S-NOCTURNUS posted a photo:

I took this shot yesterday at Sidi bou said town , there was like a festival that takes place in this town every year , I saw this man who has a very interesting face , I’ve taken a portrait of him and this hand-portrait while he was walking..I’m going back there today too , and I will try to take a better portrait of him because I wasn’t fully satisfied with the one I have after seeing it on the comp in full size..So this is his hand and hopefully the next post will be a good portrait
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- August 10th, 2009
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breakbeat posted a photo:

Photos taken in/around Monument in London, weak photo… we found this funny as there is the weak subway sign and down the street is a sunway sandwich place. Easily amused we are.
- May 3rd, 2009
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Exposer n’est pas (nécessairement) festoyer
Chronique des chroniques
Il parait que j’en fait trop ! On me l’a fait vaguement savoir. Puis on me l’a dit parce que je ne l’ai pas compris du premier coup. Quand je me mets à travailler j’oublie le passage des jours, si je veille tard j’enjambe des minuits de suite, suivis d’une très grasse matinée. Dans mes écrits les superlatifs se suivent et se rattrapent. Si j’aime, je couve puis j’étouffe, mais ici qui peut le plus ne peut pas forcément être capable du moins, parce que je ne sais pas haïr. Je parle sans ponctuation et celui qui m’écoute risque de se demander : “où veut-il en venir ?”. Outrance en tout, au point que de mes paroles on retient moins la substance que la forme. Alors que faire ? Revoir ma façon de vivre, d’écrire, de parler ? ou bien garder tout en place et dire tout haut :”Cette outrance c’est moi, ce que je suis, ce que je fais et je n’y peux rien ?” .
Le 25 avril remise du prix littéraire Le Comar d’Or. Safi, mon frère jumeau, présentait son livre (1). En deux mots et un chiffre cela parle de la navette spatiale, de Palestine et du chiffre 17 (j’ai tenu parole). Le lendemain ce blog enregistra le 17000e visiteur. Si je vous dis que Safi et moi avons commencé nos entreprises– lui son roman et moi mon blog – sans nous concerter en juin 2006 il y a de quoi s’interroger sur la numérologie.
Dommage que le jury a raté une occasion de reconnaitre un premier grand anti-roman, il méritait un prix spécial, celui que l’on remet à une œuvre qui transgresse les conventions. Peut-être que Safi a trop désobéi, il aurait dû attendre 2023 !
Le toujours présent Jacques Pochart – qui m’écrit et réagit à chaque texte – trouve qu’il fallait oser…parler de Marilyn (2) et ce malgré tout ce qui a été dit à son sujet, d’autre part il félicite lui aussi Jenaina pour sa rédaction (3) et espère que les jeunes de Palestine et d’Israël aient comme elle de la clairvoyance, qualité qui manque aux adultes.
La jetée. Photographie Hamideddine Bouali
Rade de Marseille depuis Le Carthage le 31 octobre 2008
Alerte
Je reçois quotidiennement des dizaines d’alertes Google. Je vous conseille de faire de même : demander à Google de vous envoyer toutes les fois que cela parait dans le web un mot que vous aurez choisi. “Photographie” peut très bien vous être signalé quand on annonce un concours, une exposition, un nouvel appareil ou la parution d’un livre. Mais il se peut que vous receviez un mail intitulé : “Cette étude est une photographie objective du chômage en France” !
Une alerte-Google est venue perturber ma journée. Sur le site Rue89, Louis Mesplé signe un texte intitulé «A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris ». L’auteur s’insurge contre l’exposition « Controverses » qui se tient en ce moment à Paris en ces termes : « Vous êtes aujourd’hui accrochée ( l’auteur parle de la photo de Masha Bruskina pendue par les nazis en 1941) au milieu d’un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d’une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d’un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l’horreur : une victime d’un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d’Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d’un vautour, les prisonniers d’Abou Ghraib, des fusillés, des décapités… ».
En fin d’article l’auteur évoque les derniers instants de la suppliciée et les compare à ce qu’il ressent à la sortie de l’exposition : « Des témoins qui vous ont connue parlent d’une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j’emploierai pour définir cette exposition ».
Controverses est une exposition sur la mort
J’ai maintes fois évoqué le cas des photographies scandaleuses et je m’interroge toujours autant sur les circonstances de leur réalisation que sur la manière de les exposer…parce qu’il faut finir par les montrer un jour ou l’autre. Depuis l’organisation de l’exposition Controverses l’année dernière à Lausanne et sa reprise maintenant à Paris on peut dire qu’elle a fait couler beaucoup d’encre (4) mais rarement comme l’a fait Mesplé.
Le problème n’est pas ici l’exposition de la photographie de Masha suppliciée mais le fait qu’elle le soit à proximité d’autres moins funestes et surtout dénué du caractère documentaire considéré par l’auteur comme étant prioritaire.
« Controverses » ressemble à toute salle d’attente. Les photographies exposées se parlent comme des inconnues n’ayant de points communs que cet instant particulier où leurs rendez-vous se sont chevauchés. Après, qui sait si elles se reverront un jour. Devons-nous leur demander de sympathiser ou de se ressembler ? La comparaison vous semble exagérée ? Une exposition-compilation est à l’image de toute manifestation collective. Lisez le synopsis des films concourants pour la Palme d’Or de Cannes, ou le résumé des romans en lice pour le Comar d’Or, et vous serez étonnés par la diversité des sujets traités.
A Cannes le vrai faux documentaire (Moore), l’amourette à l’eau de rose, le film français de service, la superproduction Hollywoodienne, le film bouleversant à ne pas manquer, le film à scandale et quelques spécimens du cinéma – toujours inattendus – d’Extrême Orient…beaux et surtout disparates plateau. Pourquoi ne crie-t-on pas au scandale ? Parce qu’à « Controverses » c’est la mort qui rode à chaque recoin. Pendus, engloutis, égorgés, torturés à mort, faux suicidé, crevés de faim, accidentés, beautés passée, anciennes gloire…La mort lui arrive souvent de se déguiser. Relisez Allan Edgar Poe.
Quel beau lieu pour exposer des images à lire, à feuilleter, à parcourir, à marquer, à mettre à l’index, à ranger, à jeter, à relire, à prêter, à dédicacer que les étagères de livres Car après avoir investi le Musée de Lausanne, cette exposition trouve idéalement sa place à la Bibliothèque Richelieu à Paris. L’ajout du sous-titre « Photographies à histoires » fut intelligent. Les forums de discussion on été pris d’assaut pour crier au scandale : Pourquoi exposer des photos macabres, des images dégoutantes, des vues insupportables, des œuvres scandaleuses ? Oui pourquoi ? Parce que l’on confond montrer et fêter. Tout comme lire un texte dans un livre, regarder une image dans une galerie d’exposition n’est pas toujours heureux.
Exposer n’est pas festoyer
Certes être invité, se voir servir un cocktail, se soumettre à des éclats de flash, saluer les uns, embrasser les autres ressemble à une kermesse. Si un vernissage a certes un coté festif, il n’en demeure pas moins que disposer des photographies dans un espace n’a rien de ludique. Qu’est ce qu’une exposition ? pourquoi montrer ? à qui ?
Un photographe expose pour clore un travail, il semble dire : « voilà ce que j’ai vu, comment j’ai vu ou pourquoi j’ai vu ». j’ai posé la question lors de la dernière exposition chez Mach (lisez Mahmoud Chelbi responsable de l’espace d’exposition l’Aire libre d’El Teatro), Mohamed Ali Belkhadhi répond par un long silence plus qu’éloquent, Omar Ghdammsi qui expose bientôt affirme : « pour s’exposer », Mahmoud Chalbi : « pour exploser »….ceci est du côté des exposants, mais que pensent ceux qui visitent, ceux qui achètent, ceux qui critiquent ? Vaste débat qui ne peut être complet sans la principale, la première, la plus importante : c’est quoi un artiste ?
Quelque jours plus tard on me fit l’honneur de me nommer membre du jury du Grand Prix de la Ville de Tunis des Arts Plastique. J’ai regardé des peintures, tournoyé autour de sculptures, vu mon reflet dans des céramiques et lu des photographies. En mon âme et conscience j’ai voté.
Encore une fois je ne comprends pas comment des photographies peuvent-elles porter l’étiquette « Art Plastique ». je sais qu’encore une fois on va me taxer de réactionnaire, je m’expliquerai la prochaine fois, sinon ce texte s’étirera davantage et on dira encore que j’en fais trop.
Le lendemain, le presque tout Tunis était là pour la cérémonie de remise des prix. Dans la grande foule des gens qui montaient et redescendaient l’escalier, les visiteurs qui passaient et repassaient de salles en salles et les groupes qui s’agglutinaient autour des amuse-gueules (cela s’appelle comme ça) quelqu’un à crié : « Il y a trop d’artistes !!! ». Allez savoir s’il confond l’affluence du public avec les membres de l’union des plasticiens tunisiens ou s’il parlait du nombre d’œuvres accrochées…j’aurais dû le lui demandé ? Non je connais la réponse, valable ici comme ailleurs.
Aujourd’hui comme jadis trop de gens se croient artiste, quelques uns vont jusqu’à se présenter ainsi. Je pense qu’artiste n’est ni une fonction ni une situation mais le sommet d’une échelle de valeurs. Artiste ; cela veut dire individu hypersensible excellant dans un domaine artistique et donnant des émotions à vivre. Si on peut affirmer qu’une œuvre est artistique, seule la postérité décide qui a mérité de porter le titre d’artiste .
