Exposer n’est pas (nécessairement) festoyer
Chronique des chroniques
Il parait que j’en fait trop ! On me l’a fait vaguement savoir. Puis on me l’a dit parce que je ne l’ai pas compris du premier coup. Quand je me mets à travailler j’oublie le passage des jours, si je veille tard j’enjambe des minuits de suite, suivis d’une très grasse matinée. Dans mes écrits les superlatifs se suivent et se rattrapent. Si j’aime, je couve puis j’étouffe, mais ici qui peut le plus ne peut pas forcément être capable du moins, parce que je ne sais pas haïr. Je parle sans ponctuation et celui qui m’écoute risque de se demander : “où veut-il en venir ?”. Outrance en tout, au point que de mes paroles on retient moins la substance que la forme. Alors que faire ? Revoir ma façon de vivre, d’écrire, de parler ? ou bien garder tout en place et dire tout haut :”Cette outrance c’est moi, ce que je suis, ce que je fais et je n’y peux rien ?” .
Le 25 avril remise du prix littéraire Le Comar d’Or. Safi, mon frère jumeau, présentait son livre (1). En deux mots et un chiffre cela parle de la navette spatiale, de Palestine et du chiffre 17 (j’ai tenu parole). Le lendemain ce blog enregistra le 17000e visiteur. Si je vous dis que Safi et moi avons commencé nos entreprises– lui son roman et moi mon blog – sans nous concerter en juin 2006 il y a de quoi s’interroger sur la numérologie.
Dommage que le jury a raté une occasion de reconnaitre un premier grand anti-roman, il méritait un prix spécial, celui que l’on remet à une œuvre qui transgresse les conventions. Peut-être que Safi a trop désobéi, il aurait dû attendre 2023 !
Le toujours présent Jacques Pochart – qui m’écrit et réagit à chaque texte – trouve qu’il fallait oser…parler de Marilyn (2) et ce malgré tout ce qui a été dit à son sujet, d’autre part il félicite lui aussi Jenaina pour sa rédaction (3) et espère que les jeunes de Palestine et d’Israël aient comme elle de la clairvoyance, qualité qui manque aux adultes.
La jetée. Photographie Hamideddine Bouali
Rade de Marseille depuis Le Carthage le 31 octobre 2008
Alerte
Je reçois quotidiennement des dizaines d’alertes Google. Je vous conseille de faire de même : demander à Google de vous envoyer toutes les fois que cela parait dans le web un mot que vous aurez choisi. “Photographie” peut très bien vous être signalé quand on annonce un concours, une exposition, un nouvel appareil ou la parution d’un livre. Mais il se peut que vous receviez un mail intitulé : “Cette étude est une photographie objective du chômage en France” !
Une alerte-Google est venue perturber ma journée. Sur le site Rue89, Louis Mesplé signe un texte intitulé «A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris ». L’auteur s’insurge contre l’exposition « Controverses » qui se tient en ce moment à Paris en ces termes : « Vous êtes aujourd’hui accrochée ( l’auteur parle de la photo de Masha Bruskina pendue par les nazis en 1941) au milieu d’un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d’une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d’un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l’horreur : une victime d’un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d’Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d’un vautour, les prisonniers d’Abou Ghraib, des fusillés, des décapités… ».
En fin d’article l’auteur évoque les derniers instants de la suppliciée et les compare à ce qu’il ressent à la sortie de l’exposition : « Des témoins qui vous ont connue parlent d’une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j’emploierai pour définir cette exposition ».
Controverses est une exposition sur la mort
J’ai maintes fois évoqué le cas des photographies scandaleuses et je m’interroge toujours autant sur les circonstances de leur réalisation que sur la manière de les exposer…parce qu’il faut finir par les montrer un jour ou l’autre. Depuis l’organisation de l’exposition Controverses l’année dernière à Lausanne et sa reprise maintenant à Paris on peut dire qu’elle a fait couler beaucoup d’encre (4) mais rarement comme l’a fait Mesplé.
Le problème n’est pas ici l’exposition de la photographie de Masha suppliciée mais le fait qu’elle le soit à proximité d’autres moins funestes et surtout dénué du caractère documentaire considéré par l’auteur comme étant prioritaire.
« Controverses » ressemble à toute salle d’attente. Les photographies exposées se parlent comme des inconnues n’ayant de points communs que cet instant particulier où leurs rendez-vous se sont chevauchés. Après, qui sait si elles se reverront un jour. Devons-nous leur demander de sympathiser ou de se ressembler ? La comparaison vous semble exagérée ? Une exposition-compilation est à l’image de toute manifestation collective. Lisez le synopsis des films concourants pour la Palme d’Or de Cannes, ou le résumé des romans en lice pour le Comar d’Or, et vous serez étonnés par la diversité des sujets traités.
A Cannes le vrai faux documentaire (Moore), l’amourette à l’eau de rose, le film français de service, la superproduction Hollywoodienne, le film bouleversant à ne pas manquer, le film à scandale et quelques spécimens du cinéma – toujours inattendus – d’Extrême Orient…beaux et surtout disparates plateau. Pourquoi ne crie-t-on pas au scandale ? Parce qu’à « Controverses » c’est la mort qui rode à chaque recoin. Pendus, engloutis, égorgés, torturés à mort, faux suicidé, crevés de faim, accidentés, beautés passée, anciennes gloire…La mort lui arrive souvent de se déguiser. Relisez Allan Edgar Poe.
Quel beau lieu pour exposer des images à lire, à feuilleter, à parcourir, à marquer, à mettre à l’index, à ranger, à jeter, à relire, à prêter, à dédicacer que les étagères de livres Car après avoir investi le Musée de Lausanne, cette exposition trouve idéalement sa place à la Bibliothèque Richelieu à Paris. L’ajout du sous-titre « Photographies à histoires » fut intelligent. Les forums de discussion on été pris d’assaut pour crier au scandale : Pourquoi exposer des photos macabres, des images dégoutantes, des vues insupportables, des œuvres scandaleuses ? Oui pourquoi ? Parce que l’on confond montrer et fêter. Tout comme lire un texte dans un livre, regarder une image dans une galerie d’exposition n’est pas toujours heureux.
