie !!! Comment ne pas avoir à l’esprit la tragédie du Titanic et son inoubliable film réalisé par James Cameron ? Aux Naufragés du Poséidon (projeté l’année dernière dans une salle de cinéma de Tunis)? À La Croisière du Navigateur avec l’imperturbable Buster Keaton ? A la dernière scène de La Ruée vers l’or ? Aux milles millions de milles sabords du colérique Capitaine Haddock ou aux extravagances de Némo ? A Moby Dick de Melville ? Si mon jumeau était à ma place il ajouterait le long chapitre de son roman Terre promise texane, consacré à Santa Maria le vaisseau amiral de Christophe Colomb.
Il parait qu’un lointain parent entretenait un commerce florissant – par voix maritime – avec les Indes au point qu’il porta le surnom d’el Hendi (l’indou) ? Alors que de lointains aïeux avaient amassé une petite fortune en exportant du sel et en important des produits manufacturés avec justement Marseille.
Alors sans avoir lu et vu les livres et les films cités plus haut, je fais un peu partie des gens de la mer puisque j’ai hérité du coté de la famille de mon père – à part une plume (ou clavier) facile (à ce que l’on dit), le pied marin. En attendant de découvrir d’autres qualités cachées.

D’autres transports
Emprunter un aéronef n’est en rien valorisant, mais le transport dans le sens figuré du terme cela pourrait vous mener très loin !!! Là, pas besoin de titres de transport, réservations, ou visas et l’excédent de poids n’est même pas taxé. Sans bouger, vous vous retrouvez emporté par vos sentiments, ballotté par vos sensations, et s’il survient un certain mal il est souvent beaucoup plus désagréable que le celui ressentie en mer ou en l’air. Que de corps partis dans des longs voyages en laissant leurs âmes ancrées profondément dans un port d’attache bien sécurisants !
C’est la civilisation judéo-chrétienne qui a voulu attacher au corps, avec ses inévitables faiblesses, l’âme et ses soubresauts. Vers l’Orient (tiens, encore une fois les Indes) tous ceci n’a aucun sens, car pour ces peuples sentir, aimer, souffrir, méditer n’a presque pas de lien avec se nourrir, travailler ou même mourir. J’arrête ici cette chronique. Suis-je victime non pas du mal de mer mais de celui des hauteurs – à l’instar des alpinistes – il est vrai qui je suis juché au
Pont neuf (les cinéphiles se rappelleront le film du très rare Léo Carax) euphorie et panique peuvent se manifester à tout moment ou pire s’alterner.

Une heure et demie à Marseille
Au moment où j’écris ces lignes Le Carthage est à quelques miles du Golfe de Tunis. La traversée allée fut mouvementée, une mer démontée et un vent assez fort. J’ai consulté mon encyclopédie embarquée à propos de l’échelle de Beaufort. J’estime que cela atteignit l’indice 7 sur une échelle plafonnée à 12. Des vagues hautes ont malmené le bateau, malgré sa masse le roulis et le tangage ont obligé plus d’un à se confiner dans sa cabine. A part le faite qu’il fallait tenir la balustrade pour ne pas glisser, ce qui était plus amusant que désagréable, le mouvement du bateau n’avait aucune influence sur moi.
Le personnel naviguant fut au petit soin, serviable et la plus-part du temps souriant. Ils ont contribué à rendre la croisière – malgré l’exécrable météo – convenable. Le comandant du bateau a même mis gracieusement à la disposition de certains voyageurs des cabines afin de se reposer. Il est vrai que la salle des fauteuils n’était pas indiquée pour ceux qui étaient sensibles au mal de mer. Situé juste à la proue du bateau, elle subissait des amplitudes plus importantes qu’à l’arrière.
Arrivée en rade de Marseille à midi et demi et en prévision d’un ré-embarquement vers Tunis à 14h, il ne me resta qu’une heure pour faire quelques emplettes dans la ville phocéenne, surtout des coups de cœurs désirés depuis un certain temps et ce petit voyage m’avait permit d’en réaliser quelques uns !!!

Le 31 au soir, j’étais déjà à Tunis, je retrouve mon cher blog avec la symbolique barre des 10000 connectés dépassée. Merci d’être aussi nombreux à lire mes textes.

Tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37 pilotée magistralement par Dominique Baldi.
Photo (depuis le siège passager) Hamideddine Bouali. le 2 Novembre 2008. 16h50. Nikon D 200.

Quant je faisais le compte des moyens de transports empruntés au début de cette chronique je ne savais pas que quelques jours plus tard j’allais faire le tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37. Souvenir inoubliable dans une mythique automobile ; la Leica des voitures de sports. Chassez le naturel il revient au galop ! Promis ! La prochaine chronique sera entièrement photographique.

Hamideddine Bouali
5 novembre 2008

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