Sans « Controverses » et le texte de Mesplé, je n’aurais pas connu Masha et appris les circonstances de sa mort. Mais d’autres part à l’instant où je suis attristé par le sort de cette combattante pour la liberté je me désole pour le nombre incalculable de victimes sans noms ni visages qu’on enterre à la nuit tombée. Nous sommes encore loin du jour où en dira qu’on en a assez de ces photographies !!! Il y aura toujours des écrits pour dénoncer et des expositions pour montrer – avec ce qu’il faut comme accompagnement pédagogique – ce que l’homme est capable de commettre de plus vil.
Arrêtez de faire la guerre et il n y aura plus de photos de guerre !!! L’équation est simple.
Hamideddine Bouali
26 avril 2009
(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html
- April 26th, 2009
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“Daddech” is photography exhibit essay based on Bir lahja’s members work, will take place in Bir Lahjar Club (The medina) Saturday April 18th at 16 pm.

- April 10th, 2009
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The opening of the2nd photo exhibit og the F10 group will take place next Tuesday April 14th at 18h30 featuring Naoufel ABBES, Hamdi AYADI, Yasser BEN HAJ BRAHIM, Mehdi BEN JEMAA, Khaled BEN MANSOUR, Adel BEN YACOUB, Nidhal CHAIBI, Sahar DKHIL, Hatem FILALI,
Romdhane GUEDDICHE et Adel NAILI and as guests: Taeib BEN AMEUR, Mounir MABKHOUT, Safouène JALLOUL.
More info in the [FB page]

- April 7th, 2009
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- April 3rd, 2009
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Qui êtes-vous monsieur Lehnert ?
Yasmine Ouazzani journaliste au magazine Le Courrier de l’Atlas, paraissant à Paris, me contacte au début du mois de mars pour un jeu de question-réponse à-propos de la photographie Orientaliste en général et de Lehnert en particulier. Par manque de place cet entretien n’a pas paru dans le magazine en question (N° 25 daté avril 2009) et Yasmine s’en désole autant que moi puisqu’elle fut obligé de ne citer que quelques extrais (en bleu dans le texte).
Ci-après l’entretien complet…d’où l’utilité d’un blog.
Yasmine Ouazzani : En tant que photographe, quel regard portez-vous sur la photo orientaliste ?
Hamideddine Bouali : J’ai le sentiment que la photographie orientaliste a produit quelques spécimens remarquables, ni plus ni moins que les autres photographies ; la pictorialiste, la documentaire, la surréaliste, l’humaniste… Néanmoins nous sommes en présence non pas d’une école ou d’un style artistique – on n’en connait aucun manifeste écrit ni de chef de file déclaré- mais d’une vision d’un monde par rapport à un autre ou d’un autre. L’orientalisme – singulièrement par l’intermédiaire du vecteur de la photographie – en empiétant sur d’autres domaines – le politique, l’historique, le géographique, l’ethnologique, le touristique – suscite bien évidemment davantage d’interrogations.
Carte postale N° 897 intitulée “Dans l’Oasis “d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)
Je trouve par ailleurs la citation de Victor Hugo – qui trouve en 1829 que l’Orient est devenu « Une préoccupation générale »- d’une rare acuité… Bien que la Campagne d’Egypte était depuis longtemps finie, la France, qui demeurait encore sous le charme de cette civilisation décrite, analysée et déchiffrée par ses scientifiques, se préparait à – précisément – occuper quelques pays d’Orient ou considéré en tant que tels. Tout cela me revient à l’esprit dès que je me trouve en présence d’une photographie orientaliste ou à caractère orientaliste ; formulation que j’estime plus appropriée.
Yasmine Ouazzani : Une galerie parisienne, Galerie au Bonheur du Jour, a récemment exposé des photos de Lehnert et Landrock, prises en Tunisie et en Algérie entre 1904 et 1910. On y voit entre autres des nus d’enfants. Que vous inspire l’exposition de telles photos en 2009 ?
Hamideddine Bouali : Le nu est une thématique particulière, alors que dire quand il s’agit d’enfants et de surcroit en photographie ? L’exposition « Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie» organisée à Lausanne l’année dernière et actuellement à Paris évoque plusieurs cas de photographies de nus d’enfants réalisées dans le passé ou aujourd’hui en Occident qui ont fait scandale. Alors le fait que je prenne des gants dès qu’il s’agit de telles images n’a rien à voir avec le fait que je sois né de ce coté-ci de la Méditerranée.
Cela dit, en tant qu’enseignant, je m’oppose à toute interdiction puisque je demeure convaincu que montrer ces photographies, ainsi que toutes autres photos qui pourraient faire polémique (photos de guerre, de propagande, outrageante, attentatoire…) est essentiel puisque didactique. Le travail pédagogique s’inscrit alors dans la recherche des circonstances, des raisons et surtout des utilisations de ces images. C’est un minutieux travail de lecture que d’autres photographies n’exigent pas. En conséquence de ce que je viens d’avancer, je suis convaincu que si toute photographie est à voir dans le cadre d’une exposition, certaines devraient être suivies d’une attention particulière par devoir de précaution vis à vis d’un public en ignorance de cause de l’Histoire et de celle de la photographie en particulier. Dans ce cas précis, il est question d’une différence d’appréciation de la notion de pudeur. L’histoire des mentalités nous apprend que la nudité a été différemment considérée ; sublimation du corps ou son humiliation.
Carte postale N° 742 portant le titre “Types d’Orient esclave” d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)
Yasmine Ouazzani : Doit-on montrer ces images qui somme toute reflètent un passé et une Histoire ? Où et comment les montrer alors ?
Hamideddine Bouali : Le fait que ces images ont été réalisées à une époque ou nous étions sous protectorat, que ces enfants ignoraient totalement ce que l’on fera de leur image me pousse tout naturellement à la plus grande prudence. En tant que curateur j’estime que la mission d’un commissaire d’exposition ou d’un galeriste s’exerce au beau milieu d’un carrefour périlleux. Au croisement de la liberté d’expression, reconnue plus ou moins universellement à tous (pourquoi limiter ce privilège aux artistes et aux journalistes ?) et de la bienséance appropriée à chaque lieu et en toute époque. « Jusqu’où aller trop loin ? » cette devise en forme d’interrogation serait le parfait credo des curateurs car n’oublions pas que si la culture est là pour nous rassurer, l’art est une continuelle transgression des normes.
Le fait que ces photographies furent réalisées il y a un siècle ne pourrait en aucun cas être considéré comme un sauf-conduit. Ceux qui pensent le contraire ont-ils estimé le temps nécessaire pour exposer certaines photographies de Mapplethorpe, de La Chapelle ou de Diane Arbus sans précaution particulière ?
Exposer ces photographies dans une Médina pendant le mois saint de Ramadan est irresponsable, car là on confond transgression et provocation. Je suppose toutefois que ces mêmes photographies pourraient occuper les cimaises d’une autre galerie sans provoquer de réactions particulières trois mois plus tôt et ailleurs que le centre historique et traditionnel d’une ville arabe. Je suis totalement d’accord avec Benjamin Stora quand il affirme que « L’image nous renseigne plus sur la société qui la regarde que sur elle-même ». Ainsi les photographies controversées de Lehnert qui demeurent, en tout cas pour moi, une énigme ont réussi à provoquer une importante littérature aussi bien élogieuse que calomnieuse.
Yasmine Ouazzani : Doit-on en interdire la diffusion au nom du droit à l’image d’autant plus qu’elles montrent des jeunes pré pubères dans le plus simple appareil ?
Hamideddine Bouali : Non, puisque personne de ces modèles ne s’est porté partie civile !!! D’ailleurs ce droit n’est pas spécifique à cette tranche d’âge, toute personne s’estimant lésée par la diffusion de son image pourrait porter plainte. En l’absence dans le Code civil français d’une mention relative à la transmissibilité du droit à la vie privée, les tribunaux reconnaissent que la dimension patrimoniale du droit à l’image et du droit à la vie privée est transmissible comme tout autre bien faisant partie du patrimoine. On lègue son image tout comme toute autre bien immobilier. Cela voudrait dire qu’un descendant de ces personnes prises pour modèles pourrait soit demander l’arrêt de la diffusion d’une photographie où figure un de ses aïeux s’il estime qu’il y a préjudice moral ou alors demander exactement le contraire : revendiquer une part des bénéfices générés (vente de tirages ou de cartes postales) ! Cela semble loufoque, mais c’est une lecture possible de cette loi.
Par ailleurs le Code tunisien de la protection de l’enfant (promulgué en novembre 1995) stipule que la protection de l’enfance est prioritaire sur toute autre loi. Ce code garantit à l’enfant (toute personne humaine âgée de moins de dix-huit ans et qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité par dispositions spéciales), le droit de bénéficier des différentes mesures préventives à caractère social, éducatif, sanitaire et des autres dispositions et procédures visant à le protéger de toute forme de violence, ou préjudice, ou atteinte physique ou psychique, ou sexuelle ou d’abandon, ou de négligence qui engendrent le mauvais traitement ou l’exploitation. Si ce Code ne peut s’appliquer aujourd’hui aux enfants figurant sur les images en raison de la non-rétroactivité des lois, il est par contre approprié aux jeunes visiteurs des expositions, au cas où celles-ci aient lieu en Tunisie.
Mars 2009
Commentaires
Le dossier intitulé dès la couverture : « Orientalisme, art, histoire ou scandale ? une exposition controversée » semble porter en lui-même le jugement final… pas besoin d’enquêtes ni de débats. Et si c’est justement les trois à la fois…Art ; surement puisque les œuvres de Lehnert ne sont pas dénuées d’un certain souffle artistique. Histoire, forcément car elles ne peuvent se lire qu’à la lumière de la colonisation des sujets photographiés et la biographie du photographe, Scandale ? inévitablement comme pour toute œuvre qui transgresse.