Exposer n’est pas festoyer
Certes être invité, se voir servir un cocktail, se soumettre à des éclats de flash, saluer les uns, embrasser les autres ressemble à une kermesse. Si un vernissage a certes un coté festif, il n’en demeure pas moins que disposer des photographies dans un espace n’a rien de ludique. Qu’est ce qu’une exposition ? pourquoi montrer ? à qui ?
Un photographe expose pour clore un travail, il semble dire : « voilà ce que j’ai vu, comment j’ai vu ou pourquoi j’ai vu ». j’ai posé la question lors de la dernière exposition chez Mach (lisez Mahmoud Chelbi responsable de l’espace d’exposition l’Aire libre d’El Teatro), Mohamed Ali Belkhadhi répond par un long silence plus qu’éloquent, Omar Ghdammsi qui expose bientôt affirme : « pour s’exposer », Mahmoud Chalbi : « pour exploser »….ceci est du côté des exposants, mais que pensent ceux qui visitent, ceux qui achètent, ceux qui critiquent ? Vaste débat qui ne peut être complet sans la principale, la première, la plus importante : c’est quoi un artiste ?
Quelque jours plus tard on me fit l’honneur de me nommer membre du jury du Grand Prix de la Ville de Tunis des Arts Plastique. J’ai regardé des peintures, tournoyé autour de sculptures, vu mon reflet dans des céramiques et lu des photographies. En mon âme et conscience j’ai voté.
Encore une fois je ne comprends pas comment des photographies peuvent-elles porter l’étiquette « Art Plastique ». je sais qu’encore une fois on va me taxer de réactionnaire, je m’expliquerai la prochaine fois, sinon ce texte s’étirera davantage et on dira encore que j’en fais trop.
Le lendemain, le presque tout Tunis était là pour la cérémonie de remise des prix. Dans la grande foule des gens qui montaient et redescendaient l’escalier, les visiteurs qui passaient et repassaient de salles en salles et les groupes qui s’agglutinaient autour des amuse-gueules (cela s’appelle comme ça) quelqu’un à crié : « Il y a trop d’artistes !!! ». Allez savoir s’il confond l’affluence du public avec les membres de l’union des plasticiens tunisiens ou s’il parlait du nombre d’œuvres accrochées…j’aurais dû le lui demandé ? Non je connais la réponse, valable ici comme ailleurs.
Aujourd’hui comme jadis trop de gens se croient artiste, quelques uns vont jusqu’à se présenter ainsi. Je pense qu’artiste n’est ni une fonction ni une situation mais le sommet d’une échelle de valeurs. Artiste ; cela veut dire individu hypersensible excellant dans un domaine artistique et donnant des émotions à vivre. Si on peut affirmer qu’une œuvre est artistique, seule la postérité décide qui a mérité de porter le titre d’artiste .
Sans « Controverses » et le texte de Mesplé, je n’aurais pas connu Masha et appris les circonstances de sa mort. Mais d’autres part à l’instant où je suis attristé par le sort de cette combattante pour la liberté je me désole pour le nombre incalculable de victimes sans noms ni visages qu’on enterre à la nuit tombée. Nous sommes encore loin du jour où en dira qu’on en a assez de ces photographies !!! Il y aura toujours des écrits pour dénoncer et des expositions pour montrer – avec ce qu’il faut comme accompagnement pédagogique – ce que l’homme est capable de commettre de plus vil.
Arrêtez de faire la guerre et il n y aura plus de photos de guerre !!! L’équation est simple.
Hamideddine Bouali
26 avril 2009
(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html
- April 26th, 2009
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cher public,
désormais, pour vous, un nouveau concept : le faux polaroïd avec de vrais morceaux d’astrapix dedans …
votre dévoué
chuck norris (king of kung fu)
made with poladroid
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d’après di de
sur une idée de (comme toujours) doolittle
(l’astrapix est l’ennemi du paysagiste)
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one year ago (same place)
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don’t grow up too fast …
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La théorie du chaos appliquée à l’actualité
et les fractales comme technique de narration

Allez savoir pourquoi un enseignant universitaire, père de famille tranquille – ayant donc une situation sociale enviable – se lance-t-il dans l’écriture d’un roman ? Qu’a-t-il à dire ou à prouver ? Étant le faux-jumeau de l’auteur, donc le mieux placé pour le savoir, je tenterai une explication.
Quelle famille !!!
Bady Ben Naceur écrit dans le journal La Presse du 21 juillet 2008, « Safieddine est le frère jumeau du photographe Hamideddine et dont le père n’est autre que le célèbre historien et défenseur acharné du patrimoine tunisien Mahmoud Bouali. Safieddine est enseignant en économie, à l’université de Tunis, et il s’agit là de son premier roman, sorte de saga mystique et de polar des temps d’aujourd’hui mêlés où comme le disait Georges Simenon: «Tout est vrai, tout a été vécu» et «J’ai envie d’ajouter: pour rien». Ce «tout a été vécu pour rien», justement, c’est le thème essentiel de ce gros pavé d’été que l’auteur très inspiré (surtout par l’éducation du père spécialiste dans le domaine des éphémérides) a intitulé Terre promise texane avec en sous-titre «Sur les traces de Columbia». Mon père devrait être heureux d’avoir dans ce mois de juillet 2008 vu la consécration de ses deux petits derniers, du moins leur quart d’heure de célébrité selon Andy Warhol; Safieddine publiant son premier roman et moi recevant le Prix de Considération Présidentiel en photographie.
