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(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html
Robert Mitchum dans une célèbre scène de la nuit du chasseur de Charles Laughton (1955)
Autoportrait pendant la traversée Tunis-Marseille. le 29 Octobre 2008. Powershot de Canon
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Pourquoi un blog ?
Certains d’entres nous, en tous cas les plus chanceux, disposent d’une conscience incarnée dans une personne à qui ils vouent une totale confiance et un profond respect. Cette âme-sœur vous chuchote à l’oreille – avec un réel désintéressement – des vérités aveuglantes, des conseils en or massif et quelques fois des interrogations faussement candides.
Il y a quelques jours lors d’un déjeuner dans un restaurant – qui porte bien son nom – en compagnie de mon alter égo il s’en suivit cet échange :
-Pourquoi tu écris dans ton blog ?
-Je ne sais pas…Je ne me suis jamais posé la question !
-Tu trouves que cela intéresse les gens de te savoir – par exemple – parti en voyage ? ou de leur livrer des épisodes de ta vie privée ?
-Le compteur du blog enregistre à chaque texte publié des centaines d’internautes connectés !!!
Et alors !
-Je pense que celui qui possède un moyen d’expression (photo, peinture, théâtre, cinéma, littérature…) ne peut faire la différence entre sa vie publique et sa vie privée. Un enseignant, un plombier ou un pilote de ligne ne le sont que lors de l’exercice de leur fonction, mais un cinéaste, un poète ou un dramaturge le sont toujours. D’ailleurs a-t-on vu un comédien ou un écrivain à la retraire ? L’œuvre de Picasso (excusez du peu) ne fut-elle pas subdivisée en périodes de couleurs ? Mais aussi selon la compagne qu’il fréquentait !
-Oui je te le concède, mais toi, ton moyen d’expression original ce n’est pas la littérature, c’est la photo et l’écriture cela t’avait servi pour communiquer ta critique, en tous cas ce que tu penses, à propos de la photographie. De là tu t’es trouvé en train d’évoquer des souvenirs d’enfance !!!
-Quand je recommencerai à faire de la photo il se peut que j’écrirai moins…
Puis nous avons repris la dégustation de ce que nous avions commandé.
La 15e édition du Mois de la Photo de Paris se déroule actuellement jusqu’au 30 novembre 2008 et propose – parmi 90 expositions et une centaine en off – les œuvres de l’Ecole de Düsseldorf. L’Institut Goethe qui fête ses cinquante années d’activité en Tunisie nous en propose un volet.
Cet après-midi du samedi 8 novembre, j’étais seul dans l’immense et majestueux rez-de-chaussée du Palais Kheireddine qui fut à deux reprises le cœur des deux éditions du Mois de la Photo de Tunis. Jusqu’au 6 décembre 2008 on peut voir une exposition photo – du couple Becher et de quelques uns de leurs élèves – qui fera date. Notez bien que la locution « faire date » n’est pas un superlatif ! Oui ! Toujours mes manière tordues de signifier les choses…je n’y peux rien, c’est à prendre ou à l’essai (en français dans le texte…à lire et pas à écouter).
Le mardi 22 juillet 2008 dans la vingt-sixième Chronique intitulée « Chère photographie » je disais : « A la question de savoir quelle est la plus haute cote atteinte par une photographie dans une vente aux enchères, la majorité donnera sa langue au chat. Si le montant de la transaction n’est pas très important à connaitre, il en est autrement de son auteur et surtout de son contenu.
Vous vous rendez compte dépenser 3 346,456 de $ (presque 6 milliards de millimes) ! Pour une œuvre qui n’a nécessité que l’action d’un petit doigt sur un minuscule bouton ! ». Après mes classiques élucubration je concluais mon article par : « Le nom d’Andreas Gursky vous dit-il quelque chose ? Sincèrement avant de commencer à chercher les éléments pour rédiger cet article, j’ignorai totalement ce monsieur, heureux élu et signataire de la plus chère photographie…jusqu’à maintenant. Sa photographie fut réalisée dans un super marché !».