Le Courrier de l’Atlas, comme bon nombre d’historiens, veut absolument faire débuter l’histoire de la photographie dans les pays du Sud de la Méditerranée avec leur occupation par une Puissance européenne (colonisation ou protectorat). Il y a là un non sens, c’est uniquement une coïncidence qui a fait que l’expansion de la photographie (aussi bien là qu’ailleurs) s’est faite parallèlement avec l’hégémonie des pays européens en Afrique et en Asie. La contemporanéité des événements ne veut absolument pas signifier leur causalité. Rappelant que Lehnert était Autrichien et aucun historien sérieux ne pourra l’accuser d’avoir été colonialiste voire raciste !!!
Le dossier (d’instruction) du Courrier de l’Atlas est totalement défavorable à Lehnert. Aucune mention n’a été faite sur la grande qualité de sa photographie – les photos de nus n’étant qu’une mince partie – à part les appréciations de Nicole Canet, gérante de la Galerie Au Bonheur du jour.
D’autre part l’article cite une phrase (hors entretien) tirée d’un livre que j’aurais fait paraitre est pour le moment prématuré. J’ai effectivement rédigé un texte docu-fiction-historique où des descendants d’un modèle faisaient un procès à Lehnert pour droit à l’image. Au cours de ce procès le procureur (faisant son métier) trouve que Lehnert se venge – à sa manière – des orientaux en les mettant à nu. Vienne ne fut-elle pas par deux fois assiégé par les Ottomans ? La Méditerranée ainsi que tout le sud de l’Europe n’étaient-ils pas à la merci des musulmans ? Personnellement je me situe exactement entre les accusations outrancières du procureur et les éloges de l’avocat de la défense.
La dernière phrase de l’article final du dossier, signé Abdelkrim Branine, aurait mieux fait de rester sur l’écran de l’ordinateur du rédacteur en chef que de figurer en guise d’argument indiscutable et définitif sur les photographies controversées de Lehnert : « …des galeristes allemands auraient-ils la possibilités d’exposer à Berlin puis à Paris des photographies de jeunes Françaises dénudées prises pendant l’occupation ? Avoir la seule polémique née l’an dernier lors de l’exposition Les Parisiens sous l’occupation, rien n’est moins sûr… ».
Comment se permet-on de comparer des pays, des époques, des mentalités…et le photographe dans tout cela ?
Encore une fois on fait parler les photos, les historiens, les critiques, les spectateurs mais pas le photographe. Pauvre Lehnert ! Chaque fois qu’il est évoqué, la nuance s’éclipse !!!
Hamideddine Bouali
9 avril 2009
Pour vous faire une idée précise à propos de l’œuvre de Rudolf Lehnert ne manquez pas de visiter le site de mon ami Michel Megnin : http://michel.megnin.free.fr/
A propos de Lehnert vous pouvez consulter mes textes sur ce même blog :
« Lehnert, le retour ». 1 juin 2006
« Administration du visuel » . 31 octobre 2006
« Ce que je pense de l’exposition “L’image révélée” ». 31 octobre 2006
« Une théorie contestable, un fait oublié et une exposition ». 5 novembre 2006
« Amicalement Votre ! ». 2 novembre 2006
« Les miroirs feraient mieux de penser avant de réfléchir une image ». 7 décembre 2006
« La Photographie ne finira pas de parler d’elle ». 31 janvier 2007
« États de la photographie entre le malentendu visuel et la responsabilité du commissaire ».15 janvier 2007
- April 3rd, 2009
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L’heure est venue
Chronique des chroniques
L’année dernière à cette même époque certain m’ont collé le sobriquet de Mouchakes qui voudrait dire à peu de chose près pamphlétaire ou polémiste, aujourd’hui on m’affuble d’un autre. Celui de vouloir détenir «le beau rôle». Cette étiquette m’a été assigné à la suite de la publication de la Chronique de circonstance et plus précisément à ce cris en fin d’article : « je vous es prévenu » à propos de l’urgence de prendre soin des archives photographiques. Je n’ai jamais eu envie de m’attribuer le beau rôle, mais force est de constater que dans chaque domaine il faut des rôles principaux, des jeunes premiers, des figurants de passage, des contres-emplois, des guest-star et l’incontournable arlequin…chacun se trouvant malgré-lui (!) dans la peau d’un personnage de ce monde de la photographie.
Ballade photographique
Le samedi 21 mars j’ai parcouru pendant trois heures et demi – de 12h49’ à 16h23’ selon mes fichiers images – des places, des centres commerciaux et des avenues de Tunis. J’ai déclenché une centaine de fois, sans voir sur l’écran du Nikon D 200 ce que je venais de photographier. Arrivée chez-moi, j’ai pu tout de suite revoir ma journée en notant au passage tout ce que je devais retenir ; les bonnes prises, les vues sans intérêt et les fautes à ne plus commettre. J’ai pu ainsi concilier quelques avantages de la technologie numérique et la magique sensation de suspense propre à l’argentique. Un constat d’une grande importance m’a sauté aux yeux…je continu à voir et donc à photographier en monochrome. J’attends vos critiques (qui seront bien entendu reprises dans la prochaine chronique)…
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Histoires de femmes à Bab Souika, 21 mars 2009 à 12h55. Photo Hamideddine Bouali
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Coupoles à el Hafsia. 21 mars 2009-13h03. Photographie Hamideddine Bouali
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Chemins de vie à Bab Saadoun. 21 mars 2009-13h26′. Photographie Hamideddine Bouali
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Cathédrale de béton à Bab Saadoun. 21 mars 2009-13h35′. Photographie Hamideddine Bouali
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Parcours culturel à la Médina. 21 mars 2009-14h02′. Photographie Hamideddine Bouali
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Histoires de civilisations à la Mosquée Zitouna. 21 mars 2009-14h27′. Photographie Hamideddine Bouali
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Les habitués du souk de Tunis. 21 mars 2009-14h32′.Photographie Hamideddine Bouali
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Pause sur l’escalier mécanique de Tunis center, 21 mars 2009-14h57′.Photographie Hamideddine Bouali
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Evénement exceptionnel à ne pas rater
Dans moins d’une semaine, le mercredi prochain à exactement 10h 42’ heure GMT, (attention la Tunisie n’as plus d’heure légale conforme avec celle de l’Europe, donc c’est bien 09h 42 heure tunisienne), le satellite « WorldView-2 » sera au-dessus de Tunis pour réaliser une photographie qui servira dix jours plus tard à occuper l’ancienne de Earth Google devenue obsolète. J’ai pu trouver il y a cinq ans sur internet le calendrier des prises de vues du satellite et j’ai cru me faire photographier du fait même que j’ai pris position à l’instant précis où le satellite pointait son objectif vers moi. La résolution utilisée à l’époque trop faible ne permettait pas une identification précise et j’étais réduis à un minuscule point. Un pixel correspondait à 1,8 mètre et je n’étais pas de taille à y figurer !!!
J’ai vu sur Flickr, que beaucoup de photographes ont utilisé cette information pour réaliser des performances exceptionnelles. Un australien a invité tous les habitants du village où il habitait à s’étendre par terre et à ce tenir la main, une ribambelle faite de deux cents cinquante personnes fut ainsi réalisé. En Bolivie, un instituteur à la retraite a allumé des lampes en forme de cœur, image visible uniquement la nuit. Une canadienne dont la maison était à cheval sur deux prises de vues satellites différentes avait peint sa demeure en deux coloris ! La prochaine fois je vous livrerais la liste des cordonnées de toutes ces images. Alors vous savez ce qui vous reste à faire.
Le nouveau satellite possède une résolution bien supérieure ; allant jusqu’à 0,15 mètres. Avec une telle précision il est possible de se faire portraiturer. Évidement le mieux serait de s’étendre sur le dos et de se faire photographier ainsi. Imaginez ce que cela donnera une fois le fichier mis en ligne ? Votre meilleur portrait réalisé avec l’appareil le plus précis, le plus lointain et qui sera probablement celui le plus vu !!! Occasion à ne pas rater car la prochaine fois sera dans 3 ans…d’ici là qui sait ce qui arrivera.
Pour ma part je serais, ce jour là, au jardin Habib Thameur, car c’est un espace facile à localiser, puis c’est d’après les statistiques de Statgooglearth Co. la société qui gère Earth Google, le lieu à Tunis sur le quel on a le plus zoomé. Encore une fois l’écologie qui est à la mode.
Hamideddine Bouali
- March 25th, 2009
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« Il n y a pas de mains pour me caresser le visage »
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Réminiscence
Il m’arrive de demander aux gens que je connais quel est le plus lointain souvenir qu’ils ont ? Certains répondent : « j’ai plus intéressant à faire que de me torturer les méninges », d’autres : « tu n’a rien à faire d’autre que de jouer à l’Ardisson, dans Tout le monde en parle ? ». Ceux qui jouent le jeu, se souviennent d’une chute dans un escalier, d’un jouet fabuleux reçu ou d’un merveilleux lieu visité…pour ma part, il s’agirait d’une situation.
Cela se passait chez un glacier à la plage de « l’Aéroport » situé à mi-chemin entre La Goulette et Le Kram, dénommé ainsi puisqu’elle servit naguère à l’amerrissage et à l’accostage d’hydravions. Nous étions tous attablés attendant le serveur ; papa était à l’autre bout de la table, maman à sa gauche, puis mes quatre frères et ma sœur ordonnés d’une façon tout à fait fortuite…du plus grand jusqu’à moi.