Faux et usage de faux
Quant j’affirme que je suis le benjamin d’une famille nombreuse, j’oublie de préciser que nous sommes, à quelques minutes près, deux à occuper ce rang. Mais la nature étant ce qu’elle est, même pour des frères siamois, il faudrait bien qu’il y est un ordre de naissance. Comme pour l’arrivée d’une course, une courte tête fait la différence. Mais heureusement dans l’état civil, l’ordre d’arrivée n’a pratiquement aucune incidence sur la suite. Le droit d’aînesse est une faveur depuis longtemps abolie. Quinze minutes, c’est ce que mon faux jumeau a vécu de plus que moi, évidement si on commence à compter à partir de la naissance clinique. Mais en absolu nous avons le même âge.
Je suis le plus à même donc de parler de l’auteur, étant le premier à l’avoir connu avant tout le monde. Safi n’a jamais été un littéraire et s’il avait tenu un journal intime, composé des poèmes pour sa bien aimée ou fredonné des chansons je l’aurais su, non ! il a toujours été un scientifique. Rien ne le prédisposait à signer un roman, peut être une enquête, une contre-enquête, un article scientifique (et il en a produit plusieurs), mais un roman !!! Un ouvrage qui sera sur le même rayon que les œuvres de Barthes (Roland) et Boileau (Nicolas), pour rester dans l’ordre alphabétique ?
Faux-roman avec un drôle de titre
Le titre de l’ouvrage de Safieddine Bouali, «Terre promise texane, sur les traces de Columbia », vous invite à un voyage extraordinaire. Le ton est déjà donné par ce titre ambigu. La première préposition – terre promise texane – sonne faux puisque l’on sait que Terre promise est une marque biblique – presque déposée – et n’est pas située au Texas mais en Palestine. La seconde partie du titre est plus terre à terre, c’est le cas de le dire, puisque Columbia s’est crashée. Cette dualité n’est pas un antagonisme pour l’auteur et il la cultive tout le long de ses cinq cents pages.
Rien n’empêche le vrai d’être incroyable. A commencer par les conclusions de l’enquête menée par la N.A.S.A. sur l’accident de la Navette spatiale qui sont, pour l’auteur, ridicules. D’autre part la fiction – lorsqu’elle est correctement construite – pourrait être prise pour de l’actualité. La narration part en trombe, tout comme une Navette depuis sa rampe de lancement. Mais, le roman se révèle encore plus faux par les niveaux de détails fournis par l’auteur. Adapté à l’informatique, il pourrait donner un fichier à consulter en hypertexte…une formidable application des fractales qu’il a abondamment étudié. Les fractales : une figure géométrique abyssale : à mesure que l’on s’approche de ses contours, on découvre encore des nouveaux détails. Du moins c’est ce que mon esprit littéraire a saisi. Presque à chaque phrase, l’auteur aurait pu insérer une incise où il aurait fourni davantage de détails au lecteur. Le lecteur se sentira Alice, découvrant un monde insolite où des personnes réelles, à commencer par l’auteur lui-même, côtoieront des personnages inventés de toute pièce. Dès les premières lignes l’auteur en personne rencontre, devant la Zitouna, la grande mosquée de la Médina de Tunis, Kobi Tumanski, un touriste perdu cherchant la bonne oreille pour confier un secret. Impossible de lâcher le bouquin avec une entrée en la matière aussi astucieuse.
I want to believe
Mais qu’est ce qu’un romancier ? Peut-on le réduire à quelqu’un qui raconte une histoire ? Alors nous le sommes tous ! Notre quotidien n’est-il pas fait d’histoires que l’on rapporte, d’anecdotes enjolivées et de souvenirs idéalisés ? Effectivement nous avons tous, avec plus ou moins d’habilité, la faculté de reformuler, de chercher des synonymes pour nous approprier les sujets d’autrui. En chacun de nous il existe une part du fdawi. Mais être écrivain c’est plus que la faculté de raconter une histoire…un écrivain doit produire du romanesque.
J’ai souvent trouvé la série X-files d’une grande justesse sur la nature humaine. Dans cette série les deux principaux personnages incarnent les deux parts indissociables de chacun d’entre nous, le rationnel et l’irrationnel.
Je suppose que cette part est encore plus pertinente chez l’auteur de ce roman. La narration semble le fruit d’une Scully ; tout est là : dates, lieux, protagonistes, puis en tournant la page c’est Mulder qui prend la relève pour donner libre court à des suppositions, des digressions et des ouvertures inattendues sur d’autres sujets. Ce roman alterne les pages purement documentaires ; le lecteur saura tout à propos des avions de l’armée de l’air israélienne, du vol de la Navette spatiale, de Christophe Colomb, du bombardement de Hammam- Echatt, du mécanisme du lobbying à Washington…pages qui pourraient être citées en référence dans n’importe quelle étude scientifique. Au recto de ses pages suivent les spéculations d’un passionné, les suppositions d’un romancier bien inspiré et d’un auteur qui ne s’interdit aucun sujet de dissertation.
Vrais événements et fausses théories
Nés au début des années soixante, nous avons grandis avec des mythes et les insolites théories y afférentes. Effectivement tout mythe est indissociable d’une part de mystère. Kennedy et son assassinat, Marilyn et son étrange suicide, Robert Kennedy et Martin Luther King exécutés à quelques mois d’intervalles, l’Homme sur la Lune et les preuves qu’il n’y a jamais mis les pieds, l’attentat contre Jean-Paul II par l’illuminé Ali Akça, et puis l’accident de Diana et le 11 septembre. Et puis citons pêle-mêle ; le triangle des Bermudes, les statues géantes de l’île de Pâques…les inscriptions géantes des Incas…Tous ces évènements et les histoires qui les relatent ont occupé nos esprits sans discontinuité.