Si vous êtes curieux de voir d’autres œuvres de Gursky – mais pas la photo intitulée « 99 cent » qui detient le record – allez visiter l’exposition du Palais Kheireddine. Vous allez vous rendre compte que ce n’est ni les Nymphéas ni Ronde de nuit ! Non ce n’est pas le sempiternelle complexe des photographes par rapport aux peintres qui se manifeste ici (l’en deçà de Freud), mais tout simplement une réaction tout à fait compréhensible à propos de la surcote, ou surestimation, de quelques photographies par rapport à l’humiliante dévalorisation de tant d’autres ! Le marché de la photographie demeure frileux et incohérent.
Les photos de Gurski sont à n’en point douter intéressantes, d’immense tirages où ni la granulation, ni les pixels ou de traces de trainée d’encre d’une imprimante matricielle ne vient stopper la vue. Vous êtes dans la réalité toute crue. A dire que la directrice des lieux avait permis le sacrilège de perforer les murs pour qu’il nous soit donné à voir un extérieur ; hall de gare, quai de port ou anonyme espace de restauration quelque part en Allemagne. Même si Gurski maitrise à la perfection la technique photographique celle-ci reste tributaire d’un discours sans qu’il soit nécessaire d’être porteur d’un message. Oui effectivement, je reste sur ce point assez rigide car quelle différence pourrait-il y avoir entre une image de Gurski et une autre réalisée par un novice, dans le même lieu, depuis le même angle, même si elle manque de définition ? La photographie ne peut se réduire à une performance technique dénuée d’« humanité ».
Dans le texte traduit du très beau catalogue de l’exposition on peut lire à propos des photos de Gurski : « La perspective rappelle celle qu’utilisaient les peintres hollandais du 17e siècle. Mais l’horizon est obstrué : le regard est ample, puis brusquement arrêté, comme sur la photo (intitulée) « Gêne », où bateaux et containers bouchent l’horizon. Le regard se fixe alors sur les innombrables voitures des voyageurs ». J’ai envie de dire : « et alors » !!! Combien de photographies possèdent le même schéma que « Gêne » ? Des milliers mais malheureusement elles ne sont pas signées Gruski.
Gurski fut le disciple du couple Becher, Bernd et Hilla, dont on peut voir les œuvres à la même manifestation. Leurs photos sont d’une toute autre nature. Elles sont dans toutes les anthologies et les dictionnaires et pas un historien ne pense rédiger l’histoire de la photo contemporaine sans les aborder. Ils furent maintes fois copiés, suivis, plagiés…leurs prises de vues frontales, avec une précision chirurgicale, dans un noir et blanc d’une grande pureté, avaient fait école. Que de photographes ont capté des stations-services aux États-Unis, des épiceries en Tunisie, des jardins ou des fontaines à Paris furent sous leurs influences directes pour ne pas dire sous leur emprise. Il y va même de portraitistes qui ont calqué leur manière de procéder ainsi que des paysagistes réputés. Les Becher, précédés de peu par August Sander et son “Antlitz der Zeit” (Face au temps), ont inventé la photographie systématique.
Dans un monde voué à deux fléaux imparables : la mondialisation qui gomme les différences et la disparition de paysages longtemps inchangés (urbanistiques, naturels ou industriels), la topologie permet d’abord de rendre compte d’une façon documentaire, loin du sentimentalisme, puis de conserver l’image de l’état du monde à un moment donné. La photographie demeure pour ces deux rôles le seul outil à notre disposition.
Précieux fossiles à conserver jalousement, c’est donc pour des raisons purement anthologiques que cette exposition fera date dans le calendrier des expositions visibles en Tunisie. Aimer ces photographies ou ne pas les apprécier est vraiment secondaire.
Comme je l’ai noté plus haut, les cinq photographes qui exposent au palais Kheireddine sont tous disciples du couple Bernd et Hilla Becher. N’y voyez aucune allusion si je vous annonce que L’Académie d’Art de Carthage située à quelques pas du parc du Belvédère inaugure une nouvelle formule de club photo. Aujourd’hui il n’est plus opportun de procéder comme ce fut le cas dans les années 80. Le temps de l’animateur et des adhérents de la vieille école est révolu.
La nouvelle formule se veut un échange d’idées, de connaissances et d’expériences au sein d’un groupe dont l’objectif est l’acquisition d’un savoir photographique multidisciplinaire. On traitera de la technique, de l’histoire, de la théorie et la critique. Ensemble on ira visiter des expositions, on réalisera des reportages, on se conseillera pour participer à des concours, on se soutiendra pour monter une exposition, on échangera des documents techniques…le club est ouvert à toutes les propositions que le groupe jugera ensemble susceptibles de donner, ou non, un bonus à cette activité.