Ma petite taille me consentait des libertés et des privilèges. Mes pieds pendaient sans toucher le sable ce qui me permit de les balancer. Le flanc de la table venait tout juste au niveau de mes yeux et paraissait évidement bien épais. Je me rappelle encore de ce malicieux point de vue ; j’arrivais à voir aussi bien ce qui se passait en haut de cet horizon artificiel que de ce qui s’y déroulait en bas. Des bustes plus ou moins grands mais aussi des pieds sanglés de sandales ou de souliers d’été. Mon père, avec sa voix pleine de prestance et d’autorité, interpella le serveur qui nous rejoignit tout de suite. Étant installé chez un glacier il était évidement question de commander des glaces, il ne restait qu’à savoir quel parfum choisir par chacun des membres de la famille. Tour de table : Chocolat, pistache, chocolat…gazouza (boisson gazeuse en arabe dialectal) !!! Contre toute attente, Faouzi, un de mes frères n’a pas trouvé mieux, pour faire sûrement l’intéressant, que de vouloir consommer autre chose que ce qui était naturel de demander. Mon père décontenancé par cette exception, qui lui imposera d’aller au café situé une centaine de mètres plus loin, s’opposa à cette demande : « non cela sera de la glace comme tout le monde ! ». Mon frère – têtu comme tous les rebelles – insista au point que ce qui était prévu comme étant un succulent moment de dégustation en famille devint une scène d’entêtement caractérisée de part et d’autre. Nous nous échangeâmes des regards complices, avec au fond des yeux la sempiternelle interrogation : « cet épisode va-t-il mettre fin a cette sortie estivale tant attendue et devoir retourner à la maison ? ». Pour cette sortie il a fallut parcourir la distance séparant notre maison au Bardo à la banlieue nord.
Évidemment, je demeurais en attente de répondre à mon tour mais voilà Faouzi arrêta net le protocole. Papa hausa le ton, bien que nous ayons tous senti qu’il ne fallait même pas bouger pour ne pas crisper davantage une ambiance déjà tendue, et la messe fut dite. Au bout du compte mon père s’adressa au serveur pour lui réciter les parfums choisis en en assignant un d’office au fils égaré. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé entre la commande et le retour du serveur, peut-être rien qui ne vaille la peine d’être retenu.
La dernière image qui m’est restée est celle d’un cornet de glace ainsi que son contenu jeté par terre. Je suis presque sûr que je fus le seul témoin de cette vision d’horreur : Faouzi tenant son cornet de glace sous la table puis ouvrant sa main pour le laisser volontairement choir par terre. Pour moi, un vrai sacrilège fut commis. Les autres léchaient avec délice leur cornet, puisque en plus du plaisir du palais, il y avait la sensation qu’ils ont failli en être privés.
Selon mon père cet épisode date de l’été 1964…j’avais donc trois ans et demi. À la même époque Mario Giacomelli, un photographe italien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance mondiale, séjourne dans un séminaire à Senigallia.
Mario Giacomelli (1925-2000)
Après avoir été dans sa jeunesse typographe, Giacomelli est devenu photographe comme si cela était dans la nature des choses. Les caractères, l’encre, le papier, la trame, cela préfigurait logiquement sa (ou la) photographie en noir et blanc. Les œuvres de Giacomelli se singularisent par une dualité aussi bien dans le visuel que dans le sensuel (dérivé du mot sens). Regardez cette photographie tirée de la série « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » où le noir et blanc est mis à profit d’une manière sublime.
Le photographe s’est contenté de prendre position et d’attendre que des curés passent devant son objectif.
Photo tirée de la série “Il n y a pas de mains pour me caresser le visage”.
PHOTO Mario Giacomelli
Et voilà le travail…semble-t-il nous dire.
N’avez-vous pas l’impression (sans jeu de mot !) que ces séminaristes sont des lettres fraichement trempées dans l’encre et vus à l’aide d’un compte-fils ? Ce séminariste à droite de l’image n’est ce pas un I en train de courir dans le sens contraire de la lecture et son bonnet le point juché en son sommet ? Comme si Giacomelli, désespérant de voir ses petits caractères d’alliage de plomb, d’étain ou d’antimoine (sic), qu’il a longtemps manipulés, prendre vie dans la cornière qui lui servait de composteur, s’en alla chercher d’autres au séminaire de Senigallia, sa ville natale qu’il n’a jamais voulu quitter ou troquer contre un autre sujet. Vus à bout portant, les signes d’imprimerie possèdent chacun son propre caractère ! Regardez ce B, et ce B, strict ou fantaisiste, droit ou italique… La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ? La lecture d’un texte ne vous semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ? La lecture d’un texte ne semble-t-elle pas être directement influencée par sa transcription ?
Que voit-on dans cette image ? D’abord un flou de bougé magistralement dosé. Un peu moins de temps de pose et l’effet recherché n y est plus car tout serait figé, davantage et le flou générerait une image incompréhensible. Là, c’est juste ce qu’il fallait. Notre vision s’arrête sur cette frange grise séparant les masses sombres des surfaces claires. Ce fin liséré, trace de mouvements, empreinte d’une délicate vibration, à la fois bavure d’encre et macule de lumière est une superbe concentration de signification. Giacomelli a magiquement défini le rôle d’un photographe : la maitrise technique au service d’une idée, d’une sensation ou d’un état d’âme. Pour ce Raymond Queneau de la photographie, quel mot ces séminaristes ont voulu composer ? ICI, DIEU, VIE, AÏE ?
La légèreté de ces séminaristes jouant à la manière d’écoliers au sortir de la salle de classe contraste avec l’idée que nous nous faisons d’eux : ils sont sensés être graves, méditant à longueur de journée dans un solennel et pesant silence. Mais Giacomelli ne veut pas se contenter de raconter le monde, il voudrait le changer. Mettant au service de son âme de poète ses yeux de photographe. Il donnera une image particulière de la vieillesse, de l’amour et de la vie tout court. Ce désir de vouloir perturber le cours des choses le fera renvoyer de ce séminaire pour avoir donné des cigarettes à ces étudiants en théologie. « Le temps est sans cesse en mouvement dans mon appareil, dans les champs, dans la rue. Le temps m’effraie. C’est le sujet de mes photos » déclara-t-il à Frank Horvat un autre photographe dans une des rares interviews qu’il a accordée. C’est en lisant aujourd’hui cette entrevue réalisée en février 1987 que j’ai compris pourquoi l’œuvre de Giacomelli trouvait grâce à mes yeux.
Excusez mon narcissisme car encore une fois je me trouve obligé de me citer.
Sacré temps
Dans « Critique à bon escient » publié le 14 novembre 2007 dans ce même blog, je disais : « …il y a une constante qui perdure – depuis l’avènement de la photographie et jusqu’à nos jours – dont la longévité pourrait être interprétée comme synonyme d’un caractère fort de la photographie : c’est le temps. Le temps qui passe, qui est figé, gelé ou dont on décèle les traces de passage, en est un attribut indiscutable. Barthes a évidement raison de voir dans chaque photo l’écho ou le reflet de la mort. Chaque tic-tac, tout comme chaque déclenchement, n’est il pas un compte à rebours de ce qui reste à vivre. Il est donc couramment admis, à juste titre d’ailleurs, qu’une photographie devrait porter l’idée du temps. Temps de la photographie; sa date de réalisation, mais aussi sa durée ; c’est-à-dire la quantité de secondes qu’il a fallu pour que la lumière impressionne la surface sensible, le temps qui nous en sépare et puis pourquoi pas, l’âge du photographe ! Donnée essentielle, non !
Qu’est ce que le temps ? Voilà une question qui prendra du temps pour trouver les réponses qui conviennent. La photographie nous offre un outil sur mesure pour y parvenir. L’état ultime que nous cherchons en tenant un appareil photo c’est de produire une photographie qui sublime l’idée du temps, évidemment sous n’importe quelle forme – puisque c’est le rôle de l’artiste d’en chercher les variantes – et à n’importe quel prix. Le photographique en est une volonté d’y parvenir. Si nous nous referons à ce que disait le philosophe Alain : « La méditation sur le temps est la véritable épreuve du philosophe » pouvons-nous avancer l’idée que les photographes – uniquement ceux pour qui le sujet de leur photo est le temps – sont les philosophes des temps modernes. Revoyons les instantanés de Henri Cartier Bresson, les situations de Doisneau, les durées de Ansel Adams, les séquences de Duane Michals…ce sont des photographies majeures parce qu’elles sont une image du temps, celui que vous pouvez percevoir mais pas voir. Tout comme la mort que l’on a toujours vainement voulu portraiturer… pour n’obtenir que l’image d’un cadavre qui n’en est qu’une de ses conséquences. Le sujet que vous voyez n’est qu’une aiguille de l’horloge ou son tic-tac; une matérialisation conventionnelle de l’imperceptible et imperturbable marche du temps, comptabilisant les secondes avant la venue de la grande faucheuse.
Une réflexion sur le temps est fatalement une méditation sur la mort. Mais heureusement on n’en n’est pas là, puisque moi je suis en train d’écrire ces lignes et vous de bien vouloir les lire ».
Imminence
Quel lien peut-il y avoir entre mon premier souvenir d’enfance et la série de photographies de Giacomelli à part qu’elles furent contemporaine ?
Je ne réussi à revoir ce premier souvenir qu’au ralenti, et à l’instant où j’ai vu le cornet par terre, conséquence inéluctable du geste de Faouzi, la machine à enregistrer s’est arrêté. Un équilibre, déjà précaire, fut rompu laissant la place à un gouffre d’incertitude. Je ne saurais dire ce qui s’est passé après.
N’est ce pas aussi le cas de ces séminaristes figés pour toujours alors qu’ils étaient dans une phase d’élan ?
Dans un cas comme dans l’autre, le présent est entrain de ronger le futur selon la formule d’Henri Bergson. Le mental d’un enfant ou les yeux d’un photographe, comme des taxidermistes expéditifs, ont empaillé le temps alors qu’il était encore en vie !!!