Abreuvé de lectures dès nôtre jeune âge, comme tous les membres de la famille Bouali, par un père historien-archiviste-bibliothécaire-éphéméridiste, les livres furent des imagiers, des aides à l’apprentissage, des appoints pour la scolarité, des approfondissements au cursus universitaire et un occupe-temps. Le livre fut un septième frère. Nous avons grandis avec des dates, des noms propres de personnalités et de lieux, des connexions et des liens entre des faits historiques. C’est le rôle de l’historien que de construire une machine à remonter le temps permettant le passage d’une époque à une autre…sur des passerelles qu’il a lui-même établies.
Pour un esprit curieux, baigné depuis sa tendre enfance par des faits majeurs, une tentative d’explication n’est rien d’autre que la volonté de faire comme les auteurs qui nous ont influencés dans notre jeunesse…
La tentative de mettre de l’ordre dans ce qui parait impossible à ordonnancer. D’ailleurs faut-il tout expliquer ? Tout savoir ? Relier des faits apparemment sans liens apparents ?
La théorie du chaos appliquée à l’actualité
Le chaos, un désordre que l’on espère comprendre puis calculer pour enfin le prévoir. La forme d’un nuage (d’ailleurs le mot chaos veut dire en latin gaz !), la morphologie d’une foule sortant d’un stade, la tache d’une fiente de pigeon sur le pare-brise…oui rien ne doit nous échapper ! Mettre de l’ordre, ranger, étiqueter alors pourquoi cela ne devrait-il pas être appliqué aux événements politiques, aux faits divers ? Avoir du temps libre pour un scientifique c’est encore et toujours utiliser les outils à disposition pour comprendre le monde.
Depuis un vaisseau spatial, une navette par exemple, les événements qui secouent la terre doivent paraître bien disparates. Le conflit interminable au Moyen-Orient, Columbia qui crashe, un officier israélien, le bombardement de Hammam-Echatt, une liste de livre précieux, une rencontre au Vatican, Le Nom de la Rose…peut-on lier ces événements entre eux ? Pour Safieddine Bouali rien n’est impossible, un ordinateur, de la documentation à la pelle pour donner du ressort à ce qu’il avance, quelques nuits blanches et hop il vous livrera tout cela dans quelques centaines de pages bien ficelées. Rapide le bonhomme (pour employer son inimitable style de narration).
Essayer de tout comprendre puis de tout lier, chercher les causes qui ont engendré les effets que nous lisons dans les Unes des journaux. Chaque moyen d’information est sensé nous rapporter tous ce qui a eu lieu. Depuis les faits divers sur des chiens écrasés jusqu’aux événements qui peuvent changer, plus directement, la face de la terre. On pense à la citation : « Si un papillon battait les ailes à Rio tout le climat de la terre en sera influencé ». Dans ce roman, les faits divers, les faits de sociétés, l’horoscope, les pages politiques, l’éditorial ont été, intelligemment reliés, à la Une : La destruction d’une Navette spatiale.
Il se pourrait que son roman fasse figure de tremplin ou d’analogie pour une théorie des groupes, une formulation d’une étude statistique…il ne sera pas le premier à avoir introduit une nouveauté scientifique à l’aide d’une branche des sciences humaines. Maxwell n’avait-il pas conçu la théorie cinétique des gaz grâce à une analogie avec les phénomènes révélés par la statistique sociale ? il est allé même jusqu’à comparer «les lois des gaz et de la diffusion de la chaleur avec les distributions uniformes constatées dans les crimes et les suicides».
Vrai plaisir et réel danger
L’auteur est machiavélique, il s’est lui-même impliqué dans ce qu’il écrit, sauvant sa tête d’une rafale d’interrogations, qui sans ce subterfuge, l’aurait mis dans l’embarras. Croit-il vraiment à l’histoire qu’il nous invite à lire ? Si lui, économiste pragmatique et cartésien, prétend non seulement croire à ces coïncidences mais les considère comme une manifestation de La Colère Divine, comment devrait penser le lecteur lambda ? Comment va-t-il se comporter demain avec des coïncidences qu’il va tenter, à son tour, de relever ? Ce bouquin est dangereux, il pourrait engendrer un syndrome. Dans le « Nom de la Rose », les malheureux lecteurs qui ont feuilleté le tant convoité « Poétique d’Aristote » se sont empoisonnés. En humectant leur index, à la seconde fois, ils ont contracté le poison imprégné dans le coin de la page. Safieddine Bouali a fait pire. Chaque lecteur de son livre ne pourra plus lire un quotidien ou suivre un journal télévisé sans se sentir obligé, malgré lui, d’abattre les cloisons séparant les sujets, les thèmes et les lieux.
On voudra imiter sa démarche, plagier sa performance, copier sa méthode. Mais encore faut-il posséder son savoir et être capable d’une telle narration.
Son champ d’action s’étale sur 3000 ans, ses héros se baladent sur la terre et dans l’espace, comment a-t-il réussi à faire entrer tout cela dans un ouvrage d’un peu plus de cinq cents pages alors qu’il aurait été plus logique de le voir éditer en plusieurs tomes avec des mois de lectures à la clef ?
Pour les oliviers de Palestine, rien n’est de trop et celui qui aime n’a jamais compté.
Au fait, pourquoi vous en parler dans ce blog ? C’est que mon frère a dédié un passage – un morceau d’anthologie – pour nous autres photographes. Il s’est penché avec une superbe ironie sur nos manies. Extrait (pages 412-414):
« ….
Rimaldi sourit. La confirmation qu’il attendait lui est délivrée par son ami Edward.
Personne n’est plus rapide que le détective privé Edward North pour déclencher ! se dit-il.
*
Lorsqu’il pointe son reflex Nikon muni du zoom 50-250 mm, il coupe sa respiration, ne bouge plus, enfonce jusqu’à mi-course le déclencheur, cadre et attend le bon moment.
4 mn 30 s. d’apnée pour un déclic. Une photo nette et parfaite.