Le club sera conseillé par Rania, Imed, Karim et moi-même. C’est un club self service !!! Au lieu de devoir imposer un rythme de progression à l’ensemble des adhérents, il sera question ici d’une formation sur mesure. Le surmoi de chacun sera sauf !!!
L’inscription vous donne droit à :
L’utilisation d’un poste Mac avec écran large
L’utilisation d’un studio de prise de vue équipé
Et le conseil de connaisseurs en :
Logiciels graphiques (Photoshop, Corel Photopaint…)
Photographie numérique (prise en main et utilisation des appareils photo)
Lecture et analyse de photographie et commissariat d’exposition
Prise de vue en intérieur et en extérieur.
Pour plus d’infos contactez Karim : 20516423 ou Hamideddine : 99 590 578
A partir du samedi 15 novembre 2008
Horaires : samedi de 10h à 18h
Frais d’inscription : 5 Dt
Frais mensuel : 30 Dt
Hamideddine Bouali
10 novembre 2008
Vous vous rendez compte dépenser 3 346,456 de $ (presque 6 milliards de millimes) ! Pour une œuvre qui n’a nécessité que l’action d’un petit doigt sur un minuscule bouton !
On peut penser que le sujet est exceptionnel. Le négatif, ou même un tirage, de la photo signé Aldrin d’un pas de l’homme sur la lune. Oui d’un pas, selon les documents filmés de la N.A.S.A., Aldrin ne pouvait surement pas photographier la trace du premier pas d’Armstrong, qui fut tout de suite effacé par les siens quand il descendit – dix neufs minutes plus tard – de la passerelle. Et si c’est un incunable ; photographie réalisée à l’aube de l’ère photographique, qu’un tenace chercheur a dénichée dans un grenier d’une résidence secondaire en province ? Cartier Bresson aurait-il en expirant son dernier souffle réalisé son autoportrait en signant un « ultime et mortuaire moment décisif » ? Non ! A ce prix là cela ne peut être qu’un « Nu à Yosemite Valley » signé de deux mains – ou index – d’Edward Weston et d’Ansel Adams. Imaginez-vous ce que cela donne que d’associer ces deux maitres, chacun dans sa spécialité, dans une oeuvre commune ? Je me trompe encore.
Cela ne peut être qu’une vue du « depository school book », depuis lequel Lee Harvey Oswald aurait (!) tiré sur le président Kennedy le 22 novembre 1963, puisque on y regardant mieux on décèle un second canon d’un fusil et sa lunette de visée deux étages en dessous !!! Une photo-pièce-à-conviction qui élucidera une énigme de près un demi-siècle.
Mais non je me perds encore dans mes fantasmes de photographe…Dois-je moi aussi donner ma langue au chat ? Non ! Je tente une dernière réponse. Au prix où ils en sont les clichés volés des paparazzis, pouvant atteindre des sommes faramineuses, la dernière photo de Diana et de Dodi, recroquevillés sur eux-mêmes et se tenant la main, pourrait valoir à son auteur un chèque mirobolant.
Le nom d’Andreas Gursky vous dit-il quelque chose ? Sincèrement avant de commencer à chercher les éléments pour rédiger cet article, j’ignorai totalement ce monsieur, heureux élu et signataire de la plus chère photographie…jusqu’à maintenant. Sa photographie n’est ni une prouesse technique due à son savoir faire, ni la « fixation » d’un moment historique, ni une image people et étant né en 1959 il ne pouvait logiquement pas signer une photographie réalisée plus d’un siècle auparavant. Sa photo fut réalisée dans un super marché !
La photographie est le seul domaine (tout art confondu) où l’outil peut atteindre la cote des œuvres produites avec. On n’a jamais rencontré dans les ventes aux enchères des stylos valoir des manuscrits ou des pinceaux atteindre la cote des tableaux de peinture. Que peut valoir la table à dessin de Le Corbusier, le burin de Rodin ou le crayon d’Hergé ? Pas grand-chose je suppose par rapport. Mais un appareil photo c’est parfois un trésor. < ?xml:namespace prefix = o />
Un daguerréotype, ancienne dénomination de l’appareil photo, a été vendu il y’a tout juste un an aux prix de 576 600 euros (Cela fait plus d’un milliard de nos millimes !) lors d’une vente aux enchères à Vienne en Autriche, devenant ainsi l’appareil photo le plus cher au monde. Mais pourquoi ce mirobolant prix ?