Le quotidien d’un auspice de personnes âgées (autre fameux sujet de Giacomelli), les derniers jours d’une année, le moment de réemballer les œuvres (non vendues) d’une exposition, la fin d’une partie (titre de la dernière expo de l’année à El Teatro), l’après-midi d’un dimanche, l’heure d’aller se coucher, l’ultime page d’un roman (d’ailleurs presque toujours à demi remplie), un être cher sur le point de vous quitter, la rédaction de la dernière phrase d’une chronique sont des moments d’une rare intensité. L’imminence c’est cela. Personne ne pourra prédire sa manière de les vivre. Entre l’hystérie probablement salutaire et la paralysie masquant un abyssal désarroi il n y a malheureusement pas de juste milieu.
Encore une fois ce sacré temps, que rien n’arrête ni les mots ni les photos, pourtant j’ai envie de crier une fausse évidence : « de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie».
Peut-être qu’avec une autre police de caractère cela fera beaucoup moins pesant et grave à lire : « de battre mon cœur ne s’arrêtera jamais…tant que je suis en vie ».
Hamideddine Bouali
28 décembre 2008
- December 28th, 2008
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Brooklyn Bridge Baby has added a photo to the pool:

Diana Moore’s eleven foot, cast concrete depiction of Themis, Greek goddess of Justice, was commissioned by the US General Services adminstration Art-In-Architecture Program. Themis, her eyes masked, is, in Moore’s interpretation, genderless, ageless, and race-less. the power of the work lies in the simplicity of the partial figure and it’s accessibility to the public. While we are accustomed to seeing Themis as a full figure, balancing a set of scales, Moore’s Themis is more symbolic. She has removed from her traditional, lofty position in the courthouse pediment and placed within the observer’s space. Moore contrasted the approachability of her piece with the remoteness of so many of America’s monumental sculptures, such as Mount Rushmore of the Statue of Liberty.
Moore’s Justice is not typical of New Jersey’s public sculpture.
- December 17th, 2008
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Muslima2006 has added a photo to the pool:

جامع المجيديّة
This is one of my favorite places to pray.
Al Majeediya is located in the north of Downtown Beirut.
- December 16th, 2008
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Questions de temps
Temps d’écouter
J’ai reçu un e-mail m’invitant à une visite guidée de l’exposition « Distance et proximité» organisée par le Goethe Institut de Tunis(1). Mais, je me suis trouvé dans une situation surréaliste puisque j’ai dû écouter une phrase dans la langue de Schiller puis sa traduction dans celle de Rabelais pour pouvoir la comprendre en arabe (je le suppose ! En fait, a-t-on tranché cette question existentialiste de savoir dans quelle langue saisissons-nous les choses… !). Entendre une phrase du genre: « Thomas Ruff photographie les détails des intérieurs de maisons et en a fait un style… » ou encore : « Cette photographie qui parait ne mettre en scène qu’une salle vide est en fait celle qui a connu un grand événement historique : la division de l’Allemagne lors de l’Accord de Postdam ». Et pour finir, entendre : « Gurski est un des photographes les plus connus et les plus côtés [sans aucune autre justification]…il photographie les gens dans des espaces immenses car encore enfant et habitant la campagne il avait peur d’être rejeté » sont des commentaires qui ne valaient pas le déplacement. Je ne dirais pas « fin de citation » puisque il pourrait y avoir dans ces immenses salles du Palais Keireddine des échos maléfiques qui auront dénaturé les paroles de cette jeunes allemande venue spécialement de Germanie pour nous expliquer, soit ce qui était devant nos yeux soit de justifier maladroitement ce qui n’avait pas lieu de l’être. C’est ce que l’on inflige souvent à l’art contemporain : un discours essayant de lui faire dire ce qu’il n’a jamais prétendu revendiquer… L’art contemporain se contente d’affirmer qu’il est là…Tout simplement.
Temps de faire
Dans ma dernière chronique(2), j’évoquais le grand photographe Avedon à travers une description du portrait qu’il avait réalisé du sénateur Obama, aujourd’hui, je viens vous parler d’une autre image signée aussi Avedon.
Dovima et les éléphants. Richard Avedon. 1955
Cette photographie révèle une grande maîtrise, aussi bien de la technique que du langage photographique. D’abord, rares sont les personnes qui remarquent que ce cliché est en noir et blanc tant la force qui en émane bouscule notre quiétude bien avant que nos cônes et nos bâtonnets de notre rétine ne s’en rendent compte ! Le contraste poussé à outrance dans le choix des éléments de composition est si intense que la palette chromatique est devenue comme par magie une question secondaire. Le modèle est d’une grâce féerique. Profil hautain et snob, cou interminable, décolleté audacieux, corps enveloppé dans un fourreau sombre, Dovima, mannequin de chez Dior, semble charmer (étymologiquement cela s’entend ensorceler) que ce soit ceux qui regardent son dos ou ceux qui contemplent sa face.
Certains ont vu dans cette image une évocation du conte de Jeanne-Marie Leprince : La belle et la bête…ils se sont trompés. Ou alors nous les avons mal compris…qui est la bête et qui est la belle ? Ces éléphants sont-ils furieux ou pris de panique ? N’avez-vous pas l’impression que nous autres spectateurs sommes en fait de part et d’autre de Dovima…nous aussi, sommes enchainés, démunis, incapables de faire quoi que ce soit devant cette créature mi-ange mi-démon. Les allusions mythologiques ou érotiques que suscite cette photographie sont innombrables…
Avedon, contrairement au portrait d’Obama qu’il nous livrait tel quel, se faisant passer pour un Photomaton de hall de gare, se place ici dans le fauteuil du metteur en scène ; disposant les composantes de son image à sa guise pour nous en faire voir de toute les couleurs…
Temps de crise
Claude Perez revient occuper les cimaises de l’Aire Libre d’el Teatro(3). Je l’ai déjà dit et je le répète, ses récentes photographies n’ont rien à voir avec ses œuvres antérieures. Une raie de lumière se réfléchissant dans la mer, un personnage passe, à pas lent, en course ou nous offrant son profil et hop une photo…c’est dans la boite coco. Le photographe « s’amuse », après, à les multiplier à l’endroit à l’envers…à satiété. Permettez-moi cette analogie, de loin cela fait une série de motifs donnant un certain effet papier peint.
Personnellement je n’ai ressenti aucune émotion devant ces photographies-puzzle que l’on accole tète bèche, ou en frère siamois !!! Tout cela est une question de goût, mais quand on lit la liste des œuvres exposées on est surpris (moi en tout cas) de lire que vous pouvez devenir possesseur de cette œuvre pour 3500 dinars. Là, nous sortons du domaine des opinions et des préférences pour entrer de plein pied dans celui de l’économie. Nous n’allons pas faire la somme du prix du tirage, du cadre, de l’amortissement de l’appareil photo, des frais de déplacements, du pourcentage à concéder à la galerie en cas de vente…Non cela serait déplacé ! Puisque en fin de compte nous pourrons trouver, par simple soustraction, la valeur du travail artistique.
Mais, jetons un coup d’œil à la cote de quelques photographies vendues aujourd’hui en France. Avec 3500 dinars, un peu plus de 2000 €, vous pouvez vous offrir (pour les fêtes de fin d’année) ou vous permettre d’accrocher dans votre séjour un Portrait d’un enfant déguisé en arlequin réalisé par Lucien Clergue (tirage argentique signé par le photographe de format 22 X 28,5) à 280 €, pour 300 € vous serez l’heureux acquéreur d’un superbe Nu académique de Jean François Jonvelle ( tirage de format 30 X 40 cm avec cachet à sec officiel du photographe) ajoutons dans le caddy une œuvre de Mario Giacomelli intitulée La Buona Terra (tirage au platine signé, de format 15 X 10 cm) à 130 €, allez ! Ajoutons de la fantaisie ! Un magnifique tirage couleur, d’époque, en superbe état de format 20 X 25 cm d’Apollo 10 en orbite autour de la Lune au prix de 130 € (un tirage similaire fut adjugé précédemment à 1000 €). Le restant de la monnaie servira à s’acquitter des frais de port !
Temps d’envoyer vos photos au World Press
Il y a un mois, je découvre une info bizarre sur le site de l’Arab Press Network. « La majorité des images les plus fortes aujourd’hui viennent du conflit qui déchire la région arabe, mais ce sont souvent des photographes non arabes qui prennent ces clichés. « World Press Photo est conscient de l’importance d’encourager et de soutenir les photojournalistes dans leur propre région », assure Michiel Munneke, directeur de la fondation organisatrice du World Press, qui explique que la fondation est actuellement engagée dans des programmes de formation pour les photographes en Égypte et au Maroc, et a pour projet de mettre en place des sessions de formation au Moyen-Orient.…Les inscriptions au concours World Press Photo sont ouvertes et, cette année, les photojournalistes arabes sont fortement encouragés à participer et à exposer leurs talents…Pour l’édition 2008 du concours World Press Photo, nous avons vu une augmentation de 28 % du nombre de participants du monde arabe, mais nous restons néanmoins convaincus qu’un plus grand nombre de photographes de la région ont la capacité d’entrer dans la compétition », déclare Munneke.