Ça sert, dit-il d’avoir fait de la plongée sous-marine avec un tuba. Mais, il n’a jamais avoué à ses collègues qu’il fait aussi du yoga pour ne pas trembler lorsqu’il chasse des images.
Les petits muscles des phalanges qui enfoncent l’index dans le déclencheur de l’appareil ne doivent surtout pas faire trembler l’appareil qui ferait flouter l’image. Plongée sous-marine et yoga sont la parfaite combinaison pour réussir des photos sans trépied. Aucune n’est ratée.
Il réussit des prises, appareil en mains, jusqu’à des temps de pose de 5 secondes alors que la performance moyenne est de 1/60 s.
Toute la procédure pour photographier en longue focale très sensible au bougé, Ed. la maîtrise. Même lorsque la lumière est faible. Sans flash.
Mais aujourd’hui il a d’autres contraintes. Il est assis dans sa voiture dans un parking et n’a que 5 secondes pour se préparer à photographier les suspects amenés dans les voitures du FBI de Dallas ; une dizaine de Cadillac, qu’il a répertoriées.
Ed. North doit réussir toutes ses photos.
Parce qu’il sait qu’il n’aura pas d’autres occasions pour refaire une autre prise de vue lorsqu’il traque les hors-la-loi capturés par les fédéraux, il a branché, sous son Nikon, un moteur pour prendre plusieurs photos en rafale. Comme ses collègues, il trimballe un sac rempli d’objectifs, de flashs, de moteurs de rechange, de filtres, de films de toutes les sensibilités, de piles au lithium, de mini-trépieds, de mini-brosses à soufflets pour chasser la poussière de leurs optiques, et de bizarreries genre corne de bison pour attirer la chance.
Les détectives privés ? Des fétichistes pour la plupart.
Ils savent qu’ils font partie d’une profession singulière et ne confient leurs petits secrets à aucun étranger.
Chacun a ses petites ficelles du métier.
Pour faire une photo, Ed. garde toujours ouverts ses deux yeux. Lorsqu’il porte le viseur du Nikon vers son œil droit, son œil gauche surveille les alentours et cherche sa cible. Son cerveau est alors en mode veille et lorsque la cible rentre dans le champ de visée de l’appareil, son cerveau passe en mode tir avec l’œil droit activé. Un fonctionnement similaire à une batterie de missiles anti-aériens. Après un long apprentissage, son cerveau est arrivé à identifier des sujets différents sur chaque rétine.
Un traitement en temps réel de l’information presque en parallèle, leur explique-t-il.
Ils lui ont avoué qu’ils s’attendent à ce qu’il puisse très prochainement commander d’une manière indépendante les muscles de chaque globe oculaire, gardant son œil droit fixe dans le viseur alors que son œil gauche fait un mouvement de 180° de droite vers la gauche pour inspecter les alentours tant son self-control est total. D’ailleurs, il méritera pleinement le surnom de Caméléon qu’ils lui ont trouvé. L’animal, lui, a une aptitude innée à contrôler le mouvement de chaque œil.
Mais l’un de ses collègues l’a mis en garde.
-Un après-midi d’automne, ta langue se détendra d’environ 60 cm pour attraper une mouche qui a eu l’audace de s’attarder 2 secondes sur le rétroviseur de ta voiture. Une attaque fulgurante qui ne dure pas plus d’1/10 de seconde, lui dit Ray Saunders, l’air sérieux.
Un de mes jaloux de concurrents, pensa Ed. North. ».
*
Si vous désirez connaître toute l’histoire visitez son site :
Terre promise texane puis offrez-vous son livre chez tout les bons libraires de Tunis.
5 septembre 2008
Hamideddine Bouali
- September 5th, 2008
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… avec l’UMAX ASTRAPIX 530, il est impossible de rater vos vidéos de vacances : il pleut à verse en bretagne ? peu importe ! réfugiez-vous dans le grenier familial et improvisez sur votre vieille batterie (un modèle pearl acheté en 1985 avec "toutes" vos économies – oui, toi, le Jeune, au lieu de taxer papa-maman pour une mobylette à guidon torsadé, investis donc dans la musique sinon tu finiras dans un club de tuning) un solo tout pourri étant donné que vous n’y avez pas touché depuis 6 mois …
cette expérience, douloureuse pour votre égo d’ancienne non-célébrité underground, vous permettra néanmoins d’apprécier les qualités techniques de l’astrapix qui délivre une image parfaitement floue et un son absolument … euh … merdeux.
surtout, n’oubliez pas de dire que vous avez "retrouvé des sensations" … ça fait toujours bien à l’apéro.
et bon week-end !
- August 27th, 2008
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Magistral moment décisif
Contrairement à ce qui pourrait paraître, Je n’ai jamais établi un plan pour rédiger un texte. Je ne me place devant mon écran d’ordinateur que si des idées se sont déjà présentées. Devant une page blanche, je tape frénétiquement sur le clavier, puis dans un second temps je remédie aux répétitions, je peaufine l’introduction et je fignole la fin. Ce qui explique, en partie, la longueur de mes textes…et leur faible fréquence.
Mais aujourd’hui je ferai une exception. Les chapitres suivants sont liés, l’un au suivant, par une attache logique. Ce sont les événements qui ont voulu cela.
Qu’est ce qui pourrait relier Cartier Bresson, le dernier appareil photo de la marque Sony, les jeux de Pékin, la pleine Lune et moi ?
Le siècle de Cartier-Bresson
Que de photographes, le sont devenus en rencontrant l’œuvre d’Henri Cartier Bresson ? Il mérite largement le titre de photographe pour photographes. Aujourd’hui, le 22 aout 2008, la fondation qui porte son nom et le monde de la photo auquel il a rendu d’éminents services fêteront le centenaire de sa naissance. En 1947, il fonde l’agence Magnum avec Robert Capa, George Rodger, David « Chim» Seymour et William Vandivert. L’esprit agence naquit avec cette coopérative de photographes. Le respect de la mention complète (nom, agence, date, lieu) et de l’intégrité physique d’une photographie ont été la marque de fabrique de cette agence.