Cette précieuse est vénérable pièce est âgée de 170 ans, La Galerie Westlicht, où s’est déroulée la vente, note qu’elle fut fabriqué et commercialisé en 1839. C’est un acheteur anonyme ayant suivi les enchères via l’internet qui a fini par acquérir cette pièce très convoitée par les collectionneurs..
La mise a pris de cet appareil unique et dans son état d’origine avait été fixée à 100.000 euros. Avant les enchères, certains experts avaient laissé entendre que le prix pourrait atteindre le million d’euros. Les offres sont venues de Corée du Sud, du Japon, des États-Unis et de France, ont souligné les organisateurs de la vente. L’appareil sommeillait depuis 1940 dans un grenier à Munich (Allemagne), où le fils du propriétaire, Wolfgang Haase, l’a récemment découvert. Pour Michel Auer, photographe et historien suisse de la photographie, qui a expertisé la chambre c’est “le seul exemplaire connu de ce fabricant”. La découverte de cet appareil vient confirmer un mythe de l’histoire de la photographie. Jusqu’à présent, les spécialistes connaissaient l’existence des appareils de la marque Susse grâce à plusieurs modes d’emploi et des publicités dans deux journaux parisiens parues les 23 août et 5 septembre 1839, soit quelques jours avant la première publicité pour l’appareil de Giroux. Mais jamais aucun appareil n’avait été trouvé.
Une affiche qui donne le ton
Trois mails, de trois photographes, sont venus confirmer qu’une même œuvre peut susciter des avis antinomique. De Tunis, Jacques Pérez, trouve l’œuvre de Adel Megdich : « Pleine de poésie et de rêves, elle est élégante avec ce qu’il faut d’onirisme pour suggérer l’idée d’évasion que toute image recèle. Et puis voilà que « LA» (je respecte la typographie du mail) photographie se décline au féminin n’était pas trop tôt. Félicitation à Adel Megdich et à l’équipe qui a fait le choix de cette belle œuvre ». De Nabeul, Marwan Trabelsi, a été : « négativement surpris…. ». Il ajoute : « on dirait une affiche d’exposition de peinture », et se demande si ; «c’est une rencontre photographique où sont passées vos photos ??? ». Il fini par nous supplier de ne pas « publier cette médiocrité pendant qu’il est temps !!! ». Marwan, accompagne son mail d’une bonne dizaine d’affiches qu’il trouve, lui, intéressantes. De Varsovie, Natalia Jaskula, photographe, pense que : « l’affiche est, comme chaque année, ravissante !!! Mais vraiment magnifique ! Sérieux ».
Si les avis sont partagés à propos du choix de l’affiche au point que l’on pourrait se demander si c’est bien de la même affiche que l’on parle, on devrait s’attendre au même phénomène à propos des expositions que l’on a sélectionner parmi celles reçues.
Une dépêche de l’Agence France Presse annonce le décès du photographe américain Cornell Capa, frère du célèbre fondateur de l’agence photo Magnum Robert Capa, à l’âge de 90 ans. Cornell Capa, photographe à Magnum depuis 1954, avait fondé en 1974 le Centre International de 
Portrait de Robert Capa par son frère Cornell
Né en Hongrie, il avait rejoint en 1936 son frère à Paris, avant de venir vivre aux États-Unis l’année suivante. Employé au labo du magazine Life, il publiait sa première photo en 1938 dans le magazine britannique Picture Post. Naturalisé américain en 1944, il intégrait alors l’équipe photo de Life. Après la mort de son frère en 1954, Cornell Capa avait rejoint Magnum, qu’il présidera. Le photographe a réalisé de nombreux reportages au cours de sa carrière, en Amérique latine et en URSS notamment. Il a également couvert plusieurs campagnes électorales aux États-Unis dont celle de John F. Kennedy, à qui il a consacré un ouvrage.
Hamideddine Bouali