Que cache cette insistante invitation ? Est-ce une des conséquences de la polémique née de la consécration de la photo de Spencer Platt réalisée à Beyrouth en Août 2006 ? J’ai déjà évoqué dans une de mes chroniques que si le prix était mérité, le fait d’inviter à la cérémonie de remise des prix du World Press Photo ceux qui figuraient dans la photo était étrange pour ne pas dire compromettant (4). Aujourd’hui, cette invitation vient confirmer mes suspicions. Le jury allait-il avoir comme consigne de favoriser les participants d’origine arabe ? Y’a-t-il volonté d’inverser les rôles…en lieu et place d’un photographe venu d’Occident pour couvrir un événement, le plus souvent sanglant, en pays arabe, le jury va-t-il consacrer un photographe libanais ou irakien (ou autre) auteur d’un reportage sur les élections américaines ou le crash de Wall Street ? Après le temps de l’orientalisme voilà venu le temps de l’occidentalisme. Si vous êtes photographe de presse envoyez sans plus tarder vos œuvres au World Press Photo, peut-être seriez-vous l’heureuse victime de cette discrimination positive. Edward Saïd n’avait pas prévu cela.
D’ici la date de la parution du palmarès 2008 en février prochain, Mach (Mahmoud Chelbi) me confirme que l’expo du WPP, édition 2007, sera parmi nous en janvier prochain…à suivre.
Temps des bague(ettes) magiques
La rédaction du journal Le Figaro a supprimé de la photo de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, une bague de grande valeur. Baptisée « Liens » de chez Chaumet, le bijou est en or gris pavé de diamants, avec deux liens pavés de diamants, ce joyau a été évalué à 15600 €. Information glanée du site Rue89. Débora Altman, responsable de la Une du Figaro a indiqué: “La “Une” parlait du malaise entre Rachida Dati et les magistrats. On a trouvé que la bague se voyait trop et on l’a enlevé pour ne pas que les gens se focalisent sur ça et que ça créé une polémique sur le côté bling-bling. Ça a été fait dans l’urgence, il était 20h29 et on devait boucler à 20h30″. Les forums de discussion ont été juste après la parution de l’information pris d’assaut.

La Une du Figaro du 19 novembre et la photo originale réalisée par François Bouchon le 17 juin 2008
Effectivement, montre en main, cela m’a pris moins d’une demi-minute, avec le logiciel CorelPhoto Paint (TM), pour débarrasser l’annulaire en question de son lourd fardeau. Mais, toute une vie ne suffirait pas pour prendre la lourde décision de retoucher une photographie de presse, censée fournir une information correcte autant que l’article qui l’accompagne. Un acte d’une grande gravité. Je n’ai peut-être pas assez cherché celui, (ou celle !!!) possédant un sens de l’observation et une mémoire photographique aussi précise, ayant découvert la supercherie. Il (ou elle) mérite un satisfecit.
A croire qu’ils sont fous ces Gaulois, pour parodier la bande dessinée Astérix. Un ministre qui ne peut pas s’offrir, ou se fait offrir une bague de grande valeur, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, un responsable de rédaction qui joue à la baguette magique (outil de retouche de Photoshop), un inconnu qui découvre le tour de passe-passe, des internautes qui cherchent dans les catalogues des joailliers le nom du bijou et sa valeur, d’autres qui le comparent aux boucles d’oreilles de Ségolène Royal, alors que quotidiennement – à l’heure du passage des éboueurs – on ramasse des SDF morts de froid…Mais où va la France par Toutatis !!!
Temps de lire
Un grand nombre de personnes se plaignent de la longueur de mes chroniques. S’il est vrai que contrairement aux autres blogs celui-ci se singularise par des textes d’une certaine étendue, il faudrait préciser que la fréquence de publication n’est pas la même. Certains bloggeurs publient un post par jour, d’autres le font sans périodicité particulière alors que du-photographique conserve un rythme d’un texte par dizaine de jours…Amplement le temps de lire et de réagir s’il y a lieu de le faire. La lecture du portrait d’Obama (2) ayant été, dans l’ensemble, agréablement accueillis, je réserverais dans mes prochaines chroniques un chapitre pour lire une photo qui m’a marqué et donc influencé ma pratique photographique.
Hamideddine Bouali
10 décembre 2008
(1) (Ana)Chronique XXXVI ; « Le surmoi de la Photo !!! » du lundi 10 novembre 2008
(2) Chronique XXXVII ; « Ecce Homo » du vendredi 21 novembre 2008
(3) Chronique XXI ; « Une brève histoire du temps » du mercredi 21 mai 2008
(4) Critique V « Image presque parfaite d’un monde qui ne l’est pas ! » du vendredi 21 décembre 2007
N.B. : Vous trouvez que ce blog a du mérite ? Votez pour lui dans la catégorie Meilleure Blog en Français du challenge en cliquant sur ce lien : Tunisia Blog Awards 2008…merci d’avance.
- December 11th, 2008
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Ecce Homo
Barack Obama par Richard Avedon 2004. Copyright : NewYorker.com
Big boss
Barack Obama est désormais le président élu du pays le plus puissant du monde, ce qui veut dire, en d’autres termes, le président du Monde comme l’ont dit un grand nombre de moyens d’information. Obama a le même âge que moi (et de mon frère jumeau) et cela me pousse à la réflexion ! Et si j’étais à sa place ? Vous vous rendez compte ; avoir le code de mise à feu de l’arme nucléaire, et la liberté de s’en service, être en mesure de protéger efficacement l’environnement, posséder la décision d’envoyer – dans une dizaine d’années – un homme vers Mars (et évidemment le ramener vivant), la liberté d’arrêter la guerre en Afghanistan et en Irak, posséder les moyens de trouver une solution équitable pour résoudre le conflit en Proche-Orient…tant de puissance dans les mains d’un seul homme !
Heureusement ce n’est pas moi, car aujourd’hui je tiens jalousement à ma quiétude. Et demain, quand viendra le temps du bilan, on reprochera ce qui n’a pas été réussi et ce, nonobstant le pouvoir détenu !
Derrière mon PC ou mon appareil photo, je possède aussi une certaine puissance, chroniqueur (ou bloggeur), celui de décider d’arrêter de rédiger ce texte, de le continuer en changeant à chaque phrase de sujets ou de mentir.
Photographe ! Qui peut m’empêcher de prendre un appareil photo et de jouer aux paparazzi, d’accoler une légende erronée à une photo où vous figurez en bonne place en détournant complètement son sens ou de surcoter mes photos lors de ma prochaine exposition ?
Mais partout et en tout temps, les garde-fous ainsi que les contre-pouvoirs ont existé. D’une manière ou d’une autre, les décideurs n’ont jamais joui d’une totale liberté d’action. Obama ne peut faire sans les autres institutions, en place dans toutes démocraties, sans parler des forces occultes et des réseaux d’influence.
Quant à moi, si je dévie du sujet auquel ce blog est dédié, ou si, par malheur mes textes deviennent extravagants, je risque de ne plus être lu. Paparazzi, je tomberais sous le coup de la loi pour le moindre délit de droit à l’image. Une photographie surestimée attirerait le ridicule d’autant plus que c’est son auteur qui en est le responsable.
Voyez-vous où cela me mène-t-il quand je n’ai pas d’exposition à critiquer sous la main ou de viseur d’un appareil photo à portée d’yeux ! Revenons à notre sujet Obama…et son portrait.
A l’article de la vie
Voici, des extraits d’un article signé Jean-Jacques Naudet, paru le 4 novembre 2008 en page 24 de mon journal préféré Le Monde :
QUAND AVEDON CADRAIT OBAMA
A Washington, une formidable exposition des portraits pris par le photographe américain, mort en 2004.
Photographie
Washington
Envoyé spécial
Un portrait de Barack Obama : c’est l’ultime image du dernier reportage du photographe Richard Avedon, paru dans le New Yorker quelques semaines après sa mort, en 2004. C’est la dernière photographie de la formidable exposition intitulée « Avedon, Portraits of Power », organisée à la Corcoran Gallery de Washington, jusqu’au 25 janvier 2009.
L’article est conclu par…
En 2004 enfin, c’est Democracy, un audit photographique de l’Amérique à la veille de l’élection présidentielle. La dernière photo est celle d’un jeune sénateur Noir de l’Illinois, Barack Obama. Richard Avedon est victime d’une hémorragie cérébrale pendant la réalisation du reportage. Il meurt à l’âge de 81 ans. Helmut Newton et Henri Cartier-Bresson sont morts quelques mois auparavant. L’essai est publié, bien incomplet, le 1e novembre 2004.
Avez-vous noté que Le Monde se permet le luxe de dépêcher un envoyé spécial pour couvrir une exposition de photographie de l’autre côté de l’Atlantique ? Signalons au passage qu’une grande rétrospective Avedon fut organisée au début de l’automne à Paris et que toutes les photos exposées à Washington sont consultables sur le net ainsi que dans des ouvrages spécialisés.
Dans les deux phrases inaugurales de l’article, le signataire accumule les mots dont la connotation est sans équivoque : «Ultime image», «quelques semaines après sa mort », «c’est la dernière photographie». Le papier est conclu sur une note semblable ; «dernière photo», « victime d’une hémorragie cérébrale», « il meurt », «Helmut Newton et cartier Bresson sont morts» et «l’essai est publié incomplet».
L’idée de Jean-Jacques Naudet de souligner d’une manière significative l’héritage artistique d’un grand portraitiste est beaucoup plus que flagrante. Le fond de l’article est un condensé du parcours du photographe, passant d’un magazine à un autre en voyant défiler devant son objectif des tops modèles ou des personnalités politiques. Aucune mention de l’exposition visitée ni de l’affluence du public ou de la réaction de la critique américaine. L’article est illustrée par le portrait de Barack Obama, l’auteur n’en souffle pas un mot…ci après le mien.
Le sens des gens
Qu’est ce qu’un portrait, photographique cela s’entend ? Une réactualisation de la présence d’une personne ? Une illustration de sa vie, tout comme un patronyme ? Un «Ecce Homo» ? Une dénonciation ? Une mise à nu ? Un écorché vif ? Une radiographie ?