HCB est incontestablement le photographe le plus cité dans les histoires de la photographie, celui auquel on a dédié le plus de monographies, celui qui fut le plus imité. Quand on ne peut nommer qu’un seul dramaturge on cite Shakespeare et si aucun nom de photographes ne vous vient à l’esprit il est rare que celui de Cartier Bresson ne soit pas l’exception.
Première photo de Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos. Gare Saint Lazare 1932
Parce que ses photographies sont une matérialisation du temps, elles sont plus naturellement mémorisables. « L’homme qui saute par-dessus une flaque d’eau », c’est sa première photo, sa première marque au feutre fluo sur le cardan de l’horloge du XXe siècle. Siècle qu’il a le mieux portraituré. Son œuvre est une éphéméride faite de coïncidences anecdotiques, d’accords entre le moment et le lieu, un album photo situé entre, ceux réalisés par deux autres métronome-arpenteurs :Lartigue et Doisneau. Son moment décisif – devenu beaucoup plus qu’un style ou une démarche – fait désormais parti de la photographie elle-même. Son œil est devenu au cours du siècle dernier un piège à providence.
Un moment décisif
Souriez ! Keep smiling ! Cheeeese ! Aya adh’hak ! Chaque pays avait sa formule pour signifier au sujet de présenter un visage jovial à l’objectif. Sony (Les Cyber-shot T2, T70 et T300) est allé au-delà de cela. Il suffit que vous souriiez en face du détecteur, qui porte évidement ce nom, pour que l’appareil se déclenche automatiquement. La captation de ce moment décisif n’est plus l’apanage du photographe ni à la merci de sa dextérité. Non ! Dorénavant l’appareil photo équipé de ce dispositif le fera pour vous. Un senseur en forme de rectangle allongé disposé en bas du viseur – au niveau du visage – attend que la lumière réfléchie de cette zone augmente. Les dents, renvoyant beaucoup plus la lumière que la peau, asservissent ainsi le déclencheur.
Les gens de Sony ont-ils oublié qu’il ne suffit pas que les dents soient visibles pour que l’on soit content. D’ailleurs « montrer ses dents » c’est être en colère. Bref cet automatisme le «Smile Shutter» vous permettra d’attraper les moments fugaces, même si vous souffrez de tremblote, de distraction maladive ou d’un manque inné d’attention.
Les jeux olympiques de Pékin
Au début du mois de mai, j’ai acquis chez un bouquiniste un livre à propos de la chronophotographie. Cet ouvrage édité sous les auspices du CIO est un petit trésor d’information. Il évoque les manières de chronométrer les épreuves sportives. Une technique photographique au service du sport.
Je regarde comme tout le monde les J.O. de Pékin et étant viscéralement anti-violent – peut-être parce que je suis né et j’habite à la rue Gandhi !!! – je préfère les sports sans adversaires mais avec concurrents. Le surpassement de soi n’est-il pas plus sain que le désir de gagner au dépend d’un vis-à-vis ? Tient ! Qui a eu l’idée de désigner la boxe « Noble art » ?
La natation, la gymnastique et surtout l’athlétisme retiennent particulièrement mon attention. L’épreuve reine demeure le 100 mètres. Plusieurs photographes ont, eux aussi, trouvé ce sprint photogénique. D’abord quand on est bien situé on brasse des yeux facilement la totalité du parcours. Le fait de se mettre en face vous donne une vue tout aussi intéressante. Au stade c’est l’unique course plate se déroulant entièrement en ligne droite. En plus le cent mètre ne dure qu’une poignée de secondes et se joue au 100e de secondes…Tout cela est spectaculaire.
“Runners at Millrose Games” de Ralph Morse.1954. The LIFE Picture Collection
Ralph Morse, un photographe qui faisait partie du staff du magazine Life a réalisé une prouesse technique remarquable le 2 janvier 1954. Il photographia trois phases décisives de la même épreuve – le départ, la mi-course et l’arrivée – en les éclairants, tour à tour, au stroboscope.
Et moi…
Les athlètes étaient aux starting-blocks, chacun avait son tic, son grigri à toucher, son rituel à respecter, sa prière à réciter… Coup de feu du starter, déjà l’arrivée et un record du monde à la clef. Pourquoi j’évoque cela ? Les moments décisifs cela ne concerne pas uniquement les instantanés de Cartier-Bresson, nos vies sont remplies de coïncidences que nous appelons par paresse ; chance, hasard, providence et qui sont bien évidement autre chose que le fruit d’un dé jeté.
Pour les grands événements qui ont d’une manière ou d’une autre marqué l’histoire récente de l’humanité ; la première bombe atomique sur Hiroshima, l’Assassinat de JFK, l’homme sur la Lune, Le Tsunami de 2005… et ce record du monde qui restera – on lance les paris ? – imbattable pour bien longtemps, chacun se rappellera où il était et ce qu’il faisait.
Usain Bolt a un centième de seconde de la ligne d’arrivée.
samedi 16 aout 2008. (AP Photo/Ricardo Mazalan)
La ressemblance avec la 1ere photo de Cartier Bresson est saisissante !
Ce samedi 16 Aout 2008, et pendant ces 9’’69, j’étais avec quelques badauds sur le seuil d’un restaurant populaire de la Médina de Tunis…et vous ?
J’ai confondu les fuseaux horaires. J’avais cru que la finale du 100 mètres se courait tard le soir !!! Mais en passant à côté d’une gargote à la Kasbah (médina de Tunis) je vis une foule essayant tant bien que mal de regarder une télé minuscule. Je tendis la tête et j’aperçus les préparatifs de la finale du cent mètres. Je n’ai rien fait pour être présent, mais je le fut quant même…aucun nom dans la langue française ne désigne cela.
Hamideddine Bouali 22 aout 2008
- August 22nd, 2008
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Pendulum (1)
Senior
Jacques Pérez, fidèle lecteur me signale l’utilisation inopportune, dans ma dernière chronique, du terme senior. Ce terme n’est pas, bien évidement, utilisé dans le sens de « vieux » mais dans celui de personnalité ayant une grande expérience dans son domaine. En photographie, la pratique soutenue, l’autocritique, l’échange d’idées avec les autres accélèrent le processus de maturation. C’est donc tout à fait normal que cette « sagesse » survienne avec les cheveux blancs. On a assez de recul pour comprendre la vie et donc on est à même de mieux la restituer dans ses œuvres. D’où d’ailleurs le grand nombre d’artistes d’un certain âge ou d’un âge certain (comme l’avait dit Charles Aznavour) qui renient leurs œuvres dites de «jeunesse». N’est ce pas un argument de plus pour justifier l’utilisation du terme senior ?
Jeunesse savait
J’ai eu l’honneur d’être membre du jury du concours organisé par Canon-Tunisie et d’avoir été surpris par le nombre de participants. En une semaine seulement, plus d’une trentaine de jeunes, pas encore des séniors, se sont précipités pour déposer leur photo et attendre avec une anxiété, compréhensible, le jour de la proclamation des résultats. L’équipe de Canon Tunisie, a bien fait les choses, les tirages envoyés ont été encadrés et accrochés dans la galerie Bel’Art, attenante à l’espace commercial. Un cocktail a permis de réunir tous ce beau monde, qui a insufflé de la spontanéité et de la bonne humeur parmi des représentants de la maison Canon en costume et cravate. Espérons que cette première ne sera pas la dernière et que ce challenge Canon de jeune sera reconduit l’année prochaine. Certain de ces photographes seront probablement des seniors bien avant d’avoir atteint la limite d’âge imposée par les organisateurs. Mais on se demande pourquoi les prix annoncés n’ont pas été remis aux lauréats ? En lieu et place des appareils photos numériques promis, ils se sont vus offrir des caméscopes !
Lauréats Canon-Tunis 2008
1e Adel Ben Yacoub (Club Tahar Haddad)
2e Kais Ben Farhat (étudiant à l’Académie d’Art de Carthage)
3e Ahmed Jelassi
Prix d’encouragement : Nesrine Belaïd
La règle du jeu
Un mail bizarre est venu bousculer une ribambelle d’autres, envoyé par des futurs exposants des Rencontres de Ghar El Melh. Comme je l’ai toujours affirmé, cette manifestations est unique en son genre, et tous ceux qui déposent leur dossier savent que Jabeur, Catzaras, Benzid, Belhassen et moi-même sommes à la fois membres du comité d’organisation et exposants potentiels. Personne ne pourra donc nous accuser d’être juge et parti, puisque la règle du jeu est connu d’avance. Le crier après coups c’est faire preuve au mieux d’amnésie au pire de mauvaise foi. Le nombre de plus en plus important de dossiers de candidature démontre que notre réputation ne souffre d’aucune tache.
Le membre d’un comité de sélection, ou d’un jury de concours, est d’abord un être humain, sensible davantage à des tendances, à des styles, à des thèmes plutôt qu’à d’autres. Peut-on le taxer de partialité s’il croit à des concepts précis de la photographie, s’il espère par ces choix offrir au public, pour qui la manifestation s’adresse, une certaine vision du monde, celle qu’il croit la meilleure. Croire le contraire c’est affirmer que tout est art, n’importe quelle œuvre peut mériter l’étiquette de Photographie et qu’il suffit d’accrocher quelques tableaux sur un mur pour mériter le label « Exposition photo ». Lors de la sélection Canon, les noms des auteurs des photos étaient bien visibles et il fallait un grand effort de justice pour donner sa voie à une bonne photo d’un inconnu qu’à celle réalisée par une connaissance. C’est un réflexe humain que de vouloir faire plaisir à quelqu’un mais c’est faire acte de justice que de se montrer loyal. Un jour ou l’autre je me retrouverai, moi ou une de mes œuvres, dans cette même situation à la merci d’un jury et je souhaiterai que justice soi faite.
CritiquePhoto. Version 01a
S’il était possible d’être parfaitement neutre, de connaître tout l’art photographique, de se déshumaniser…alors il y a bien longtemps que l’on aurait délégué cette lourde mission à un scanner, un ordinateur et un logiciel. Imaginez le processus ; on scanne une œuvre, le logiciel « CritiquePhoto. Version 01a » passera celle-ci par un premier test, dit de plagiat. Le logiciel emmagasinant une quantité impressionnante d’œuvres ultérieures, et connecté en permanence à internet, cherchera les points communs entre l’œuvre scannée et les milliards d’autres. Si l’œuvre réussie ce premier teste, elle devra passer par des grilles, de différentes constitutions, afin de juger sa composition et son cadrage, puis un histogramme analysera son contraste et le dosage de sa luminosité. Enfin si l’œuvre a pu parvenir à vaincre tous ces obstacles, un dernier examen dit « de subjectivité » estimera si cette photographie est digne de mériter le nom d’ «œuvre photographique originale». Ce critère, que chaque critique photographe dresse selon ses propres inclinaisons ne sera jamais défini. Cet examen humain, fait que des œuvres rejetées sont par la suite encensées, Atget en est le meilleur exemple passant de l’anonymat à l’adulation. D’autre part qui se rappelle encore de la photographie d’August Sander, d’Eric Salomon, de Maurice Tabard, d’Edwards Curtis ou de Jean Loup Sieff jadis très connus, aujourd’hui ignoré ? Dans quel monde vivons-nous ?