Un portrait c’est tout cela à la fois. Mais certains portraits renferment une ambition quand tous les autres ne sont qu’un simple passif. Celui de Barack Obama est un de ceux là, sans que son auteur Richard Avedon en fut un visionnaire ou un prophète.
Quand un jeune sénateur, sémillant juriste, ambitieux politicien, au physique de sportif et à la figure de jeune premier de cinéma, se présentant dans votre studio de prise de vue avec une démarche dansante, la voix d’un avocat sûr de sa plaidoirie et le regard d’un adolescent – un pied dans le rêve et l’autre dans la réalité – vous tombez sous le charme. Le personnage – remake de James Steward dans «Monsieur Smith au Sénat» ou clone de JFK – attire particulièrement l’attention, cela n’a pas dû échapper à l’œil du photographe. Avedon, soixante ans de photographie, qui a roulé sa bosse dans un grand nombre de magazines connait la leçon ; côtoyer à longueur de temps de pose, des acteurs, des hommes politiques, des mannequins cela vous donne «le sens des gens ».
Je m’en lave les mains !
Avec une symétrie presque parfaite, aux proportions homogènes et au teint de peau mitoyen entre ses cheveux à la coupe stricte et à sa chemise décontractée, le visage d’Obama signé Avedon est un curriculum vitae accompagné d’une lettre de motivation en bonne et dûe forme d’un homme politique. L’ambition qui gicle des yeux d’Obama, traversant l’objectif pour venir vous hypnotiser, est si intense qu’elle semble avoir appuyé sur le déclencheur. Le choix d’un éclairage flamboyant, la lumière parait se déverser du rebord du cadre, vient souligner le caractère brillant du personnage. Dans un portrait, la pose est un élément primordial de composition, Obama apparait tendre le cou vers l’objectif, voulant franchir la surface du tirage. Tout cela légitime le terme médium – «ce qui se tient entre» – auquel on a recours pour designer la fonction d’intermédiaire qu’occupe la photographie.
Tout comme Ponce Pilate se dégageant de la responsabilité de condamner le Christ, Avedon en refusant d’altérer l’image d’Obama s’en lave aussi les mains en nous le livrant tel quel …a nous d’en être juges.
Le Portrait et moi
J’ai toujours eu une aversion pour pratiquer le portrait. Photographier des scènes de vie en ville, saisir un danseur pendant un entrechat ou signer mon autoportrait ne m’a jamais attiré d’ennuis, en tout cas jusqu’à la rédaction de ces lignes. Aucun danseur, place publique ou situation photographiée ne m’a apostrophé pour protester de sa non-ressemblance avec l’image que j’en ai faite. Mais me mettre devant une personne pour essayer de la cerner dans un rectangle qui sera supposé la réincarner est hors de mes compétences.
Ce que l’on ignore souvent c’est que nous portons tous l’image (pas seulement optique) de nous-mêmes. Cette image est complexe, mélange de traits et d’attraits, vrais ou supposés l’être. Si un portrait fait de nous s’écarte un peu trop de cette image mentale que nous avons, nous le rejetons. Cependant je suppose qu’aucune photographie ne peut être strictement conforme à celle virtuelle que nous avons de nous-mêmes. Le meilleur portrait est celui qui s’en approche le mieux.
Post scriptum
Très souvent la correction stylistique d’un texte n’est qu’une variation, une nuance ou un subtil changement qui ne dénature en rien le fond du texte, c’est ce qui arrive couramment avec les textes rendus par mon père ou par Safi – mon frère jumeau – après lecture et correction.
Mais pour ce texte, Safi propose sa propre conclusion…je vous la livre tel quelle me fut envoyée !!!
Ici manque une chute du genre :
Barack H. Obama ne peut refuser le sien même s’il est à la limite de la photo anthropométrique. En fait, Avedon atteint les ultimes rivages de l’art visuel. Posture en très net retrait pour un photographe, mais qui exprime un choix de neutralité. Aucune sophistication artificielle du sujet. Aucun artifice. Richard Avedon semble lancer à ses compatriotes : «Américains ! Voici votre homme je vous le livre tel qu’il est. Faites-en un roi ou un supplicié. Moi, je m’en vais».
Lourde responsabilité.
Hamideddine Bouali
et Safi pour la conclusion
20 novembre 2008
- November 21st, 2008
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Transports divers

Le Carthage au port autonome de Marseille en partance pour Tunis.Photo Hamideddine Bouali.
Le 30 octobre 2008 à 13h45. Montage de 3 photos avec un petit Powershot de Canon
Je me suis trouvé embarqué sans m’en rendre compte dans une croisière en Méditerranée : un aller-retour Tunis-Marseille – trois jours en tout et pour tout – pour des raisons professionnelles. Je suis en fait mandaté pour faciliter le transfert des concurrents qui participeront à la 9e édition du Grand Prix de Tunis (1e et 2 novembre). Manifestation organisée par la Municipalité de Tunis.
Un beau sujet pour les photographes des sports mécaniques. Il est rare d’avoir dans le collimateur de son appareil photo : une vénérable Bugatti 37, une indomptable Ferrari Testa Rossa ou fait exceptionnel pour la présente édition : une Alfa Roméo P3 celle-là même pilotée à Tunis en 1938 par le légendaire Nuvolari (surnommé le Mantovano volante). Pour les spotter, signalons aussi la présence d’une Alfetta 159 qui a remporté haut la main le premier championnat F1 en 1959.
Un plateau royal pour le 80e anniversaire du Grand Prix de Tunis et les 150 ans de la Municipalité de la capitale. Il sera donc naturellement question dans cette chronique de transports.
Petit inventaire à la Prévert
J’estime avoir emprunté un panel de moyens de transports assez disparate : avions de transport civil pour de fréquents voyages en Europe, avion privé de quatre places pour un petit saut de puce de l’aéroport de Tunis Carthage au centre de vol à voile de Djebel Ressas, là de nombreux vols sur avion- école et une seule fois en planeur, deux baptêmes de l’air sur hélicoptère et puis de nombreux trajets en téléphérique à Alger, un long voyage en train de Tunis à Casablanca, quelques traversées en bac pour aller de Sfax aux Iles Kerkennah ou pour arriver à Djerba. N’oublions pas le parcours quotidien en bus, en métro ou en taxi et d’inoubliables trajets en trains de banlieue. Quelques mètres à dos de chameau ou à dos d’âne, une mémorable cavalcade à cheval et des sorties en mer dans des voiliers d’initiation à la navigation dans un club de vacances à Hammamet. Ah j’allais oublier deux moyens de transports hors normes !!! Le Concorde et la jeep lunaire…effectivement j’ai visité l’avion supersonique français en statique à Orly alors que pour le véhicule lunaire, une copie fut offerte à l’Association Jeunes Science de Tunisie par la N.A.S.A. dans les années soixante-dix, elle y est toujours à son siège à Cité Jardin, Tunis.
Faites le compte de votre part ! Vous allez trouver sûrement cela pittoresque.
Mais, c’est la première fois que j’effectue un voyage en paquebot. Le Carthage est plutôt un Car-ferry, une petite ville flottante, neuf ponts, plus de deux mille passagers, six cents voitures embarquées…malgré les signalétiques de nombreux voyageurs, se trompent d’étages, de couloirs et de chambres.
Je rédige cette chronique en étant confortablement installé au salon du pont supérieur.
A part un léger tremblement, Le Carthage offre un réel confort malgré une mer légèrement turbulente. Ceux qui veulent s’endormir, la berceuse est donc offerte par la compagnie.
Les Bouali ont le pied marin
Les voyages en mer évoquent évidement toute la production littéraire et cinématographique que tout le monde connaît. Comment ne pas penser à l’Odyssée d’Homère ? D’ailleurs, il faudrait l’évoquer encore une fois car un ferry avec ce qu’il transporte dans ses cales est une belle réactualisation du célèbre mythe du Cheval de Troie !!! Comment ne pas avoir à l’esprit la tragédie du Titanic et son inoubliable film réalisé par James Cameron ? Aux Naufragés du Poséidon (projeté l’année dernière dans une salle de cinéma de Tunis)? À La Croisière du Navigateur avec l’imperturbable Buster Keaton ? A la dernière scène de La Ruée vers l’or ? Aux milles millions de milles sabords du colérique Capitaine Haddock ou aux extravagances de Némo ? A Moby Dick de Melville ? Si mon jumeau était à ma place il ajouterait le long chapitre de son roman Terre promise texane, consacré à Santa Maria le vaisseau amiral de Christophe Colomb.
Il parait qu’un lointain parent entretenait un commerce florissant – par voix maritime – avec les Indes au point qu’il porta le surnom d’el Hendi (l’indou) ? Alors que de lointains aïeux avaient amassé une petite fortune en exportant du sel et en important des produits manufacturés avec justement Marseille.
Alors sans avoir lu et vu les livres et les films cités plus haut, je fais un peu partie des gens de la mer puisque j’ai hérité du coté de la famille de mon père – à part une plume (ou clavier) facile (à ce que l’on dit), le pied marin. En attendant de découvrir d’autres qualités cachées.
D’autres transports
Emprunter un aéronef n’est en rien valorisant, mais le transport dans le sens figuré du terme cela pourrait vous mener très loin !!! Là, pas besoin de titres de transport, réservations, ou visas et l’excédent de poids n’est même pas taxé. Sans bouger, vous vous retrouvez emporté par vos sentiments, ballotté par vos sensations, et s’il survient un certain mal il est souvent beaucoup plus désagréable que le celui ressentie en mer ou en l’air. Que de corps partis dans des longs voyages en laissant leurs âmes ancrées profondément dans un port d’attache bien sécurisants !