J’ai visité à la galerie Tahar Haddad, ex-écuries de Dar Lasram reconfigurés en espace culturel, et au palais Khereiddine, aujourd’hui majestueux lieu d’exposition, deux manifestations antinomiques. L’une revendique l’universalité de l’homme et l’autre la spécificité de la communauté des arabes d’Amérique Latine. Là idéal d’universalité alors qu’à quelques pas on touche à la ghettoïsation. Dans ces deux expositions des interférences sont venues altérer la bonne vision.
À la Galerie Tahar Haddad, des tissus jetés ça et là, les préparatifs d’un défilé de mode lors du vernissage et un je ne sais quoi d’inhabituel ne m’a pas laissé contempler sereinement les photographies. Encore une fois beaucoup de photos qui se ressemblent et malgré leur dispersion dans ce magnifique espace, la sensation du déjà vu vous laisse perplexe. Des portraits habillés, les mêmes personnages mais à chaque fois un nouvel accoutrement…on dirait les pages d’un magazine de mode sans plus. Appeler cela Universalité c’est affirmer que la djellaba fait l’arabe !
Au Palais Khereiddine, des rosaces imposantes, plus coréennes qu’arabes, ornent, gratuitement, les murs. Ceci est à l’image du catalogue dont la couverture déconcerte par son graphisme fait de modules plastiques. Inviter une quinzaine de photographes, de styles et de compétences différentes, autour d’un sujet, produit une exposition où se côtoie ; images documentaires, photographies artistiques, documents historiques et feuillets d’un album de famille…inclassable fouillis. Aux spectateurs de trouver dans ces somptueuses salles ce qu’ils cherchent. A moins que ce soi le titre – “Exposition photographique” et non “Exposition de photographie” – qui cache les intentions des curateurs. Voir ces deux expositions l’une à la suite de l’autre vous donne l’impression que la photographie ne se suffit pas à elle-même. Il lui faut pour s’accomplir l’apport de la musique, d’une décoration ou d’une certaine ambiance. La photographie, la vraie, est une plénitude du regard, le moindre détail superflu afflige le spectateur d’un inconvenant strabisme.
Pique-nique printanier
Si vous avez manqué la saison photographique en cours, Mach nous invite à un pot pourris des expositions qui ont eu lieu tout le long de l’année avec quelques inédits. Aujourd’hui au Printemps des Arts de la Marsa, tout comme en début de juillet à la seconde édition de l’Exposition Internationale de Photographie organisée par le photographe Zouhair Ben Amor à Yasmine Hammamet (publicité gratuite) (2), on se retrouve devant le même phénomène. Inviter les uns et pas d’autres, alors que l’on expose soi-même ses œuvres, n’est-ce pas – pour les mauvaises langues – un flagrant délit de partialité ? La séance de rattrapage à La Marsa est à l’image de cette année particulière ; de rares expositions inoubliables, quelques unes qui se laisse apprécier et certaines que l’on se serait passé de rencontrer de nouveau. La récolte est abondante avec des primeurs juteuses, des fruits qui ont bien mûries mais que d’ivraies. Bientôt il faudrait bien se rencontrer, faire le point, dresser le constat et tirer les conclusions nécessaire sur la situation de la photographie en Tunisie.
Hamideddine Bouali
4 juin 2008
(1) Pendulum : film Policier de 1968 réalisé par George Schaeffer, avec George Peppard, Richard Kiley et Jean Seberg. Accusé à tord d’avoir tué son épouse infidèle, un officier de police doit livrer une course contre la montre pour prouver son innocence. Déboires et péripéties pour un homme qui jusqu’alors critiquait certaines lois permettant à un suspect de rester en liberté. La moralité de l’histoire est évidente, on ne comprends l’esprit des lois que lorsqu’on se place aussi bien du coté des juges que des justiciables.
(2) La deuxième édition de l’exposition internationale de photographie de Yasmine Hammamet aura lieu au complexe touristique la Médina du premier au 16 juillet 2008.
- June 4th, 2008
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- January 17th, 2008
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A photo of the preparation of our couscous reserve for a year to come. the tradition of making couscous at home is dying year after year because of the mechanization of couscous manifacture what make it easier to get evrywhere but still kills the tradition.
Couscous (IPA /kʊskʊs/ – Berber Seksu – Arabic: كسكس[1]) is a food of the Maghreb of Berber origin. Couscous consists of spherical granules which are made by rolling and shaping moistened semolina wheat and then coating them with finely ground wheat flour. The finished grains are about 1 mm or 1/26th inch in diameter (after cooking)[citation needed]. Traditional couscous requires considerable preparation time and is usually steamed. In many places, a more processed quick-cook couscous is available and is particularly valued for its rapid preparation time.
The dish is the primary staple food throughout the Maghreb; in much of Algeria, eastern Morocco, Tunisia, and Libya it is simply known as ta`aam طعام, "food". It is also popular in the West African Sahel, in France, Madeira island, in western Sicily's Trapani province, and parts of the Middle East. It is also very popular among Jews of North African descent. It is eaten in many other parts of the world as well.
Manufacturing
The couscous granules are made from semolina (coarsely ground durum wheat) or, in some regions, from coarsely ground barley or pearl millet. The semolina is sprinkled with water and rolled with the hands to form small pellets, sprinkled with dry flour to keep the pellets separate, and then sieved. The pellets which are too small to be finished grains of couscous fall through the sieve to be again sprinkled with dry semolina and rolled into pellets. This process continues until all the semolina has been formed into tiny grains of couscous. Sometimes salt is added to the semolina and water.
This process is very labour intensive. Traditionally, groups of women would come together and make a large batch of couscous grains over several days. These would then be dried in the sun and used for several months. Couscous was traditionally made from the hard part of the hard wheat Triticum durum, the part of the grain that resisted the grinding of the relatively primitive millstone. In modern times, couscous production is largely mechanized, and is sold in markets around the world.
From Wikipedia
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- October 6th, 2007
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