C’est la civilisation judéo-chrétienne qui a voulu attacher au corps, avec ses inévitables faiblesses, l’âme et ses soubresauts. Vers l’Orient (tiens, encore une fois les Indes) tous ceci n’a aucun sens, car pour ces peuples sentir, aimer, souffrir, méditer n’a presque pas de lien avec se nourrir, travailler ou même mourir. J’arrête ici cette chronique. Suis-je victime non pas du mal de mer mais de celui des hauteurs – à l’instar des alpinistes – il est vrai qui je suis juché au Pont neuf (les cinéphiles se rappelleront le film du très rare Léo Carax) euphorie et panique peuvent se manifester à tout moment ou pire s’alterner.
Une heure et demie à Marseille
Au moment où j’écris ces lignes Le Carthage est à quelques miles du Golfe de Tunis. La traversée allée fut mouvementée, une mer démontée et un vent assez fort. J’ai consulté mon encyclopédie embarquée à propos de l’échelle de Beaufort. J’estime que cela atteignit l’indice 7 sur une échelle plafonnée à 12. Des vagues hautes ont malmené le bateau, malgré sa masse le roulis et le tangage ont obligé plus d’un à se confiner dans sa cabine. A part le faite qu’il fallait tenir la balustrade pour ne pas glisser, ce qui était plus amusant que désagréable, le mouvement du bateau n’avait aucune influence sur moi.
Le personnel naviguant fut au petit soin, serviable et la plus-part du temps souriant. Ils ont contribué à rendre la croisière – malgré l’exécrable météo – convenable. Le comandant du bateau a même mis gracieusement à la disposition de certains voyageurs des cabines afin de se reposer. Il est vrai que la salle des fauteuils n’était pas indiquée pour ceux qui étaient sensibles au mal de mer. Situé juste à la proue du bateau, elle subissait des amplitudes plus importantes qu’à l’arrière.
Arrivée en rade de Marseille à midi et demi et en prévision d’un ré-embarquement vers Tunis à 14h, il ne me resta qu’une heure pour faire quelques emplettes dans la ville phocéenne, surtout des coups de cœurs désirés depuis un certain temps et ce petit voyage m’avait permit d’en réaliser quelques uns !!!
Le 31 au soir, j’étais déjà à Tunis, je retrouve mon cher blog avec la symbolique barre des 10000 connectés dépassée. Merci d’être aussi nombreux à lire mes textes.

Tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37 pilotée magistralement par Dominique Baldi.
Photo (depuis le siège passager) Hamideddine Bouali. le 2 Novembre 2008. 16h50. Nikon D 200.
Quant je faisais le compte des moyens de transports empruntés au début de cette chronique je ne savais pas que quelques jours plus tard j’allais faire le tour du Circuit du Belvédère en Bugatti 37. Souvenir inoubliable dans une mythique automobile ; la Leica des voitures de sports. Chassez le naturel il revient au galop ! Promis ! La prochaine chronique sera entièrement photographique.
Hamideddine Bouali
5 novembre 2008
- November 5th, 2008
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Les Promesses de l’aube
À propos de Ramadan
À la veille de chaque Ramadan ou d’Aïd el Fitr, nous sommes témoins de l’habituel débat à-propos de la visibilité du croissant lunaire. Les tenants de chaque bord, les traditionalistes adeptes de la visibilité à l’œil nu et les amateurs d’astronomie n’arrêtent pas de défendre leurs positions respectives. Semble-t-on ignorer que la question n’est pas là ? L’important n’est-il pas de s’interroger sur la nature de la Lune et par delà, l’immensité du cosmos et donc notre statut dans l’univers.
Croissant lunaire du 24 ème jour de Ramadan 1406 (2 juin 1986).
Photo Hamideddine Bouali. Olympus OM1 + Céléstron 8, focale 2000 mm, ouverture f/8 .
Film spécial Kodak 2857 de 12 asa.Temps de pose 5 secondes.
Jeûner un jour de plus ou de moins n’est-il pas futile par rapport aux interrogations existentialistes que ce mois saints nous dicte de nous poser en levant – tout simplement – notre tête vers le ciel ?
Belle soirée ramadanesque
Notre ambition était de réunir le plus grand nombre de photographes à l’occasion d’une soirée où seront évoqués aussi bien l’œuvre d’Abdelhamid Kahia que celles des photographes – toutes catégories confondues à supposer qu’il en existe- en exercice aujourd’hui. En un peu moins d’une semaine, dix-huit photographes de Tunisie et trois de l’étranger ont répondu à notre appel. En faisant jouer l’audience de ce blog, quelques appels téléphoniques et un entretien donné à notre amie Marianne Catzaras – belle et efficace signature du quotidien tunisien Le Temps – un beau monde fut réuni ce 25 septembre dans le coquet patio de Dar el Bennani. Notre appréhension – Mohamed Bennani propriétaire des lieux et moi-même en maître de cérémonie – était grande tout le long de la journée à propos des conditions météo – les patios sont toujours à la merci d’un capricieux nuage – et nous avons trouvé une belle formule afin de parer à toutes éventualités. S’il pleuvait, on dira que cette symbolique ouverture de l’année photographique porte le signe de la fertilité, et au cas contraire, la chance serait avec nous puisque la soirée ne serait pas perturbée. La soirée commença sous d’excellents auspices puisque le patio fut exigu pour contenir le public qui s’est déplacé pour la circonstance.
La Tunisie de Kahia
Sonia el Euch, nièce d’Abdelhamid Kahia – évoqua avec une réelle émotion le souvenir de son oncle et le lègs d’un grand photographe. Zohra, sœur du photographe, qui fut un certain moment sa collaboratrice, contenait difficilement ses larmes.
Ma contribution à cette soirée fut une lecture visuelle de son prestigieux ouvrage “Tunisie” édité aux éditions Kahia, préfacé par Jean Duvignaud. Même s’il n’est pas permis d’affirmer que c’est Abdelhamid Kahia lui-même qui a procédé à la mise en page de cet ouvrage, il est par contre utile de rappeler qu’un ouvrage illustré de cette valeur n’a pu se faire que grâce à une photothèque d’une grande qualité. Les prises de vues de Kahia sont d’une rigueur exemplaire, elles ressemblent à des schémas : il n’y a que ce qu’il est utile de voir. Alternant les cadrages rectangulaires avec d’autres carrés, le photographe, ainsi que le maquettiste, ont conçu un livre d’une grande fluidité de lecture. L’humour, les clins d’œil et un soupçon de volupté donnent à ce “Tunisie” une fraicheur très en avance à l’époque de sa parution.
Association de bonnes volontés
Un diaporama de pas moins de deux cents photographies signés d’une belle brochette de photographes de Tunisie et d’ailleurs a permis à l’assistance de prendre le pouls d’un moyen d’expression qui ne cesse d’année en année de drainer de nouveaux talents. Pour répondre à certains qui ont vu dans ce diaporama un mélange de genres mal venu et de qualités disparates, il est nécessaire de rappeler que cette soirée fut ouverte à toutes les participations d’où qu’elles venaient. Ce diaporama est un peu le Marathon de Paris (ou de Comar) : aucune présélection ni critères d’admission. C’est l’occasion de découvrir de nouveaux noms et de saluer les habitués. L’intérêt même de cette soirée était de réunir les photographes , de débattre de l’état actuel de la photo et de se souhaiter une bonne rentrée.
Le diaporama permit de passer en revue les œuvres de ; Ons Abis, Rania Aoun, Brahim Bahloul, Kais Ben Farhat, Lilia Benzid, Hamideddine Bouali, Bochra Bouneb, Kais Boussen, Marianne Catzaras, Mahmoud Chelbi, Djibril Drame, Sami Frikha, Chafik Gaies, Karim Kaddour, Abderrazak Khéchine, Mounir Mabkhout, André Marzuk, Claude Pérez, Riadh Sifaoui, Douraid Souissi, Marwane Trabelsi. (les œuvres de Xavier DeLuca arrivées le lendemain de la projection n’ont pu être vues).
Le débat qui s’en suivit montra encore une fois la nécessité de se remettre aux conseils d’un directeur artistique ou curateur, le photographe n’étant pas capable seul de choisir, mettre en scène ou publier ses photographies sans l’aide d’un bon conseil. Celui-ci devrait connaître aussi bien les aspirations du photographe qu’il parraine, l’histoire de la photographie ainsi que le monde de l’art.
Je côtoie depuis trois ans Natalia Jaskula, photographe polonaise résidant à Paris. En sa compagnie, j’ai énormément appris lors de la mise en place des expositions des Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar el Melh. Elle m’a donné le goût d’approfondir la réflexion à propos de la photographie engendrée par un photographe. Que cherche-t-il à montrer ? Comment et où le situer dans le parcours de la photographie ? Puis comment montrer de la meilleure façon possible ses œuvres. Une enrichissante leçon de bon goût et un réjouissant exercice de réflexion.
Le débat se poursuivit avec l’idée de constituer une association. Depuis les années quatre vingt, on ne s’est jamais arrêté de demander la mise en place d’un cadre légal d’activité photographiques. Les éventuelles possibilités : association, union ou société ? Regroupant les photographes de Tunisie ou tunisiens ? faut-il y ajouter le terme art photographique ou expression photographique ? Reflétera son statu, les objectifs ainsi que le public ciblé. Juste après la première heure du lendemain, on s’est promis de nous retrouver, cette fois-ci chez Mach (Mahmoud Chelbi) à L’Aire Libre du Teatro pour continuer le débat.
P.S. Il n’avait pas plu…
Hamideddine Bouali
4 octobre 2008
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(same day, same place, different time, different camera …)
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